REGARDS EN COIN (75)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. 43.700 chômeurs de plus
2. La croissance française
3. Les listes électorales
4. Des prisons surpeuplées
5. Des algues pour dépolluer l’air
6. Mariés depuis 69 ans, ils meurent à moins d’une heure d’intervalle
7. A lire… « La chute de l’empire humain »

 

 

  1. 43.700 chômeurs de plus

Selon les statistiques publiées aujourd’hui par le ministère du travail et Pôle emploi, le nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A (n’ayant exercé aucune activité et tenus de chercher un poste) a augmenté de 43.700 en mars, pour un total – dans cette catégorie – de 3,5 millions de personnes.

C’est une hausse de 1,3 % par rapport au mois de février 2017.

Au mois de mars, 6,5 millions de Français étaient à la recherche d’un emploi durable.

 

 

2.► La croissance française

La France a enregistré une croissance de 0,3 % au premier trimestre de cette année (*), conforme aux attentes, a annoncé vendredi l’Insee. Sur les trois premiers mois de l’année, la progression du produit intérieur brut (PIB) a toutefois ralenti par rapport au trimestre précédent, au cours duquel la croissance avait atteint 0,5 %, selon une estimation révisée de l’institut statistique.

Sur l’ensemble de 2016, la croissance s’est établie à 1,1 %, selon ces chiffres qui confirment les estimations antérieures. Pour ce début 2017, l’activité économique a été portée par une hausse de l’investissement de 0,9 %. En particulier, l’investissement des entreprises a accéléré, progressant de 1,3 % après +0,9 % au quatrième trimestre 2016.

L’investissement des ménages a augmenté pour sa part de 0,9 %, après une hausse similaire sur les trois mois précédents. De son côté, la consommation des ménages s’est tassée au premier trimestre, n’augmentant que de 0,1 % après une hausse de 0,6 %, en raison notamment d’un repli des dépenses en énergie (-3,8 % après +3,7 %). « Les températures de l’hiver 2017 ont été plutôt douces pour la saison, après un automne 2016 frais », explique l’Insee.

La production a pour sa part ralenti, avec en particulier un repli de 0,5 % de la production manufacturière. Mais c’est surtout le commerce extérieur qui a pesé sur la croissance au premier trimestre, en raison d’un recul des exportations (-0,7 %) et d’une hausse des importations (+1,5 %).

Au total, les échanges extérieurs ont handicapé la croissance à hauteur de 0,7 point, après une contribution de +0,2 point au dernier trimestre 2016. Le déficit du commerce extérieur, talon d’Achille de l’économie française, s’est établi l’an dernier à 48,1 milliards d’euros, contre 45 milliards en 2015.

(*)Minutes-AFP-28042017-0838

 

   

3.► Les listes électorales

Pour qu’un pays puisse être considéré comme démocratique, il faut que des élections y soient organisées de temps à autre afin de désigner des élus ou pour répondre à une question lors d’un référendum, voire une votation chez nos voisins suisses. Cela suppose une mobilisation de citoyens. Une armée de scrutateurs et d’assesseurs tente, pour la plupart d’entre eux, d’encadrer honnêtement le déroulement du vote. Grâce à eux, les scrutins peuvent être sincères et conformes aux prescriptions de la loi. Il faut aussi mettre en œuvre une certaine logistique : des bulletins, des enveloppes, des isoloirs, des urnes et des listes électorales. Ces dernières ont pour rôle primordial de dire qui peut voter dans un bureau, et leur émargement empêche que deux votes soient émis pour un et un seul électeur.

Il faudrait, dans l’idéal, que chacun vote là où il réside, mais les exceptions sont légion. Il y a le provincial émigré dans une métropole mais qui, par fidélité, refuse de voter ailleurs que dans son village d’origine où il dispose d’une résidence secondaire. Il y a aussi les jeunes actifs ou les étudiants, qui changent de domicile une fois par an et qui préfèrent rester inscrits chez leurs parents, parce que c’est une adresse permanente. Et il y a ceux qui oublient de notifier leur changement d’adresse afin de mettre à jour les listes électorales.

