REGARDS EN COIN (68)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. La clause Molière
2. Votez Jésus
3. Le coût du Brexit
4. Arbitrage Tapie
5. Les avis politiques du cerveau
6. Le taureau et la fillette
7. A lire… « EURO par ici la sortie ? »


1-La clause Molière

Après la Normandie, les Hauts-de-France, et l’Auvergne-Rhône-Alpes, le conseil régional d’Île-de-France veut imposer sur ses chantiers, la fameuse clause Molière (*).

Il s’agit de conditionner l’attribution de certains marchés publics à l’usage du français. Cette mesure, censée lutter contre la directive européenne des travailleurs détachés, pourrait concerner les secteurs des travaux publics, du transport ou encore de la formation professionnelle et des activités de conseil, explique Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région. Un signal adressé à la lutte contre le travail illégal.

Le vice-président (LR) chargé de l’économie, Jérôme Chartier, reconnait qu’il s’agit d’une volonté politique. «Cette clause est nécessaire et vise les entreprises étrangères qui viennent avec leurs équipes, sans qu’aucun ne parle français. Il faut (…) que l’échange sur les chantiers se fasse en français

Au sein du conseil régional d’IDF, les écologistes dénoncent une mesure qui intervient à quelques semaines de la présidentielle et des contrôles qui relèvent de l’inspection du travail et non de la région.

Le MoDem exprime lui aussi des réserves sur la clause Molière, soulignant que la directive des travailleurs détachés est «en passe d’être réformée par le Parlement européen», et que la clause Molière «peut aussi avoir des effets pervers sur l’intégration des travailleurs étrangers en situation régulière».

Enfin, pour le groupe Front de Gauche «il est possible que cette délibération ne soit pas légale ». Il rappelle que lundi dernier (7 mars), le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a adressé un «recours gracieux» au président (LR) de la Région, Laurent Wauquiez, pour qu’il modifie ou supprime cette clause « susceptible de créer une discrimination fondée sur la nationalité des entreprises candidates ».

A suivre.

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2-Votez Jésus

Comme chaque année le diocèse de Gap a donc lancé une campagne publicitaire pour le denier du culte.

Et, comme chaque année, il a imaginé une affiche un peu tonique pour réveiller ses ouailles.

On y voit Don Camillo demander : « Seigneur, combien de voix allez-vous obtenir cette année pour le Denier ? »
Le savoureux curé de Brescello, immortalisé par le Marseillais Fernandel, ne devrait pas manquer de séduire les Provençaux à sa cause, et de récolter de nombreux dons.
Surtout avec un slogan qui ne laisse subsister aucune ambiguïté : « Votez Jésus-Christ, le seul qui n’a jamais changé de programme. »

Cette publicité ne semble pas plaire à l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP), qui en aurait refusé l’affichage public en évoquant la « sensibilité » de la question de la laïcité, apparemment heurtée par l’image d’un prêtre catholique sur l’« emblème de la République ».

Mgr Di Falco a fait savoir que les affiches seraient « placardées dans les églises et… au-dehors », en ajoutant : « On verra si on a des problèmes et on fera face ! »

Il n’a pas tord, et il serait bien dommage de condamner cette affiche et son humour qui ne blessent personne, ni la laïcité ni la République…

 

3-Le coût du Brexit

Le 8 février, le Parlement Britannique a donné son accord au déclenchement de l’article 50 du traité européen, qui régit la sortie de l’Union d’un pays membre.

Les Britanniques quittent définitivement l’Union, et cela à un coût.

D’ores et déjà, le montant du Brexit peut être estimé à plus de 100 milliards d’euros. Cette facture comporte plusieurs volets qui résultent tous des obligations juridiques liées à l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Union Européenne (UE).

Ainsi, pour ne prendre que quelques exemples, la différence entre les versements au budget annuel de l’Union et le coût réel des différentes dépenses sur sept ans, décidées par les pays membres. La part britannique serait de 29,2 milliards d’euros.
Autre exemple, les engagements d’investissement dont la Grande-Bretagne devra s’acquitter après sa sortie de l’UE en 2019, le budget actuel courant jusqu’en 2020. La part de la Grande-Bretagne pourrait atteindre 17,4 milliards d’euros.
Enfin, les pensions des fonctionnaires européens que la Grande-Bretagne doit couvrir. Le coût de leurs retraites pourrait dépasser les 60 milliards d’euros.

