REGARDS EN COIN (94)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Chômage : le recul se poursuit dans la zone euro
2. Ces travailleurs qui exercent plusieurs métiers
3. Les excuses de Lactalis ?
4. Le travail dans 10 ans
5. Bientôt des robots comme collègues
6. Start-up et PME
7. Limitation de la vitesse à 80 km/h

1.► Chômage : le recul se poursuit dans la zone euro

  • Le taux de chômage a continué de baisser au mois de novembre dans la zone euro, selon les chiffres d’Eurostat. (*)
  • Dans la zone euro, le taux de chômage atteint 8,7 % au mois de novembre, en baisse par rapport à octobre (8,8 %) et à novembre 2016 (9,8 %). C’est le taux le plus faible enregistré dans la zone euro depuis janvier 2009.

  • Même tendance pour l’UE28
  • Dans l’UE28, le taux de chômage s’établit à 7,3 % au mois de novembre. Il est également en baisse par rapport au taux de 7,4 % d’octobre et au taux de 8,3 % de novembre 2016. Ici aussi, il s’agit du taux le plus faible enregistré dans l’UE28 depuis octobre 2008.

  • La République tchèque en tête
  • Parmi les États membres, les taux de chômage les plus faibles sur cette période ont été constatés en République tchèque (2,5 %), à Malte ainsi qu’en Allemagne (3,6 % chacun). Les taux de chômage les plus élevés ont quant à eux été enregistrés en Grèce (20,5 % en septembre 2017) et en Espagne (16,7 %).
    (*)Rebondir.fr-JulieTadduni-10012018

    2.► Ces travailleurs qui exercent plusieurs métiers
    Élément essentiel des sociétés archaïques, la pluriactivité se retrouve aujourd’hui à la pointe des mutations sociales et économiques. Elle concerne à la fois des ruraux et des urbains, des employés peu qualifiés ou des cadres et révèle des motivations composites. (*)
    S’il n’existe pas de définition officielle ou unanimement reconnue de la pluriactivité, pour le sociologue Jean-Pierre Boudy, elle peut se définir comme l’exercice de plusieurs activités différentes, simultanément ou bien successivement dans la même année. Concernant des centaines de milliers de personnes en France, elle fait appel à des motivations diverses. Chez les actifs du secteur tertiaire, les saisonniers ou les agriculteurs, elle est historiquement liée à une nécessité vitale et majoritairement subie. Également motivée par des facteurs économiques, elle est moins contrainte chez des personnes multi-actives qui le sont afin de valoriser certains atouts ou un patrimoine, au travers par exemple de la location d’un gîte, souligne Jean-Pierre Boudy. Troisièmement, une multiactivité de “plaisance” existe chez des individus qui ne se sentent pas entièrement satisfaits par leur activité principale et ressentent le besoin de s’exprimer dans une activité “passion”.

    Un phénomène qui s’amplifie
    Si la majorité des pluriactifs exercent plusieurs emplois salariés chez des employeurs différents, selon l’Insee depuis 2010 la proportion de salariés à titre principal qui ont une occupation secondaire non salariée s’est accrue, notamment en raison de la création du régime d’auto-entrepreneur. Autorisé par la loi, le cumul d’activités est limité à 48 heures par semaine et 44 heures sur 12 semaines consécutives pour les pluriactifs salariés, détaille Déborah David, juriste au cabinet Jeantet et associés. Un seuil maximal qui ne s’applique pas dans le cas où l’employé occupe à côté une fonction non salariée tel qu’auto-entrepreneur, ou pour les professions indépendantes comme les agriculteurs.
    Face à la raréfaction de l’emploi stable et dans le contexte de la révolution numérique, pourvoyeuse de nouvelles formes de travail “hybrides”, la pluriactivité pourrait continuer à se développer, voire à remettre en cause l’organisation du travail.
    (*)Rebondir.fr-PaulineBandelier-13092017

    3.► Les excuses de Lactalis ?
    Devant la tempête suscitée par la contamination à la salmonelle de ses produits et le rappel chaotique des lots incriminés, le groupe Lactalis est sorti de sa réserve jeudi pour présenter ses excuses aux parents et assurer qu’il travaillait « en parfaite collaboration avec l’Etat ». (*)
    Dans Le Parisien de ce vendredi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn salue ces excuses mais n’est « pas sûre que cela soit suffisant », rappelant qu’« aujourd’hui, les industriels sont en première ligne de la responsabilité sanitaire ».

