REGARDS EN COIN (77)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Nicolas Hulot fait chuter EDF en bourse
2. Trois enfants sur dix ne vivent pas dans une famille dite « traditionnelle »
3. Menace de fermeture à GM&S Industry (Creuse)
4. Le Brexit a déjà coûté 150 millions d’euros à EasyJet
5. Un don pour…faire parler de lui !
6. La pantoufle connectée
7. A lire… « Histoire mondiale de la France »

  1. Nicolas Hulot fait chuter EDF en bourse

La nomination de Nicolas Hulot ne fait pas que des heureux. Si les ONG se frottent les mains, EDF ne partage pas tout à fait cette joie. Depuis la nomination ce mercredi de Nicolas Hulot comme ministre d’Etat en charge de la Transition écologique et solidaire, l’action d’EDF a perdu 6,57 % à la Bourse de Paris (*).

Pour Nicolas Hulot, il faut « repositionner EDF dans une trajectoire compatible avec celle de la transition énergétique »

Les investisseurs du géant de l’électricité craignent que le nouveau ministre, ancien militant écologiste, se positionne contre les intérêts d’EDF dans l’exploitation de ses centrales nucléaires. En pleine campagne présidentielle, l’ancien animateur de TF1 avait déclaré, dans le journal Libération, la nécessité de « repositionner EDF (…) dans une trajectoire compatible avec celle de la transition énergétique ».

« Problèmes industriels, pertes de compétences, risques sur la sûreté nucléaire, fragilité financière, cette entreprise chère aux Français apparaît de plus en plus comme un colosse aux pieds d’argile et à l’avenir incertain », expliquait Nicolas Hulot. L’homme avançait qu’ EDF n’investissait pas assez dans les énergies renouvelables. Cette perte de vitesse en bourse intervient alors qu’elle avait grimpé de 7 % la veille, ce mardi, lors de la nomination d’Edouard Philippe, ancien lobbyiste d’Areva.

(*)20Minutes-18052017/0950-ManonAublanc

2.► Trois enfants sur dix ne vivent pas dans une famille dite « traditionnelle »

Un quart des enfants vit avec un seul parent, soit 3,4 millions de mineurs, selon une étude de l’Insee publiée lundi (*).

Sur les 13,7 millions d’enfants que comptait la France métropolitaine en 2011, 9,8 millions (soit 71%) vivaient principalement en famille « traditionnelle », c’est-à-dire avec leurs deux parents, sans demi-soeur ou demi-frère. Les autres vivaient en famille recomposée (pour 11% d’entre eux) ou en famille monoparentale (pour les derniers 18%).

Selon cette étude de l’Insee, publiée lundi, près d’un quart des enfants vivent donc avec un seul parent -le plus souvent leur mère. Cependant, 900 000 d’entre eux vivent également une partie du temps chez leur autre parent, configuration la plus classique en cas de séparation des couples avec enfant et différent de la garde alternée.

Parmi ces enfants qui ne vivent principalement qu’avec un seul de leur parent, 80 000 ont pourtant des parents qui ne sont pas séparés, mais ne cohabitent pas. Cette configuration « atypique » est très peu souvent le fruit d’un choix. Elle s’explique le plus souvent par des raisons professionnelles ou à cause de l’éloignement, notamment pour les familles d’immigrés où l’un des conjoints est resté dans le pays d’origine.

(*)L’EXPRESS/AFP-16052017/0949-LudovicMarin

 

3.► Menace de fermeture à GM&S Industry (Creuse)

Mais pourquoi les salariés de GM&S Industry, équipementier automobile, en sont-ils arrivés à piéger leur usine ?

Pour comprendre, il faut pousser la porte des grands ateliers répartis sur 22.000 mètres carrés. Ce qui frappe une fois à l’intérieur, c’est le silence. Les énormes presses, d’habitude si bruyantes pour modeler les pièces, sont à l’arrêt depuis une semaine.

Ici, « on fabrique des produits finis, comme des carters d’huile. Notre valeur ajoutée se trouve là » explique Yann Augras, délégué CGT, en montrant des pièces neuves entassées dans des bacs.

