REGARDS EN COIN (85)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Une croissance très fragile
2. Les agriculteurs sacrifiés
3. Le volcan bancaire
4. Le dernier compagnon de la Libération
5. IPhone : 10ème anniversaire
6. La France gèle en été
7. Glyphosate : qui croire ?
8. A lire… « De la tolérance »

1.► Une croissance très fragile
La croissance, en France, devrait dépasser 1,5 % cette année, pour la première fois depuis 2010. Ce n’est pas un exploit. Mais c’est moitié plus que la décennie précédente. C’est moins que la moyenne de la zone euro : 1,9 %. C’est beaucoup moins que l’Espagne, qui atteindrait 2,8 %. La croissance mondiale atteindrait, hors Union européenne, 3,7 % (*).

Trois constats viennent conforter le diagnostic. Premièrement, « les hommes et les femmes qui font l’économie ont le moral au plus haut depuis une décennie », écrit Jean-Marc Vittori dans Les Échos du 11 septembre. Deuxièmement, « les entreprises embauchent en masse. En un an, leurs effectifs ont grossi de près de 300.000, plus forte hausse en une décennie. » Troisièmement, « la croissance vient de France et non plus de l’étranger ».

Il ne s’agit plus de l’effondrement des cours du pétrole, de la baisse des taux d’intérêt et de la baisse de l’euro. L’investissement des entreprises joue : il a progressé de 3,6 %. Les entreprises y consacrent 22 % de leur valeur ajoutée. Le suramortissement fiscal du précédent gouvernement a gonflé le chiffre.

Il s’agit d’un simple rebond. Si le tourisme repart après une année marquée par le terrorisme, l’agriculture redémarre après un printemps exécrable et l’aéronautique a résolu des problèmes ponctuels, quels autres secteurs prendront le relais ?

Les bombes laissées par le gouvernement Valls interdiront les bonnes nouvelles sur le déficit public. Il y a une préférence française pour le déficit et la dette, comme dans les pays en voie de sous-développement. En 2012, treize pays avaient un déficit au delà de 3 % en zone euro. En 2018, il n’y aura plus que la France à dépasser cette limite du traité de Maastricht.

« Un tiers des chefs d’entreprise ont du mal à trouver les compétences dont ils ont besoin », écrit Vittori. Dans un pays qui compte 18 % de chômeurs dans les catégories de Pôle emploi.

L’euro remonte et n’a jamais été aussi haut depuis le 19 décembre 2016, où il était à 1,04, contre 1,20 aujourd’hui.
Ce n’est pas bon pour nos exportations.
Cette croissance est donc très fragile.
(*)BdVoltaire-18092017-MylèneTroszczynski

2.► Les agriculteurs sacrifiés
Selon l’Observatoire de la formation des prix et des marges, sur 100 euros payés par le consommateur final pour un aliment, l’agriculteur (ou les agriculteurs) qui a produit cet aliment ne reçoit que 6,20 €, le reste (soit 93,80 €) revenant aux transformateurs, transporteurs et surtout aux distributeurs.

Il en résulte qu’à l’heure actuelle, le cours des matières premières agricoles (blé, lait, etc.) est inférieur au coût de leur production. Par exemple, le cours du lait est de 0,33 € le litre, alors que la production d’un litre de lait coûte 0,34 € à l’éleveur et que, pourtant, le prix du beurre ne cesse d’augmenter (de plus de 30 % depuis juin !), au grand dam des fabricants de biscuits et de viennoiseries.
Or, quels remèdes propose-t-on pour remédier à cette situation quelque peu folle (*) ?
La présidente de la FNSEA ne voit de solution que dans une augmentation du prix payé par le consommateur.
Quant aux autres « sages » et conseilleurs, c’est à peine s’ils envisagent la possibilité de « toiletter » la ʺ loi de modernisation de l’économie ʺ pour mieux contrôler les pratiques des transformateurs et distributeurs, tant l’effet leur semble douteux.
Non, à leur avis, qui doit faire un effort ?
Mais l’agriculteur, bien entendu, à qui il incombe de se remettre en question et de chercher lui-même de nouveaux débouchés ou de créer de nouveaux produits pour attirer une nouvelle clientèle !
(*)BdVoltaire-21092017-AnneMerlinChazelas