D’après Le Monde (*), une seule personne sur cinq effectuerait cette démarche. Sept millions d’électeurs seraient, ainsi, mal inscrits en France, avec une adresse erronée. Pour voter, ils ont le choix entre anticiper et établir une procuration ou faire des kilomètres le jour venu. C’est dissuasif et l’abstention y gagne sans doute des pourcentages.

Certains déplorent que la réinscription ne soit pas automatique en cas de changement d’adresse. C’est peut-être techniquement possible en croisant des fichiers fiscaux avec ceux des mairies, mais dès lors que deux bases de données nominatives envisagent de s’échanger des informations, les levées de boucliers vindicatives fleurissent promptement. Le Français n’aime pas plus être fiché que fliqué, même si c’est pour lui rendre service.

L’objectif de la lutte contre le niveau d’abstention est, certes louable, mais est-il incongru de souligner que la citoyenneté confère aussi des devoirs, que s’inscrire sur les listes électorales n’est pas un prix démesuré pour disposer du droit de vote ? Bref, il convient de rendre chacun responsable du bon fonctionnement. Cela passe par s’informer sur la vie civique et faire ce qu’il faut quand il le faut.

(*)BdVoltaire- 24042017 – RémyMahoudeaux

 

4.► Des prisons surpeuplées

La récente démission du directeur de l’Administration Pénitentiaire intervient alors que le nombre de détenus bat son record en France (*).

Le taux d’occupation est actuellement de 117% dans les prisons françaises :

  • 58 681 = nombre de places dans les établissements pénitentiaires.
  • 69 430 = nombre de détenus en mars 2017.

Entre 1990 et 2016, il y a eu 23 339 détenus supplémentaires pour seulement 21 892 places en plus.

Enfin, la durée moyenne de détention est passée de 7,9 mois en 2002 à 11,5 mois en 2014.

(*)ObservatoireInternationalDesPrisons-LePoint-2326-06042017/18

 

5.► Des algues pour dépolluer l’air

Une colonne Morris capable de capter du CO2 (dioxyde de carbone) comme 100 arbres le font grâce à la photosynthèse (*). Ce « puits de carbone » va être installé d’ici cet été place Victor et Hélène Basch, dite place d’Alésia à Paris, dans le 14e arrondissement. C’est une sorte d’aquarium lumineux peuplé de micro-algues, fruit d’une collaboration entre le groupe Suez et la start-up Fermentalg.

Selon la mairie de Paris, « aucune autre technologie » que cette colonne Morris nouvelle génération « ne remplit cet objectif de réduire la pollution dans le milieu urbain ». En plus, ce « puits de carbone » pourrait avoir l’avantage de capter une partie de l’oxyde d’azote produit par les voitures. Le test va durer un an minimum, le temps de la convention signée entre la mairie de Paris et le groupe Suez. « Si cette expérimentation s’avère efficace en termes de captation, le processus pourrait être déployé sur d’autres zones à forte concentration de gaz carbonique, comme les bouches d’aération de parkings ou sur les parois des tunnels du périphérique », détaille Bertrand Camus, directeur général de Suez France. Leur choix de s’inspirer d’une colonne Morris s’est décidé « juste pour une question de design ».

Dans le réservoir de 4 m de hauteur et de 2,5 m de diamètre, les micro-algues, élaborées par Fermentalg, entreprise de Libourne (Gironde), sont insérées dans un réservoir d’un mètre cube d’eau. L’entreprise sélectionne des souches d’algues françaises. Depuis 2014, l’équipe de Philippe Lavielle réfléchit à « la création d’une sorte de pompe à gaz où le carbone vient se fixer sous la forme d’une masse organique ». Fermentalg, contactée par le groupe Suez, collabore maintenant à la fabrication d’un « système d’assainissement de l’air ». « Avec la croissance de l’algue, la biomasse va être rejetée dans le réseau d’eaux usées et cela permet de créer une énergie importante », commente le directeur de Suez France.

