REGARDS EN COIN (83)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Bruno Roger-Petit à l’Elysée
2. Pierre Gattaz, la dernière
3. Privatisation des radars
4. Ariane clouée au sol
5. La fin du dieu-dollar
6. L’imprimante qui bâtit des murs
7. Une main qui a l’œil
8. A lire… « La Bible expliquée aux jeunes »

1.► Bruno Roger-Petit à l’Elysée
Emmanuel Macron, qui depuis son arrivée au pouvoir avait choisi de s’exprimer sans intermédiaire, a changé de stratégie. Bruno Roger-Petit, 54 ans, a été nommé conseiller et porte-parole de la présidence de la République, a annoncé l’Elysée mardi 29 août.
Le journaliste, qui a commencé sa carrière en 1988 à France 2 (alors Antenne 2) où il avait notamment présenté les journaux de Télématin et le JT de la nuit, vient compléter le dispositif de communication de l’Elysée, qui depuis le 14 mai a été placé sous la houlette de Sibeth Ndiaye. Jusqu’à présent, c’est Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, qui avait assuré la plupart des interventions.

2.► Pierre Gattaz, la dernière
Il y a quatre ans, le 3 juillet 2013, Pierre Gattaz (*) était élu sans surprise à la tête du Medef. Il succédait à Laurence Parisot. Quelques jours avant, il avait fait alliance avec ses concurrents potentiels, Patrick Bernasconi, aujourd’hui président du Conseil économique, social et environnemental, et Geoffroy Roux de Bézieux, nommé vice-président du Medef. Mardi 4 juillet, au cours d’une conférence de presse, Pierre Gattaz présente son document annuel de conjoncture économique.
Pierre Gattaz entre dans la dernière année de son mandat. En succédant à Laurence Parisot, le fils d’Yvon Gattaz avait expliqué qu’il ne se représenterait pas à la présidence du Medef. En 2013, le dirigeant de Radiall avait fait sa campagne sous le signe du « Medef de combat ». Et durant le quinquennat Hollande, il a eu fort à faire. Les entreprises n’ont pas bénéficié des respirations auxquelles elles prétendaient : compte pénibilité, loi Florange, loi El Khomri édulcorée… Aujourd’hui encore, Pierre Gattaz n’a de cesse de monter au créneau pour instaurer un environnement pro-business…
(*)L’Opinion-082017-FannyGuinochet

3.► Privatisations des radars
Cette fois, c’est officiel. Esquissée par le Premier ministre Manuel Valls en octobre dernier face à la recrudescence du nombre de morts sur les routes, l‘idée de privatiser les radars embarqués poursuit son chemin. Le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe a précisé dans les colonnes du Parisien que la mesure sera mise en place « dès janvier prochain ». Concrètement, l’exploitation des véhicules banalisés utilisés jusqu’ici par les gendarmes et policiers (1,5 million de flashs en 2015) pourra être confiée à des sociétés privées agréées par l’Etat.
A partir de janvier 2017, les voitures équipées d’un radar embarqué et qui peuvent flasher en roulant pourront être conduites par des salariés d’entreprises privées. Les véhicules (Renault Megane, Citroën Berlingo, Peugeot 208, Dacia Sandero Stepway…) demeureront en revanche la propriété de l’Etat. Aujourd’hui, 319 de ces voitures roulent déjà sur nos routes. Mais ces voitures à 70 000 euros l’unité sont sont sous-exploités aux yeux des pouvoirs publics : elles roulent en moyenne moins de 2 heures par jour, en raison du manque d’effectif au sein des forces de l’ordre.
La mesure devrait également permettre au gouvernement de rajouter de nouveaux véhicules à son parc. En 2018, 440 voitures flasheuses devraient circuler sur 950 000 kilomètres du réseau routier français et d’étaler les horaires (plus de contrôles de nuit). Selon le gouvernement, la mesure permettra aux gendarmes et aux policiers de se concentrer sur d’autres missions, notamment les contrôles d’alcoolémie et de stupéfiants. En revanche, si les policiers peuvent intervenir directement en cas de comportements dangereux, ce ne sera pas le cas des agents privés.
Sans surprise, l’association 40 millions d’automobilistes a condamné cette privatisation, dénonçant une « mesure de rentabilité ». Pour elle, les contrôles pourraient se concentrer sur les zones où l’on constate le plus d’excès de vitesse et non les tronçons les plus dangereux. Un faux procès, selon Emmanuel Barbe, qui assure que « l’analyse du flash continuera à être effectuée par un officier de police judiciaire basé à Rennes au centre de traitement automatisé des infractions ». Il assure également qu’aucun objectif ne sera fixé aux entreprises chargées de la conduite des véhicules.
Avec Le Parisien/Aujourd’hui en France, 40 millions d’automobilistes a commandé un enquête d’opinion sur le sujet. 83 % des personnes interrogées estiment que la privatisation des radars embarqués est une « mauvaise chose ».

