REGARDS EN COIN (88)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Face aux chiffres et aux réalités
2. L’impôt ʺ radars ʺ
3. Les déceptions du Brexit
4. Barack Obama : le retour
5. UNESCO : le bilan
6. La culture vegane
7. 5 astuces contre le gaspillage alimentaire
8. A lire… « Montaigne »

1.► Face aux chiffres et aux réalités
Lors de ses adieux à l’Eurogroupe du lundi 9 octobre, l’ex-ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble a osé, lui aussi, s’inquiéter face à ses collègues, dans un strict huis clos, après la BRI et le FMI, des bulles financières, de l’excès des liquidités, de la surévaluation des actifs dans l’hémisphère occidental (*).
La Chine propose actuellement d’échanger les yuans reçus par les exportateurs de pétrole contre de l’or acheté sur les marchés du monde qui ne proviendrait donc pas des réserves chinoises. Il est possible que nous soyons à l’aube d’une révolution monétaire mondiale susceptible de mettre fin à la prédominance du dollar, le dollar s’écroulant complètement. Le monde assisterait alors à un retour à l’or en tant que monnaie globale, subrepticement, sans aucun accord global préalable entre les nations. Ce serait la triste fin, ô combien méritée, de la saga de la non-convertibilité en or du dollar au taux de 35 dollars l’once édictée par Nixon en 1971 !
Pour ébranler les apôtres du Système, quelques faits et des chiffres :

  • Le ratio des matières premières trop bon marché GSCI, divisé par l’indice S&P 500 trop élevé, est de nos jours de l’ordre de 1 alors que sa moyenne, depuis trente ans, est de 4,1.
  • Le prix de l’or semble avoir atteint un point de retournement.
  • La Chine a plus de 20.000 tonnes d’or aujourd’hui, si l’on additionne l’ensemble de ses réserves officielles de 4.000 tonnes à sa production cumulée de 5.000 tonnes, aux réserves de 2.000 tonnes des joailliers, aux 7.000 tonnes achetées dans le monde depuis 1994. De plus, la Chine, au cours actuel de l’or avec ses 3.500 milliards de dollars en réserve, pourrait acheter théoriquement 100.000 tonnes d’or !
  • La Russie a vu ses réserves en or passer de 500 tonnes, en 2006, à 1.550 tonnes, en 2017.
  • La volatilité et l’augmentation spéculative des crypto-devises du genre Bitcoin montre la fragilité du système.
  • Les taux des bons obligataires à dix ans du Trésor américain, qui étaient de 15 % dans les années 1980, sont aujourd’hui à 1 %. Certains taux sont, depuis 2.500 ans, pour la première fois proches de zéro.
  • Il y a, aux États-Unis, une bulle sur les actions si l’on regarde grimper le graphique du NASDAQ, l’augmentation du ratio cours/bénéfice à 25,65 en juillet 2017 du S&P 500, et une bulle sur l’immobilier avec l’indice Case-Shiller des prix de l’immobilier qui a atteint 195 en juillet 2017, soit plus élevé encore que lors de la crise des « subprimes » en 2008.
  • Il ne fait aucun doute, si l’on regarde les siècles passés, que les crises se rapprochent de plus en plus d’une façon exponentielle, et sont plus beaucoup nombreuses.
  • La dette mondiale irremboursable atteint 217.000 milliards de dollars, soit 327 % du PIB mondial. Les pays émergents sont aussi très endettés.
  • La Banque du Japon possède 75 % des ETF indiciels japonais et la Banque nationale suisse est devenue un « hedge fund » à risques qui possède 85 milliards de dollars d’actions américaines !
  • Les actifs cumulés des banques centrales BCE, Japon, Fed, Angleterre représentent 14.000 milliards de dollars après avoir injecté plus de 10.000 milliards de dollars de liquidités en dix ans.
  • En fait, le point Oméga du Système, c’est le Venezuela. Il crée de la monnaie, dope les marchés, mais ne crée pas de la richesse réelle. Il espère que la richesse à venir permettra de rembourser les dettes.
    Mais c’est ainsi que procèdent les faillis hyper-endettés lorsqu’ils pratiquent la politique de la fuite en avant.
    D’ici trois à cinq ans au plus tard, nous devrions vivre un tsunami terrible semblable à l’Allemagne en 1923 mais généralisé à l’ensemble du monde, la crise de 1929 apparaissant alors comme une « broutille » et un simple épiphénomène !
    Qu’en pense Macron ?
    (*)BdVoltaire-MarcRousset-12102017

