REINVENTER LES REGLES DE NOTRE ECONOMIE DE MARCHE (7)

PISTES DE REFLEXION (4)

A ce stade de mon propos, dans la continuité de mes précédentes Newsletters et avant d’aller plus avant, je continue à faire un rapide point sur certaines analyses actuelles, comme autant de pistes à explorer…

Avant de réfléchir sur le devenir post-industriel de nos sociétés occidentales et l’avenir de nos économies de marché, arrêtons-nous un instant sur le cas du Japon (*).
Après des années de développement exemplaire, le Japon a une croissance annuelle moyenne inférieure à 1% depuis vingt cinq ans. Si vous aviez déposé 100 dollars à la Bourse Japonaise en 1990, vous auriez aujourd’hui 50 dollars. A la Bourse de New-York, vous auriez 600 dollars !
Depuis 2014, avec une croissance égale à 0%, la Japon est entré en récession.
Pourtant le niveau de vie des japonais est élevé, le chômage faible à 3,5% et la délinquance quasi-inexistante. A Tokyo, les constructions et reconstructions se multiplient et, comme dans le reste du pays, les rues sont propres, les habitants très conviviaux, les services de grande qualité. Et même si la croissance chinoise a dépassé celle du Japon et que cela va être le cas pour la Corée du Sud d’ici 2020, l’opinion publique ne s’en soucie guère.
Cela est-il le résultat des problèmes démographiques, de moins en moins de naissance et une plus grande espérance de vie ?
Pour le démographe Naohiro OGAWA, l’impact de la démographie se détermine par deux variables : « La première, c’est le ʺratio de soutien économiqueʺ. Il est calculé en divisant le salaire des travailleurs par leurs dépenses de consommation. Si le ratio passe sous 1, le pays s’appauvrit. La seconde, c’est l’âge de la population. Une population qui vit plus longtemps et a moins d’enfants accumule de plus en plus de richesses, ce qui se traduit par une hausse permanente de ses ressources ».
Est-ce le résultat d’un manque d’ambition de la jeunesse nippone ?
Pour Richard KATZ, directeur de l’Oriental Economist Report, « dans une société en croissance, les nouvelles industries représentent des gisements d’emplois qui viennent pourvoir les travailleurs de la vieille économie. Mais ce n’est plus le cas quand l’économie est à l’arrêt. Là, les acteurs historiques tentent de préserver leurs avantages et prennent de moins en moins de risque ».
Est-ce que cette situation vaut modèle pour l’ensemble des pays développés ?
Pour le Prix Nobel Paul Krugman, « nous vivons la japonisation de l’économie mondiale : un moment où tout le monde pense que les dettes publiques sont trop élevées, où tout le monde réduit ses dépenses et où plus personne ne consomme, ni n’investit ».

Faut-il donc tourner le dos au dogme de la croissance, comme je m’interrogeais dans ma précédente Newsletter ? Faut-il dire adieu à la croissance ? Ou bien ne devrions-nous pas tout simplement nous réinventer ? Et réinventer spécifiquement l’économie de marché de la vieille Europe ?
Tel sont les sujets d’aujourd’hui, pour préparer notre demain.
A suivre…

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

(*) Régis ARNAUD in Challenges – 421.45 – 1902201

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