Mais ce savoir-faire n’est plus suffisant aujourd’hui. Faute d’un carnet de commandes suffisamment garni, l’entreprise est en redressement judiciaire depuis décembre.  Et PSA et Renault, principaux clients de GM & S, font peu d’efforts pour sortir l’usine de l’impasse. « Pour garder un maximum de salariés, il faudrait qu’on réalise un chiffre d’affaires autour de 30 millions d’euros par an, estime Yann Augras. Or aujourd’hui, PSA ne s’est engagé que sur 11 millions d’euros de commandes, et Renault sur 5 millions ».

Interrogé par l’AFP la semaine dernière, PSA s’était défendu. « Nous sommes le seul client à avoir maintenu notre niveau de chiffre d’affaires alors que les autres clients ont sciemment abandonné GM & S » avait expliqué un porte-parole du groupe. Jeudi, le préfet de la Creuse, Philippe Chopin, a indiqué qu’il attendait toujours des « engagements écrits » des constructeurs français. Le dialogue semble donc au point mort…

 

4.► Le Brexit a déjà coûté 150 millions d’euros à EasyJet

Paradoxe du Brexit, la compagnie Easyjet enregistre à la fois un nombre record de passagers et des pertes financières qui se creusent. En cause, les vents contraires de la livre britannique.

La compagnie aérienne britannique à bas coûts vient d’annoncer une perte après impôts de 192 millions de livres (225 millions d’euros) au cours du premier semestre, achevé fin mars, nettement plus élevée que les 15 millions de livres enregistrés un an plus tôt (*).

Cette perte, davantage suivie par le marché boursier, a quant à elle atteint 212 millions de livres (contre 21 millions), soit plus que prévu par les analystes, ce qui a entraîné mardi une chute de 7,22% du titre à la Bourse de Londres.

En fait c’est essentiellement un effet de change que subit la compagnie. La chute de la devise britannique depuis le vote pour le Brexit de juin dernier plombe ces derniers mois les comptes d’EasyJet: ses coûts sont en majorité dans d’autres monnaies et donc renchéris par la hausse de ces monnaies face à la livre.

Ce phénomène lui a coûté 82 millions de livres et la compagnie s’attend à ce qu’il engendre des charges de 20 millions de livres au second semestre. Les fêtes de Pâques sont tombées de surcroît en avril cette année, et pas en mars comme l’an passé. Le premier semestre « reflète le fait que Pâques passe au second semestre ainsi que les effets de changes, ce qui a un impact négatif de 127 millions de livres (environ 148 millions d’euros) au total », a expliqué dans un communiqué Carolyn McCall, directrice générale de la compagnie.

Son chiffre d’affaires a quant à lui progressé de 3,2% à 1,827 milliard de livres, avec un nombre record de 33,8 millions de passagers. « Nous sommes en pleine croissance et nous poursuivons cette croissance en particulier en France qui est un pays prioritaire », se félicite François Bacchetta, directeur général pour la France. Il souligne qu’après une période difficile marquée par les attentats, « il y a une reprise du trafic des visiteurs en France », qui est un « marché sous-servi », notamment dans les régions ce qui conduit la compagnie à ouvrir régulièrement de nouvelles lignes.

EasyJet a confirmé vouloir obtenir d’ici l’été un certificat de transporteur aérien dans un autre pays de l’UE afin d’anticiper les effets du Brexit, mais n’a pas toujours pas fourni de précisions sur son choix. Basée à l’aéroport de Luton, dans le nord de Londres, la compagnie avait annoncé à l’été 2016 qu’elle voulait ce certificat alors que la sortie britannique de l’UE pourrait remettre en cause le droit des compagnies du Royaume-Uni de voler sans contrainte à travers toute l’Europe.

(*)LEXPRESS/ AFP-17052017/0814-RemyGabalda

 

5.► Un don pour…faire parler de lui !

On peut dire que Donald Trump a un don pour faire parler de lui (*).

Rappelez-vous, c’était le 20 janvier. Il y a quatre mois, Donald Trump prenait officiellement sa fonction de président des Etats-Unis. Depuis, beaucoup de choses se sont passées de l’autre côté de l’Atlantique, assurant une présence quasi-constante du chef d’Etat dans les sphères politique et médiatique du monde entier.

Entre l’affaire tentaculaire du Russiagate et le limogeage de l’ancien patron du FBI, les soupçons de partage d’informations classifiées avec le ministre des Affaires étrangères de Vladimir Poutine, mais aussi l’abrogation de l’Obamacare et son décret anti-immigration, les conflits d’intérêts en tous genres de sa famille et les bourdes, vous entendez souvent parler de Donald Trump.