    2.► L’impôt ʺ radars ʺ
    Les radars devraient rapporter 928 millions d’euros en 2018, soit un bond de 10 %. Dans la foulée, le total des amendes, enrichi des pénalités et majorations diverses (185 millions, soit +25 %), franchirait le cap symbolique du milliard d’euros (*). Certes, personne n’osera s’indigner d’un humanisme visant à protéger les citoyens contre leur mauvaise conduite, mais il en est tout de même beaucoup à évoquer la pompe à blé qu’est l’automobile.
    La gabelle routière, pompeusement dénommée « projet annuel de performance », s’inscrit dans le projet de finances 2018, ce qui fait penser à une préoccupation plus budgétaire que sécuritaire. On ne spécule point sur les victimes gagnées mais sur les points de permis perdus. Amendes en sus.
    Le déploiement d’une centaine de radars supplémentaires est annoncé, venant renforcer un arsenal hallucinant : radars temporaires, ou pas, discriminants, feux rouges, tronçons, chantiers, double sens, externalisés (au privé), tourelles, leurres, embarqués, débarqués… J’en passe. Hors radars, la baisse prévisionnelle des recettes dues aux PV (720 millions, soit -16 %) est une fausse bonne nouvelle puisque découlant de la décentralisation du stationnement vers les communes.
    Il y a une semaine, sur LCI, Anne Hidalgo jouait la visionnaire parisienne : voitures autonomes, mobilité, énergie et le toutim. Une bonne raison pour anticiper et réévaluer les bons vieux PV rebaptisés FPS (pour « forfait post stationnement ») à 50 euros au lieu de 17. Au 1er janvier 2018, toutes les communes sont libres de suivre.
    En attendant les voitures autonomes, conduire va devenir un enfer, et peut-être même un exploit. Mais, au fait, n’y a-t-il pas un paradoxe à voir nos têtes pensantes investir à fond dans des outils de contrôle qui seront obsolètes dans quelques années, quand les voitures géreront à notre place ?
    Hormis ce léger décalage prospectif, tout est bouclé, à l’image de cette loi digne des heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire qui oblige les chefs d’entreprise à dénoncer leurs chauffeurs. À défaut de balancer, l’amende passe à 675 euros sur les fonds propres du patron (donc non imputable aux charges d’entreprise).
    En soutien, on parle de limiter l’action des avertisseurs de danger (à ne pas confondre avec les détecteurs de radars, qui sont interdits) au nom de notre sécurité, mais antiterroriste, cette fois. Les agités du champignon qui foncent sur les foules ont tous Coyote ou Waze, c’est bien connu.
    Un rapport rédigé par le sénateur Vincent Delahaye revient sur les fondements de la bien-pensance automobilistique, comme dirait Ségolène. Les radars auraient atteint leur seuil d’efficacité.
    Leurs implantations se feraient un peu à la tête du client – excusez le raccourci. Du coup, les flasheuses se multiplient sur les autoroutes, où les dégradations sont aussi rares que les accidents, mais moins sur les axes et zones à l’environnement plus musclé. En queue de classement, la paisible Seine-Saint-Denis affiche un petit 0,11 radar pour 1.000 habitants en dépit d’une des rares accidentologies en hausse.
    La sécurité routière a ses raisons que le vandalisme ignore…
    (*)BdVoltaire-MichelRoux-17102017

