REGARDS EN COIN (96)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Macron et Merkel à Davos
2. Le grand oral du bac
3. Carrefour supprime 2 400 postes
4. 1 % = 82 %
5. Baron Noir
6. Le salaire de Natacha Polony
7. Le marché des enfants jetables

1.► Macron et Merkel à Davos
La chancelière allemande Angela Merkel, considérée par certains comme affaiblie, et Emmanuel Macron, qui a au contraire déjà conquis une partie des participants, sont ce mercredi en vedette du Forum économique mondial de Davos (*).
Qui donc fera le meilleur contre-poids au président américain, attendu ce jeudi, avec tout son état-major, dans la très chic station de ski suisse, où il vantera certainement dans son discours de vendredi « L’Amérique d’abord » ?

  • Merkel « entravée », condamnée à rester « dans l’ombre » de Macron
  • Beaucoup parient à Davos sur le président français, qui a reçu ce lundi en grande pompe à Versailles nombre de grands patrons en route pour Davos, pour les convaincre de « choisir la France ». La chancelière allemande, occupée à constituer laborieusement un gouvernement de coalition, s’était faite plus discrète sur la scène internationale depuis les élections de septembre en Allemagne.
    Le quotidien économique Handelsblatt estime même dans un éditorial que c’est une chancelière « entravée » qui vient à Davos, condamnée à rester « dans l’ombre » d’Emmanuel Macron comme de Donald Trump. Le discours du président américain est ainsi très attendu, lui qui bouscule le libre-échange sans entraves tel que le promeut le Forum de Davos.

  • Theresa May arrivera jeudi
  • « Il est loin le temps où Merkel pouvait considérer que l’Europe s’en sortirait sous sa seule direction, avec une France très faible », écrit Judy Dempsey, dans une note pour l’institut de réflexion Carnegie Europe. Et d’ajouter : « Emmanuel Macron a radicalement modifié le mouvement, le rythme et l’ambition de l’Union européenne. »
    Au-delà de la France et de l’Allemagne, d’autres responsables européens tâcheront de gagner les faveurs de Davos ce mercredi. Le Premier ministre italien Paolo Gentiloni, par exemple, qui vient faire un discours moins de deux mois avant les élections dans son pays.
    Mais Davos devra patienter jusqu’à jeudi pour entendre la Première ministre britannique Theresa May, et espérer en savoir plus sur les négociations entre Londres et l’Union européenne autour du « Brexit ».
    (*)20Minutes-24012018

    2.► Le grand oral du bac
    Le rapport Mathiot sur la réforme du bac qui sera présenté ce mercredi au ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, suggère d’instaurer un grand oral parmi les épreuves terminales de l’examen (*).

    Cet oral pourrait porter sur un projet interdisciplinaire que l’élève aurait préparé tout au long de l’année. Deux professeurs du lycée des candidats et une personne extérieure le feraient passer pendant une trentaine de minutes et il pourrait compter pour 15 % de la note finale.

  • « Permettre à un élève moyen à l’écrit de gagner des points à l’oral »
  • Une idée qui fait débat dans la communauté éducative. L’intérêt pédagogique d’une telle épreuve est souligné par Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et directeur de l’Observatoire de l’éducation de la Fondation Jean-Jaurès : « Un tel oral permettrait de valider la capacité d’un élève à s’exprimer à l’oral, à ordonner ses idées et à faire une démonstration », estime-t-il. « Et il inciterait l’élève à adapter son niveau de langage à son auditoire. Ce qui l’obligerait à porter un effort particulier sur son langage pendant l’année de l’examen », ajoute-t-il.
    « Dans l’absolu, faire travailler les élèves à l’aisance orale et à l’organisation de leur discours est une bonne chose. On sait qu’on n’a vraiment appris quelque chose que si on est capable d’en rendre compte. Donc si l’élève parvenait à tenir un métadiscours sur son projet interdisciplinaire, cet oral servirait à évaluer sa manière de mobiliser ses connaissances », indique aussi Philippe Blanchet, professeur de sociolinguistique et de didactique des langues à l’université Rennes 2. En ajoutant cependant un bémol : « Pour que cette épreuve ait un intérêt pédagogique, il faudrait qu’elle consiste en une sorte d’exposé de l’élève devant au moins un prof qu’il connaît déjà et avec deux examinateurs maximum, afin qu’il ne soit pas trop déstabilisé », affirme-t-il.
    Autre atout de cette épreuve : elle permettrait de préparer l’élève à ce qui sera exigé de lui par la suite. « Les compétences orales sont importantes pour la réussite dans l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle », insiste Claire Krepper, du syndicat SE-Unsa. Dans les lycées, certains voient aussi cette épreuve comme une opportunité : « Si cet oral ressemble à celui des TPE (travaux personnels encadrés) de première, il serait intéressant. Car cela pourrait permettre à un élève moyen à l’écrit de gagner des points à l’oral. A condition qu’il ait travaillé sur un sujet qui l’ait passionné », estime Nathan Le Potier, secrétaire général de l’UNL.

