REGARDS EN COIN (97)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Réforme de la Fonction Publique
2. Quid de nos maisons de retraite ?
3. Les sociétés d’autoroute ont-elles tous les droits ?
4. Le stress gangrène l’entreprise française
5. La télé du futur…
6. Le premier musée européen Electro
7. Découverte d’une cité Maya

1.► Réforme de la Fonction Publique
Fonctionnaires: Faut-il se rapprocher à tout prix du modèle des entreprises?

Pour sa réforme de la fonction publique, Emmanuel Macron a enfilé le costume du consultant venu animer une séance de brainstorming, avec le discours qui va avec. Selon le chef de l’État, « il faut avoir une souplesse de gestion » pour les fonctionnaires, pour que l’État puisse se « réorganiser plus vite comme le font les entreprises ».
Même tonalité pour le Premier ministre Edouard Philippe, qui juge nécessaire « d’adapter » et « d’assouplir » la fonction publique, via l’idée inédite d’un plan de départs volontaires. Une idée qui a fait bondir les syndicats de fonctionnaires, mais aussi une bonne partie de l’opposition.

  • « Il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil »
  • Assouplissement, réorganisation, adaptation : des termes que ne renierait pas un manager du privé, et qui traduisent la volonté de « copier » dans les administrations ce qui se fait dans les entreprises. « Cela fait très très longtemps que le secteur public s’inspire du privé, nuance Alex Alber, maître de conférences à l’université de Tours. On entend parler de NMP (nouveau management public) depuis plus de trente ans. Les évaluations individuelles, les objectifs chiffrés ou encore les primes au mérite ont été introduits à une vaste échelle. Il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil. »
    Illustration avec la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances) votée en… 2001. Elle introduit la notion de performance dans la fonction publique afin de « faire passer l’État d’une culture de moyens à une culture de résultats », comme l’explique un document administratif daté de 2012. Chaque programme budgété possède une « stratégie », des « objectifs » et des « indicateurs de performance quantifiés » : un mode de fonctionnement finalement très proche d’une entreprise classique.

  • Le danger de la politique du chiffre
  • Par ailleurs, vouloir à tout prix dupliquer les règles du privé peut conduire à des impasses selon Alex Alber : « On ne peut pas forcément fixer des objectifs quantitatifs. Quand vous êtes un service public, vous n’avez pas la « main » sur la demande, ce ne sont pas des clients qui viennent vous voir. Le risque de fixer de tels objectifs, c’est de déformer l’activité des agents. Ils risqueraient de tomber dans la politique du chiffre. »
    Ce danger est déjà devenu une réalité dans la police par exemple. En 2013, un rapport de l’inspection générale de l’administration (IGA) notait que « le management par objectifs de la délinquance » conduisait à des « dérives » dans l’enregistrement des plaintes pour améliorer les statistiques. Par exemple, en enregistrant un cambriolage comme une simple dégradation.

  • La fin du fameux statut ?
  • La sphère du public est donc très loin d’être hermétique au modèle du privé. La principale différence réside dans le « statut » des fonctionnaires, c’est-à-dire un emploi à vie. Si Emmanuel Macron a promis jeudi de ne pas le supprimer, c’est parce que sa remise en cause est une ligne rouge pour tous les syndicats.
    Pourtant, dans le domaine du recrutement, la fonction publique « imite » de plus en plus le secteur privé. Dans un article publié en juin 2017, la sociologue Aurélie Peyrin rappelait qu’en 2014 « plus de la moitié des embauches [des agents publics] se faisaient sous contrat à durée déterminée ». Ces « contractuels » n’ont pas droit au statut protecteur des fonctionnaires, et ne sont pas automatiquement titularisés. Leur nombre – environ 940.000 sur cinq millions de fonctionnaires – pourrait même s’accroître dans les prochaines années, car Edouard Philippe entend y recourir « largement ».
    (*)20Minutes-NicolasRaffin-02022018

    2.► Quid de nos maisons de retraite ?

