TRUMP ET LA RUSSIE

Le président Trump doit «dissiper tout soupçon sur la Russie»…

Ça y est, Donald Trump est officiellement  le 45ème  président des Etats-Unis. Lors d’un discours sombre, il a promis de « rendre le pouvoir au peuple » et d’adopter une politique faisant passer « l’Amérique d’abord ». Mais s’il veut lever les doutes sur sa légitimité, « il doit commencer par dissiper tout soupçon sur la Russie », estime Chris Edelson, professeur de Sciences Politiques à l’American University de Washington, auteur du livre ʺLe pouvoir sans limite : La présidence post-11 Septembreʺ.
Interview (*)

Comment jugez-vous son discours d’investiture ?

C’était un discours beaucoup plus noir qu’à l’accoutumée, qui rappelle celui qu’il avait fait à la convention républicaine. Il peint un portrait très sombre de l’Amérique qui ne colle pas vraiment à la réalité. L’économie américaine reste la plus puissante du monde, le chômage est bas, tout comme la criminalité. Trump se voit comme une sorte de Reagan mais il est très loin de son optimisme.

Quelle doit être sa priorité pour les prochains jours ?

Il doit commencer par dissiper tout soupçon sur la Russie. Selon des fuites dans la presse, les autorités examineraient des communications interceptées de trois proches de Donald Trump dans le cadre d’une enquête sur de possibles liens avec Moscou (note : selon le New York Times, il s’agit notamment de Paul Manafort, l’ancien président de la campagne de Donald Trump, qui a fait du lobbying en Ukraine pour le président pro-russe Viktor Yanoukovych, mais à ce stade, on ignore si les communications concernées ont un lien avec la campagne de Trump). Le renseignement américain accuse par ailleurs officiellement la Russie d’avoir interféré avec l’élection américaine dans le but de faire élire Donald Trump. A ce stade, soyons clair, nous n’avons pas vu de preuve. Mais s’il veut mettre un coup d’arrêt aux rumeurs et aux spéculations, Donald Trump doit faire toute la lumière sur cette affaire en soutenant une enquête indépendante. S’il n’a rien à se reprocher, c’est dans son intérêt.

Et côté politique, quelles seront ses premières actions ?

Il a dit que sa priorité serait de démanteler la réforme de la santé d’Obama mais les républicains ne savent pas encore par quoi la remplacer. Il va sans doute également se concentrer sur l’immigration et le commerce. Il sera surveillé de près par les alliés des Etats-Unis. Son slogan « L’Amérique d’abord » a des relents isolationnistes qui remontent aux années 1930, une période trouble pour les Etats-Unis et pour le monde.

(*)Propos recueillis par Philippe Berry in www.20minutes.fr/monde/1999819-20170121/Publiéle 21.01.2017à02:16/Misàjourle21.01.2017à02:39

 

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