UN RENAULTGATE ?

Après Volkswagen, au tour de Renault ?

Le journal Libération a révélé un procès-verbal  particulièrement accablant pour la marque au losange (*).

D’après ce document, le constructeur « a trompé les consommateurs (…) la société a utilisé une stratégie ayant pour objectifs de fausser les tests antipollution. » Selon les enquêteurs de Bercy, qui soupçonnent l’existence d’un « dispositif frauduleux », 900.000 véhicules auraient ainsi été homologués de manière contestable.

Renault, sous le coup d’une instruction depuis le 12 janvier dernier, a aussitôt produit un communiqué pour se défendre. Dénonçant un article « déséquilibré », il réaffirme « qu’aucun de ses services n’a enfreint les règles, européennes ou nationales, relatives à l’homologation des véhicules. Les véhicules Renault ne sont pas équipés de logiciels de fraude aux dispositifs de dépollution. »

Une défense mise à mal par de nouvelles révélations de l’AFP: selon l’agence, des « stratégies frauduleuses » auraient été mises en place depuis plus de 25 ans au sein du groupe.

Si l’enquête de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique ( OCLAESP) mettait en lumière une « tromperie » avérée, la facture pourrait être lourde.

Le code de la consommation prévoit en effet une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires réalisé grâce aux véhicules truqués. D’après les calculs de Libération, ce montant pourrait atteindre 3,5 milliards d’euros.

En outre, les propriétaires des véhicules concernés pourraient eux aussi lancer une action en justice. Le constructeur allemand, qui a reconnu la présence de logiciels truqueurs dans ses moteurs, a dû provisionner 22,6 milliards d’euros sur deux ans pour indemniser les plaignants américains. En France, la firme profite d’une législation différente et refuse pour l’instant d’indemniser les clients.

En 2016, Renault a réalisé une année « record » : le nombre de véhicules produits a dépassé les 3 millions d’unités (+13 % par rapport à 2015), et le dividende versé aux actionnaires est passé de 2,40 à 3,15 euros par action. De quoi voir venir ?

Pour Bertrand Rakoto, consultant automobile indépendant, le groupe français ne craint pas grand-chose : « les montants éventuels de pénalité n’atteindront pas les niveaux de l’affaire Volkswagen, affirme-t-il. Renault n’aurait pas l’obligation de retirer les véhicules de la circulation comme Volkswagen a été contraint de le faire aux Etats-Unis. (…) Eventuellement, il y aura peut être des rappels, mais Renault peut tout à fait répondre à cela. »

En outre, les constructeurs européens commencent peu à peu à se détourner du diesel, de plus en plus délaissé par les acheteurs : les scandales à répétition ne feraient donc qu’accélérer un mouvement déjà bien entamé.

Pour Nicolas Godfroy, responsable juridique de l’UFC Que Choisir – partie civile dans la procédure visant Renault -, le problème, à terme, est aussi celui de la confiance. « C’est au-delà du légal pur et dur, note-t-il. Renault fait rouler des voitures récentes avec des pics de pollution en sachant très bien qu’elles polluent plus que ce que les gens peuvent penser. Le préjudice individuel est difficile à caractériser, mais le préjudice collectif est réel. »
(*)20Minutes-NicolasRaffin-15032017/16032017

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