REGARDS EN COIN (70)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Usines créées en France
2. La consommation française
3. La France numérique
4. Energies renouvelables
5. ArcelorMittal et l’argent de l’Europe
6. Sardex en Sardaigne, Sel en France
7. A lire… « L’esprit de la V° République»


1-Usines créées en France

136 usines ont été créées en France en 2016 (*)

Selon une étude du cabinet spécialisé Trendeo, le solde entre les annonces d’ouverture et de fermeture d’usines en France a été nul l’année dernière pour la première fois depuis sept ans.

Ce coup d’arrêt à la destruction du tissu industriel français s’explique en grande partie par la reprise de l’industrie automobile et du secteur pharmaceutique.

Si cette hémorragie est stoppée, l’industrie aura créé près de 600 usines depuis 2009 et 820 000 emplois entre 2000 et 2015.
Fait nouveau, les usines créées dans l’Hexagone sont désormais plus petites.
Les sites emploient en moyenne une vingtaine de salariés en 2016 contre trente en 2009.
Et on y compte désormais 1,54 robot pour 100 salariés…

(*)L’Obs-2733-230317/22-

 

2-La consommation française

Seules 12% des personnes interrogées estiment que leur pouvoir d’achat a augmenté…

Le pouvoir d’achat reste une des principales préoccupations des Français. Plus de huit Français sur dix (81%) ont le sentiment que leur pouvoir d’achat a baissé au cours des dernières années, selon un sondage Ipsos Sopra Steria diffusé ce jeudi.

Les personnes interrogées sont 12% à estimer que leur pouvoir d’achat a augmenté, 7% jugent qu’il est resté stable, selon cette enquête d’opinion pour Radio France et France Télévisions.

Lorsqu’ils font leurs courses alimentaires, les Français sont plus d’un tiers (37%) à faire attention à ce qu’ils dépensent à cinq euros près ou moins, 36% calculent à dix euros près et 27% sont à 50 euros près ou alors ne comptent pas vraiment.

Seul un tiers (35%) déclare réussir à mettre de l’argent de côté à la fin du mois.

Parmi les principaux candidats à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est celui à qui on fait le plus confiance pour faire des propositions en matière de pouvoir d’achat (43%), devant Emmanuel Macron (38%), Benoît Hamon (34%), Marine Le Pen (28%) et François Fillon (20%).

 

(*)Sondage réalisé par internet du 25 au 27 mars auprès d’un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

   

3-La France numérique

Plus de 87% de nos concitoyens ont désormais accès à internet et sont devenus des utilisateurs réguliers des réseaux sociaux.

L’ordinateur est rattrapé par les écrans mobiles.
Les taux d’équipement :
– 6,4 écrans en moyenne par foyer ;
– ordinateur, de 70% en 2011 à 85% en 2016 ;
– smartphone, de 45% en 2011 à 65% en 2016 ;
– tablette, de 5% en 2011 à 45% en 2016.

A chacun ses réseaux sociaux :
– pour les 15-24 ans, snapchat (1), periscope (2) et instagram (3) ;
– pour les catégories socioprofessionnelles favorisées, Linkedin (1), Dailymotion (2) et Pinterest (3) ;
– pour les 50 ans et plus, Google (1), Facebook (2) et Youtube (3).

(*)L’Obs-2730-020317-Médiamétrie-MehdiBenyezzar

 

4-Energies renouvelables

Pour la première fois depuis 2013, «la croissance de l’énergie solaire a battu celle de l’éolien» (*)

Le développement des énergies renouvelables a de nouveau battu un record en 2016, avec plus de 160 gigawatts (GW) de nouvelles capacités installées dans le monde, selon le rapport annuel de l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) publié jeudi.

Pour la première fois depuis 2013, «la croissance de l’énergie solaire a battu celle de l’éolien», avec 71 nouveaux gigawatts pour la première et 51 GW pour la seconde, note encore l’Irena, basée à Abou Dhabi.

Le solaire connaît un développement particulièrement important grâce à la baisse significative de ses coûts de production dans certains pays.

Les capacités de production d’énergie verte ont ainsi désormais dépassé les 2.000 GW, soit 8,7% de plus que fin 2015, mais les énergies renouvelables représentent encore moins de 5% de la consommation mondiale d’énergie, et environ un quart de la production d’électricité).

Plus de la moitié des nouvelles capacités ont été installées en Asie. De son côté, l’Afrique commence également à prendre le train des énergies renouvelables, avec deux fois plus de nouvelles capacités installées en 2016 qu’en 2015.

Outre le solaire et l’éolien, 35 GW d’hydroélectricité ont été installés, ainsi que plus de 8 GW de bioénergies (biomasse, etc.) et 0,78 GW de géothermie.

(*)20 Minutes avec AFP-31/03/17-10h09

 

5-ArcelorMittal et l’argent de l’Europe

Lundi 13 mars 2017, ArcelorMittal et la BEI signaient un prêt de 350 millions d’euros « en soutien à l’investissement du groupe industriel » (*)

Le site de Florange est devenu le symbole de la désindustrialisation de la France, touchant particulièrement le secteur de la sidérurgie dans l’Est. En 2011, le groupe indien ArcelorMittal mettait successivement à l’arrêt les deux hauts-fourneaux de son usine de Florange. En pleine campagne présidentielle, le sujet suscitait une immense polémique.