  • « Cet oral serait discriminant socialement »
  • Mais l’idée d’instaurer un grand oral pose aussi des questions. Tout d’abord sur sa faisabilité : « Faire passer un tel examen d’une demi-heure à 500.000 candidats, cela me semble impossible », déclare la sociologue Marie Duru-Bellat. Par ailleurs, selon elle, préparer les élèves en amont serait difficile. « Si l’Education nationale estime qu’il est fondamental que les petits Français s’expriment mieux, il faut leur enseigner l’art oratoire. Mais pour l’heure, les professeurs de français n’ont ni le temps ni les petits effectifs leur permettant de le faire ».
    « Pour qu’ils puissent réussir un tel oral, il faudrait que les lycéens aient des cours en petits groupes lors desquels ils s’entraîneront à prendre la parole », renchérit Nathan Le Potier. Quant à Philippe Blanchet, il se montre dubitatif : « Les enseignants de Français sont avant tout des profs de lettres. Ils ne sont pas formés à l’apprentissage de l’art oratoire. L’idéal serait que des enseignants en communication aident les élèves à préparer cet oral, mais ce n’est guère possible », souligne-t-il.
    (*)20Minutes-24012018

    3.► Carrefour supprime 2 400 postes
    Carrefour va supprimer 2.400 postes à son siège en France, qui en compte actuellement 10.500, via un plan de départs volontaires, dans le cadre de son « plan de transformation », a annoncé ce mardi le groupe dans un communiqué (*).
    Le PDG du groupe Alexandre Bompard a en outre précisé que Carrefour n’avait « aucun projet » de fermeture d’hypermarchés en France, lors de la présentation de son plan stratégique, expliquant qu’il avait été décidé de « passer cinq magasins en location-gérance ».
    Il a par ailleurs annoncé une réduction des coûts de deux milliards d’euros dès 2020 en année pleine, notamment via des économies sur la logistique et les coûts de structure, ainsi qu’un projet de réduction de 273 magasins anciennement Dia mais passés sous sa propre enseigne.
    Carrefour compte au total 115.000 salariés en France.

  • « Apporter les nouveautés » de l’ère numérique
  • Arrivé cet été à la tête de Carrefour, Alexandre Bompard joue gros en annonçant un « plan de transformation » du géant de la distribution, contraint d’amorcer un virage stratégique.
    Le PDG doit relever deux défis de taille : « gérer l’héritage » des hypermarchés, issus de la précédente révolution commerciale, celle des années 1960, et leur « apporter les nouveautés » de l’ère numérique, afin d’entrer « dans le commerce du XXIe siècle », explique Philippe Moati, co-président de l’Observatoire Société et Consommation (L’ObSoCo).
    (*)20Minutes-23012018

    4.► 1 % = 82 %
    L’an dernier, 82 % de la richesse créée dans le monde a terminé entre les mains du 1 % le plus riche de la population de la planète, les femmes payant le prix fort de ces inégalités, a dénoncé lundi l’ONG Oxfam (*).
    Le boom des milliardaires n’est pas le signe d’une économie prospère, mais un symptôme de l’échec du système économique », a affirmé la directrice d’Oxfam Winnie Byanyima, lors de la publication du rapport intitulé « Récompenser le travail, pas la richesse » à la veille de l’ouverture du World Economic Forum (WEF) à Davos.