4.► Ariane clouée au sol
La fusée Ariane 5, qui devait décoller ce mardi depuis le centre spatial de Kourou à 18h51 locales (23h51 à Paris) et emporter avec elle deux satellites commerciaux, Intelsat 37e et BSAT-4a, a vu son tir avorter dans les ultimes secondes de la chronologie.
La fusée est donc restée sur son pas de tir. Le lancement a été interrompu entre H 0 et H +7 secondes (date prévue pour la mise à feu des étages d’accélérateurs à poudre), la directrice des opérations annonçant que le « tir était avorté ».
« Dans les dernières secondes de la chronologie du lancement VA239, alors que le moteur Vulcain de l’Etage Principal Cryotechnique venait de s’allumer, un contrôle a détecté une anomalie sur le lanceur, interrompant la chronologie finale de lancement », explique un communiqué d’Arianespace, la société qui commercialise les lancements.
« Il arrive que dans les dernières opérations qui mènent au lancement il y ait à un moment une difficulté ou une anomalie, dans ce cas-là on arrête », a minimisé mercredi matin, Stéphane Israël, PDG d’Arianespace, interrogé sur Radio Classique. « Ce qui est important, c’est de bien comprendre la philosophie qu’il y a derrière tout ça : vous ne partez en vol que quand vous avez tout vérifié, tout revérifié, tout re-revérifié », a-t-il ajouté.
« Arianespace fixera une nouvelle date de lancement dès que possible », ajoute le communiqué. « C’est une affaire de quelques jours ou de quelques semaines, deux à trois semaines », a précisé Stéphane Israël.

5.► La fin du dieu-dollar
La Russie, l’Iran, le Qatar et le Venezuela acceptent désormais de vendre leur pétrole avec des contrats en yuans convertibles en or (*).
Le monopolefinancier du dollar a commencé le 14 février 1945 sur le croiseur USS Quincy lorsque le président Franklin Roosevelt a proposé au roi Ibn Saoud la sécurité politique et militaire avec, en contrepartie, la sécurité énergétique en pétrole pour son pays et la cotation exclusive en dollars. Ainsi naquirent les pétrodollars à l’origine de l’hégémonie financière américaine dans le monde.
Ces accords prévus pour une durée de soixante ans ont été renouvelés en 2005 par le président Bush et reconfirmés tout récemment par Donald Trump avec un gigantesque contrat de vente d’armements pour les États-Unis. Le dollar repose donc, en fait, sur la puissance de l’armée américaine et les ventes d’armes américaines. Mais la Chine, avec l’aide de la Russie, est en train de miner, de mettre fin à la suprématie du dollar.
Dans un article du 1er septembre 2017 de la Nikkei Asian Review, le journaliste Damon Evans nous apprend que la Russie, l’Iran, le Qatar et le Venezuela acceptent désormais de vendre leur pétrole avec des contrats en yuans convertibles en or. Tous ces pays en ont par-dessus la tête de l’impérialisme américain. Il en résulte que la Russie peut maintenant vendre du pétrole à la Chine en yuans et les convertir en or à Hong Kong. La Russie n’est plus obligée d’acheter des actifs chinois pour utiliser ses yuans ou de les vendre sur les marchés pour acheter du dollar. Les producteurs de pétrole préfèrent détenir de l’or en passant par le yuan plutôt que de détenir des bons du Trésor américain dont la valeur peut s’effondrer du jour au lendemain.
La Chine réduit ses achats de pétrole en Arabie saoudite, fidèle pour l’instant en apparence seulement au dollar, tandis que ses importations en provenance de Russie s’envolent et que le yuan est déjà la seconde devise utilisée par l’Angola. Si l’Arabie saoudite cède, ce serait un coup terrible dans l’estomac, proche du KO, pour Washington qui, en représailles, cesserait de lui vendre des armes. Cette dernière reproche aussi à Washington le rapprochement avec l’Iran effectué par Obama et sa non-intervention en Syrie pour renverser Assad avec les rebelles islamistes. Mais les Saoudiens, exclus du gigantesque marché chinois, sont actuellement obligés de vendre leur pétrole un peu partout dans le monde avec des rabais trop importants.
De plus, l’Arabie saoudite est prête à émettre des obligations en yuans et elle vient de créer avec la Chine un fonds d’investissement de vingt milliards de dollars. Il est même question que la Chine prenne une participation de 5 % dans la gigantesque société pétrolière Aramco. L’Arabie saoudite pourrait alors coter son pétrole en yuans et quitter progressivement le dollar.
Et ce qui est vrai pour le pétrole est aussi valable pour le gaz et le cuivre achetés par la Chine, qui développe ses relations tous azimuts avec les pays émergents. De plus, pour le pétrole, la Chine peut compter sur ses grandes sociétés telles que PetroChina et Sinopec, toujours prêtes à se porter en contreparties pour faciliter les contrats en yuans.
Le monde marche donc tout droit et inexorablement non pas vers le retour à l’étalon-or stricto sensu tel qu’il existait en 1914, mais vers le retour – ce qui revient à peu près au même en faisant de l’or le seul étalon universel probablement très fortement réévalué – au Gold Exchange Standard qui a été supprimé arbitrairement par Nixon en 1971. Le monde ne serait plus alors régi par le seul dieu et roi dollar, mais s’appuierait au contraire sur plusieurs devises fortes internationales (yuan, euro, yen, dollar) utilisées comme monnaies de règlement et de réserve qui seraient toutes convertibles en or.
(*)BdVoltaire-09092017

