REGARDS EN COIN (57)

 

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Retraites en France, et ailleurs…
2. Le Tchin-Tchin boursier
3. Les femmes françaises au top !
4. Les enfants en danger
5. I Feel Good
6. A lire… « Quand l’Etat tue la Nation »

 

 

1-Retraites en France, et ailleurs…

 

Les retraités français ne sont pas contents et le font savoir. Ils réclament une augmentation des pensions qui, ses dernières années, ont été rognées sous le coup de multiples « gels » et suppressions d’avantages fiscaux.
Pourtant, comparée à celle de leurs voisins européens, leur situation demeure correcte. En Allemagne, par exemple, le pouvoir d’achat des pensions, qui sont indexées sur les salaires, a plongé de près de 11% entre 1994 et 2013, quand il est resté quasi stable en France.

Trois éléments sont en faveur des retraités français par rapport aux autres retraités de l’OCDE.

  • Avec le Luxembourg, la France est le seul pays du monde à garantir à ses retraités des revenus légèrement supérieurs à ceux du reste de sa population. Une situation qui dure depuis une vingtaine d’années.
  • Les Français sont champions du temps passé à la retraite, 23 ans en moyenne pour les hommes et 27 ans pour les femmes, alors que dans les autres pays riches, c’est 17,6 ans pour les hommes et 22,3 pour les femmes.
  • Avec 3,8% des plus de 65 ans sous le seuil de pauvreté, la France est l’un des pays qui protègent le mieux ses séniors. En Allemagne, la part des retraités pauvres est montée à 9%.


(*) Challenges-492-06102016-14-LF-CourDesComptes

 

2-Le Tchin-Tchin boursier

Le groupe Afflelou, c’est un réseau de 1 400 boutiques, dont 900 en France, qui génère un chiffre d’affaire de 757 millions d’euros en 2015, mais aussi 60 millions de pertes sur trois ans.

Voilà pourquoi, Alain Afflelou, le fondateur du groupe Afflelou dont il possède encore 13%  des parts, cherche à soulager ses comptes. Et rétablir l’équilibre, tout en renforçant ses positions en Europe et à l’International, en levant 200 millions d’euros à la Bourse. L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) devrait d’ailleurs lui délivrer son visa d’introduction en Bourse dans les jours qui viennent.

L’histoire boursière d’Afflelou est riche en ventes et rachats.

Créée en 1972 à Bordeaux, l’enseigne est en partie rachetée en 1997 par le fonds Alpha, ce qui permet en 1979 de lancer la franchise Afflelou. Après la sortie du capitale d’Alpha en 2000, une nouvelle introduction en Bourse est soutenue par un autre fonds, Apax, qui, en 2006, cède ses parts à Bridgepoint. En 2012, ce dernier vend aux fonds Lion Capital, Caisse de Dépôt et Placement du Québec, et… Apax.

Aujourd’hui, Alain Afflelou n’est sûr de rien. Car le groupe, après plusieurs LBO — achats par endettement –, est fragilisé. Et la concurrence s’est fortement développée dans un secteur dont Afflelou n’est que le numéro quatre.

Le diplômé de l’Ecole Supérieure d’Optométrie de Paris joue donc à « qui perd gagne »…
Est-ce le dernier Tchin-Tchin boursier d’Afflelou ?

(*)Challenges-496-03112016-26-ET

 

3-Les femmes françaises au top !

Les Françaises sont les femmes les plus ambitieuses de la planète, selon le rapport « Global Gender Diversity 2016″ publié fin octobre par le cabinet de recrutement britannique Hays.

En France, les femmes sont 64 % à vouloir occuper un poste à haute responsabilité. Les hommes, eux, sont 79 %.

Le rapport s’est basé sur des sondages menés auprès de 11 500 personnes dans 24 pays, entre novembre 2015 et  janvier 2016. Le but était d’étudier la place des femmes dans l’économie et dans le milieu du travail. Les chercheurs en sont donc venus à la conclusion que les travailleuses nées en France sont celles qui aspirent le plus à une réussite professionnelle, devant les Portugaises et les Belges (respectivement en deuxième et troisième positions).

Dans les pays où la croissance économique est la plus florissante, le constat n’est pas le même. Ainsi, les Allemandes ne sont que vingt-deuxième au classement, suivies de près par les Américaines (23e place), et les Chinoises (24e place).

 

4-Les enfants en danger (1)

 

Un enfant sur sept souffre de la pollution

Quelque 300 millions d’enfants dans le monde, soit un sur sept, vivent dans un endroit où la pollution de l’air extérieur excède jusqu’à six fois les normes internationales, selon un rapport de l’Unicef publié lundi.

Cette nouvelle étude du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance paraît à la veille de la conférence de l’ONU sur le climat, la COP22, qui doit se tenir à Marrakech au Maroc du 7 au 18 novembre.