3.► Le volcan bancaire
De nos jours, jouer les Cassandre n’est pas très difficile (*) !
Il suffit de dire la vérité et avancer des chiffres incontestables, contrairement au « mainstream » des journaux économiques de la pensée unique !
C’est ainsi que le chercheur en finances Philippe Herlin nous apprend, sur le blog de Liliane Held-Khawam du 6 septembre dernier, que, selon Goldman Sachs, sur les 54.000 milliards de dollars d’obligations (souveraines et privées) échangeables dans le monde, les banques centrales en détiennent aujourd’hui 18.000 milliards, soit exactement un tiers. Elles sont passées devant les très risqués « hedge funds » (28 %), dont la seule vocation privée est de « faire », de gagner de l’argent en prenant des risques.
Des banques centrales comme celles du Japon et de la Suisse n’hésitent même plus à acheter directement des actions. Le volume monstrueux des obligations détenues par les banques centrales est la seule raison pour laquelle les taux d’intérêt dans le monde sont artificiellement et ridiculement bas. Nous en sommes au point que si les banques centrales arrêtent d’acheter des obligations, c’est la remontée immédiate des taux d’intérêt avec un krach mondial immédiat à la clé !
Lorsque j’étais étudiant en sciences économiques, on m’avait toujours enseigné qu’à l’actif des banques centrales, il pouvait y avoir de l’or, des devises étrangères, des bons du Trésor et des effets commerciaux à moins de 90 jours, mais rien d’autre ! Et surtout pas des obligations à long terme et encore moins des actions.
Des investissements financiers risqués à long terme à l’actif d’un bilan de banque centrale ne peuvent pas représenter des contreparties sérieuses pour des établissements dont la mission est d’assurer la sécurité, la valeur et la confiance de la monnaie émise par leurs soins. Les banques centrales pouvaient, dans les années 60/70, seulement escompter des effets des banques ou intervenir sur le marché « open market » en achetant ou vendant des effets commerciaux, des bons du Trésor afin de pouvoir alimenter ou, au contraire, restreindre la liquidité des banques et du marché monétaire.
Mais la pensée unique aux abois et sans scrupules est passée par là ! Cela montre à quel point nous vivons avec des innovateurs états-uniens et des imitateurs européens complètement paniqués et déboussolés.
À Chypre, en Grèce les banques sont sous respiration artificielle. Les crises systémiques pointent en Espagne et en Italie, les banques de ces pays ayant à leur actif la bagatelle de 350 milliards de créances douteuses. Lorsqu’on voit toutes les difficultés qu’ont connues l’Espagne, avec Banco Popular de Santander, et l’Italie, avec Monte dei Paschi et des banques vénitiennes sur le point d’être absorbées pour un euro par Intesa Sanpaolo, soit un coût global d’environ 20 milliards d’euros pour le Trésor italien, on imagine les sommes que devrait trouver le gouvernement italien si toutes les banques concernées par les créances douteuses étaient, suite à une crise financière, menacées de faillite immédiate !
Aujourd’hui, les dettes, les déficits budgétaires, les balances commerciales déséquilibrées, les produits dérivés bancaires et le montant des actifs des banques commerciales tout comme ceux des banques centrales dans le monde ont atteint des niveaux extravagants. Les produits dérivés, par exemple, dépassent les 1,2 quadrillion (1.200.000.000.000.000) de dollars en valeur absolue. Lorsque l’on sait que le risque financier réel est d’environ 10 % de ce montant pour les banques, on commence à prendre conscience que nous vivons sur un volcan si l’on met en face leurs ridicules capitaux propres.
Depuis l’an 1500, il a été établi que la durée de vie moyenne des devises papier, c’est quarante ans. Or, cela fait maintenant 46 ans, depuis 1971, que Nixon a imposé la monnaie dollar-papier devenue inconvertible en or.
Les marchés actions ont plus que triplé depuis 2009. Les obligations sont en hausse continue depuis 36 ans et représentent l’une des plus grosses bulles de l’Histoire. Quant à l’immobilier, suite aussi aux ridicules bas taux d’intérêt, la bulle a dépassé son pic de 2006.
Rappelons-nous ces phrases prophétiques de Nietzsche : « Qui n’est pas d’accord ira à la maison des fous. Autrefois tout le monde était fou, disent les derniers hommes et ils clignent de l’œil. »
(*)BdVoltaire-21092017-MarcRousset

4.► Le dernier compagnon de la Libération
Ils ne sont plus que dix.
Dix Compagnons de la Libération.
Dans la nuit de samedi à dimanche, le colonel Fred Moore (*), âgé de 97 ans, est mort à Paris dans les murs vénérables de l’hôtel des Invalides, cette institution fondée en 1670 par Louis XIV pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang… passent le reste de leur jour dans la tranquillité ».