(*)20Minutes- 24042017-0805-CamilleAnger


 

6.► Mariés depuis 69 ans, ils meurent à moins d’une heure d’intervalle

Rendre son dernier soupir en tenant la main de celle ou celui qu’on aime… C’est ce qui est arrivé à ce couple d’Américains, nés en Argentine. Hospitalisés dans le même hôpital de Chicago, dans l’Illinois, cet homme et cette femme ont vécu leurs derniers instants ensemble, rapporte le Daily Herald. « On ne voulait pas les voir partir », a témoigné leur petit-fils, « mais on n’aurait pas pu faire mieux pour eux. »Samedi, les membres du personnel de l’hôpital ont constaté qu’Isaac Vatkin, âgé de 91 ans, et son épouse Teresa, 89 ans, respiraient avec difficulté et ne répondaient plus à leurs sollicitations. Ils ont alors décidé de les placer dans la même chambre et de rapprocher leurs lits afin de les installer côte à côte. Les membres de la famille ont ensuite placé la main de l’un dans celle de l’autre. « Je ne voulais pas qu’ils aient peur », a expliqué leur petite fille. « J’ai pensé que ça les aiderait peut-être de savoir que l’autre était présent », a-t-elle ajouté.

Teresa, atteinte de la maladie d’Alzheimer, a succombé la première. Quarante minutes plus tard, après que l’équipe médicale a séparé les mains du couple et retiré le corps de Teresa de la chambre, Isaac Vatkin s’est éteint à son tour. « Leur amour l’un pour l’autre était si fort, ils ne pouvaient tout simplement pas vivre l’un sans l’autre », a témoigné lundi leur fille lors de leurs funérailles communes. Un couple amoureux, jusqu’à la dernière seconde.

(*)20Minutes-28042017-0934- NoémieSeguin

 

7.► A lire… «La chute de l’empire humain »    

En collaboration avec le journaliste François Roche, Charles-Edouard Bouée publie un ouvrage qui explore les relations qui pourraient se nouer entre les intelligences humaines et artificielles, « La chute de l’empire humain » (Edit. Grasset, 208p., 18 €).

C’est un robot qui, dans le livre, raconte l’aventure de l’intelligence artificielle : les débuts, l’accélération des années 1950, les pistes pour reconstituer le fonctionnement du cerveau humain…

Tous les défis de l’intelligence artificielle sont ensuite exposés dans toutes leurs dimensions :

  • Faut-il craindre l’obsolescence de l’esprit humain ?
  • Vivrons-nous demain dans une société totale ment robotisée ?
  • Une société fonctionnelle sans liberté ni imprévu ?
  • Comment notre société et nos institutions vont-elles se réorganiser ?
  • Et nos entreprises ?
  • Est-ce que la fréquentation assidue des machines peut changer la nature de l’homme ?

La conclusion de l’auteur : l’homme ne deviendra l’esclave des machines que s’il cède à la paresse et à l’oisiveté…

Extrait.
« Le robot est un ʺhumainʺ par procuration ou par délégation. Par l’informatique en nuage et Internet s’établira une relation permanente et privée entre la machine et ses concepteurs, qui pourront lui inculquer des connaissances ou des fonctions nouvelles, sans que son propriétaire n’intervienne. Sans parler des capacités d’auto-apprentissage de ces machines qui leur permettront d’adapter leur comportement en permanence. Dans un certain nombre de cas, il ne sera pas possible à un humain de savoir s’il parle avec un congénère ou avec une machine. Cela changera-t-il la nature de la communication ? ».

(*)L’Express-3434-26042017/102-EmmanuelLechypre-LaLibrairieDeL’Eco

 

Richard POGLIANO

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