    Une dizaine d’aides-soignantes d’une maison de retraite du Jura sont en grève depuis plus de cent jours pour dénoncer leurs conditions de travail, qui les empêchent de prodiguer les meilleurs soins possibles aux résidents…
    C’est une réalité que personne ou presque ne veut voir, bien cachée derrière les portes des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, les fameux Ehpad (*). Des Ehpad où le personnel en sous-effectif chronique est pour ainsi dire devenu la norme et où le temps accordé aux résidents et aux soins dont ils ont besoin en est réduit à peau de chagrin, avec desaides-soignants lessivés par une charge de travail toujours plus grande.
    Cette omerta généralisée, une dizaine d’aides-soignantes de la maison de retraite Les Opalines, à Foucherans (Doubs), tentent de la briser : elles ont entamé une grève il y a plus de cent jours maintenant, dans l’espoir de faire entendre leur voix et sortir d’une situation qui n’est plus tenable. Un mouvement social qui est sorti cette semaine de son quasi-anonymat après la publication d’un long article par Le Monde.

  • Toilette expresse et bas salaires
  • Car en pratique, ce n’est pas joli joli. Une dizaine de minutes, montre en main, c’est souvent la cadence infernale que doivent tenir les personnels en Ehpad pour faire sa toilette à un résident. Des résidents que, « faute de temps, on munit pour les moins mobiles d’entre eux d’une protection pour qu’ils se fassent sur eux parce qu’on est trop peu pour avoir le temps de les accompagner trois fois par jour aux toilettes », déplore Vanessa, infirmière coordinatrice dans un Ehpad.
    Un besoin de gagner du temps qui pèse sur chaque acte accompli par des personnels trop peu nombreux. « Quand vous êtes deux aides-soignantes et une infirmière pour presque 70 résidents, c’est la toilette expresse, explique l’infirmière. Là où il faudrait 30 à 45 minutes pour faire sa douche – à un résident qui ne souffre pas de handicap, sinon c’est beaucoup plus long —, mais que vous ne disposez même pas d’un quart d’heure, vous ne pouvez pas laver les cheveux à chaque fois ni faire tous les soins », raconte-t-elle, consciente que, « dans d’autres établissements, c’est pire, et la douche ce n’est que tous les 15 jours ».
    Et c’est la même rengaine pour chaque acte accompli par les personnels, pourtant dévoués et attachés à leur métier. Mais ils sont usés aussi, et les aides-soignants doivent jongler avec le sous-effectif permanent, pour un salaire qui dépasse rarement les 1.250 euros, horaires décalés et travail dominical compris.

  • Des places qui coûtent très cher
  • Pourtant, les résidents mettent la main à la poche pour vivre en Ehpad : entre 1.600 et 3.200 euros en moyenne selon les établissements et selon les régions. « Il y a un sentiment général qu’il y a des masses d’argent colossales dans les maisons de retraite, indique Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). Certes, le tarif moyen d’un Ehpad est de 2.100 euros par mois pour un résident, ce qui n’est pas rien, puisque c’est bien plus que ce que perçoivent en moyenne les personnes âgées à la retraite. Pourtant, cela équivaut à environ 70 euros par jour, et à ce prix-là, il est quasiment impossible de financer l’hébergement, les repas, les activités, les soins et l’accompagnement des personnes âgées dépendantes par du personnel qualifié, déplore-t-il, saluant toutefois « les miracles accomplis au quotidien dans ces établissements, malgré les conditions ».
    Et le peu de crédits alloués à la prise en charge de la dépendance et de la fin de vie conduit chaque jour un peu plus les résidents et leur famille à cracher encore plus au bassinet. « Le déremboursement de certains médicaments (ex-vignettes orange) a entraîné plus de frais pour les résidents et leurs proches, constate Vanessa, ce qui pousse de plus en plus de familles à nous demander d’arrêter de donner certains médicaments parce que ça leur coûte trop cher. Nombre d’entre elles ne peuvent plus faire face à l’augmentation de toutes les dépenses qui ne sont pas ou plus prises en charge : du rendez-vous chez le cardiologue au taxi médicalisé en passant par les crèmes utilisées pour certains soins corporels. C’est intenable, alors que de nombreux résidents ont été contraints de vendre leur maison pour financer leur installation en maison de retraite ».