Dans les veines du colonel Moore coulait à la fois le sang anglais de son père, ancien officier de la Royal Navy, naturalisé français en 1926, et le sang français de sa mère. Un symbole, en quelque sorte, de cette amitié franco-britannique née dans la boue des tranchées et sur les flots déchaînés de la Grande Guerre.
La jeunesse de Fred Moore ne se passa pas dans la tranquillité. En juin 40, âgé de 20 ans, après avoir traversé la France d’est en ouest, c’est à la voile que celui qui se destinait au pacifique métier d’opticien quitte les côtes du Finistère pour rejoindre l’Angleterre. Car il veut se battre. Pour lui, le gouvernement français s’est déshonoré en demandant un armistice séparé avec l’ennemi, malgré les accords signés. Un chalutier français en provenance de Dunkerque le recueille et lui permet d’arriver à bon port.
Voulant s’engager dans la Royal Air Force, on le lui refuse car mineur et de nationalité française. Mais on lui suggère alors d’aller voir le consul de France à Brigthon, qui lui parle d’« un général de Gaulle qui a lancé un appel, il y a quelques jours ». Et c’est ainsi que, de fil en aiguille, Fred Moore, fils de marin, désireux de devenir aviateur, se retrouve finalement, après plusieurs péripéties et une formation d’aspirant, dans… les spahis !
Chef de peloton, il combat en Égypte, en Libye, en Tunisie. En avril 1944, il embarque à Oran pour rejoindre l’Angleterre et débarque à Grandcamp en Normandie avec la 2e division blindée de Leclerc. Le 25 août 44, il prend une part active à la prise de l’École militaire où étaient retranchés les Allemands. Les curieux peuvent d’ailleurs encore voir, aujourd’hui, les traces de ces combats – qui furent tout sauf une partie de plaisir – sur la façade, côté Champ-de-Mars. Puis ce sera la campagne d’Alsace, la prise de Strasbourg. Début 1945, Moore participe, toujours avec la 2e DB, aux combats sur le front de La Rochelle avant de terminer la guerre en Allemagne.
Fred Moore quitte alors l’uniforme pour entamer une carrière d’opticien, d’administrateur de société et de PDG de société industrielle. Parallèlement, il poursuit sa carrière militaire dans la réserve, qu’il terminera au grade de colonel en 1982. Et, en 1958, lors du retour du général de Gaulle aux affaires, il s’engage en politique et est élu député de la Somme sous l’étiquette UNR, le très lointain ancêtre des LR.
Le 17 novembre 1945, le lieutenant Fred Moore avait été fait Compagnon de la Libération. Il rejoignait ainsi cet ordre de chevalerie très fermé dont le seul grand maître fut son fondateur : le général de Gaulle. 1.036 personnes seulement y furent admises jusqu’au 23 janvier 1946, date de signature du décret de forclusion. L’ordre était voué à disparaître avec le temps. Deux exceptions, cependant, à cette forclusion : pour Churchill en 1958 et pour le roi George VI en 1960, à titre posthume. Deux Britanniques, comme le père de Fred Moore… Fred Moore qui sera le dernier chancelier de l’ordre en 2011.
Ils ne sont donc plus que dix, aujourd’hui, à avoir un jour entendu la formule d’adoubement : « Nous vous reconnaissons comme notre compagnon pour la libération de la France, dans l’honneur et par la victoire ».
(*)BdVoltaire- 19092017-GeorgeMichel