  • « 9 nouveaux milliardaires par an »
  • « On exploite les personnes qui fabriquent nos vêtements, qui assemblent nos téléphones portables et cultivent les aliments que nous mangeons, afin de garantir un approvisionnement constant en produits pas chers, mais aussi pour grossir les profits des entreprises et leurs riches investisseurs », s’est-elle insurgée, citée dans un communiqué.
    Selon le rapport d’Oxfam, 3,7 milliards de personnes, soit 50 % de la population mondiale, n’ont pas touché le moindre bénéfice de la croissance mondiale l’an dernier, alors que les 1 % le plus riches en ont empoché 82 %.
    Depuis 2010, c’est-à-dire peu après le début de la crise en 2008, la richesse de cette « élite économique » a augmenté en moyenne de 13 % par année, a précisé Oxfam, avec un pic atteint entre mars 2016 et mars 2017, période où « s’est produit la plus grande augmentation de l’histoire en nombre de personnes dont la fortune dépasse le milliard de dollars, au rythme de 9 nouveaux milliardaires par an ».

  • Les ouvrières sont « tout en bas de la pyramide »
  • Pour Oxfam, les ouvrières se retrouvent « tout en bas de la pyramide ». « Dans le monde entier, les femmes gagnent moins que les hommes et elles sont surreprésentées dans les emplois les moins bien payés et les plus précaires », constate-t-elle. « De la même manière, sur 10 nouveaux milliardaires, 9 sont des hommes », a-t-elle ajouté.
    L’ONG, qui publie traditionnellement un rapport sur les inégalités juste avant que l’élite économique ne se réunisse à Davos (Suisse), lance un appel aux dirigeants pour que « l’économie fonctionne pour tous et pas uniquement pour une riche minorité ». Elle préconise la limitation des dividendes pour les actionnaires et les dirigeants d’entreprises, la fin de « la brèche salariale » entre hommes et femmes, ainsi que la lutte contre l’évasion fiscale.
    Selon un sondage réalisé pour Oxfam auprès de 70.000 personnes dans 10 pays, diffusé à l’occasion de la publication du rapport, les deux tiers des personnes interrogées estiment « urgent » de traiter « la brèche entre riches et pauvres ». Ce sondage a été réalisé en Inde, au Nigéria, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Mexique, en Afrique du Sud, en Espagne, au Maroc, aux Pays-Bas et au Danemark.
    (*)20Minutes-22012018

    5.► Baron Noir
    La réalité surpasse parfois la fiction. Aux Etats-Unis, l’élection de Donald Trump a basculé le pays dans une réalité plus folle et imprévisible que tout ce que pouvaient imaginer les scénaristes d’House of Cards.
    Deux ans après ses débuts, Baron Noir fait son retour sur Canal + (*). Une saison 2 écrite à partir de février 2016 alors qu’« Emmanuel Macron n’avait pas fondé En Marche ! », rappelle Eric Benzekri, co-créateur et coscénariste de la série politique française. Comment les créateurs de Baron Noir jonglent entre réel et fiction afin que les manœuvres de Philippe Rickwaert (Kad Merad) ne paraissent pas fades après le Penelope Gate et le grand chamboule-tout politique des dernières élections présidentielles ? Le match du réel et de la fiction.

  • Le monde politique réel est la source d’inspiration, un point pour le réel
  • Pour les créateurs de Baron Noir, il ne s’agit pas ni de copier, ni de prévoir le réel, mais de s’inscrire dans une réalité et un contexte politique qui fait écho à ce que les Français ont vécu. « On avait le sentiment qu’il allait se passer quelque chose, mais on ne savait pas du tout d’où le coup allait partir », confie Eric Benzekri.
    « On est parti des fondamentaux sociologiques et politiques du pays », relate Jean-Baptiste Delafon, second co-créateur de Baron Noir. A savoir « la crise de légitimité et de représentativité des partis anciennement dominants à gauche comme à droite, les poussées de la gauche radicale et de la droite extrême, les tiraillements à l’intérieur du PS et des Républicains quant à la ligne à tenir, c’est-à-dire épouser celle de leurs extrêmes ou rompre avec elles, et au final, le gagnant est le centre », énumère Eric Benzekri, qui ajoute : « On voulait aussi construire la saison sur la France post-Charlie et post-Bataclan. »