  • Epuisement, colère et frustration
  • Cette réalité, conjuguée avec la lourde charge de travail, finit par entamer le moral et l’enthousiasme des personnels les plus motivés. « Mon équipe est assez jeune, mais les conditions dans lesquelles on travaille sont trop dures, bien que l’on ne soit pas parmi les maisons de retraite les moins bien loties, indique Vanessa, l’infirmère en Ehpad. Mais quand vous êtes tellement submergée de travail, à un point tel que vous n’avez pas le temps d’accompagner un résident en promenade alors qu’il vous le réclame depuis une semaine, ça vous bouffe. On rentre chez soi en se disant qu’on a fait un boulot de merde parce qu’on n’a pas les moyens d’accompagner les résidents comme on le voudrait et surtout comme il le faudrait. Ajoutez à cela les semaines où vous travaillez 9 jours d’affilée parce que des arrêts maladie n’ont pas été remplacés, que des résidents souffrant de démence et relevant de la psychiatrie -qui ont attéri en Ehpad faute de places dédiées suffisantes et pour lesquels nous ne sommes pas formés- vous frappent et vous crachent dessus, il faut arriver à tenir. C’est épuisant, frustrant, on est en colère. Et pourtant, j’adore mon métier », confie la jeune femme, qui travaille en maison de retraite depuis l’âge de 18 ans, « mais je ne pourrai pas le faire toute ma vie, estime-t-elle. Dans cinq ans, je pense que j’en serai à un point où j’aurai besoin de faire complètement autre chose ».

  • Un désintérêt politique
  • Pour la jeune femme et ses collègues, qui ne comptent plus depuis bien longtemps les nombreuses heures supplémentaires non payées, « tout est fait pour nous donner le sentiment qu’on est indispensable et qu’on doit être corvéable à merci à toute heure, le jour, la nuit, les week-ends et les vacances, mais au final, on est toujours traitées comme la cinquième roue du carrosse, condamne Vanessa. C’est une situation dont les résidents pâtissent, mais personne ne nous écoute ». Alors aux consœurs en grève des Opalines de Foucherans, « je leur tire mon chapeau, c’est bien qu’elles se soulèvent, parce que les personnes âgées et celles qui s’en occupent, ça n’intéresse pas. La société doit changer son regard sur ses aînés ».
    La société, mais aussi les politiques, estime Pascal Champvert, de l’AD-PA, qui dénonce « l’âgisme, ou racisme anti-vieux ». « Nicolas Sarkozy puis François Hollande s’étaient engagés à reformer le système et mettre sur pied une prestation autonomie, mais rien n’a été fait, soupire-t-il. Donc on s’embourbe dans un système qui spolie les personnes âgées dépendantes et qui génère dans le même temps des maltraitances, dont l’Etat, et surtout pas les personnels, porte la responsabilité. Il est plus que temps de mettre en place un mode de financement qui permette de financer un système humain et décent pour les personnels soignants et les résidents », prescrit-il, appelant la ministre de la Santé Agnès Buzyn « à se saisir du dossier en réunissant tous les acteurs du secteur ».
    Mais avec quel argent financer ce chantier ? « En créant, comme le préconise le Conseil économique, social et environnemental une taxe sur les droits de succession », répond du tac au tac Pascal Champvert, qui table sur « un besoin de 6 à 7 milliards d’euros, ce qui n’est pas énorme pour l’Etat mais qui changerait profondément le quotidien de ceux qui vivent ou travaillent dans les Ehpad ». Un investissement qui paierait au plan humain mais aussi économique, dans un secteur « où tous les économistes s’accordent à dire qu’il peut devenir le plus grand créateur d’emplois ».
    (*)20Minutes-AnissaBoumediene-30012018

    3.► Les sociétés d’autoroute ont-elles tous les droits ?
    Année après année, le niveau monte, inexorablement. Les tarifs des péages d’autoroutes augmentent ce jeudi, de 1,03 % à 2,04 % selon les réseaux. L’occasion pour les associations d’automobilistes de dénoncer une politique tarifaire jugée excessive : « C’est du délire, lance Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes. Bientôt, il sera plus rentable de faire Paris- Le Mans en taxi qu’avec sa voiture personnelle ! » (*).
    Cette indignation est-elle justifiée ? En novembre, lorsque les nouveaux tarifs avaient été dévoilés, le ministère des Transports avait répondu aussitôt. « Il s’agit de l’application de l’inflation et des contrats conclus depuis plusieurs années entre l’État et les sociétés concessionnaires » avait expliqué un porte-parole.