    Les services de l’Etat « extrêmement réactifs »
    « C’est déjà très bien d’avoir présenté ses excuses. Je ne suis pas sûre que cela soit suffisant s’il y a eu des défauts dans la chaîne de surveillance », a expliqué la ministre qui a affirmé n’avoir « pas d’inquiétude particulière sur la responsabilité de l’Etat ».
    « Nous avons été à l’origine de l’alerte et de la demande immédiate de retrait des lots », a-t-elle fait valoir, saluant « une extrême réactivité » des services de l’Etat. Pour Agnès Buzyn, « aujourd’hui, les industriels sont en première ligne de la responsabilité sanitaire ».

    « Trente-sept enfants malades ont été identifiés avec certitude »
    Elle a précisé que « 37 enfants malades ont été identifiés avec certitude ». Au 9 janvier, les autorités de santé avaient recensé 35 nourrissons atteints de salmonellose et ayant consommé un lait ou un produit d’alimentation infantile de l’usine Lactalis incriminée. Dix-huit nourrissons ont été hospitalisés, mais tous sont sortis de l’hôpital, selon la même source.
    Le groupe Lactalis va devoir s’expliquer ce vendredi devant le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, qui a convoqué sa direction et dénoncé une « entreprise défaillante ».
    (*)20Minutes-12012018

    4.► Le travail dans 10 ans
    Selon une étude réalisée par Ipsos pour la plate-forme Revolution@Work, publiée le 21 novembre, la majorité des salariés estiment que l’on travaillera différemment dans 10 ans et que le slashing sera la norme. (*)
    L’étude, réalisée auprès de quatre pays (France, Pays-Bas, Royaume-Uni et États-Unis)*, pointe les attentes mais aussi les craintes des salariés concernant le travail. Les chiffres montrent que 8 salariés sur 10 estiment que l’on travaillera différemment dans 10 ans. Les outils sont les premiers concernés par ce changement (38 %) devant les contrats de travail (33 %), le contenu (28 %), l’organisation (26 %) et les espaces (16 %). Du côté de la Génération Z, 36 % des interrogés estiment que l’expérience au travail sera plus enrichissante. Ils sont aussi 56 % à penser que les entreprises de leur pays sont bien préparées aux changements à venir (contre 43 % pour l’ensemble des salariés).

    Demain, tous slasheurs ?
    Autre enseignement de l’étude : 61 % des salariés (65 % de Français) assurent qu’exercer plusieurs activités professionnelles en même temps, appelé slashing, sera la norme dans dix ans. “C’est l’une des grandes révélations de notre étude. Les salariés n’anticipent pas des ajustements à la marge, ils s’attendent à une véritable révolution du monde du travail”, souligne Jean-Baptique Aloy, directeur exécutif au sein du pôle RH d’Ipsos. Les salariés de la Génération Z sont de leur côté plus nombreux à voir dans le slashing un futur standard, puisqu’ils sont 64 % des 18-24 ans à penser qu’exercer plusieurs activités professionnelles deviendra la norme. Un chiffre qui atteint 70 % au Royaume-Uni.

    Manque de sécurité de l’emploi et stress
    Cette mutation du travail entraîne un certain nombre d’attentes de la part des salariés. En effet, ils sont 31 % à espérer une meilleure flexibilité que ce soit pour leur lieu de travail (31 %) que pour les horaires (26 %). Un meilleur équilibre vie professionnelle / vie privée est également citée pour 19 % des interrogés. En revanche, l’étude dévoile un certain nombre de craintes comme le manque de sécurité de l’emploi mentionné par 4 salariés sur 10 et l’augmentation du stress au travail pour 30 % des personnes interrogées. Un chiffre qui atteint 33 % pour les salariés français.

    Des Français plus inquiets
    D’ailleurs, les Français apparaissent comme les salariés les plus inquiets face aux changements à venir. Sur les quatre pays sondés, ils sont les seuls à envisager une hausse du temps de travail (42 % contre 29 % pour l’ensemble des pays). Le développement de l’intelligence artificielle fait également partie des inquiétudes pour 39 % des Français.
    *Étude Ipsos “Tomorrow’s Work”, pour Revolution@Work, menée en septembre 2017 en France, États-Unis, Pays-Bas, Royaume-Uni, sur 1 000 répondants dans chaque pays.
    (*)CourrierCadres-CamilleBoulate-23112017

    5.► Bientôt des robots comme collègues
    95 % de personnes se disent persuadées que l’intelligence artificielle peut aider dans certaines tâches professionnelles, selon une étude réalisée par Cisco. (*)
    Et si vous aviez un assistant virtuel pour toutes les tâches chronophages au travail ? Plus de 9 personnes sur 10 (95 %) déclarent être convaincues que l’intelligence artificielle peut contribuer à l’amélioration de certaines corvées au travail comme la planification de réunions, la prise de notes ou la saisie de documents ou e-mails.

