REGARDS EN COIN (99)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Taux de chômage en baisse ?
2. Le Service Militaire Obligatoire
3. Cahuzac en appel
4. L’héritage de Johnny Hallyday
5. L’audiovisuel public
6. La PMA pour tous ?
7. La momie hurlante

1.► Taux de chômage en baisse ?
Les chiffres du chômage au sens du BIT (Bureau international du travail) viennent d’être publiés par l’Insee. Résultats : une nouvelle baisse du nombre de demandeurs d’emploi a été constatée fin 2017, concernant ainsi 8,9 % de la population active (*).
Au quatrième trimestre 2017, le taux de chômage au sens du BIT est de 8,9 % de la population active en France (hors Mayotte), “son plus bas niveau depuis début 2009”, souligne l’Insee dans sa note de conjoncture publiée le 15 février. En effet, par rapport au quatrième trimestre 2016, la baisse constatée est de 1,1 point, la plus forte depuis début 2008. En métropole, le nombre de chômeurs s’élèverait à 2,5 millions de personnes, soit une baisse de 205 000 demandeurs d’emploi par rapport à la période précédente.

Moins de chômeurs de longue durée
Dans ce contexte, le chômage de longue durée baisse nettement avec une diminution de 0,6 point sur le trimestre et de 0,7 point par rapport à la même période l’année précédente. “Le taux de chômage de longue durée s’établit ainsi à 3,6 % de la population”, précise l’Insee. Toujours en France métropolitaine, ce sont 1,1 million de personnes qui déclarent au quatrième trimestre rechercher un emploi depuis au moins un an. Par ailleurs, parmi les personnes inactives au sens du BIT, 1,5 million souhaitent décrocher un emploi sans être pour autant comptées comme chômeur. “Elles constituent le halo autour de chômage”, souligne l’Insee. La définition du chômage au sens du BIT est en effet très stricte : seules sont comptabilisées les personnes en âge de travailler (c’est-à-dire ayant 15 ans ou plus) qui n’ont pas travaillé, ne serait-ce qu’une heure, au cours de la semaine de référence, qui sont disponibles pour travailler dans les deux semaines et qui ont entrepris des démarches actives de recherche d’emploi le mois précédent.

Un taux d’emploi en hausse
Parmi les hausses constatées, le taux d’emploi des personnes actives (15-64 ans) atteint 65,7 %, son niveau le plus élevé depuis le début des années 1980. “Il augmente de 0,6 point par rapport au troisième trimestre et de 1 point par rapport à fin 2016”, indique l’Insee. Dans ce contexte, le taux d’emploi à temps partiel reste plutôt stable et subit une légère hausse de 0,1 point par rapport à fin 2016 mais une baisse similaire comparée au troisième trimestre 2017. En revanche, sur cette même période, le nombre de personnes en situation de sous-emploi recule de 0,5 point. Une baisse qui atteint 0,6 point sur un an. Au total, ce sont 5,6 % des personnes en emploi qui se trouvent en situation de sous-emploi.
(*)Rebondir-CamilleBoulate-15022018

2.► Le Service Militaire Obligatoire
Promis par Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, le service national sera bien universel et obligatoire. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux a précisé « C’est un moment de rencontre entre la jeunesse de notre pays et la nation, et en partie son armée, mais ça peut être aussi un engagement civique, comment est-ce qu’on donne de son temps utilement à la nation. » Quant au président de la République, il a estimé que sa durée devrait varier entre « 3 et 6 mois ».
Qu’en pensez-vous (*)?

Merci pour ce moment
Jérôme est nostalgique de son service militaire qu’il a effectué avec « 3 personnes vivant à l’étranger (USA, Espagne, anglaise) ». Ce que cette période lui a appris ? « Respect de l’autorité, droiture et surtout connaissance d’autres cultures. De grands moments riches et intenses en découvertes, amitiés voire fraternité. » Rétablir un service national lui paraît partir d’une bonne intention : « Pour moi, c’est l’institution à remettre à jour et ce en urgence, vu la dérive totale que prennent une foule de jeunes désœuvrés à faire n’importe quoi et qui n’ont aucun respect pour quiconque. »
Jean-Pierre commence par regretter la suppression du service militaire obligatoire, décision prise par Chirac en 1996 (effective l’année suivante) dans une volonté de professionnaliser les armées. Selon lui « Le service militaire était une façon de mettre les jeunes sur la voie de l’autorité et de l’organisation de la prise en charge de leurs responsabilités… Il permettait à des jeunes originaires des campagnes profondes d’entrer dans le monde réel en les sortant de leur monde paysan. » Comme Jérôme, il croit que le réinstaurer, même sous une forme « modernisée », est susceptible de remettre sur le droit chemin « des milliers de jeunes en désespérance complète ».

