Saint-Roch d’hier…


Au commencement… jusqu’au milieu du XVIIème siècle, c’était la campagne. Celle du Paillon. Avec ses cultures d’orangers, d’oliviers et de vigne, ses pâturages, ses fermes et leurs moulins à huile. Une merveilleuse campagne des alentours niçois.

Et puis, soudain, nous sommes en 1631 : c’est la peste ! Une épidémie qui fait des ravages… Des habitants affolés qui invoque Saint Roch pour arrêter ce fléau et font vœu de lui édifier une église. Elle verra le jour en 1660. Avec elle, la population double, triple. Une nouvelle église est construite entre 1788 et 1790. Après la Révolution Française, lors du Consulat, sous Pie VII, l’église St Roch est érigée en paroisse.

Le quartier Saint-Roch est né.

Si le quartier reste à dominante campagnarde jusqu’au début du XIXème siècle, son urbanisation commence après le rattachement de Nice à la France en 1860. C’est d’abord la création de la gare du chemin de fer avec autour, ses hangars, ateliers et multiples ruelles. Et puis, s’installent l’usine métallurgique PETTENARO, la serrurerie MASETTI, la carrosserie MICHEL, les huileries VITERBO, le grossiste en vin GIAMBAGLI, les boissons gazeuses PARUSSO…

C’est dans ce passage d’un monde paysan finissant à un monde industriel commençant, que naît le sentiment d’appartenance à un véritable quartier en devenir. Nous sommes dans un fief niçois. Aussi bien autour du bar de la Machine qu’autour de l’auberge de la Tranquilité.

Car peu à peu, dès 1900, le quartier perd ses campagnes et une population ouvrière vient s’y installer. Avec ses traminots et ses employés de la manufacture de tabacs, ses dockers et ses conducteurs de tramways, ses revendications ouvrières et syndicales.

Et c’est la guerre. Celle de 14-18. Celle de 39-45. Entre les deux, les casernes se multiplient dans tout l’est de Nice : infanterie, artillerie, chasseurs alpins. Et les morts aussi. Pendant la seconde guerre mondiale, Saint-Roch va payer un lourd tribut : 384 tués, 480 blessés, 5600 sinistrés et 438 immeubles détruits.

Après la guerre, au milieu des années 50, que reste-t-il de ce coin de Nice ?

Un véritable état d’esprit ! Mélange d’une tradition campagnarde et d’une appartenance ouvrière. Une communauté d’âme. La fibre d’être « de Saint-Roch ». La fierté de « son village autour de l’église ».
(à suivre)

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