    Une meilleure productivité à la clé
    Interrogés sur les bénéfices pour leur équipe d’avoir un assistant virtuel, 57 % ont répondu que cela aurait un impact positif sur la productivité et 51 % sur la concentration. Même 39% des personnes qui n’ont pas confiance en l’IA ont indiqué́ qu’elles seraient heureuses de lui confier les missions qu’elles apprécient le moins.

    La sécurité comme principal frein
    Les répondants qui ont déclaré qu’ils ne souhaitaient pas utiliser Google Assistant ou Alexa au travail citent la protection des données et la sécurité comme les principaux freins (42 %).
    (*)CourrierCadres-JulieTadduni-15112017

    6.► Start-up et PME
    Trois éléments caractérisent une start-up pour réussir : un produit ou un service innovant qui répond à un besoin marché précis, un financement fort pour se développer plus rapidement et une croissance “exponentielle”. Une fois lancées, ces jeunes entreprises ont tout intérêt à faire évoluer leur modèle économique, à se renouveler et à devenir scalable pour se développer. Par Frédéric Salles, président de Matooma.
    Pour croître en France et à l’étranger, nombre d’entre elles souhaitent lever des fonds pour développer leurs solutions, embaucher et agrandir leur équipe commerciale. Recrutement rime-t-il avec développement ? Et si, aller vers le modèle de la PME était une nouvelle façon de croître pour les start-ups ?

    Les limites économiques de la start-up
    Le modèle start-up se définit par sa pression commerciale et financière. Le chiffre d’affaires doit être sa priorité, et ses forces sont davantage mobilisées autour de ses produits que de la structuration de son organisation. L’entreprise se fonde ainsi sur ses ressources technologiques pour assurer la stabilité de son produit, sur ses ressources commerciales pour le vendre, et sur son service client pour favoriser la satisfaction.
    Comment continuer à avancer quand le chiffre d’affaires passe de 0 à 8 millions en cinq ans ? Se tourner vers l’international et les grands comptes devient indispensable. Si une levée de fond pour recruter plus de commerciaux peut être nécessaire pour accélérer le processus de développement, les investisseurs peuvent se montrer particulièrement frileux, même face à une start-up au potentiel et à la croissance forte. La raison est simple : malgré une progression très nette, l’augmentation du chiffre d’affaires ne passe pas forcément par une démultiplication des ressources humaines.

    La digitalisation de la croissance
    Les fonds d’investissement parient sur la scalabilité. Pour les séduire, la solution n’est plus tant de miser sur une force de vente étendue que sur son optimisation, qui passe par le digital – car oui, aujourd’hui, certaines entreprises ont encore besoin d’effectuer leur transformation digitale.
    Celle-ci, destinée à optimiser les coûts, exige une structuration souvent absente des start-up, dans lesquelles les équipes travaillent en silo – chacun structure son activité et ses missions selon ses besoins, et établit ses propres process qui ne favorisent pas forcément une bonne communication entre les différents pôles.
    Si les start-up embauchent sans se poser la question de l’organisation verticale, celle-ci intervient plus tard, à l’âge de la “maturité”, l’âge auquel le modèle start-up arrive à ses limites et où une croissance stable paraît bien plus attractive. Il faut alors mixer chiffre d’affaires et structuration pour assurer une croissance rentable.

