Texas Instruments : cinq pistes pour sauver le site azuréen

Texas Instruments : cinq pistes pour sauver le site azuréen
(Par Jean-Pierre Largillet in Web Time Medias Riviera – 11 janvier 2013)

Alors que le plan social est désormais engagé et que les premiers départs négociés peuvent intervenir, les syndicats de Texas Instruments ont proposé au représentant d’Arnaud Montebourg cinq solutions possibles pour continuer une activité autour des processeurs et éviter qu’un bloc de compétences stratégique ne quitte le territoire.

Sonnés ! Juste après le coup de massue de l’annonce de la fermeture du site de Villeneuve-Loubet de Texas Instruments, les 517 salariés concernés étaient restés sans voix. Les fêtes de fin d’année passées, ils ont eu le temps de se ressaisir et de s’organiser. Mais même si la colère et l’amertume dominent, leur objectif reste surtout de tenter de sauver ce qui peut l’être en élaborant des solutions permettant de garder sur le territoire les compétences développées sur un site qui, historiquement, avait amorcé toute l’industrie high tech azuréenne.

Une manifestation à l’entrée du site de TI

Leur colère, les salariés ont quand même voulu l’exprimer. La montrer. « TI fait les soldes, 517 employés à emporter », « Liquidation totale » : en référence aux soldes qui s’ouvraient les TIers ont manifesté jeudi à l’entrée du site. Ils ont protesté avec pancartes et bannières contre ce qu’ils ressentent comme une formidable injustice. Ils ont mis en cause la stratégie de Dallas, le siège social, dans le fiasco qui a conduit à la décision de fermer le site français. Un site de R&D, positionné sur les processeurs d’application mobiles et qui a gagné ses galons en développant toute la famille OMAP révolutionnant ainsi le monde des téléphones mobiles.

Mais parallèlement à la manifestation, les syndicalistes étaient reçus à la préfecture de Nice par Gilles Rabin, conseiller d’Arnaud Montebourg, pour envisager les solutions possibles. C’était la première réunion au niveau national autour de ce dossier TI, le rendez-vous qui devait avoir lieu le 4 janvier à Bercy avec Greg Delagi, vice-président du groupe et responsable des activités systèmes embarqués ayant dû être annulé.

Les cinq pistes envisagées

Pour Philippe Vieira (CFDT) cinq pistes ont été avancées. La première serait de reprendre ce qui avait été envisagé par TI puis abandonné (des développements pour Amazon ou d’autres clients par exemple) pour voir si, avec l’aide du gouvernement, ces solutions pouvaient être réactivées avec TI.

La seconde, serait de mettre en œuvre ces solutions sans TI, mais en bénéficiant au départ du support de TI.

Troisième piste : discuter avec Dallas d’une possibilité de rapatrier sur Villeneuve-Loubet des activités liées à l’automobile, l’industrie et aux marchés émergents comme cela avait également été envisagé par TI.

La quatrième piste serait à creuser si les trois autres ne pouvaient être mises en œuvre : créer un pôle de téléphonie mobile français qui regrouperait les compétences en ce domaine. Celles en matière de processeurs que l’on trouve à TI Villeneuve Loubet mais également celles réunies par les fabricants de tablettes comme Archos ou de fabrication de microprocesseurs. Ce qui permettrait de garder sur le sol français des compétences stratégiques dans le domaine du numérique et du même coup, éviterait de fragiliser Sophia Antipolis qui a mis résolument le cap sur la 4G.

Et puis, cinquième piste : aller au-delà de la téléphonie mobile. « Texas Instruments a réuni tout un faisceau de compétences pour faire des processeurs multi-coeurs puissants, avec faible consommation. C’est ce qui se fait de mieux sur le marché mondial. Les équipes couvrent l’ensemble de la chaîne, de la conception à la production et maitrisent à la fois sur les parties hardware et software. Il serait aussi possible de faire des processeurs multi-cœurs pour d’autres secteurs que pour la téléphonie mobile. Gardons ces compétences, d’autant plus qu’elles touchent un secteur d’avenir, un secteur stratégique », insiste Philippe Vieira.

Faire vite pour éviter la dissolution des équipes

Reste qu’il faut aller vite alors que le plan social est désormais lancé et que les premiers départs négociés peuvent se décider. « A travers les chasseurs de tête ou les réseaux sociaux comme Linkedin, les postes offerts sont tous basés en dehors de France, en Allemagne ou en Grande Bretagne », a constaté le syndicaliste.

« Nous risquons de voir rapidement se dissoudre les équipes et les blocs de compétences. Notre objectif, aussi, est d’informer le gouvernement de la situation et de proposer quelques pistes. Mais il est essentiel de prendre en compte le facteur temps. » Ce qui reste à traduire dans le choix de la date de la prochaine réunion avec les syndicats de TI : elle est fixée pour l’instant au 10 ou 11 février prochain.

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