REGARDS EN COIN (79)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Macron face à Trump
2. Moralisation de la vie publique
3. Pittsburgh la verte
4. Retour à la semaine de quatre jours
5. JO à Paris en 2024
6. PSA produit sa dernière C5
7. A lire… « Les dessous de la campagne »

1.► Macron face à Trump
En direct depuis l’Elysée, Emmanuel Macron répond à Donald Trump, en français puis en anglais.
« L’heure est grave, je prends note de cette décision, je la respecte mais je la regrette » dit Emmanuel Macron qui parle de « faute pour l’avenir de notre planète ».
Il évoque un avenir fait de « famines, de migrations, de guerres et de pénuries si nous faisons rien ». « Ce n’est pas l’avenir que nous voulons pour nos enfants ».
« Nous ne renégocierons pas un accord moins ambitieux », prévient le chef de l’État.
« Ne vous méprenez pas, pour le climat il n’y a pas de plan B car il n’y a pas de planète B ».
« Les États-Unis ont tourné le dos au monde, la France ne tournera pas le dos aux Américains » dit encore Emmanuel Macron qui ouvre la porte aux scientifiques et chercheurs américains qui voudraient quitter leur pays pour venir travailler en France…

2.► Moralisation de la vie publique
Jeudi 1er juin, François Bayrou, Ministre de la Justice, présentait son projet de loi relatif à la moralisation de la vie publique. De réelles avancées sont à souligner : la limitation à trois mandats consécutifs pour les parlementaires et les maires des grandes villes, l’interdiction pour les ministres de demeurer membre d’un exécutif local, ou la fin de la nomination automatique des anciens Présidents de la République au Conseil Constitutionnel.
Reste probablement quelques points à clarifier, comme le fonctionnement de la banque publique dédiée au financement des partis politiques.
Ou, la suppression de l’indemnité représentative des frais de mandat, remplacée par un remboursement des frais sur présentation de facture, ce qui renforcerait le contrôle des frais des parlementaires en l’alignant sur le modèle de ce qui est pratiqué au sein des collectivités territoriales.
Enfin, le principal absent de ce projet de loi reste indéniablement la création d’un statut de l’élu.

Mais, pour une fois, une promesse tenue et… à chaque jour suffit sa peine…

3.► Pittsburgh la verte…
Pittsburgh a été érigée jeudi par Donald Trump en exemple de sa politique de « l’Amérique d’abord » (*) . Le président a ainsi pris ses habitants en exemple pour justifier son retrait de l’accord sur le climat. « J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas ceux de Paris », a asséné le président américain dans une punchline travaillée, mais qui n’aura pas tardé à se retourner contre lui.
Le maire de la ville de Pittsburgh a répondu en déclarant se tourner résolument vers Paris plutôt que Washington. « En tant que maire de Pittsburgh, je peux vous assurer que nous suivrons les directives de l’accord de Paris pour nos administrés, notre économie et notre avenir », a balayé le démocrate Bill Peduto.
En l’espace de quelques minutes après sa salve de tweets, Bill Peduto est devenu la coqueluche des réseaux sociaux et le symbole de la résistance politique au niveau local contre la décision choc de Donald Trump.
Ce dernier a annoncé la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, générant une onde de choc et une appréhension mondiales quant à l’avenir du texte signé fin 2015 par 195 pays, dont l’Amérique de Barack Obama.
« Les Etats-Unis rejoignent la Syrie, le Nicaragua et la Russie, en décidant de ne pas participer à l’accord mondial de Paris. C’est maintenant aux villes de prendre les rênes » de l’économie verte, a d’abord écrit Bill Peduto.
Depuis les jardins de la Maison Blanche, Donald Trump a expliqué qu’il ne voulait « rien qui puisse se mettre en travers de notre chemin » pour redresser l’économie américaine. Avant d’insister: « Il est temps de mettre Youngstown, dans l’Ohio, Detroit, dans le Michigan et Pittsburgh, en Pennsylvanie, qui comptent parmi les meilleurs endroits de ce pays, devant Paris, en France ».
Ce faisant, le milliardaire républicain a fait l’amalgame entre d’anciennes villes industrielles laissées pour compte, comme Detroit, et d’autres comme Pittsburgh qui connaissent une fulgurante renaissance post-industrielle avec des centres urbains qui se sont totalement métamorphosés ces dernières années.
L’édile de la ville concernée a ainsi tenu à différencier sa ville de l’est américain de celles de l’Amérique profonde qui ont massivement propulsé l’homme d’affaires à la Maison Blanche.
« Faits: Hillary Clinton a reçu 80% des votes à Pittsburgh », a ajouté le maire. « Pittsburgh se tient (debout) avec le monde et suivra l’accord de Paris », a-t-il martelé.
(*)L’Express-02062017

