REGARDS EN COIN (75)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Macron, Président
2. La gloire de l’échec
3. Des lycéens créent leur entreprise
4. Le 1er supermarché de produits périmés
5. Des bières à vie
6. Quelle punition pour « fraude électorale » ?
7. A lire… « Pulsions du temps »

  1. Macron, Président

Emmanuel Macron a recueilli 66,1 % des suffrages exprimés (20.753.704 voix), selon les chiffres définitifs publiés par le ministère de l’Intérieur.

Marine Le Pen 33,9% (10.643.937 voix).

L’abstention s’élève à 25,44%. 3,01 millions de bulletins blancs et 1,06 million de bulletins nuls ont été comptabilisés.

2.► La gloire de l’échec

Un enfant tombe plus de 2 000 fois avant de savoir marcher. Adulte, nous vivons des expériences d’échecs. On ne s’en rend plus compte, mais notre corps a magnifié l’art d’utiliser les déséquilibres pour avancer.

En 1997, lors d’une compétition de ski, et alors qu’il était au sommet de sa carrière de sportif (*), Adrien Duvillard tape un mur à plus de 100 km/h pendant une descente. Un mur physique mais aussi et surtout un mur symbolique. « Mes premières pensées après m’être réveillé du coma ont été “je ne l’ai pas vu venir, je n’ai pas eu de chance”. Pourtant des signes avant-coureurs existaient, mais je ne les voyais pas. Ou je ne voulais pas les voir ».

La raison ? L’égo. Quand les lumières illusoires de l’égo brillent, elles éclairent un chemin trompeur qui ne mène nulle part, sauf dans les brumes de l’illusion engendrées par ce même égo. Ces lumières, puissantes, empêchent de voir la grande image de la vie.

Nous avons tous vécu, au moins une fois dans la vie, ce genre d’expérience. Nous avons tous été confrontés un jour ou l’autre à des situations qui interpellent notre conscience.

Comprendre et apprendre. Chaque expérience, vécue de prime abord comme un échec, une malchance, est en fait une opportunité pour apprendre et avancer en pleine conscience.

« Mesures la richesse de ta vie non pas à la quiétude vécue mais aux difficultés rencontrées »…

* CourrierCadres-28042017-AdrienDuvillard,-La RédactionAssociationProgrèManagement.

 

   

3.► Des lycéens créent leur entreprise

Cette année, quelque 900 jeunes des Pays de la Loire se sont investis dans la création d’une mini-entreprise, au sein de leur établissement scolaire (*).

Certains participants ont sorti le costume pour la première fois. Et ça leur va bien. Ce jeudi, l’Escall à Saint-Sébastien-sur-Loire accueille un forum d’entreprises un peu particulier. Si la quarantaine de stands aménagés semblent plutôt classiques, l’âge de ceux qui se trouvent derrière l’est moins. A 18 ans, Alexandra se présente par exemple comme « directrice générale ». Sa copine Nassima, qui porte aussi une veste noire, est la « responsable marketing ».

Comme elles, plus de 900 élèves des lycées des Pays de la Loire se sont investis cette année dans la création d’une mini-entreprise, à raison de 2h par semaine, aidés par leurs professeurs. Ce jeudi, la région et le rectorat, qui ont initié le dispositif pour « faire apprendre autrement », les réunissent pour faire le bilan. Car l’époque où le monde de l’entreprise et celui de l’éducation se tournaient le dos semble révolue. En classe, on parle désormais sans souci de « capital », « marges », et autre « Scop ». Et on le vit en vrai, sauf qu’à la fin, les bénéfices sont intégralement reversés à des associations.

Au lycée Nelson-Mandela, sur l’île de Nantes, la «  boutique solidaire Zana Shop » a par exemple réalisé l’an dernier près de 4.500 euros de chiffres d’affaires grâce à la vente d’accessoires et de produits solidaires ou issus du commerce équitable. Alexandra, la jeune directrice, se félicite d’être passée de deux à onze fournisseurs en un an. « Ça tourne bien, c’est très encourageant, explique celle qui va passer son bac pro en juin. Et ça m’a donné envie d’ouvrir mon propre magasin plus tard ! »