    3.► Les déceptions du Brexit
    Jusqu’à peu, Magali faisait partie de la communauté des expatriés au Royaume-Uni. Pendant dix-sept ans, cette Française a travaillé à Londres dans le secteur du conseil avant de décider de rentrer en France, une fois le Brexit voté en juin 2016. « Il y a eu énormément de déception chez les expatriés, raconte-t-elle. A Londres, l’ambiance a vraiment changé, il y a eu comme une cassure. C’était difficile de partir, mais le fait de ne pas savoir ce qui va se passer dans les prochaines années a été un élément déclencheur. »
    L’horloge tourne, mais le Royaume-Uni et l’Union européenne ne semblent pas pressés d’arriver à un accord sur le Brexit, alors que la séparation est prévue pour fin mars 2019 (*). Pour débloquer la situation, les « Européens » réclament des avancées sur trois dossiers « prioritaires » avant de discuter de l’après-Brexit : le coût financier de la rupture, les conséquences du Brexit pour l’Irlande, et… le sort des expatriés originaires de l’UE. Ces derniers sont environ 3,2 millions à résider au Royaume-Uni, dont au moins 300.000 Français.
    Parmi tous les scénarios possibles, le plus extrême pour les expatriés de l’UE serait le suivant : obligation d’avoir un visa ainsi qu’un permis de travail, avec une protection sociale réduite au minimum.
    « Je suis assez pragmatique, j’imagine mal les Anglais mettre tout le monde à la porte du jour au lendemain » veut croire Arnaud de Montille. Cet entrepreneur, qui a cofondé la marque de bijoux personnalisés « Merci maman », vient tout juste de revenir dans l’Hexagone après 10 ans passés en Angleterre.
    Le Brexit lui a fait l’effet d’un choc psychologique. « On se sentait chez nous à Londres, et d’un coup c’est comme si on nous disait « vous n’avez plus rien à faire ici » » raconte-t-il. Son entreprise garde un bureau dans la capitale britannique, mais Arnaud de Montille s’interroge. « Une fois que le Brexit sera acté, est-ce qu’on pourra continuer à exporter nos produits avec la même facilité ? ». A ce titre, il n’exclut pas de rapatrier une partie des opérations à Paris, où il a ouvert un bureau l’année dernière, « si les choses se passent mal ».
    Comme lui, de nombreux entrepreneurs, notamment dans les milieux financiers, se montrent inquiets pour la suite. Dans une tribune publiée mercredi, le patron du London Stock Exchange (LSE, la Bourse de Londres) réclame « des accords de transition » avant la fin de l’année, afin d’éviter, à terme, une crise économique.
    Les conclusions du sommet de Bruxelles, attendues vendredi, seront donc scrutées de très près. Depuis le début des tractations, cinq cycles de négociations ont eu lieu, sans que les deux parties arrivent à un compromis. Le sommet des 27 dirigeants de l’UE y changera-t-il quelque chose ?
    (*)20Minutes-NicolaRaffin-19102017

    4.► Barack Obama : le retour
    On l’avait peu vu depuis qu’il a quitté ses fonctions en janvier dernier. Après son départ de la Maison Blanche, Barack Obama a commencé par s’offrir trois mois de vacances, puis il s’est attelé à la rédaction de ses mémoires (*).
    Ces derniers mois, le premier président noir des Etats-Unis, aujourd’hui âgé de 56 ans, n’a que peu parlé en public et n’a donné pratiquement aucune interview. Les quelques fois où il a estimé devoir briser ce silence, il l’a fait sur des sujets d’importance nationale, comme l’immigration, la couverture santé ou la lutte pour le climat. Mais il s’est largement tenu à l’écart du débat politique, fidèle à une tradition de réserve observée par ses prédécesseurs.
    Ce jeudi, pourtant, le 44e président des Etats-Unis s’apprête à remettre le pied dans l’arène politique américaine. Il est attendu à deux réunions de campagne, la première dans l’Etat du New Jersey, à côté de New York, la seconde 500 kilomètres plus au sud, en Virginie. A Newark comme à Richmond, Barack Obama apportera son soutien au candidat de son parti au poste de gouverneur.
    Ces deux scrutins se dérouleront le 7 novembre, un an après le coup de tonnerre mondial qu’a représenté la victoire de Donald Trump à la présidentielle du 8 novembre 2016. Mais l’importance de ces rendez-vous tient surtout à leur rareté : les Américains sont peu consultés avant les échéances électorales de mi-mandat, en 2018.
    « Il y a seulement deux grosses élections cette année (aux Etats-Unis), pour le poste de gouverneur du New Jersey et celui de la Virginie », explique le professeur de sciences politiques Larry Sabato. « Tout l’enjeu est de décrocher une position avantageuse dans la perspective des élections de mi-mandat de 2018 », souligne-t-il.
    On ignore ce que va dire Barack Obama, dont le bilan de huit ans à la Maison Blanche fait l’objet d’une entreprise de démolition par son successeur. Mais en retrouvant jeudi une ambiance de meeting face à des militants démocrates auprès desquels il a conservé une excellente cote, le 44e président américain pourrait être tenté de planter quelques banderilles dans l’échine de Donald Trump, qui lui ne se prive pas d’éreinter publiquement son prédécesseur.
    Dans le New Jersey, le poste de gouverneur semble promis au démocrate Philip Murphy, qui succéderait au républicain Chris Christie, un ancien proche de Donald Trump à l’image dégradée et à l’impopularité record en fin de mandat. « Les démocrates ont devant eux une autoroute pour remporter le New Jersey, donc seule la Virginie fait l’objet d’une lutte disputée », confirme Larry Sabato, qui enseigne justement à l’université de Virginie.
    La Virginie est un Etat pivot, le seul Etat du Sud historique remporté par Hillary Clinton en 2016. Son importance est renforcée par sa proximité géographique avec la capitale fédérale, Washington.
    « Si le Grand Old Party (ou GOP, le parti républicain) perd en Virginie, Trump sera largement tenu pour responsable », analyse Larry Sabato. En revanche, « si les républicains remportent le poste de gouverneur, alors Trump ne sera pas vu comme un boulet pour le parti en 2018 ».
    (*)20Minutes-MCavecAFP-19102017