  • Une histoire de recomposition, un autre point pour le réel
  • « Du coup, cette saison 2 résonne beaucoup avec ce qu’il s’est passé, mais c’était avant tout une nécessité dramatique. On était contraints par notre dramaturgie et nos personnages d’imaginer une recomposition, et il y en a eu une dans le réel », lance Jean-Baptiste Delafon. « On a d’abord réfléchi à la trajectoire globale de la saison, à ce que nos personnages allaient devenir », confirme Eric Benzekri.
    « On est contraint de raconter des choses extraordinaires, puisque c’est une fiction, il se trouve que le réel a été extraordinaire. Nos héros, Philippe Rickwaert et Amélie Dorendeu, bousculent des fondamentaux du vrai monde, d’une manière fictionnelle, c’est ce qui est intéressant », estime Jean-Baptiste Delafon.
    « On cherche les choses qui n’ont jamais été faites, les possibles de la fiction. On se demande : « qu’est-ce qui n’a jamais été utilisé dans la Constitution ? » « La destitution » ou « Qu’est-ce qui n’est jamais arrivé à un homme politique pour des faits de corruption ? » « Aller en taule ». Super, on prend ! C’est comme ça qu’on travaille », détaille Eric Benzekri. Il y aura ainsi un référendum d’initiative partagée dans la saison 2, un dispositif prévu dans la Constitution française jamais utilisé.

  • Une femme présidente de la République, un point pour la fiction
  • « La saison 2 ne raconte pas ce qui se passe réellement mais ce qui pourrait potentiellement arriver, comme une femme présidente », résume le réalisateur de la série Ziad Doueiri. « Comment une femme qui n’a jamais été élue, qui appartient à la droite du PS, qui a 39 ans, peut être élue ? On s’est dit : “En faisant quelque chose qui n’a jamais été fait dans l’histoire de la Ve République, en gagnant à plates coutures un débat présidentiel », raconte Eric Benzekri.
    « La saison 1 s’appuyait sur un affrontement entre le Baron Noir et le président de la République, joué par Niels Arestrup, tandis qu’Amélie Dorendeu gagnait en responsabilité en allant de l’un à l’autre », rappelle Thomas Bourguignon, le producteur de la série. Amélie Dorendeu a un parcours et des positions idéologiques qui rappellent Emmanuel Macron : elle sort de l’Ena, n’a jamais été élue et veut réformer à tout prix le pays. « Amélie était la même dans la première saison, elle avait le même positionnement », souligne Jean-Baptiste Delafon.
    Au début de la saison 2, Philippe Rickwaert n’est plus élu, il sort de taule et galère : « Il aimerait voir Amélie, devenue présidente, exercer le pouvoir d’une certaine manière. Elle veut se libérer de lui. On change de conflit et on a une joute entre les amants de la première saison », poursuit le producteur. « Ce sont des êtres solitaires. Ces personnes arrivent au pouvoir, et une fois-là, ils sont seuls. Cette fiction a une dimension humaine fantastique », souligne le réalisateur.

  • Une gauche radicale qui s’allie avec le PS, un point pour la fiction
  • « Debout le peuple », est le mouvement populaire de gauche emmené par Michel Vidal, alias François Morel, dans la saison 2. Si Michel Vidal, leader de la gauche radicale, a une parenté avec Jean-Luc Mélenchon grâce à son « style et son verbe. Son itinéraire est différent de ce qu’on a pu connaître », précise Jean-Baptiste Delafon. Notamment, parce qu’il s’allie au PS. « La question est de savoir comment rendre crédible cela. On s’est dit : « S’il fait 10 %, pourquoi le PS serait obligé d’aller discuter avec lui ? » Du coup, on l’a mis à 16 %, à ce moment-là Jean-Luc Mélenchon était à 9 % dans les sondages. On a écrit ça avant, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ! », se souvient Eric Benzekri.

  • Des politiques plus intelligents, un point pour la fiction
  • « Ce qui est intéressant en politique, c’est le processus. Le point d’arrivée des huit épisodes est le monde actuel, le chemin qui est pris par la série est un autre chemin que le réel, et heureusement, parce que sinon un documentaire est bien plus efficace ! », pense Eric Benzekri. Là où la fiction l’emporte sur le réel, c’est que Baron Noir réussit à nous faire aimer ces hommes et femmes politiques. « Ils sont globalement plus forts, plus intelligents et plus stratèges, que les vrais hommes politiques », s’amuse Jean-Baptiste Delafon.
    La seconde saison ne fait pas mention de l’affaire Fillon, les histoires de corruption avaient fait les belles heures de la saison 1. « On s’est pas mal dit que la seconde saison était une saison de rédemption, en fait, pas forcément. Mais par rapport à l’affaire Fillon, on assume de prendre le contre-pied », précise Jean-Baptiste Delafon. Avec Baron Noir, les deux créateurs souhaitent aussi insuffler au monde politique « un peu de magie ». Jeu, set et match pour la fiction.
    (*)20Minutes-22012018