« Une très belle et grande école de la vie »
Le « brassage social » tant vanté par le président de la République quant aux objectifs du service national universel et obligatoire, parle profondément à Eric : « J’ai rencontré des gens que je n’aurais pas forcément rencontrés, de divers horizons sociaux et culturels. On était tous en treillis et rangers, tous au même rang ce qui nous rendait solidaires. »
Quant à Jacques, l’année de son service militaire fut tout simplement « l’une des plus belles de sa vie ». Il a eu la chance de la passer avec la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris : « Une année à être au service des autres, à les aider, essayer dans le pire
des cas, de les sauver. J’ai vraiment appris le respect, l’ordre et la méthode, la persévérance, la confiance en soi, la solidarité et surtout à garder le sourire même quand l’envie n’est pas là. Une très belle et grande école de la vie. »

Le service ? Non merci !
D’autres n’ont pas vraiment les yeux qui brillent quand ils se remémorent cette période. Patrice a effectué son service en 1994. S’il reconnaît certains bénéfices à cette expérience : « J’y ai découvert des jeunes sympas, dans des situations que je n’imaginais pas : des gars qui savaient à peine lire, des gars qui ne prenaient pas de douche, des gars qui avaient besoin de moi pour écrire à leur copine ou à leur avocat et qui, parfois, ont découvert un métier à l’Armée (la topographie pour un p’tit gars de banlieue déscolarisé très tôt par exemple). », son ressenti est globalement négatif, comme l’impression d’avoir gâché toute une année. Philippe n’a rien contre le service universel voulu par Macron « à condition qu’il serve à quelque chose » mais préférerait oublier ce qu’il a vécu : « 8 mois de galère à la BA 106 de Mérignac, avec un capitaine qui a refusé que j’aille aux services des sports, qui m’a donné une machine à écrire en face de son bureau. Résultat, on a joué au chat et la souris et je me suis fait chier pendant 8 mois. »
Jean-Luc reconnaît que le service militaire peut favoriser « la mixité sociale, ethnique et géographique des gens qu’on y croise » et… c’est tout : « Cela ne sert à rien, on n’y apprend rien sauf à attendre des heures sans rien faire ni savoir pourquoi, marcher au pas tu parles d’un grand savoir ! (…) L’éducation des jeunes, il y a un grand ministère qui est là pour cela. »
Les principaux concernés verront-ils ce dispositif comme une chance dans leur parcours ou comme une année de perdue ? Réponse dans les mois à venir…
(*)20Minutes-TristanLescot-17022018

3.► Cahuzac en appel
Comptes cachés à l’étranger, montages sophistiqués et mensonges: condamné à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment en 2016, l’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac est jugé en appel à Paris à partir de lundi (*).
Cette fraude de l’ancien héraut de la lutte contre l’évasion fiscale restera comme le plus retentissant scandale du mandat de François Hollande, une tache indélébile à la «République exemplaire» promise.
Une onde de choc, qui allait favoriser l’institution de règles éthiques en politique et aboutir à la création d’un parquet national financier, d’une agence anticorruption et à une grande loi de moralisation de la vie publique.

«Une faute pénale d’une exceptionnelle gravité»
Dans son jugement du 8 décembre 2016, le tribunal correctionnel de Paris fustige «une faute pénale d’une exceptionnelle gravité, destructrice du lien social et de la confiance des citoyens dans les institutions de l’Etat».
Pour cette fraude qui «s’enracine dans une organisation systémique» et «familiale», l’ancienne étoile montante socialiste a été condamnée, outre la prison, à une peine de cinq ans d’inéligibilité. Sans amende, les époux Cahuzac s’étant acquittés d’un redressement majoré d’environ 2,5 millions d’euros.
Lundi, Jérôme Cahuzac, 65 ans, retraité de la vie politique, sera seul face à ses juges, avec l’ex-avocat genevois Philippe Houman, «cheville ouvrière indispensable» du montage financier ayant permis de transférer en toute discrétion de Suisse à Singapour les avoirs (600.000 euros) de l’ancien député. L’homme d’affaires avait été condamné à un an de prison avec sursis et à l’amende maximale de 375.000 euros.