    5.► UNESCO : le bilan
    « Construire la paix dans l’esprit des hommes à travers l’éducation, la science, la culture et la communication » est la maxime directrice de l’UNESCO, cette agence des Nations unies dont le siège est à Paris et dont l’acronyme est issu de… la langue anglaise. L’UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization,), parmi les autres agences de l’Organisation des Nations unies, est en charge de l’éducation, la science et la culture de l’humanité (*).
    Héritière de la Commission internationale de coopération intellectuelle (la CICI, organe de la Société des Nations), l’UNESCO n’a jamais été, contrairement à son prédécesseur de l’entre-deux-guerres, un haut lieu de la culture, inspirée par de grands talents intellectuels ou littéraires : Einstein, Marie Curie, Béla Bartók, Bergson, Thomas Mann…
    Beaucoup plus politique, plus administrative et beaucoup moins brillamment intellectuelle que son prédécesseur, l’UNESCO, pourtant, n’a pas un bilan totalement négatif. Il y eut, certes, la très contestable période de M’Bow, secrétaire général, tiers-mondiste, pro-soviétique, chantre d’un nouvel ordre mondial très idéologisé et utopique, qui ambitionnait de briser le monopole occidental sur les droits d’auteurs et même les brevets d’invention en vue de rendre libres de droits les transferts de technologie. Légaliser le libre plagiat…
    Mais l’UNESCO est aussi engagée dans des programmes où son rôle est irremplaçable : scolarisation, notamment des filles, programmes éducatifs pour les pays pauvres et préservation de sites culturels remarquables partout dans le monde (Abou Simbel, Grande Muraille de Chine, vieille ville de Jérusalem) et des 200 sites naturels (baie d’Hạ Long, chutes Victoria, etc.). Une action (vaine) pour tenter de sauver des chefs-d’œuvre : statues des Bouddhas d’Afghanistan, Babylone ou Ninive en Irak, Palmyre en Syrie…
    Il y a une vingtaine d’années, l’action de l’UNESCO a été perçue positivement par l’opinion française lorsqu’elle s’est dressée contre l’OMC (Organisation mondiale du commerce), s’agissant de savoir si les produits culturels sont des marchandises parmi d’autres ou si, au contraire, ils doivent bénéficier d’un traitement spécifique. En 2005 fut finalement adoptée la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (148 votes pour, deux contre : les États-Unis et Israël). Cet affranchissement (démarchandisation) de la culture (y compris musique et cinéma) vis-à-vis de l’OMC et du droit du commerce international le plus vulgaire est une victoire dont on doit créditer l’UNESCO : la fameuse « exception culturelle ».
    (*)BdVoltaire-HenriTemple-15102017