4.► Retour à la semaine de quatre jours
C’est un dossier extrêmement sensible que rouvre le nouveau ministre de l’Education, celui des rythmes scolaires. Il doit donner la possibilité aux communes de revenir à la semaine de quatre jours dans les écoles dès la rentrée prochaine.
Un projet de décret (*) a été transmis aux syndicats mardi et doit faire l’objet d’un vote consultatif le 8 juin au Conseil supérieur de l’éducation (CSE), un mois avant la fin de l’année scolaire. Sans abroger la semaine de 4,5 jours réinstaurée en 2013 et 2014 durant le quinquennat Hollande, le document autorise de nouvelles dérogations.
Selon ce texte, il est permis « au directeur académique des services de l’Education nationale, sur proposition conjointe d’une commune ou d’un établissement public de coopération intercommunale et d’un ou plusieurs conseils d’école, d’autoriser des adaptations à l’organisation de la semaine scolaire ayant pour effet de répartir les heures d’enseignement hebdomadaires sur huit demi-journées réparties sur quatre jours ».
Cela constituerait le troisième changement de rythmes pour les écoliers en neuf ans.
Emmanuel Macron avait promis pendant la campagne électorale de laisser davantage de liberté aux communes sur les rythmes, en concertation avec les enseignants et les parents.
Le ministre Jean-Michel Blanquer a confirmé samedi qu’il y aurait un assouplissement des rythmes pour la rentrée, en précisant que « tous les territoires satisfaits » doivent « continuer » à appliquer l’organisation actuelle. Les autres municipalités « pourront, si elles sont prêtes, à la rentrée prochaine, changer leur dispositif avec le soutien » de l’institution.
Pour Francette Popineau, cosecrétaire générale du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, le projet de décret « permet aux maires qui le voudraient de revenir à quatre jours ». Elle réclame une « concertation entre enseignants, parents et municipalités » pour aboutir à « quelque chose de satisfaisant pour les apprentissages des élèves ».
La semaine de quatre jours avait été instituée en 2008 sous Nicolas Sarkozy, avec la suppression du samedi matin et le passage à 24 heures de classe hebdomadaires au lieu de 26 précédemment.
Cette organisation était critiquée par les chronobiologistes, et l’ancien ministre de l’Education Vincent Peillon avait décidé de revenir à la semaine de 4,5 jours, généralement avec le mercredi matin.
(*)20Minutes-AFP-01062017