Eric Dupond-Moretti, dit «Aquittator» pour avocat
Les autres protagonistes de l’affaire ont renoncé à faire appel: l’ex-épouse de Jérôme Cahuzac, Patricia Ménard, condamnée à deux ans de prison ferme pour «vingt ans d’ancrage dans la fraude»; la banque genevoise Reyl & Cie, «instrument de la dissimulation des avoirs» qui s’est vue infliger l’amende maximale de 1,875 million euros, et son patron François Reyl, condamné à un an avec sursis et 375.000 euros d’amende pour avoir «mis à disposition tout le savoir-faire» de sa banque.
Cette affaire est avant tout l’histoire de la chute d’un homme qui avait, de son propre aveu, «une part d’ombre». Un chirurgien de talent saisi du virus de la politique, un ministre brillant, selon des collaborateurs et élus de tous bords. Mais aussi, comme l’a crûment mis en lumière le procès, un fraudeur au nom de code «Birdie» qui se fait remettre dans la rue des liasses de billets provenant de ses comptes cachés.
Quand, en décembre 2012, le site d’informations Mediapart révèle que le ministre du Budget a un compte en Suisse, Jérôme Cahuzac commence par nier, les «yeux dans les yeux» des députés, de ses proches, du président. Il finira par démissionner le 19 mars 2013, puis avouer le 2 avril.

Un couple dans la tourmente
Le procès a mis à nu les secrets bancaires d’un couple dans la tourmente. Dans les années 90, il fallait placer l’argent qui coulait à flot de la florissante clinique d’implants capillaires gérée par les époux. Ce sera plutôt la Suisse pour lui, l’île de Man pour elle.
Leur patrimoine global dissimulé est estimé à 3,5 millions d’euros. L’argent s’est retrouvé à hauteur de 600.000 euros sur le compte suisse de Jérôme Cahuzac, transféré en 2009 de Genève à Singapour, à hauteur de 2,7 millions d’euros sur le compte de l’île de Man géré par Patricia Cahuzac, et pour près de 240.000 euros de chèques versés sur les comptes de la mère de l’ex-chirurgien.
En 2016, Jérôme Cahuzac, avait avancé l’explication surprise d’un financement politique, affirmant que le premier compte en Suisse ouvert à l’Union des banques suisses (UBS) en 1992 était destiné à financer le courant de feu Michel Rocard. Une «hypothèse du trésor» du courant rocardien sèchement écartée par le tribunal.
Quelle sera cette fois la stratégie du boxeur amateur? Seule certitude, il a choisi de se battre et pris pour avocat la star du barreau Eric Dupond-Moretti, dit «Aquittator». Le procès est prévu jusqu’au 21 février, le lundi et mardi à 13h30 et le mercredi à 09h00.
(*)20Minutes-AFP-12022018

4.► L’héritage de Johnny Hallyday
« J’ai choisi de me battre ». Dans une lettre publiée ce lundi, la fille de Johnny Hallyday, décédé le 6 décembre dernier, conteste le testament américain laissé par son père. Au côté de son demi-frère David Hallyday, Laura Smet entend « défendre ses intérêts » et « mener toutes les actions de droit permettant la sauvegarde de l’œuvre de son père ». L’actrice dénonce des « dispositions extravagantes » régies par la loi californienne.
Le communiqué publié ce jour (*) par ses avocats détaille : « S’il en était ainsi, son père ne lui aurait rien laissé : ni bien matériel, ni prérogative sur son œuvre artistique, ni souvenir – pas une guitare, pas une moto, et pas même la pochette signée de la chanson Laura qui lui est dédiée ». Alain Devers, avocat au barreau de Lyon spécialisé en contentieux familial international, analyse pour 20 Minutes, les modalités de cette bataille juridique à venir.

Le testament de Johnny Hallyday contrevient-il au droit français comme l’écrivent les avocats de Laura Smet ?
En France, il existe un mécanisme de réserve héréditaire : il s’agit de la part de la succession exclusivement attribuée aux enfants. Cette part est intouchable. En vertu du droit français, Johnny Hallyday ayant quatre enfants (Laura, David, Jade et Joy), la réserve héréditaire correspond au 3/4 de son héritage à répartir entre tous les enfants. Dans le testament américain de Johnny Hallyday : Laura Smet et David Hallyday seraient privés de cette part d’héritage.