Après toute une année de démonstrations bruyantes, les hauts-fourneaux de Florange étaient définitivement mis à l’arrêt le 24 avril 2013.

Lundi 13 mars 2017, soit plus de cinq ans après, ArcelorMittal et la Banque européenne d’investissement (BEI) signaient un prêt de 350 millions d’euros « en soutien à l’investissement du groupe industriel ». Le tout accompagné de promesses qui n’engageront que ceux qui y croiront…

Car, comme de bien entendu, ce financement sera théoriquement conditionné au respect d’un cahier des charges stipulant qu’ArcelorMittal devra justifier l’utilisation de ces fonds et produire, en 2020, un bilan chiffré prouvant que les objectifs fixés ont été atteints (nombre de brevets, maintien des emplois sur les sept sites européens du groupe).

ArcelorMittal n’est pas une entreprise philanthropique européenne. Ce géant indien cherche, avant tout, à maximiser ses immenses profits. Son chiffre d’affaires était de 53 milliards d’euros pour l’année 2016.

On peut se demander quelles sont les raisons qui la poussent la BEI à financer un groupe aussi important, qui n’a nul besoin d’un prêt européen, auquel la France contribue pour environ 16,11 %…

(*)BdVoltaire-020417-0706

 

6-Sardex en Sardaigne, Sel en France

En Sardaigne, le Sardex est la nouvelle monnaie, ou plutôt un système d’échange alternatif qui a aidé l’île à amortir la crise. Une initiative qui a permis de constituer un réseau d’échange complémentaire entre entreprises qui fonctionne comme une chambre de compensation entre des crédits et des débits.

« Sardex organise entre entreprises une relation sociale de crédits et de débits basée sur la confiance. J’achète quelque chose que tu as, par exemple cette tasse de café. Si tu as confiance, tu me fais crédit. Je peux écrire sur un bout de papier ʺ je dois 10 euros ʺ : c’est de la monnaie. Sardex fonctionne ainsi, sauf qu’il n’y a pas de bout de papier. Il n’y a que des comptes, qu’on débite et crédite sur son smartphone ».

Bien sûr, au départ, lorsque vous entrez dans le réseau Sardex (ce qui cous coûte quelques centaines d’euros par an, selon la taille de votre activité), votre solde est de zéro. Si vous achetez quelque chose à une autre entreprise du réseau, votre compte devient négatif. Aucun intérêt n’est prélevé pour ce ʺ découvert ʺ. Votre seule obligation est de sortir du rouge, en vendant à votre tour quelque chose en Sardex, dans un délai raisonnable (douze mois).

Le succès est tel qu’il est aujourd’hui cloné dans toute l’Italie.

Les monnaies complémentaires existent depuis les années 1930. Le modèle le plus répandu est celui des LETS (local exchange trading systems), un système de crédit mutuel qui a été imaginé en 1983 au Canada. Le Sardex s’inscrit dans cette filiation.

En France, nous avons les SEL (systèmes d’échange local) qui permettent aux citoyens de proposer des services : jardinage contre cours d’anglais, par exemple. Le premier SEL a été créé dans l’Ariège en 1994, et leur nombre a augmenté après la crise de 2008. On en compte plus de 600, souvent anecdotiques. Les entreprises marchandes ne peuvent y participer. La mesure est parfois l’heure : une heure de cours de droit = une heure de bricolage.

Une société coopérative du Tarn vient de lancer le ʺ Coopek ʺ, dont l’ambition est de couvrir la France.
Paris se prépare à lancer sa propre monnaie, avec pour nom provisoire ʺ La Seine ʺ…

 

 

7-A lire… « L’esprit de la V° République »    

Professeur de philosophie politique à l’université Paris-II, Philippe Raynaud vient de publier ʺ L’esprit de la V° République ʺ aux Editions Perrin (250 p., 19,90€).

Cet héritier de Montesquieu passe au crible notre République Française quasiment sexagénaire et note la compatibilité des candidats aux présidentielles de 2017 avec nos institutions.

Extraits (*).

« La V° République n’aurait pu être l’œuvre d’un homme de gauche. Mais le génie de De Gaulle a été sa capacité à intégrer des courants très divers, y compris venus de la gauche ».

« Le général De Gaulle n’était pas maurrassien mais péguyste : il acceptait l’idée que la République est ʺ notre Royaume de France ʺ avec un chef d’Etat. Quand il n’y a pas de chef, il n’y a pas d’Etat ».

« La gauche ne s’est jamais totalement ralliée à ce régime. Le programme génétique anti-bonapartiste de la gauche reste très fort et la pratique présidentialiste qui s’est imposée sous Mitterrand n’est pas totalement légitime à sas yeux ».

« Macron essaie de mettre au service d’un projet, qui est celui de la deuxième gauche, la rhétorique et les ressorts passionnels de la V° République ».

« Un des aspects de Marine Le Pen consiste à vouloir associer les valeurs du gaullisme de droite avec une politique sociale relevant du gaullisme de gauche ».

 

(*)LePoint-2320-230217-167/168-

 

Richard POGLIANO

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