5.► IPhone : 10ème anniversaire
« Y-aura-t-il assez d’iPhone X pour Noël ? »
C’est la question que se posent de nombreux médias depuis la divulgation de retards dans la commercialisation du dernier jouet qui fête cette année son dixième anniversaire (*).
Au rythme où la marque à la pomme fabrique l’iPhone X, de nombreux consommateurs pourraient passer les fêtes sans pouvoir pianoter sur le smartphone dont ils se languiront à la manière de Vladimir et d’Estragon attendant Godot – avec le pseudonyme de Godot, Samuel Beckett se référait sans doute à Dieu (God-ot), donnant à sa pièce une dimension métaphysique.
Il y a moins d’une génération, nos parents regardaient, tantôt attendris, tantôt amusés, des Bochimans s’entre-déchirer à propos d’une bouteille de Coca-Cola tombée du ciel – un cadeau de Dieu, sans doute – dans Les dieux sont tombés sur la tête. Nous en sommes arrivés là aujourd’hui…
Pendant que l’on s’interroge sur la sortie du nouvel iPhone, les Belges peuvent, quant à eux, se rassurer. Burger King vient d’ouvrir ses premiers « restaurants » dans le plat pays. La marque a même affrété des bus pour acheminer les adeptes de la malbouffe depuis le centre-ville de Bruxelles jusqu’à Auderghem, où est situé le nouveau lieu de culte…
(*)BdVoltaire- 19092017-GregoryVandenBruel

6.► La France gèle en été
17 septembre 2017. Un matin d’été, quelque part en France.
Le thermomètre extérieur indique 8,6 degrés. Il est 9 heures du matin…
Le chauffage marche. Cherchons l’erreur… ou, plutôt, cherchons le réchauffement climatique (*).
Tout d’abord, un point de sémantique important.
Dans (presque) tous les médias dits « mainstream » (en français, « de propagande officielle ») depuis que la France se gèle en été, il ne faut plus parler de réchauffement climatique mais de changement climatique. C’est effectivement plus prudent.
Les relevés climatiques nous montrent, certes, une hausse de la température moyenne de l’atmosphère terrestre, et les cartes attestent d’une diminution des glaces polaires arctiques.
Que se cache-t-il derrière tout cela ? Évidemment, les intérêts bien compris des fabricants et surtout importateurs d’éoliennes (chinoises) et de panneaux solaires.
Je vous entends déjà me disant « Mon pauvre Monsieur, et les études du GIEC (1), qu’en faites-vous ? »
Jean Jouzel est plus intéressant, ingénieur et physicien, a soutenu une thèse sur la complémentarité des mesures de deutérium et de tritium pour l’étude de la formation des grêlons. Glaciologue, géophysicien, spécialiste de modélisation du climat et de l’environnement, il est vice-président du GIEC qui, dans l’opinion occidentale, professe que le développement est responsable des maux climatiques récents. Ses adversaires scientifiques et climato-sceptiques n’ont guère, eux, accès aux médias.
Tout bon géographe sait que la climatologie – branche de la géographie – fait interagir la circulation des grandes masses d’air atmosphériques, les fronts et convergences qui en résultent, les courants marins, les reliefs terrestres. Que tout cela a sans cesse varié au cours des temps géologiques. L’homme n’y était pour rien. Que les périodes glaciaires se sont succédé, entrecoupées de périodes interglaciaires avec d’énormes variations du niveau marin. Qu’entre autres causes présumées de ces bouleversements prévalent les variations de l’orbite terrestre.
La climatologie est donc une science fort complexe et l’aborder nécessite beaucoup de modestie. La glaciologie n’explique pas tout, la modélisation ne prévoit pas tout, pas plus que l’économétrie n’explique toute l’économie. Un point de vue ponctuel ne suffit pas. Ce n’est pas parce qu’un journaliste est un grand spécialiste de la guerre d’Algérie qu’il saura expliquer les guerres puniques ou la perte de la Nouvelle-France d’Amérique au XVIIIe siècle.
Les climats de France, si variés, océaniques, méditerranéens, semi-continentaux, montagnards, varient aussi et surtout en fonction du Gulf Stream et de sa puissance d’éloignement des flux polaires sur la façade ouest du continent. Sans lui, nous connaîtrions le climat du Labrador. Toutes sortes de variations minuscules à l’échelle des temps géologiques sont possibles et les causes en seront toujours multiples.
Si les géographes savaient un peu plus exprimer leurs connaissances…
(1) GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
(*)BdVoltaire- 19092017-JeanCharlesMignard

