REGARDS EN COIN (92)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Vers une crise économique mondiale
2. Le prélèvement à la source : mode d’emploi
3. Le végétarien Nicolas Hulot
4. L’encadrement des loyers
5. L’hyperstress des salariés
6. Les missiles de la Corée du Nord
7. Airbus s’envole !
8. A lire… « Une balle perdue »

1.► Vers une crise économique mondiale
Le jeudi 24 octobre 1929 (jeudi noir), c’est le krach à Wall Street. Tout le monde veut vendre ses titres et personne n’achète. À midi, l’indice Dow Jones a perdu 22,6 %. La baisse se poursuit pendant trois ans ; les cours chutent de 87 % et les banques font faillite. La production industrielle baisse de moitié de 1929 à 1932 et le taux de chômage passe de 3,1 % à 24 %.
La prochaine crise économique, monétaire et financière qui nous attend sera pire que celle de 1929 ; elle sera apocalyptique et conduira à l’écroulement du Système (*). Pourquoi ? Parce qu’on nous ment, parce que le taux de chômage réel aux États-Unis est déjà de 20 % et non pas de 4,7 %, parce que le Système public et privé dans le monde entier est déjà bien plus endetté qu’en 1929, parce que l’économie moderne très fragile offre beaucoup de biens et services non indispensables, moins primaires et essentiels qu’en 1929, parce que partout dans le monde libre-échangiste dangereusement interconnecté (Europe, États-Unis, Japon, Chine), on a déjà eu recours à une politique monétaire hyper-laxiste, avant même que le krach boursier ne se soit produit.
Dès le krach boursier, la création monétaire de la Réserve fédérale et de la BCE s’amplifiera et le monde connaîtra une situation hyper-inflationniste semblable à celle de l’Allemagne en 1923. L’euro, excellente chose, ne pourra alors malheureusement qu’exploser face au chaos économique et à l’inévitable chacun pour soi national dans des situations aussi graves.
Nous vivons, en fait déjà depuis 2008, une grande dépression larvée et masquée par une bulle folle spéculative sur les actions, l’hyper-endettement, les taux bas d’intérêt, la politique monétaire laxiste, les mensonges des gouvernements et des médias. Le taux de chômage réel des États-Unis est particulièrement élevé dans la réalité ; il remet donc en cause tout le cinéma médiatique anglo-saxon sur la prospérité états-unienne. Ce n’est pas pour rien que Donald Trump a été élu.
Officiellement, les États-Unis comptent 8 millions de chômeurs déclarés, mais en réalité, il convient d’ajouter à ce chiffre 94 millions d’Américains en âge de travailler sans emploi. Si vous êtes désespéré d’être au chômage aux États-Unis et que vous avez cessé de chercher un emploi au cours des quatre dernières semaines, le département du travail ne vous comptera plus comme chômeur.
Si vous effectuez une heure de travail aux États-Unis et que vous êtes payé au moins 20 dollars pour avoir tondu une pelouse, ou si vous avez travaillé dix heures à temps partiel, vous ne serez pas officiellement enregistré comme chômeur.
Aux États-Unis, 251 millions de personnes sont en âge de travailler, mais seulement 157 millions (soit 62 %) travaillent ou cherchent un travail. Dans les 38 % restants, soit 94 millions de personnes, 54 millions ne travaillent pas suite à l’explosion des maladies, du diabète, de la drogue, des invalidités, et 40 millions sont sans emploi, qui tentent de survivre comme elles peuvent, ayant renoncé à chercher un travail. Ce n’est pas un hasard si le nombre de bénéficiaires en paupérisation accélérée des bons alimentaires du programme « SNAP » explose.
Comme en France, le taux de chômage réel aux États-Unis est plutôt de l’ordre de 20 %. Après le krach boursier à venir, le chiffre du chômage ne serait plus de 24 %, comme en 1932 aux États-Unis, mais il pourrait bien alors atteindre le chiffre réel apocalyptique et révolutionnaire de 30 à 40 % !
(*)BdVoltaire-MarcRousset-24112017