5.► JO à Paris en 2024
Le 3 septembre prochain à Lima, il pourrait ne pas y avoir de suspense. Ce jour-là, le Comité international olympique (CIO) doit officiellement désigner qui de Paris ou de Los Angeles accueillera les Jeux olympiques 2024. Depuis des mois, le CIO travaille en effet à ce que l’une des deux villes accepte d’organiser ceux de 2028.
Un accord serait en vue (*) pour que Paris accueille ceux de 2024 et Los Angeles les suivant. « Des haut-dirigeants des deux candidatures s’alignent en théorie derrière ce plan », indique le Wall Street Journal. « Pour finaliser cet accord, Los Angeles et le comité olympique américain veulent obtenir des incitations leur permettant de garantir, en attendant quatre années de plus, que les Jeux restent viables financièrement et bénéfiques à la ville », précise le quotidien économique.
La Commission exécutive du CIO doit se réunir le 9 juin à Lausanne (Suisse) pour étudier le rapport rédigé par ses quatre vice-présidents sur la question de la double désignation. Souhaitée par le président du CIO Thomas Bach, elle éviterait à l’instance olympique confrontée à une pénurie de villes-candidates en raison de l’hostilité des populations locales, de perdre une candidature de qualité, Paris ou Los Angeles, en cas d’échec pour 2024.
Pourquoi Paris 2024 et Los Angeles 2028 et non l’inverse? Depuis que l’idée a été posée sur la table, la candidature française s’est montrée fermement opposée, par la voix de son patron Tony Estanguet, à tout changement d’année, comme elle l’était à l’idée de candidater pour 2028 en cas d’échec pour 2024. La « Cité des Anges » a officiellement dit non à 2028, tout en laissant la porte ouverte à des discussions sur une telle option.
Le CIO craint de manquer des candidats à l’avenir pour organiser des JO. Les pays « occidentaux » se montrent de plus en plus réticents à ces grandes messes dispendieuses, finalement peu bénéfiques pour les populations locales. Pour 2024, Hambourg, Boston puis Rome ont tour à tour jeté l’éponge faute de soutien local. Pour les JO d’hiver 2022, le retrait d’Oslo a laissé le CIO en plan avec les seules candidatures kazakhe (Almaty) et chinoise (Pékin, vainqueur)…
L’Express-01062017-AFP-FrançoisGuillot

6.► PSA produit sa dernière C5
La fin d’un mythe. Vous vous souvenez de la Citroën BX qui se lève au démarrage ? Et bien sachez que le célèbre système de suspension inventé par la marque aux chevrons vient de tirer sa révérence. Ce jeudi, l’usine PSA La Janais a sorti le dernier exemplaire de sa Citroën C5, seul modèle qui utilisait encore les suspensions hydropneumatiques, que les plus anciens ont vu apparaître en 1955 sur la DS (*).
Cette technologie, qui voyait l’arrière de la voiture se lever au démarrage, a équipé bon nombre de berlines de chez Citroën comme la CX, la BX, la XM, la Xantia, et dernièrement la C5.
Abandonné, le système sera remplacé par la nouvelle technologie de suspension intitulée « Progressive Hydraulic Cushions », plus légère et surtout moins chère, donc disponible sur tous les modèles de la marque. Ce nouveau système sera notamment présent sur le futur C5 Aircross, présenté à Shanghai en avril, qui sera produit sur le site PSA de Rennes.
Pour l’usine de la Janais, c’est une page de l’histoire qui se tourne. Produite depuis 2000 dans une première version, puis depuis 2007 pour la version actuelle, la Citroën C5 a permis au site rennais de survivre. Avec la Peugeot 508, c’était la seule voiture produite par l’usine inaugurée par de Gaulle en 1960 et qui a perdu la moitié de ses effectifs en moins de dix ans.
Au total, plus d’un million de C5 sont sorties des lignes de l’usine de Chartres-de-Bretagne. Le site, qui semblait condamné à la fermeture, se porte nettement mieux. Des opérations de recrutement ont été organisées pour accompagner la commercialisation de la Peugeot 5008.
(*)20Minutes-02062017-CamilleAllain

7.► A lire… « Les dessous de la campagne »
L’excellent éditorialiste politique de BFM, Laurent Neumann, a suivi la campagne présidentielle 2017 dans ses moindres détails. Il publie aujourd’hui le récit des aventures de ces ʺ héros ʺ de la politique : « Les dessous de la campagne 2017 » (Edit. Calmann-Lévy, 396 p., 19 €).
Parmi les premiers, Laurent Neumann a très vite compris l’émergence du phénomène Macron, sa durabilité et les réponses apportés aux demandes populaires. Tous les autres personnages de cette présidentielle sont présents, même si Laurent Neumann n’épargne personne. La transformation de Jean-Luc Mélenchon, la fatuité de Nicolas Sarkozy, les certitudes d’Alain Juppé, le naufrage de François Fillon, les insuffisances de Marine Le Pen et les impasses politiques de Benoît Hamon… Tout est raconté avec force anecdotes, mais aussi avec une analyse qui met en perspective un nouveau paysage politique.
A lire, comme un thriller politique…
(*)Challenges-523-24052017/87-MauriceSzafran

Richard POGLIANO

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