  • Un contrôle de l’État
  • La plupart des autoroutes ont en effet été cédées à des sociétés privées en 2006. L’Etat a signé avec elles des « concessions », c’est-à-dire qu’il les laisse exploiter et entretenir le réseau pour une durée déterminée (entre 25 et 30 ans). En échange, les entreprises se rémunèrent via les péages versés par les automobilistes.
    Chaque année – le 1er février donc – les sociétés concessionnaires ont le droit de réviser leurs tarifs. Mais pas n’importe comment : un arrêté de 1995 précise que le prix des péages doit tenir compte de l’inflation, mais aussi de « la structure du réseau, des charges d’exploitation et des charges financières de la société ».
    À partir de ces éléments, les entreprises (Vinci Autoroutes, Sanef, etc) proposent une grille tarifaire : celle-ci est ensuite contrôlée par les services de l’État, et peut être rejetée si elle est jugée non-conforme au contrat. Autrement dit, l’État doit valider chaque année les augmentations de péage.

  • Fortes critiques
  • A priori, tout est sous contrôle. Le problème, c’est que plusieurs organismes estiment que l’État n’est pas forcément très regardant au moment de valider les tarifs. Et notamment la Cour des comptes. En 2013, elle publie un rapport très critique où elle affirme notamment que « le rapport de force apparaît plus favorable aux sociétés concessionnaires ». Pire, « l’Etat ne se montre pas assez exigeant en cas de non-respect de leurs obligations par les concessionnaires » selon les Sages. En 2014, l’Autorité de la concurrence juge que leur rentabilité (estimée entre 20 % et 24 %) « n’apparaît justifiée ni par leurs coûts ni par les risques auxquels [ils] sont exposés ».
    En juin 2017, c’est au tour de l’Arafer (autorité de régulation des activités ferroviaires et routières) de s’en mêler. Alors que les sociétés d’autoroutes avaient prévu d’augmenter leurs tarifs en contrepartie d’un grand plan d’investissement de 800 millions d’euros, l’Arafer a estimé que ces hausses « excèdent le juste niveau qu’il serait légitime de faire supporter aux usagers », et que de nombreux travaux prévus ne semblaient pas utiles. Depuis, le projet n’a pas été enterré, mais pourrait être revu à la baisse.

  • Le précédent de 2015
  • Pour Pierre Chasseray, tout cela démontre qu’il faut engager « un bras de fer » avec les sociétés d’autoroutes afin de stabiliser, voire de baisser les tarifs acquittés par les automobilistes. « L’Etat doit brandir la menace d’un non-renouvellement des concessions pour obtenir la renégociation des contrats », juge-t-il.
    Emmanuel Macron montera-t-il au créneau ? En 2015, celui qui était alors ministre de l’Economie avait signé un accord avec les sociétés d’autoroutes, après avoir tenté en vain de geler les tarifs avec Ségolène Royal. En septembre dernier, France 2 avait mis la main sur le document : il accordait aux concessionnaires des compensations financières mais également une « stabilité fiscale ». Le « bras de fer » ne semble pas pour tout de suite.
    (*)20Minutes-NicolasRaffin-01022018

    4.► Le stress gangrène l’entreprise française
    Trois DAF sur quatre envisagent une augmentation du stress de leurs collaborateurs dans leur service au cours des deux prochaines années, selon une étude réalisée par Robert Half (*).
    L’étude menée par le cabinet de recrutement Robert Half auprès de directeurs administratifs et financiers (DAF) révèle qu’ils sont 3 sur 4 à envisager une amplification du stress de leurs collaborateurs dans leur service dans les 24 mois. En France, ils sont 71 % à partager ces craintes.

  • Pourquoi le pessimisme est-il de mise ?
  • 4 raisons sont mises en avant par les DAF pour expliquer cette hausse du stress :
    – augmentation des attentes de l’entreprise à 42 % ;
    – réduction des délais 40 % ;
    – manque de collaborateurs à 39 % ;
    – augmentation des charges de travail à 35 %.