6.► L’imprimante qui bâtit des murs
Au Massachusetts Institute of Technology (Cambridge, Etats-Unis), des chercheurs en génie mécanique et en matériaux ont conçu une imprimante 3D capable de monter des murs dans le but de fabriquer des bâtiments entiers (*).
Concrètement, il s’agit d’une énorme machine mobile dotée d’un système d’injection au bout d’un bras robotisé et relié à une citerne, ce qui lui permet de fabriquer du béton en temps réel.
Grâce à sa mobilité, elle peut réaliser toutes sortes de dessins architecturaux.

Pour la tester, les chercheurs ont bâti un dôme de 15 mètres de large et 3,6 mètres de haut en mousse de polyuréthane combinée à du béton. Pour ces chercheurs, cette technique de construction aurait l’avantage de simplifier les chantiers en supprimant tout assemblage par clous, vis et rivets…
(*)Challenges-31082017/37

7.► Une main qui a l’œil
C’est la première prothèse de main et poignet dotée d’un œil (*).
Les scientifiques de l’université de Newcastle (Royaume-Uni) l’ont imaginé pour assister les personnes amputées. Ce membre hybride voit les objets grâce à une caméra. Pour être capable de saisir n’importe lequel, il a dû apprendre à reconnaître toute une variété de volumes. Pour cela, il a subi un entraînement intensif à base d’apprentissage profond (deep learning). Les chercheurs lui ont ainsi présenté des images correspondant à plus de 500 objets. La prothèse a intégré 72 images pour chaque objet, vu sous des angles différents. Elle les a ensuite rangés en quatre catégories, selon la façon de les attraper : avec deux doigts, trois doigts, saisie palmaire neutre ou en pronation.
En situation réelle, la main a réussi à reconnaître, saisir et déplacer 85% des objets connus. Les chercheurs lui ont ensuite présenté des objets inconnus. Et elle est parvenue à en déplacer 75% en choisissant, à chaque fois, la meilleure façon de les saisir.
« Pour la première fois, nous avons développé une main intuitive qui peut réagir sans penser », commente Kianoush Nazarpour, médecin et l’un des concepteurs de la prothèse…
(*)Challenges-530-24082017/28-NexcastleUniv.

8.► A lire… « La Bible expliquée aux jeunes »
Qu’est-ce que le Déluge (*), l’alliance, la Loi de Moïse ?
Pourquoi tant de datations différentes ?
Qui sont tous ces prophètes ?
Comment décrypter ces étonnants récits que sont « le passage de la mer des Joncs », « le rire de Sara », la parabole de Job, les livres de Judith et d’Esther ?
Il vous suffit de lire le passionnant ouvrage de Jean-Louis Schlegel : ʺla Bible expliquée aux jeunesʺ (Edit. Seuil, 192p., 9€). Ce sociologue des religions répond à toutes les questions, même les plus politiquement incorrectes, sur la Bible, ou plutôt les Bibles.

Avec au final, la seule qui vaille : qu’est-ce qu’une vie juste et bonne ?
(*) LePoint-2344-10082017/87-JérômeCordelier

Richard POGLIANO

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