2.► Le prélèvement à la source : mode d’emploi
La mesure fiscale phare du quinquennat Hollande, initialement prévue pour entrer en vigueur début 2018, sera finalement déployée dès le 1er janvier 2019.
Mais concrètement, qu’est-ce que cela change (*) ?
Le gouvernement a confirmé lundi 13 novembre que le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu entrerait bien en vigueur au 1er janvier 2019 et serait intégré au projet de loi de finances rectificatives, présenté ce mercredi 15 novembre en Conseil des Ministres. En revanche, des modifications seront apportées au projet imaginé sous le quinquennat de François Hollande, notamment pour alléger les règles de gestion pour les collecteurs.
Comment ça marche ?
Jusqu’à maintenant, l’impôt sur le revenu était payé par le contribuable avec un an de décalage. Ainsi, en 2017 votre impôt reposait sur vos salaires perçus en 2016. Avec le prélèvement à la source, le gouvernement entend que cet impôt soit payé en direct grâce à la mise en place d’un taux de prélèvement appliqué à vos revenus (salaires, pensions, autres).
Comment est calculé le taux de prélèvement ?
Pour le déploiement au début de l’année 2019, le taux se basera sur les revenus 2017. Concrètement, lors de votre déclaration au printemps 2018, l’administration fiscale calculera le taux de prélèvement qui sera appliqué dès le 1er janvier de l’année suivante. Il sera ensuite actualisé en septembre 2019 “pour tenir compte des changements éventuels consécutifs à la déclaration des revenus de 2018, effectuée au printemps 2019”, indique le gouvernement. Chaque année, en septembre, ce taux sera donc actualisé. Il faut également noter qu’en cas de changement de situation conduisant à une variation significative de l’impôt prévisible (mariage, naissance, baisse ou hausse de revenus), vous pouvez demander une mise à jour en cours d’année de votre taux de prélèvement à la source via votre espace sécurisé sur le site impots.gouv.fr.
Quel impact sur le revenu fiscal de référence ?
Aucun, selon le gouvernement. “Le prélèvement à la source modifie le mode de perception de l’impôt, pas son mode de calcul”, précise-t-il. Ainsi, le bénéfice des réductions et des crédits d’impôts acquis au titre de l’année 2018 sera maintenu. Les avantages fiscaux donnés sous la forme d’abattement (10 % pour frais professionnels, abattement journaliste ou assistant maternel…) seront automatiquement intégrés dans le taux. Par ailleurs, la déduction des pensions alimentaires sera également prise en compte.
Quelle confidentialité pour le contribuable ?
C’est la question qui revient concernant cette mesure fiscale : “quelles informations seront communiquées à mon employeur ?”. Le gouvernement l’assure, l’administration fiscale restera l’interlocutrice du contribuable et la seule information transmise au collecteur, que ce soit votre employeur, votre caisse de retraite ou Pôle emploi, sera le taux de prélèvement “qui ne révèle aucune information spécifique. Le taux de prélèvement à la source de chaque contribuable sera soumis au secret professionnel”, précise ainsi le gouvernement. En revanche, pour s’adapter aux spécificités de chacun, le dispositif prévoit plusieurs solutions : un taux relatif au foyer, un taux individualisé ou un taux neutre.
Quel taux choisir ?
C’est à vous de décider ce qui est le plus simple et le plus sécurisant pour vous.
– Le taux relatif au foyer, calculé en fonction d’un barème progressif actualisé tous les ans par la loi de finances, tient compte de l’ensemble de vos revenus, de votre situation et vos charges de famille. Si vous êtes en couple et que vous optez pour cette option, le taux communiqué par l’administration fiscale sera le même pour vous et votre conjoint.
– Le taux individualisé, calculé de la même façon, s’adapte quant à lui aux revenus des contribuables, ce qui peut être intéressant en cas de gros écarts de salaires entre les membres d’un même foyer. En revanche, “les taux individualisés permettront au total de prélever le même montant. Il ne s’agit pas d’une individualisation de l’impôt mais d’une simple répartition différente [de son] paiement entre les conjoints, cela n’aura pas d’incidence sur le montant total de l’impôt qui est dû par le couple”, précise le gouvernement.
– Les contribuables pourront aussi opter pour la non transmission de leur taux personnel à l’employeur. “Dans ce cas, l’employeur appliquera le taux correspondant à la rémunération de son employé, définie dans la grille de taux (fixée dans la loi de finances) et similaire au taux applicable à un célibataire sans enfant”, indique le gouvernement. Toutefois, il faut garder à l’esprit qu’avec cette solution vous pouvez être amené à verser à l’administration fiscale une somme correspondant à la différence entre l’application de votre taux personnel de prélèvement et l’application du taux non personnalisé. À noter également que jusqu’à un salaire mensuel imposable de 1 367 euros mensuel, ce taux sera toutefois nul en métropole, car à ce niveau de revenus ces personnes ne sont pas imposables.
Existera-t-il une année blanche ?
Oui et non. Il n’y aura pas d’interruption de paiement de l’impôt puisqu’en 2018 vous serez prélevé sur vos revenus de 2017 et 2019 sur vos revenus de l’année en cours. En revanche, le taux calculé sera basé sur les revenus de 2018. “L’impôt normalement dû au titre des revenus non exceptionnels perçus en 2018 sera annulé par le biais d’un crédit d’impôt spécifique calculé automatiquement par l’administration fiscale”, souligne le gouvernement. Attention toutefois, les revenus dits exceptionnels perçus en 2018 (indemnités de rupture du contrat de travail, plus-values mobilières et immobilières, intérêts, dividendes, gains sur les stocks options, actions gratuites…) resteront bien imposables.
(*)Carrière&Emploi-CamilleBoulate-16112017