    Comment passer de start-up à PME ?
    Pour rester compétitives et continuer à croître, puis à s’imposer à l’international, les start-ups doivent redéfinir leur stratégie. Cela passe par une phase de transformation afin de se diriger vers une croissance rentable. Comment restructurer entièrement son entreprise ? Deux éléments doivent primer : s’accompagner d’un expert extérieur à la start-up et ne pas hésiter à modifier son business model.
    Concrètement, pour avoir la meilleure offre du marché, il faut la meilleure technologie au meilleur prix, accessible à travers un parcours client simple et court. L’organisation de la PME doit se placer autour du “client first”, schéma directeur d’une restructuration visant à faciliter la communication entre les services, et ainsi gérer le parcours client dans son ensemble, du développement des produits au marketing, et du e-commerce au service client.
    C’est là où la mutation de start-up à PME s’opère réellement : dans la mise en place de process qui transforment un modèle désorganisé focalisé sur la vente en organisation industrielle scalable. L’embauche devient alors un outil secondaire pour favoriser la croissance : une organisation optimisée permet de multiplier par deux ou trois le chiffre d’affaires tout en stabilisant les dépenses !

    Communiquer pour mieux accompagner ses équipes
    Si une entreprise a beaucoup à gagner en changeant de statut pour croître de manière plus pérenne et gagner en stabilité, cette mutation touche 100 % des hommes et des services. Cela nécessite de veiller à bien communiquer envers ses équipes. Le changement amenant un stress, l’accompagnement RH est alors fondamental pour apporter des éléments d’explication sur ce qui a été fait, ce qui est fait et pourquoi : il appartient à la direction d’avoir des ambitions claires et de les partager ; et aux managers de donner de la perspective à leurs collaborateurs, et de guider ceux qui ont du mal à s’adapter au travers de cette mutation.
    La transformation d’une entreprise, de start-up à PME, est un chantier d’envergure et structurant. Celui-ci implique de revoir en profondeur chaque process établi au fur et à mesure pour bâtir des bases solides, atteindre une croissance rentable, s’exporter à l’étranger ou offrir à ses clients un meilleur service. Le succès se construit non pas sur des résultats rapides et intenses, mais sur la continuité de l’effort, la pérennité et la capacité à se renouveler.
    (*) LeNouvelEntrepreneur-05122017

    7.► Limitation de la vitesse à 80 km/h
    Edouard Philippe se dit prêt à être « impopulaire », il devrait être servi.(*)
    Pour tenter d’enrayer la mortalité routière, le gouvernement devrait annoncer ce mardi l’abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale sur 400.000 km de routes secondaires, à l’occasion d’un conseil interministériel de sécurité routière (CISR). La mesure est défendue par Edouard Philippe, même s’il « comprend les arguments » des automobilistes réfractaires, puisque c’est « pour sauver des vies », explique-t-il dans un entretien au JDD paru ce dimanche. Mais deux Français sur trois jugent cette mesure inefficace, estimant qu’elle ne permettra pas de diminuer la mortalité routière, selon un sondage YouGov* pour 20 Minutes, mais plutôt de « remplir les caisses de l’Etat ».

    Baisser la vitesse : une mesure contre-productive ?
    « Il y a 3.500 morts et 70.000 blessés par an, 70.000 ! Après des décennies de progrès, nos résultats se sont dégradés. Eh bien je refuse de considérer cela comme une fatalité », justifie Edouard Philippe pour défendre l’abaissement de la vitesse maximale autorisée.
    « Si on fait baisser de 10 % la vitesse moyenne, on obtient une baisse de 4,6 % du nombre de morts (…), c’est une donnée scientifique qui a été mesurée par de nombreuses études dans le monde », déclarait en fin d’année le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe. « Je crois qu’il y aurait moins de morts car le choc pourrait faire moins de dégâts que si on roule à 90km/h », abonde Thérèse, une internaute. Sauf que pour nombre d’automobilistes, les expérimentations menées en se sens ne seraient pas concluantes, comme l’avance l’association 40 millions d’automobilistes, citant une expérimentation menée au Danemark, où la vitesse a été augmentée de 80 à 90 km/h sur une portion du réseau secondaire, avec pour effet une baisse de 13 % de la mortalité sur deux ans. Ainsi, pour 67 % des Français, baisser à 80 km/h la vitesse autorisée ne serait pas efficace.
    « Aucune étude n’a prouvé que la limitation de vitesse avait un impact sur la diminution de la mortalité sur les routes », tacle Olivier. D’ailleurs, le rapport sur l’expérimentation qui a été menée ne mentionne aucune donnée sur l’accidentalité. L’abaissement de la vitesse à 80 km/h serait même une mesure contre-productive pour certains. « Sur les petites nationales, les poids lourds ne respecteront pas cette limitation : le risque est de se faire doubler par d’énormes camions le danger est certain », assure Alain. « Tout le monde va essayer de doubler les camions, qui vont rouler à la même vitesse que les voitures, et soit on va se faire flasher soit ce sera l’accident, faute de visibilité », redoute un autre internaute. D’autant que « la baisse de la vitesse va favoriser la monotonie et la baisse de vigilance au volant, avec davantage d’endormissements, donc plus de risques d’accidents », expose de son côté Jean-Louis, un de nos lecteurs.