Même énergie chez les élèves du lycée Sacré Cœur à Nantes, avec Charg’up. Eux ont réussi à vendre en une semaine les 80 batteries pour portable (ils n’avaient pas prévu assez de stock) qu’ils ont « négocié à un prix intéressant ». Mais avant, il a fallu se structurer. « On a décidé de monter une SARL pour ne pas avoir trop de capital à mettre au départ, c’est-à-dire 1€ par personne », explique Esra, 17 ans. « Ensuite, on s’est réparti les rôles en fonction des matières dans lesquelles on était les meilleurs, continue Cassidie, 16 ans. Tout s’est bien passé sauf quand il a fallu trouver le nom de notre société. Du coup, on a tiré au sort ! »

(*)20Minutes-12052017/0805-JulieUrbach

 

4.► Le 1er supermarché de produits périmés

À Sydney, dans le quartier de Kensington, vient d’ouvrir OzHarvest (« la récolte australienne ») : un magasin de produits alimentaires anti-gaspi qui propose des denrées parfaitement consommables, mais à l’origine destinées à finir à la poubelle (*).

Sur la devanture du nouvel établissement qui a ouvert récemment ses portes au cœur de Sydney, on peut lire « Prenez tout ce dont vous avez besoin » et « Si vous pouvez, donnez« . Il s’agit de OzHarvest, un supermarché dont les rayons sont entièrement remplis de produits sauvés des bennes à ordures. Un lieu ouvert par Ronni Kahn dans le but de lutter contre le gaspillage et l’insécurité alimentaires. Grâce au soutien d’une association et aux prêts gracieux des murs par un promoteur immobilier, OzHarvest offre ainsi pléthore de denrées alimentaires de qualité à petits prix, sur le principe du don ou même gratuitement pour les plus démunis.

Sur les étals, on trouve aussi bien des fruits et légumes dits « moches » (c’est-à-dire écartés du commerce à cause de leur apparence), du pain, des conserves et des plats surgelés ayant dépassé leur date de péremption, mais toujours propres à la consommation, des boissons mais aussi des produits de toilette et d’intérieur. Le réassort varie chaque semaine en fonction des produits sauvés grâce à 2 500 donateurs.  »

Pour autant, l’établissement ne vend que des produits frais et 100 % consommables. « Nous récupérons uniquement de la nourriture propre à la consommation […] Tous nos employés sont formés et ne sélectionneront pas un produit qu’ils ne pourraient pas manger eux-mêmes », prévient Ronni Kahn.

Le gaspillage alimentaire est un énorme fléau en Australie (comme sur une grande partie du globe). Il coûte 20 milliards de dollars australiens (soit 13 milliards d’euros) par an au pays. Et en moyenne, un Australien jette à la poubelle 20 % de son panier de courses, ce qui représente quatre millions de tonnes de nourriture à l’échelle du pays qui partent directement à la poubelle sans même avoir été touchées. Parallèlement, un habitant du pays sur six affirme avoir fait l’expérience de l’insécurité alimentaire au cours de ces douze derniers mois.

(*)Konbini-04052017/2006-JeannePouget

 

5.► Des bières à vie

Leurs bières artisanales et locales plaisent tellement qu’ils n’ont plus la place de les stocker dans leur local. Pour développer son activité et s’agrandir, la brasserie toulousaine La Garonnette a lancé une opération de financement participatif. Les donateurs les plus généreux seront récompensés par « une bière par mois… à vie »(*) !

Les internautes peuvent soutenir le projet des deux jeunes fondateurs de cette brasserie locale sur la plateforme Miimosa. Depuis le lancement de la campagne de crownfunding mi-avril, ils ont déjà récolté les 9.000 euros minimum nécessaires à l’achat de trois fermenteurs. « Si nous arrivons à réunir plus d’argent, notre objectif est d’en acheter six en tout, détaille Benjamin Serralta, l’un des fondateurs qui a créé cette brasserie en octobre 2015 avec son ami d’enfance Jonathan Bois. Cet investissement va nous permettre de booster notre production, plus rapidement afin de répondre à la demande ».

Car les bières toulousaines plaisent ! Les deux brasseurs mettent un point d’honneur à produire local exclusivement. Ainsi leurs bouteilles viennent d’Albi, le malt de Salvagnac sur Tarn, les étiquettes des bouteilles de la Ville rose. Seul le houblon provient de Cophoudal en Alsace puisque cette matière première n’est pas produite dans la région. Une trentaine de points de vente distribuent la dizaine de variétés de bières proposée par La Garonnette.

Et pour attirer les mécènes, les deux jeunes Toulousains de 27 ans ont de la suite dans les idées. Les donateurs qui verseront la somme de 250 euros seront récompensés de leur soutien par « une bière par mois… à vie ».