    6.► La culture vegane
    Que vous fassiez déjà partie de la communauté veggie ou que vous soyez simplement curieux d’en connaître davantage sur un mode de vie et une alimentation qui comptent de plus en plus d’adeptes à travers le monde, le salon VeggieWorld est le rendez-vous parisien de cette fin d’année. Popularisé en Allemagne en 2011, cet événement prend ses quartiers depuis cette année en France ainsi qu’à Barcelone, première ville autoproclamée « Veggie Friendly » en Europe.
    Dans l’enceinte du studio Centquatre situé dans le 19e arrondissement de Paris, une centaine d’exposants et de producteurs proposent de faire découvrir le mode de vie végan. Une philosophie qui se traduit par l’exclusion des produits d’origine animale, que ce soit dans l’alimentation (végétalienne) ou dans tout mode de consommation et d’exploitation (des vêtements en passant par les loisirs).
    De plus en plus de végans
    Le salon VeggieWorld regroupe ainsi des enseignes et des producteurs des domaines de l’alimentation, de la beauté, des cosmétiques, en passant par la mode et les accessoires, mais aussi des stands d’associations comme Greenpeace, L214, Peta et des professionnels de la santé.
    La première édition parisienne du printemps dernier a réuni plus de 7000 visiteurs, un succès qui s’explique par la prise de conscience croissante des citoyens et l’attirance vers des modes de consommation plus éthiques et durables.
    « Tout le monde sait ce que le mot ‘végan’ veut dire aujourd’hui, s’enthousiasme Isabelle Goetz, porte-parole de Peta France dans un précédent entretien à Konbini. Il y a cinq ans, cela n’évoquait rien à personne, cette manière de vivre n’était pas du tout répandue en France. »
    Or, en 2016, plus personne n’ignore ce que l’exploitation animale – de l’industrie de la viande à celle du cuir – cause en termes de souffrance animale et de pollution. La question de la cruauté rejoint d’autres thématiques cruciales du XXIe siècle comme celle du réchauffement climatique. Une prise de conscience qui touche en premier lieu les jeunes : une enquête menée au Royaume-Uni par Vegan Life Magazine et The Vegan Society relevait une hausse de 350 % du nombre de personnes suivant un régime vegan depuis dix ans. Parmi elles, 42 % ont entre 15 et 34 ans.
    La génération végane a de beaux jours devant elle !

    7.► 5 astuces contre le gaspillage alimentaire
    16 milliards d’euros. C’est énorme, et c’est pourtant le montant annuel du gaspillage alimentaire en France, selon une étude de l’Ademe.
    Chacun de nous, nous mettons à la poubelle l’équivalent de 108 euros de denrées alimentaires à la poubelle tous les ans.
    C’est évidemment trop.
    Quelles sont leurs astuces pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Comment gérer son stock, du supermarché au frigo ? Comment jongler avec les dates de péremption ? Que faire du pain acheté en trop et qui sera dur le lendemain ? Comment être sûr de ne pas laisser pourrir fruits et légumes ? Que faire des restes ? Autant de questions auxquelles les internautes ont répondu et dont nous avons tiré 5 enseignements.