A son décès, quelle était la situation juridique de Johnny Hallyday ?
De nationalité française, Johnny Hallyday avait une maison en Californie où il s’est domicilié fiscalement à partir de 2013. Il était donc dans une situation internationale. Après son décès s’est posée la question de la loi applicable à sa succession : est-ce qu’il s’agit de la loi française ou de la loi californienne ? Un règlement européen relatif aux « successions » donne compétence à la loi de la dernière résidence habituelle du défunt. C’est sur ce point précis qu’existe un vrai contentieux entre Laura Smet et Laeticia Hallyday.

Comment peut-on trancher cette question de la résidence habituelle ?
La résidence habituelle peut être définie grâce à plusieurs critères mais ils ne sont pas clairement établis et il existe peu de jurisprudence sur ce sujet. Il faut prouver la volonté du défunt de s’établir durablement dans cette résidence. Où Johnny Hallyday était-il établi la majeure partie de l’année ? Où était localisé son patrimoine ? Où était-il résident fiscal ? Est-il revenu en France pour recevoir des soins médicaux ? C’est là le point d’entrée de ce dossier : si la résidence est fixée en France, Laura Smet pourra prétendre à l’application de la loi française. Il faudra ensuite que la justice californienne reconnaisse cette décision.

Quels recours existent pour Laura Smet et David Hallyday et quelles sont les chances de réussite ?
On peut imaginer que leurs avocats lancent une « action en réduction du testament » pour faire rétablir cette fameuse « réserve héréditaire » des enfants. Si le juge dit : « Il est décédé en France mais sa résidence habituelle était en Californie », alors la loi californienne sera applicable et la situation se complique. Cela reviendrait à dire que cette loi qui permet de déshériter Laura Smet et David Hallyday est contraire à l’ordre public français. Or la jurisprudence n’est pas favorable. La Cour de cassation a rendu récemment deux arrêts rejetant cet argument [ils concernaient l’héritage de deux grands musiciens français: Maurice Jarre, oscarisé pour les musiques des films Lawrence d’Arabie et Docteur Jivago, et Michel Colombier, arrangeur culte de Serge Gainsbourg ou Madonna]. Enfin, les procédures risquent d’être très longues : au regard des enjeux financiers, cela pourrait durer entre cinq et dix ans.
(*)20Minutes-AD&HS-12022018

5.► L’audiovisuel public
Une présidence commune pour France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI…), c’est ce que souhaiterait la ministre de la Culture Françoise Nyssen. Nos confrères du Monde l’ont révélé ce samedi, d’après les révélations de « sources proches du dossier ». La ministre envisagerait même de placer l’Institut national de l’audiovisuel (INA) sous cette même direction.

Des collaborations plus fréquentes
Cette volonté d’avoir une seule présidence, ça veut dire quoi (*) ? Pour l’instant, les trois sociétés d’audiovisuel public ont, chacune, un président. Celui-ci serait remplacé par un directeur général, qui serait sous le contrôle d’un président non exécutif unique, ce qui faciliterait la collaboration entre les différents médias.
Le rapprochement entre les sociétés s’est d’abord matérialisé avec la création, en 2016, de Franceinfo, qui même la télévision, la radio et le numérique. Les chaînes locales de France 3 et France Bleu devraient également se regrouper, et d’autres projets, notamment numériques, devraient suivre.

Une fusion controversée
Dans les médias concernés, les présidents s’opposent à la réforme voulue par le gouvernement. Pour eux, elle serait beaucoup trop lourde. Pour le prouver, à l’été 2017, Delphine Ernotte, Mathieu Gallet et Marie-Christine Saragosse ont cité en exemple les rapprochements difficiles entre France 2, France 3, etc. et entre la chaîne France 24 et la radio RFI. Ils affirment également qu’une fusion serait coûteuse à court terme, car il faudrait aligner les statuts des personnels de Radio France sur ceux de France Télévisions, mieux rémunérés.
Depuis, Mathieu Gallet a été révoqué après sa condamnation pour favoritisme et Marie-Christine Saragosse a vu son mandat annulé pour ne pas avoir fait sa déclaration de patrimoine dans les délais. Il manque donc deux dirigeants, puisque le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) leur cherche toujours des remplaçants, pour mener une réflexion conjointe. Face à cette situation inédite, les syndicats ont exprimé leur inquiétude et alerté le gouvernement contre la déstabilisation de l’audiovisuel public. Les arbitrages finaux de la grande réflexion sur l’audiovisuel public lancée par Emmanuel Macron sont attendus fin mars.
(*)Rebondir-CB-17022018

