REGARDS EN COIN (8)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. L’Angleterre n’est pas un modèle
2. 360 taxes et impôts en France
3.
L’augmentation du pouvoir d’achat des français

  1. L’Angleterre n’est pas un modèle

En Angleterre, le chômage est passé de 7,5% en 2013 à 5,5% aujourd’hui, et cinq millions d’emplois ont été créés en cinq ans. En 2014, le PIB a augmenté de 2,6% et le gouvernement britannique table sur une croissance minimum de 2,5% pour 2015. Une reprise due au développement du secteur de la consommation et de celui du logement.

La Grande-Bretagne se porte bien, me direz-vous…

Pourtant, il n’en est rien, car le modèle de développement de la Grande-Bretagne n’est pas sain.

Socialement d’abord, où la moitié des emplois créés sont des self-employed, des auto-entrepreneurs, et pour le reste des emplois journaliers, payés heure par heure, d’une précarité totale.

Economiquement ensuite, où le Premier ministre, David Cameron, a baissé fortement les charges des entreprises et leur taux d’imposition à 20%, avec pour objectif de réindustrialiser l’économie anglaise. Or le résultat est un échec complet. Le taux de production est toujours inférieur à ce qu’il était en 2010 et l’industrie ne pèse que pour 8% dans le PIB anglais, soit la part la plus faible des principales économies européennes, et donc beaucoup plus faible que la France, ou bien l’Allemagne.

L’explication du bon taux de croissance anglais réside dans la politique monétaire de faible taux d’intérêt menée par la Banque d’Angleterre. C’est la faiblesse de ces taux qui a fait flamber les demandes de prêts pour l’acquisition de logements ou de biens de consommation…

Cela ne nous rappelle-t-il pas quelque bulle passée…
L’économie anglaise est donc dans une situation de fragilité extrême, à la merci d’un relèvement de ses taux d’intérêt ou d’une délocalisation boursière, vers l’Asie par exemple, et donc d’une crise sans précédent.
Difficile dans ces conditions de faire de l’Angleterre un modèle de développement pour la France…

  1. 360 taxes et impôts en France

Agnès Verdier-Molinié, économiste et directrice du think tank IFRAP, vient de publier « On va dans le mur » (Albin Michel, 272 pages, 19€), livre dans lequel vous trouverez, notamment la liste des 360 taxes et impôts français.

Extraits. « La France ne lésine pas sur l’inventivité fiscale : 69 milliards de prélèvements en plus depuis 2008, 46 nouvelles taxes depuis 2007, soit une moyenne de 7,5 nouvelles taxes par an. (…) Certaines coûtent même plus à collecter que ce qu’elles rapportent, telle la taxe sur les jeux de bar, flipper, baby-foot, billard… (…) Il y a aussi la taxe sur les eaux minérales, à 0,58 euro par hectolitre pour un produit total de 19 millions d’euros par an… ».

Dans son ouvrage, Agnès Verdier-Molinié fait le procès de la dépense publique et présente ses propositions pour la France. L’intérêt de sa lecture est évident, même si l’excessivité de certaines réflexions nuit à leur crédibilité, du moins me semble-t-il.

  1. L’augmentation du pouvoir d’achat des français

La pression fiscale en France, les hausses d’impôts décidées en 2013 ont pesé sur les revenus des français. Dans le même temps, la moyenne des salaires à continuer de progresser d’environ 1,5% par an, malgré le fort taux de chômage que nous connaissons et la difficile période de récession dans laquelle nous nous trouvons.

Or à la fin de l’année 2014, pour la seconde fois depuis ces quinze dernières années, l’inflation (c’est-à-dire la hausse des prix à la consommation) est tombée à zéro. Comme en 2009.

Ainsi, même si son rythme de progression va en diminuant, les salaires ont plus augmenté que l’inflation, et donc le pouvoir d’achat des français a lui aussi augmenté.

La France est une exception en Europe, car le niveau du smic y est plus élevé que dans d’autres pays. L’Espagne ou l’Italie, par exemple, ont vu le pouvoir d’achat de leurs concitoyens fortement baissé, le taux d’inflation y étant largement supérieur, et donc les salaires réels en diminution.

En ces temps de ralentissement économique, où la croissance française ne crée pas d’emplois, c’est une bonne nouvelle pour la consommation des ménages.
Il n’y en a guère, pour qu’on souligne celle-ci…


Richard POGLIANO

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