    Améliorer l’état des routes et faire respecter la législation existante
    D’ailleurs, selon nombre d’automobilistes en colère, la vitesse ne serait pas le terrain sur lequel il faudrait agir pour réduire la mortalité routière, la clé serait de faire respecter la législation existante. « Le problème ce n’est pas la vitesse, ce sont les comportements au volant : refus de priorité, non-utilisation des clignotants, non-respect des distances de sécurité, dépassements dangereux ou encore téléphone au volant, énumère Daniel. Ce sont ces infractions-là qui devraient être plus sanctionnées ! » Un avis partagé par Yves, pour qui « la limitation de vitesse n’empêchera pas les dépassements dangereux, ni l’utilisation du téléphone et encore moins les conducteurs ivres ou sous l’emprise de stupéfiants ». Et « avant de vouloir limiter la vitesse sur le réseau secondaire, il conviendrait d’abord de faire respecter la vitesse actuelle, suggère René. La plupart du temps, lorsque je circule à 90 km/h, je me fais dépasser ».
    A chaque catégorie de conducteurs son lot de recommandations : « il faudrait instaurer l’éthylotest pour tous les camions pour les empêcher de démarrer s’ils ont bu », préconise un internaute. Les séniors ne sont pas non plus oubliés. « A partir d’un certain âge, ils devraient passer une visite médicale pour évaluer leur aptitude à la conduite, comme c’est le cas dans de nombreux pays européens, prescrit Mary. Ainsi qu’une suppression définitive du permis en cas d’accident sous l’emprise de stupéfiants ou d’alcool ».
    Faustine, elle, craint « le coût qu’il faudrait engager pour changer tous les panneaux de signalisation sur tout le territoire français. Cet argent devrait servir à améliorer l’état des routes, qui mériteraient plus de maintenance ». De nombreux usagers pointent ainsi le mauvais état du réseau routier, faute de moyens. « Dans mon département, le budget d’entretien ou de réaménagement des routes a été divisé par trois en 10 ans, témoigne un fonctionnaire, projecteur routier, sous couvert d’anonymat. Les routes départementales sont moins bien entretenues qu’il y a quelques années. Avec les dégradations qui s’accumulent, les routes départementales deviennent accidentogènes, ce qui justifie l’abaissement de la vitesse à 80 km/h ».

    Des automobilistes « pris pour des vaches à lait »
    Edouard Philippe le sait, « si nous annonçons cette mesure, je serai critiqué. Mais je sais qu’elle va sauver des vies, et je veux sauver des vies. Je comprends les arguments, et même la mauvaise humeur, mais je ne le fais pas pour augmenter les recettes de l’État », plaide le Premier ministre. S’il s’en défend, nombre d’automobilistes voient pourtant dans cette mesure un moyen de « remplir les caisses de l’Etat ». C’est « l’œuvre du monde politique en quête de solutions de facilité, condamne un lecteur. Seule une limitation de vitesse crédible est compréhensible et ne passe pas pour une levée d’impôt pure et simple ». Les conducteurs « ne doivent pas devenir les vaches à lait de l’état », fustige Patrick, alors que, selon notre enquête, quatre Français sur 5 (79 %) sont du même avis.
    Et ceux qui voudraient ne pas ralentir tout en restant dans la légalité « seront contraints de prendre les autoroutes payantes », s’agace Annick, qui ne voit dans cette mesure qu’une décision « plus répressive » destinée à « remplir les caisses de l État ».
    Bien qu’impopulaire, la généralisation de cette mesure devrait toutefois être annoncée ce mardi par le chef du gouvernement. « Raisonnons par l’absurde : est-ce qu’il y a quelqu’un pour penser que la limitation à 80 km/h va augmenter la mortalité ? Non bien sûr, pense Jean-Louis. Donc même si cette décision ne sauve que 100 vies, 10 vies ou même une vie, bien sûr qu’il faut la prendre ».

    * Enquête réalisée sur un échantillon de 1.000 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France, du 3 au 4 janvier 2018, selon la méthode des quotas.
    (*)20Minutes-09012018

    Richard POGLIANO

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