    6.► Le salaire de Natacha Polony
    Evincée de l’antenne d’Europe 1 à la rentrée 2017, Natacha Polony a décidé de poursuivre la radio en justice pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. La chroniqueuse avait signé 6 contrats entre le 9 juillet 2012 et le 9 juillet 2017. Le conseil des prud’hommes de Paris a reporté l’affaire devant le juge départiteur, a-t-on appris le 19 janvier.
    La question qui se joue ici est de savoir si une chronique est un emploi pérenne ou temporaire (*).
    Natacha Polony n’a pas signé de CDI avec Europe News, l’agence de presse d’Europe 1, mais des contrats à durée déterminée d’usage (CCDU). La chroniqueuse a été virée à l’expiration du dernier de ces contrats.
    « C’est un emploi pérenne car toute l’année, il y a une revue de presse. Toute l’année », a martelé son avocat. Le CDDU applicable par définition à des missions courtes et irrégulières, n’était donc juridiquement pas adapté à la mission. Bruce Toussaint, Caroline Roux ou Thomas Sotto étaient, quant à eux, engagés en CDI. L’avocat de la chroniqueuse demande la requalification des CDDU en CDI et demande 800.000 euros d’indemnités, a dévoilé L’Express Entreprise.
    De leurs côtés, les avocats d’Europe News ont réfuté le caractère pérenne de la revue de presse de Natacha Polony et ont mis en avant la chute des audiences de la matinale qui nécessitait un renouvellement.
    Une somme conséquente, à l’image du salaire de Natacha Polony.

    L’Express Entreprise indique que, selon Europe 1, Natacha Polony touchait « considérablement plus » que ses confrères, soit 27.400 euros par mois. Une somme qui a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, notamment par les journalistes.
    « 27 400 euros… Quand tu sais ce que gagnent les journalistes reporters de terrain… », a notamment regretté Nassira El Moaddem, directrice du Bondy Blog. De nombreux journalistes ont pointé la précarité des pigistes.
    20Minutes-22012018

    7.► Le marché des enfants jetables
    Ils s’appellent Alina, Lola ou Franck et défilent à la manière de mannequins sur un tapis rouge comme à un défilé de mode. Ils espèrent accrocher le regard des adultes… Dans le public, des candidats à l’adoption, ou plutôt à la ré-adoption (« rehoming », en anglais).
    Tous ces enfants-adolescents qui déambulent ont vécu plus ou moins la même histoire : une expérience ratée au point que leur famille d’adoption a décidé de les rendre.

    La journaliste Sophie Przychodny a enquêté aux États-Unis sur ce marché des « enfants jetables » et réalisé ce reportage sidérant diffusé à plusieurs reprises dans nos médias (*).
    Selon les services sociaux américains, chaque année, 25.000 enfants sont ainsi remis sur le marché de l’adoption, soit un quart des enfants adoptés.
    Aux États-Unis, il n’y a pas de loi pour interdire à des adoptants de rendre l’enfant qui n’aurait pas donné toute satisfaction. Pour tenter de retrouver une autre famille, ces enfants « rendus » sont récupérés par des agences d’adoption et remis sur le marché. Pas tous, car les moins chanceux sont échangés via de petites annonces postées sur Internet avec tous les risques que cela comporte dans un monde où les prédateurs de tous ordres se multiplient.

    A l’autre bout de la planète, en 2014, en Thaïlande, Gammy a subi le même sort. Enfant-objet d’un contrat de GPA conclu entre une mère porteuse thaïlandaise et un couple d’Australiens, il est venu au monde atteint de trisomie 21. À sa naissance, ses commanditaires n’en ont subitement plus voulu ; ce n’était pas « l’enfant parfait » comme ils l’avaient commandé. Au contraire de sa sœur jumelle qui, elle, a été acceptée par ses parents-clients.
    Nous autres Français avons bien raison de nous scandaliser de ces pratiques issues de l’ultralibéralisme de ces pays où tout est à vendre, même l’enfant. Chez nous, il serait impossible à des parents de rendre un enfant adopté ; la loi ne l’autorise pas. Mais pour combien de temps encore ?
    (*)BdVoltaire-SabineDeVilleroché-28012018

    Richard POGLIANO

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