3.► Le végétarien Nicolas Hulot
Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, a accordé un entretien au magazine L’Obs. En marge de cette interview où il revient sur ses six premiers mois à la tête d’un ministère, il s’est dit favorable à l’instauration d’un menu végétarien une fois par semaine dans les cantines scolaires : « C’est aussi une affaire d’éducation. Je souhaite donc que, prochainement, les cantines scolaires proposent aux enfants un menu végétarien un jour par semaine. »
Nicolas Hulot s’est également confié sur sa consommation de viande : « Dans ma famille, nous sommes cinq. Deux d’entre nous sont végétariens. Les trois autres, dont moi, ne mangent plus de la viande qu’une fois par semaine. Chacun son chemin. »
L’idée d’une option végétarienne à la cantine, voire de l’instauration d’un menu totalement végétarien, avait notamment été proposée ces derniers temps par le think tank Terra Nova, qui insiste sur le coût environnemental de la viande : « La surconsommation de viande est aussi préjudiciable pour l’environnement, les activités d’élevage impliquant une mobilisation de ressources souvent disproportionnée par rapport à leur apport nutritionnel. »
Dans un rapport publié la semaine dernière par le laboratoire d’idées, on apprend que certaines écoles du Sud-Ouest de la France (à Pessac, Bruges, Blanquefort…) ont déjà tenté l’expérience, en ouvrant la possibilité de choisir un menu sans viande tous les jours.
De son côté, la ville de Paris s’est engagée à réduire d’ici 2020 de 20 % la part des produits carnés servis dans les restaurants collectifs parisiens, et à proposer un menu végétarien par semaine dans les restaurants scolaires.

4.► L’encadrement des loyers
Le tribunal administratif de Paris annule les 3 arrêtés mettant en œuvre, depuis le 1er août 2015, l’encadrement des loyers dans la capitale. Le tribunal estime que ce dispositif aurait dû être mis en œuvre dans les 412 communes de la région Ile-de-France et non dans la seule ville de Paris.
Notons que cette annulation intervient après un jugement similaire du tribunal administratif de Lille du 17 octobre qui avait annulé cette réglementation dans le chef-lieu du Nord.

5.► L’hyperstress des salariés
Un niveau de stress trop élevé, qui présente un risque pour la santé, est un état dit d’hyperstress.
En France, près du quart des salariés (24 %) seraient concernés, bien que la moitié (51 %) déclare connaître peu de stress (*).
Les femmes plus touchées
28 % des femmes sont victimes d’hyperstress contre 20 % des hommes. En revanche, ce phénomène touche aussi bien les cadres (24 %) que les non cadres (23 %).
Des disparités selon les secteurs
Tous les domaines ne sont pas logés à la même enseigne. Par exemple, la santé humaine et les actions sociales, les arts, spectacles et activités récréatives, les services et les activités financières, et l’assurance (avec respectivement 42 %, 31 %, 29 % et 28 % de salariés en hyperstress) souffrent plus du stress. A contrario, les secteurs des transports et entreposage, du commerce, de la production et distribution d’eau, assainissement, gestion des déchets et dépollution et de l’industrie manufacturière (avec 20 %, 21 %, 21 % et 21 % d’hyperstress) sont moins concernés.
(*)Carrière&Emploi-JulieTadduni-2711201è