  • Comment réagir ?
  • De ce fait, les entreprises choisissent de réagir et de mettre en place des initiatives.
    Ainsi, 39 % des entreprises françaises favorisent des horaires de travail flexibles et la possibilité de pratiquer le télétravail.
    Aux Pays-Bas, les entreprises ont opté à 51 % pour le recrutement d’intérimaires pour alléger les charges de travail. Les Anglais, quant à eux, ont mis en place des programmes de bien-être pour répondre à ces problématiques (44 %)…
    (*)CourrierCadres-JulieTadduni-31012018

    5.► La télé du futur…
    Notre mode de consommation n’est plus dicté que par une chose : l’instantanéité. Écouter l’album de son rappeur préféré sur Spotify alors qu’il est sorti il y a 30 minutes ? Mettre dans votre panier Adopte un mec votre future moitié ? C’est désormais possible. Il faut dire qu’avec le temps, les consommateurs ont pris le pouvoir. Les utilisateurs inspirent les produits de demain, et ça se traduit par des offres pensées pour eux, comme Pickle TV d’Orange (*).

  • Tout, partout, tout le temps
  • Avec des programmes adaptés à un public dont les usages ont été observés et analysés, Pickle TV propose une variété de contenus à snacker sur tous les écrans. Regarder un anime dans le métro alors qu’il est sorti il y a moins d’un mois au Japon, c’est la prochaine norme pour tous les fans d’animation japonaise. Et les nouveaux usages impliquent de nouveaux réflexes : s’informer sur les fake news en 15 minutes en regardant un documentaire Spicee dans son salon, connaître sur le bout des doigts les punchlines du dernier clash de rappeurs en checkant OKLM TV tout en se brossant les dents… Des exemples parmi d’autres qui ne surprendront plus personne dans quelques mois. Le futur de la télé passe par des initiatives comme celle-ci, basée sur les pratiques des utilisateurs. Mais la télé n’est pas la seule à connaître ces changements. Petit tour d’horizon.

  • 100 % vidéo, 100 % mobile
  • En 2018, Laurent Delahousse n’est plus le seul à nous informer. Selon une enquête réalisée depuis 2014, 73 % des 18-24 ans indiquent se tenir au courant de l’actualité par le biais des réseaux sociaux*. Les live se multiplient pour capter l’attention d’un public exigeant et à l’affût de contenus toujours plus frais : les défilés de mode en direct sont légion sur Instagram, Arte diffuse des concerts sur Facebook et des reporters streament l’actu là où l’action se passe. Désormais, les contenus sont pensés pour les réseaux sociaux. Et même les anciens de la télé et de la presse s’y mettent, à l’image d’Explicite, fondé par des ex-journalistes d’iTélé, ou de Loopsider par des anciens de Libération.
    Dans le même temps, de nouveaux formats sont apparus et Snapchat en est l’ambassadeur. NBC y a lancé son propre journal télé et Action Bronson se la joue Cupidon dans Hungry Hearts (avec des épisodes seulement dispos 48 heures). Aux États-Unis, la NFL, championnat de football américain, se suit sur Twitter. Du côté de la France, Vertical, une application qui propose depuis août 2017 uniquement des vidéos en 9/16e et mettant en avant des youtubeurs connus (Seb, Maxenss…), en est l’un des exemples.

  • Jon Snow sur ton canap’
  • « On n’arrête pas le progrès », comme dirait papy en découvrant le dernier filtre tartine de Snapchat. Et le progrès, il se passe aussi du côté de l’appareil photo de notre smartphone. La réalité augmentée a permis un bond dans le futur, lequel laisse présager de nouveaux modes de narration. Le programme n’a plus à se cantonner à l’écran, l’action se passe aussi devant, à côté, et derrière soi. En pointant son téléphone sur la télé, on découvre ce qu’il se passe à côté de l’action ou ce que se disent deux personnages au troisième plan, sans bouger du canap’. C’est papy qui va être content.
    La VR connaît elle aussi des innovations permanentes, que ce soit dans le domaine de la musique – où l’on se retrouve projeté dans un clip de Björk –, du gaming – avec des salles d’arcades de VR –, ou des secteurs plus pointus, comme celui des arts – tel Tilt Brush de Google. En l’espace de quelques années, la vidéo a intégré notre vie quotidienne dans le domaine privé et professionnel.
    À une époque (lointaine), la télévision, c’était l’institution. En rentrant des cours, les jeunes se mataient Vincent Lagaf’ et son Bigdil ou d’autres émissions du genre avec un gros bol de céréales. Maintenant, même plus besoin d’arriver chez soi pour finir la série Golden Stories. Avec la VR, Pickle TV, Instagram ou encore Snapchat, Kenny et Cartman t’apportent ton bol de céréales dès la fin des cours.
    (*)Konbini-ObservatoireDuWebjournalisme-Slate-31012018