(*)20Minutes-AFP-FF-19052017/0935


6.► La pantoufle connectée

Franck Le Dortz et Romain Berrada ont inventé une semelle connectée baptisée Smart Pantoufles, qui émet une alerte si une personne âgée chute.

Une simple semelle à glisser dans un chausson. Avec leur projet Smart Pantoufles, les Rennais Romain Berrada et Franck Le Dortz ont peut-être trouvé la solution aux chutes des personnes âgées. Truffée de capteurs, leur semelle alerte en temps réel les proches des seniors.

Un concept qui existe déjà sous forme de bracelets ou de colliers, mais dont la technologie date un peu. « L’avantage de notre solution, c’est qu’elle est invisible. Les seniors n’ont pas à subir le regard des autres sur leur âge. Ils n’ont pas non plus à enfiler un bracelet qui leur rappelle tous les jours qu’ils sont vieux », argumente Romain Berrada.

Cet ancien étudiant de l’Insa, spécialiste de l’électronique, a rencontré son binôme l’an dernier, lors d’un hackathon. Pendant un week-end, ils ont réfléchi à une solution pour améliorer la vie des anciens à la maison. « Au départ, on pensait à une pantoufle qui éclaire le sol, pour aider les personnes âgées la nuit. Mais chaque personne a ses habitudes. Certains ont des chaussons, d’autres des tennis, d’autres sont pieds nus. La production aurait été impossible », explique Franck Le Dortz, qui s’occupe de la partie design du projet.

Guidés par les témoignages des anciens, les deux entrepreneurs se sont rabattus sur leur semelle connectée qui détecte les mouvements. En cas de chute, les proches de la personne âgée sont alertés par SMS. « On aimerait surtout éviter le premier accident. On voit des gens qui passent toute une journée ou une nuit par terre avant d’être relevés. C’est traumatisant », détaille Romain Berrada.

Preuve de son utilité, leur système s’est déjà fait remarquer à plusieurs reprises, remportant différents prix de l’innovation. Finalistes du SwitchUp Challenge, organisé par la société Cisco, les deux hommes espèrent emporter le concours le 30 mai afin d’accroître leur notoriété et faciliter le développement de leur produit.

Leur semelle, toujours en phase d’étude, devrait donner lieu à un premier prototype cet été, avant une grande phase de tests à l’automne dans des établissements d’accueil pour personnes âgées. « Nous espérons la commercialiser en 2018. Nous viserons d’abord les maisons de retraite avant de nous adresser aux particuliers », expliquent les deux hommes.

(*)20Minutes/APEI-15052017/1504-CamilleAlain

7.► A lire… « Histoire mondiale de la France»    

Epoustouflant !

Plus de 600 pages, 146 dates choisies, 122 historiens, une entreprise hors norme, c’est le livre publié sous la direction de Patrick Boucheron, « Histoire mondiale de la France » (Edit. Seuil, 29 €).

Cet ouvrage ressuscite l’histoire par dates, comme dans les manuels d’hier, mais, et c’est ce qui fait la différence, chaque évènement est inscrit dans un contexte mondial.

Ouvrez ce gros volume… au milieu.
Par exemple, à l’année 1682.
Que se passe-t-il à cette date (*) ?

Au mois de mai, Louis XIV et sa cour s’installent définitivement à Versailles.

Chacun a appris à l’école la fonction politique du château, de sa galerie des Glaces et de son étiquette : en se donnant en spectacle le Roi Soleil subjugue la noblesse et assoit son pouvoir absolu.
On sait moins que ce faste était aussi un pouvoir d’exportation, une arme de soft power.Il s’agissait d’épater l’opinion publique européenne par un déferlement de luxe.  Un soin méticuleux est mis dans l’accueil des étrangers, on publie des guides touristiques et l’administration n’hésite pas à  justifier le coût des cérémonies par la nécessité « d’exciter la curiosité des étrangers et d’occasionner par là une circulation et une consommation avantageuse à l’Etat ».

Avec cette face inédite de Versailles, le ton est donné : il n’y a pas d’histoire de France qui vaille si on oublie tout ce qui est venu de l’extérieur, si on l’ampute de ce qui n’est pas elle-même.

Et dans cet extraordinaire dédale historique, chaque lecteur pourra se faire son propre itinéraire spatio-temporel…

(*)L’Obs-2723-12012017/65-66-EricAeschimann

Richard POGLIANO

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