Il n’est pas sur qu’en quittant l’Union, les Britanniques s’attendaient à devoir payer autant…

   

4-Arbitrage Tapie

Le parquet de Paris requiert le renvoi en correctionnelle, entre autres, de Bernard Tapie et de Stéphane Richard.

Les chefs retenus contre l’homme d’affaire sont: « escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics ».

Le PDG d’Orange (Stéphane Richard) qui était à l’époque directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, l’avocat de Bernard Tapie (Maurice Lantourne) et l’un des trois arbitres (Pierre Estoup) sont poursuivis pour « escroquerie en bande organisée ».

L’arbitrage avait permis à Bernard Tapie d’empocher 404 millions d’euros pour régler son litige avec le Crédit lyonnais.
Il a été annulé en juin 2016 car entaché de fraude.

 

5-Les avis politiques du cerveau

S’il est difficile de faire changer quelqu’un d’opinion politique, c’est la faute à son cerveau (*).

L’Université de Californie du Sud (Los Angeles) l’affirme : le cerveau s’accroche à ses croyances politiques contre vents et marées !

« Nous pensons que les croyances politiques sont liées à l’identité », commente Jonas Kaplan, auteur principal de l’étude.

Lorsqu’un individu lit un argument contraire à son opinion, cela active un réseau cérébral impliqué dans l’introspection, l’identité et le soi, révèle l’imagerie cérébrale.

« Pour envisager un autre point de vue, vous devriez envisager une autre version de vous-même », conclut le chercheur…

 

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6-Le taureau et la fillette

Dans le sanctuaire de la finance mondialisée qu’est Wall Street à New York, il y a une statue de taureau, agressif comme un trader.

À l’occasion de la Journée de la femme, Reuters nous a appris qu’une autre statue a été posée, faisant face à la bête.

Il s’agit d’une fillette en bronze, d’une taille presque insignifiante face à la masse du taureau furieux. La petite fille ne se dégonfle pas, son attitude corporelle est bravache, les poings fermement posés sur les hanches. Même pas peur !

Cette statue a été posée par le mastodonte de services financiers State Street Global Advisor dans une démarche visant à la réduction des inégalités salariales homme-femme dans la profession financière, et la promotion d’une plus grande diversité de genre au sein des conseils d’administration. La mairie de New York décidera de la durée d’exposition de cette petite fille, la firme demandant une durée minimale d’un mois.

Une œuvre peut se tromper de signification. Ou, plus exactement, comme l’exprimait Michel Tournier, l’artiste n’a pas de contrôle sur la lecture qu’en fera son public.
L’égalité salariale homme–femme est un bon objectif, mais dans cette œuvre, on peut aussi y voir une allégorie de la fragilité de l’homme face au marché tout-puissant, financiarisé et mondialisé…

 

7-A lire… « EURO par ici la sortie ? »    

 

Pierre Artus, chef économiste de Natixis, et Marie-Paule Virard, journaliste économique, viennent de publier ̎ EURO par ici la sortie ? ̎ (Edit. Fayard, 176p., 15€), dans lequel tous les sujets qui passionnent les curieux de la chose économique sont abordés (*) : zone euro, croissance faible, austérité, budget, normes bruxelloises, sortie de l’euro, appauvrissement… avec, à chaque fois, une conclusion à la clé.

Bref, un livre qui répond à la plupart  des questions que tout citoyen se pose sur l’Euro.

Extraits.
« L’économie de la zone euro crée moins de richesses que les économies comparables. Il y a donc bien là un mystère à éclaircir ».
«  Si la zone euro est devenue cette machine à fabriquer de la croissance faible, c’est en raison des malfaçons originelles et autres erreurs de gouvernance ».
« L’incapacité chronique à avancer dans la voie d’une Union économique et monétaire intégrée, porteuse de cohérence et d’efficacité, est le premier handicap de la zone euro ».
(*)Challenges509-120217/31-V.B.

Richard POGLIANO

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