    6.► Le premier musée européen Electro
    Un musée exclusivement dédié à l’électro ? L’initiative peut surprendre, sauf si l’on vous précise qu’elle verra – naturellement – le jour en Allemagne, et plus précisément dans la ville de Francfort, comme nous l’a déjà appris le site Dazed Digital.
    Annoncé pour le printemps 2018, le Museum of modern electronic music (Momem) se veut le premier musée officiel de la musique électronique. Cette annonce avait été faite lors de la Musikmesse Frankfurt 2015, une foire internationale de l’industrie de la musique.
    Au programme des réjouissances : une plongée dans le monde de la musique électronique et du clubbing par la voie d’expériences sensorielles et d’expositions interactives. Le tout sera organisé par thématiques autour de la technologie, du design graphique, de l’habillage… Des événements et des workshops en présence de DJ auront également lieu. Un leitmotiv sous la forme d’une phrase de Brian Eno, en guise de devise pour le musée : « Music is the key to technology » (« la musique est la clé de la technologie »).
    L’homme derrière cette initiative s’appelle Andreas Tomalla, alias Talla 2XLC. Si ce nom ne vous dit rien, sachez qu’il n’est autre que celui qui a inventé le terme « techno ». Fondateur des Technoclub – les premières soirées de musique électronique à Francfort en 1984 –, Andreas Tomalla est toujours actif aujourd’hui sur la scène électro en tant que DJ trance et producteur.
    Dazed précise très justement qu’il existe déjà un musée de la techno à Détroit (autre berceau du genre). Créé en 2002, Exhibit 3000 retrace seulement l’histoire de la techno de la ville et n’est accessible que sur rendez-vous. Le Momem se veut donc plus général que son cousin des États-Unis. Et cerise sur le gâteau : l’entrée sera gratuite. Vous avez besoin d’une raison supplémentaire pour franchir le Rhin le temps d’un week-end ?
    (*) 20Minutes-MathieuPiccarreta-29012018

    7.► Découverte d’une cité Maya
    Une cité maya de 2.000 km2 découverte au Guatemala (*)

    Les vestiges « dormaient » depuis des siècles sous la dense végétation du nord du pays. Les autorités du Guatemala ont annoncé jeudi la découverte de 60.000 éléments de la civilisation maya, grâce à une technologie de pointe de détection par laser depuis les airs.
    Ces découvertes, effectuées au cours des deux dernières années, sont « une révolution dans l’archéologie Maya », s’est réjoui Marcello Canuto, archéologue rattaché à l’Université Tulane en Louisiane, qui a participé aux recherches. La civilisation maya était à son apogée entre 250 et 950 après Jésus-Christ, s’étendant du sud de l’actuel Mexique au Honduras, en passant par le Guatemala, Belize et le Salvador.

  • « Des décennies à chercher dans les forêts tropicales »
  • Parmi les structures découvertes, des centres urbains avec trottoirs, maisons, lieux de cérémonie, canaux d’irrigation et fortifications. Les archéologues ont aussi mis au jour une pyramide de 30 mètres de haut à Tikal, le principal site archéologique du Guatemala, qui avait d’abord été prise pour une colline naturelle. Des douves et un mur de 14 kilomètres de long ont également été découverts sur place.
    C’est la technologie de télédétection par laser LiDAR (light detection and ranging), montée sur des drones, qui a permis de balayer quelque 2.000 km² de terrain dans le département d’El Peten, à la frontière avec le Mexique et le Belize. « Malgré des décennies à chercher dans les forêts tropicales, aucun archéologue n’avait été capable de mettre au jour ces sites », explique l’archéologue Kathryn Reese-Taylor à National Geographic, qui diffusera un documentaire inédit sur ces recherches le 4 mars prochain.
    « Maintenant, il n’est pas nécessaire de couper la forêt pour voir ce qui est en dessous », a déclaré Marcello Canuto. L’étude réalisée grâce au système LiDAR suggère que ces plaines mayas étaient occupées par dix millions d’habitants, une population « beaucoup plus importante » que les estimations précédentes.
    (*)20Minutes-MC-04022018

    Richard POGLIANO

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