Au total, les deux jeunes Toulousains vont investir 150.000 euros pour trouver un nouveau local, passer leur production de 1.200 à 7.000 litres par mois, acheter une embouteilleuse et une étiqueteuse, et créer une maison brassicole comprenant un bar, une cave, des ateliers de brassages et du matériel à vendre pour les brasseurs amateurs en lieu et place de leur actuel local…

(*)20Minutes-05052017/1839-JulieRimbert


6.► Quelle punition pour « fraude électorale » ?

Huit ans de prison pour avoir voté « illégalement » : c’est la sentence, infligée en février, par un tribunal du Texas à une mère de famille mexicaine vivant « légalement » aux Etats-Unis depuis des années.

Rosa Ortega qui a déjà fait un mois de prison avant de verser une caution de 11.000 dollars dans l’attente d’un jugement en appel, est« devenue l’incarnation de la fraude électorale, un crime que le président Trump et d’autres républicains dénoncent comme une épidémie mettant en danger l’intégrité des élections, même si aucune preuve ne soutient cette affirmation », écrit le « Washington Post ».

Rosa Ortega était persuadée qu’elle pouvait prendre part à des votes car elle avait une « carte verte », qui autorise un étranger à résider et travailler aux Etats-Unis. Avant « l’affaire Ortega » ce genre de fraude se terminait par une petite sanction, soit une mise à l’épreuve soit une condamnation à un travail d’intérêt général. Dans 38 affaires au Texas depuis 2005, une seule a donné lieu à une condamnation à trois ans de prison, mais pour une fonctionnaire élue qui a reconnu avoir enregistré des personnes n’ayant pas la nationalité américaine pour qu’elle-même puisse gagner une élection.

Mais Trump a, « sans preuve », lancé que 5 millions de bulletins « illégaux » lui avaient fait perdre en novembre la majorité du vote populaire. Ce qui a renforcé l’hostilité de certains à l’égard des minorités en particulier d’origine mexicaine. « Est-ce que la sévère peine infligée à Rosa Ortega contribue à lutter contre un problème de société ou n’est-ce que la conséquence d’un mythe moderne ? », se demande l’Amérique selon le « Post ». En tout cas cette Mexicaine, qui votait républicains, a l’impression que l’Amérique « n’est plus le même pays »…

(*)www.lesechos.fr-050417/0600-JacquesHubertRodier

7.► A lire… «Pulsions du temps »    

Dans son dernier ouvrage « Pulsions du temps » (Edit. Fayard), la linguiste et psychanalyste Julia Kristeva offre une réflexion magistrale sur notre relation au présent.

Docteur honoris causa de nombreuses universités, Julia Kristeva est un nom qui compte au sein de l’intelligentsia française et internationale (*). Ses prestigieuses récompenses en témoignent : prix Holberg (2004) pour les sciences humaines ; prix Hannah Arendt (2006) pour la pensée politique ; prix Vaclav Havel (2008) pour la culture européenne.
Preuve en est, également, son dernier livre, ʺPulsions du tempsʺ une réflexion magistrale, d’une brûlante actualité, sur notre relation au présent !

Pour Julia Kristeva « nous vivons aujourd’hui, à travers l’hyperconnexion planétaire, qu’elle soit due à Internet, aux réseaux sociaux ou aux médias, dans un monde de plus en plus globalisé. Ce fait a pour conséquences principalement deux choses, qui s’avèrent à la fois – le paradoxe n’est qu’apparent – contradictoires et complémentaires. D’une part, le temps ne nous est jamais apparu aussi uniforme, compact, fermé, répétitif, comme replié sur lui-même, sans réelles perspectives. D’autre part, jamais il ne s’est révélé aussi ouvert, multiple, diversifié, inconnu, changeant, riche de potentialités les plus variées. Le temps, aujourd’hui, ne s’est pas seulement accéléré. Il engendre également, et peut-être surtout, une invraisemblable quantité d’événements, mais dont le sens réel et profond, cependant, se révèle souvent difficile, dans l’immédiat, à comprendre, à interpréter à sa juste valeur. D’où, ainsi que mon livre nous y engage, la nécessité de pouvoir le décrypter ».

Et de préciser : « Ce livre questionne notre relation au présent et, donc, au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. C’est la teneur de ce rapport, précisément, que j’interroge. Telle est la raison pour laquelle je parle, dans ces Pulsions du temps, de « reliance » : concept censé expliquer le lien existant entre la formation de la conscience, qu’elle soit individuelle ou collective, et le temps ».
(*)LePoint-1006131127-.fr

 

Richard POGLIANO

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