L’Unicef saisira cette occasion pour lancer un appel aux dirigeants mondiaux pour qu’ils agissent sans attendre pour réduire la pollution atmosphérique dans leur pays.

« La pollution de l’air contribue de façon importante à la mortalité de quelque 600.000 enfants de moins de cinq ans annuellement et menace la vie et l’avenir de millions d’autres », déplore le Directeur général de l’Unicef, Anthony Lake.
« Les substances polluantes, non seulement endommagent les poumons des enfants mais elles peuvent aussi franchir la barrière protectrice du cerveau et endommager irrémédiablement leur développement cérébral, compromettant leur avenir », ajoute-t-il, avant de souligner qu’ « aucune société ne peut se permettre d’ignorer la pollution ».

En s’appuyant sur l’imagerie satellite, cette étude montre qu’environ deux milliards d’enfants vivent dans des pays où la pollution atmosphérique résultant des émissions des véhicules, de l’utilisation intensive de carburants fossiles, de la poussière et de l’incinération des déchets, surpasse les normes acceptables de qualité de l’air établies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’Asie du Sud compte le plus grand nombre d’enfants respirant un air fortement pollué (620 millions), suivie par l’Afrique (520 millions) et l’Asie de l’Est et le Pacifique (450 millions), selon le rapport.

Les auteurs étudient également la pollution à l’intérieur des habitations engendrée par l’utilisation du charbon et du bois pour cuisiner et se chauffer, qui touche surtout les enfants de familles pauvres vivant en zone rurale dans les pays en développement.

 

5-I Feel Good

 

On cherche tous à progresser sur la voie de la sagesse, à se « sentir bien », à « rayonner au quotidien ».
C’est la recherche du « bonheur obligatoire », avec une overdose de « zénitude »…
C’est une pléiade d’ouvrages et d’indicateurs, « l’Entreprise du bonheur », « Happinez », « Psychologie positive », « Comment réaliser son potentiel » ou « Réussir sa vie », sans compter le carnet de mandalas à colorier ou la lettre d’information du « Think Tank du bonheur citoyen » !

Alors, c’est quoi le « filgoud » 2016 ?
Se créer son propre spa de l’esprit en ayant recours à tous les « moyens du jour », littéraires ou digitaux, pour se déconnecter des turpitudes de notre vie quotidienne et contemporaine ?

Non, assurément !
Ce « filgoud » ne passera pas par moi !
Parce que pour « m’enjoyer », il me suffit de vivre… tout simplement !

Et de me dire « I Feel Good » en me récitant Verlaine (« Sagesse ») :

« Le ciel est, par-dessus le toit,
    Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
    Berce sa palme.

La cloche dans le ciel qu’on voit
    Doucement tinte.
Un oiseau sur la branche qu’on voit
    Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
    Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
    Vient de la ville.

— Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
    Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
    De ta jeunesse ? »

 

 

6-A lire… «Quand l’Etat tue la Nation»

 

« Quand l’Etat tue la Nation » (Edit Plon, 208p., 15,90 euros), dernier livre de l’économiste Robin Rivaton, accuse l’Etat français, dans sa forme actuelle, d’être responsable de tous nos maux.

L’Etat français est coupable d’être «  démissionnaire dans sa politique éducative, malthusien dans sa politique économique, inefficace dans sa politique de redistribution, défaillant dans sa politique de l’emploi, incapable d’assurer la sécurité de ses concitoyens au point qu’ils doivent eux-mêmes faire le guet face aux dealers ». Coupable encore d’enferrer les Français dans l’immobilisme par un excès de règles ainsi qu’une administration tentaculaire.

Un constat accablant, mais un ton optimiste. « La Nation peut sembler affaiblie ou anémiée, mais il ne lui faut qu’une occasion pour reprendre vie à tout moment ».

La France se doit donc de repartir, sans laisser la peur et les biens-penseurs nourrir tous les excès.  « Dans le même temps, on se laisse abuser par les techno-prophètes annonçant ici la mort du salariat, alors qu’il n’y a que 16% de free-lances aux Etats-Unis, prédisant la disruption immédiate de l’économie, alors même que le secteur numérique ne pèse que 6% du PIB, promettant la fin du travail à cause des robots, alors que la création d’emplois continue d’être dynamique. La période est à l’exagération en tout, entre ceux qui annoncent la révolution et ceux qui brandissent la stagnation séculaire ».

Et de conclure que, « souvent le dessein est bienveillant, mais la manière révèle bien une société qui a tronqué les vertus de l’élection directe contre les vices de l’action discrète ».

C’est  entre-autre pour cela qu’Alain Juppé a justement qualifié Robin Rivaton d’ « anti-Zemmour »…

(*)LePoint-2297-15092016-141-HugoDomenach

Richard POGLIANO

Les commentaires sont fermés.