6.► Les missiles de la Corée du Nord
Après un nouveau tir de missile ballistique intercontinental d’une plus grande portée, hier soir, la Corée du Nord affirme pouvoir frapper désormais « la totalité du continent américain ».
Le régime de Pyongyang précise que son missile a atteint une altitude de 4.475 kilomètres avant de s’abîmer en mer à près de 1.000 kilomètres du site de lancement, soit une portée théorique de 13.000 kilomètres, c’est à dire que l’Europe serait également à portée de tir de la Corée du Nord.
Dans la nuit, Pyongyang a déclaré via sa télévision avoir atteint son objectif « historique » de devenir un Etat nucléaire. Réponse de Donald Trump : « On va s’en occuper ». Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se réunir en urgence.

7.► Airbus s’envole !
On annonce avec satisfaction et bruits – de réacteurs – une commande « mirifique » d’Airbus lors du salon aéronautique de Dubaï. 430 appareils de la famille moyen-courriers A320 ! Ce contrat de 42 milliards d’euros est signé par la compagnie américaine de location Indigo Partners.
La tradition, dans le monde de l’aéronautique ou de la Défense, est d’annoncer un gros contrat lors d’une grande manifestation internationale, ce qui donne un écho mondial à la nouvelle. Bien entendu, les négociations commerciales exigent de longs mois et une conclusion permettant d’afficher publiquement une cérémonie de signature du meilleur effet pour le bénéficiaire, tout en générant un petit nuage gris dans le ciel de la concurrence.
En l’occurrence, l’autre géant de l’aviation, Boeing, qui ne manque pas non plus de substance dans son carnet de commandes, sera cependant peu affecté par ce petit contretemps météorologique…
Cette bonne nouvelle éclaire le ciel d’Airbus qui s’assombrissait un tantinet en raison du manque de dynamisme dans les commandes de son gros porteur et révolutionnaire A380. En effet, à ce jour, il y a – seulement – 215 appareils en ligne et une centaine à produire et livrer. Son beau prédécesseur, le Boeing 747, s’est vendu à plus de 1.500 exemplaires et les commandes de différentes versions se poursuivent encore.
Quoi qu’il en soit, bravo à Airbus qui vient d’ajouter une belle liste de commandes aux 15.500 appareils de la série 320 volant dans tous les cieux du monde. La Bourse de Paris a immédiatement réagi, qui a revalorisé l’action de l’avionneur de 3,11 % !

8.► A lire… « Une balle perdue »
Sur le thème ʺla Catalogne voulait déjà son indépendance il y a presque 100 ansʺ, les Editions Folio2 publie « Une balle perdue » de Joseph Kessel.

Barcelone, octobre 1934. Quand la Catalogne se soulève pour réclamer son indépendance, Alejandro, un jeune cireur de chaussures naïf et enthousiaste, et son ami Vicente décident de s’engager dans ce combat. Ce choix va bouleverser leur vie… Une magnifique histoire d’amitié et d’honneur sur fond de révolte par l’auteur du  » Lion « .
Le contexte que décrit Joseph Kessel, l’envie d’indépendance de la Catalogne, a trouvé un écho récemment , septembre – octobre 2017, avec le référendum qui ravive les tensions dans la région.

On a affaire à un court roman, ou une longue nouvelle, d’une centaine de pages où Kessel raconte ce soulèvement avorté autant en écrivain qu’en journaliste-témoin car on sent à la lecture qu’il a assisté aux faits qu’il décrit et comme dans  » l’armée des ombres », il les restitue aussi fidèlement que possible.

Le personnage d’Alejandro au début du récit est un modeste cireur de chaussures dans un hôtel de luxe, il est fasciné par une jeune touriste américaine et s’il voit dans ce soulèvement un moyen d’améliorer sa condition, lui et ses amis ne sont que de simples militants. Mais quand l’armée régulière s’en prendra à ses amis, à son tour il prendra les armes et plus le soulèvement faiblira plus il aura envie de se battre. L’image de la jeune touriste ne le quittera pas jusqu’à la fin et un retournement de situation…

Une lecture très agréable. « Une balle perdue » marque par son récit de ce soulèvement avorté mais aussi par ses personnages formidablement bien campés.

(*)D’aprèsPrésentation de l’éditeur-CritiqueCoupsDeCoeur

Richard POGLIANO

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