    1. Ne pas acheter trop de choses, faire des listes
      La lutte contre le gaspillage, ça commence dès le chariot de supermarché. « Je fais des listes et je n’achète que ce qui est nécessaire », explique Danièle. D’autres vous diraient qu’il faut établir des menus pour n’acheter que le nécessaire, mais bon, ça laisse quand même peu de place à la spontanéité culinaire. Si vous habitez proche de tous commerces, comme on dit, vous pouvez aussi faire comme Léa, qui assure « acheter au jour le jour son repas ». Quoi que vous décidiez, retenez ceci : on n’achète pas des denrées périssables très vite, au cas où, sous le coup d’une impulsion, et en grosses quantités.
    2. Le congélateur est votre meilleur ami
      Si vous vous retrouvez face à des produits frais qui ne finiront pas dans votre assiette dans l’immédiat, « congelez-les, conseille Kévin. Ça fait parfois bizarre de manger de la viande achetée des mois avant, mais ça évite de la jeter. » Léa, elle, a carrément opté pour les légumes surgelés. Pratique quand on vit seul ou quand on n’a besoin que de petites quantités.
    3. De l’art d’accommoder les restes
      « Si les légumes ne sont plus trop frais, j’en fais des soupes », précise Danièle. Et tout ce qu’on a cuisiné dans la semaine, on en fait quoi ? « Savoir accommoder les restes, c’est essentiel », m’a souvent répété ma mère. La vôtre aussi ? C’est sans doute parce que cela tient du bon sens. Si certains organisent des « dîners de restes » avec une multitude de petits ramequins sur la table, d’autres savent les cuisiner, les transformer, que dis-je les sublimer en un nouveau plat. A l’instar de Geneviève : « Les restes de légumes, je les cuisine et j’en fais des petits chaussons. Les restes de viandes, de poulet ou même de poisson, je les émiette, je les cuisine avec des champignons et j’en fais des bouchées à la reine. ». Certains vont même se régaler de pestos de fanes de radis (en remplacement du basilic) ou de feuilles de betterave, utilisées comme des épinards
    4. Le pain jusqu’à la dernière miette sera avalé
      « Je ne jette jamais une miette de pain », annonce fièrement Annie. Comment elle fait ? C’est très simple : « Le pain un peu dur fait très bien l’affaire au petit-déjeuner après un passage dans le grille-pain. S’il en reste encore, essayez de trouver quelqu’un qui a des poules ou des chevaux. » Ceux qui habitent en ville doivent être en train de se gratter la tête. Rassurez-vous, il existe d’autres trucs : « J’utilise les restes de pain pour faire du pain perdu ou dans mes farces », précise Danièle. Monique elle, conseille « la chapelure, le gâteau de pain et la panade (soupe de pain). ». Le pain est aussi idéal pour donner de la texture à une soupe de légumes. C’est même un indispensable du gazpacho et salmorejo venus d’Espagne !
    5. Tenir le planning de son frigo

    Là, attention, on s’adresse aux vrais pros de l’organisation, à ceux qui font des to-do lists au bureau et même à la maison, à ceux pour qui planning rime avec tranquillité d’esprit. Annie (qui n’est pas la même Annie qu’au point n° 4), nous a révélé son secret anti-gaspi : « Sur la porte de mon frigo, j’ai affiché la liste de tous les aliments à consommer avec la date limite de consommation et la date à laquelle j’ai ouvert le paquet et/ou la date de cuisson. Je tiens cette liste à jour et depuis que j’utilise cette méthode, je n’ai plus rien eu à jeter. » Vous savez ce qui vous reste à faire.

    8.► A lire… « Montaigne »
    « Chacun regarde devant soi ; moi je regarde dedans moi. » (*)
    Arlette Jouanna , professeur à l’université de Montpellier, vient de publier un ouvrage sur « Montaigne » (Edit. Gallimard, 458 p., 24 €). Non pas une nouvelle biographie de Montaigne, mais une analyse aiguë du dialogue qu’il a entrepris avec lui-même.
    Tout commence en 1571, quand Montaigne se retire chez lui, à 38 ans, pour « s’entretenir soi-même ». Il a déjà derrière lui une carrière de magistrat au parlement de Bordeaux, et il a éprouvé la désillusion du courtisan aveuglé par le mirage de la conquête de la faveur royale. Il a aussi vécu une amitié d’exception avec Etienne de La Boétie.
    Arlette Jouanna nous fait partager les multiples expériences de ce gentilhomme provincial qui a su apprivoiser la mort (à la suite d’une chute de cheval en 1568) et a vécu au cœur des troubles politiques et religieux.
    Quant il mourut en 1592, Montaigne ne pouvait apercevoir aucune issue proche aux troubles qui désolaient la France. Il reste une œuvre unique, qui invite à penser la liberté au cœur même des pires vicissitudes.
    Plus que jamais, en ce XXI° siècle de violence et d’intolérance, la pensée de Montaigne se révèle tout à la fois actuelle et vivifiante.
    Et d’une singulière modernité…
    (*)L’Histoire-M01842-102017-440/78-JoëlCornette

    Richard POGLIANO

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