6.► La PMA pour tous ?
La Procréation médicalement assistée (PMA) pour tous, à quels coûts financier, social, humain et psychologique : telles ont été quelques-unes des questions soulevées samedi à Rennes lors d’une rencontre citoyenne dans le cadre des États généraux de la bioéthique. Devant un amphithéâtre bondé de 250 places, les réflexions souvent antagonistes, les doutes se sont exprimés dans une ambiance courtoise. L’intervenant est resté le plus souvent anonyme (*).
Le débat avait été ouvert par trois experts, cadrant les aspects médicaux, juridiques et philosophiques de la PMA. La question de la « priorité » est revenue à plusieurs reprises : quand certains n’ont plus les moyens de se faire soigner, n’est-ce pas ça la priorité, a déclaré en substance un intervenant, pointant le coût élevé pour la collectivité des traitements de PMA.
« Ce qu’on nous propose de traiter, c’est le mal-être lié à un besoin d’enfant », a dit un autre. « Mais on peut mettre ce mal-être en parallèle avec celui des chômeurs, des agriculteurs et leurs nombreux suicides. (…) Au niveau d’une société, il faut choisir ses priorités. »

Des doutes et des craintes
La « marchandisation du corps » a également été évoquée. « Derrière les enjeux médicaux, il y a des enjeux financiers énormes » dont subissent le prix « les plus faibles » dans le monde, parfois aux mains de « réseaux mafieux », a insisté un homme.
Les questions de filiation et d’identité ont également été largement débattues, tant du côté de l’enfant que des donneurs de gamètes. Comment répondre à un enfant en quête de ses origines ? L’anonymat, prévu par la loi française, est-il la bonne solution alors que le développement de nouvelles technologies le fragilise, semblant permettre à un enfant de retrouver son géniteur des années plus tard ?
Un psychiatre à la retraite a aussi attiré l’attention sur les donneurs : « 10 % des donneurs ont ensuite des difficultés psychologiques, a-t-il assuré. ça posera aussi des problèmes aux propres enfants biologiques de celui qui a donné son sperme. »

Référendum ou temps de la réflexion
« Pour remédier à la souffrance que constitue le fait de ne pas avoir d’enfants, il ne faut pas risquer de créer d’autres souffrances » chez les enfants à naître par la PMA ou la GPA (gestation pour autrui), a estimé un intervenant.
Plusieurs voix ont demandé une pause afin de faire l’inventaire des progrès réalisés depuis près de 40 ans. « Le train va de plus en plus vite. Qui veut-on servir ? », s’est interrogé un homme « associatif et syndicaliste ».
Un scepticisme sur la finalité de ces États généraux voulus par le gouvernement s’est également exprimé. « Est-ce qu’il ne serait pas possible d’avoir un référendum ? », a demandé une femme.
Lancés en janvier, les États généraux de la bioéthique dureront 5 mois, avec des débats dans toute la France, autour de l’intelligence artificielle, la génétique ou les neurosciences.
Ces débats doivent permettre de faire remonter les avis exprimés au Comité consultatif national d’éthique (CCNE) pour son rapport censé éclairer les parlementaires.
(*) 20Minutes-BC&AFP-17022018

7.► La momie hurlante
Le Musée égyptien du Caire expose depuis cette semaine la « momie hurlante » du fils d’un pharaon accusé d’avoir ourdi un complot visant à tuer son père.
Rarement montrée au public, cette momie baptisée « l’inconnu E » (*) offre un visage crispé dont la bouche ouverte semble hurler de douleur. Selon le ministère égyptien des Antiquités, les analyses d’ADN ont confirmé qu’elle serait celle d’un des fils de Ramsès III, un pharaon qui régna entre 1186 et 1155 avant J.C.

Une sale histoire
Des signes sur cette momie semblent attester que l’homme a été pendu et recouvert de peau de mouton que les Égyptiens considéraient comme impure.
Pentawere, le fils de Ramsès III, avait été condamné à la pendaison pour son implication dans un complot contre son père, selon des papyrus.
Il aurait conspiré avec sa mère Tiye, deuxième femme de Ramsès III, pour tuer le pharaon. L’histoire ne précise pas clairement si Ramsès III a effectivement été assassiné, mais il existe des indications selon lesquelles il aurait été poignardé dans le cou.
Une amulette avec l’œil d’Horus symbolisant consolation et protection avait été placée autour du cou de Ramsès III, selon le ministère.
(*)20Minutes-BC&AFP-17022018

Richard POGLIANO

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