7.► Glyphosate : qui croire ?
Le scandale sanitaire actuel s’appelle glyphosate, plus connu des jardiniers et agriculteurs sous le nom de Roundup, herbicide contre lequel la France officielle – célèbre pour son principe chiraquien de précaution – est en pointe et réclame une interdiction définitive.
Le tapage actuel vient d’un rapport de l’Union européenne ayant conclu à la non-dangerosité de ce produit. Mais d’habiles observateurs ont constaté qu’au moins une centaine de pages de ce rapport (sur 4.300, tout de même) ont été directement copiées-collées d’une étude du producteur Monsanto (*)…
Qu’un herbicide miracle, même utilisé depuis près d’un demi-siècle, présente une certaine toxicité pour l’homme, ce ne serait pas franchement étonnant. Le tout est de savoir à quel point et à quelle dose ; parce qu’on le sait, « c’est la dose qui fait le poison ».
Et c’est là que ça se gâte, parce qu’entre lobbyistes hyperactifs et experts qui craignent avant tout de se retrouver au tribunal dans dix ans, c’est le grand écart. Longtemps le glyphosate a été considéré comme très peu toxique pour les mammifères. Il a même été testé par voie intraveineuse chez l’homme comme un agent antifongique, sans toxicité apparente. Mais peut-être immédiate.
En revanche, en 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estampillé le glyphosate « probablement cancérogène » (2A). Cette classification est un cran au-dessus de « peut-être cancérogène » (2B), mais on trouve dans cette dernière des substances comme le café, les légumes au vinaigre, la laine de verre ou les vapeurs d’essence. « Probablement… peut-être… sans doute… des fois… » art subtil que la sémantique !
Et, c’est connu, si l’on inventait l’aspirine aujourd’hui, jamais elle n’obtiendrait son autorisation de mise sur le marché.
Alors, qui croire ?
Les méchants séides du grand capital ou les experts des machins officiels ?
Lors de la catastrophe de Tchernobyl, le directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) nous expliqua que le nuage radioactif s’était arrêté à nos frontières … Sans parler des pseudo-experts du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui, depuis des années, n’évitent aucune forgerie pour nous faire gober le réchauffisme anthropique.
« Pour ceux qui croient, aucune preuve n’est nécessaire ; pour ceux qui ne croient pas, aucune preuve n’est possible » (Stuart Chase).
(*)BdVoltaire-18092017-RichardHanlet

8.► A lire… « De la tolérance ?
Pierre Bayle, né au Carla-le-Comte, près de Pamiers en Pays de Foix le 18 novembre 1647 et mort à Rotterdam le 28 décembre 1706, est un philosophe et écrivain français, auteur de ʺ De la tolérance : commentaire philosophique ʺ (Edit : Honoré Champion par Jean-Michel Gros – Fnac-14 €) (*).
Le 15 octobre 1685, la révocation de l’Édit de Nantes est signée à Fontainebleau par Louis XIV, mettant fin à une situation exceptionnelle en Europe : deux confessions religieuses cohabitant de droit, sous un même pouvoir politique.

En octobre 1686, Bayle fait paraître les deux premières parties du Commentaire philosophique sur les paroles de Jésus-Christ, « Contrains-les d’entrer », où l’on prouve par plusieurs raisons démonstratives, qu’il n’y a rien de plus abominable que de faire des conversions par la contrainte, où l’on réfute tous les sophismes des convertisseurs à contrainte et l’apologie que Saint Augustin a faite des persécutions.
C’est donc un livre écrit dans l’urgence, mais qui affronte aussi l’événement dans sa dimension universelle : il s’agit, en fait, de l’une des rares tentatives historiques de fonder philosophiquement la tolérance. Il garde ainsi toute sa virulence face à la menace endémique du fanatisme religieux sous toutes ses formes.

Cette édition a le souci d’inscrire l’ouvrage dans les débats de son temps, tout en interrogeant la pertinence philosophique de son propos.

C’est en effet un texte d’une audace exceptionnelle pour son époque, mais qui n’hésite pas à soulever les difficultés spécifiques de cette «vertu» très particulière.

Bayle énonce et cherche à fonder moralement les «droits de la conscience errante», mais s’interroge aussi sur la délicate question de leurs limites.
Ainsi ce plaidoyer pour une tolérance absolue s’avère être, en même temps, un des questionnements les plus radicaux sur la nature du fait religieux et de ses dérives quasi inévitables…
(*)Amazon- 2266047639-Commentaire-philosophique-Pierre-Bayle

Richard POGLIANO

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