REGARDS EN COIN (70)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Les Français inquiets pour leur retraite
2. Le Top 10 des entreprises les plus réputées
3. Les jeunes et l’avenir de l’Europe
4. Le sexe « neutre »
5. Des humains génétiquement modifiés
6. Balade en 2CV ou en caravane rétro
7. A lire… « L’avènement de la démocratie»


1-Les Français inquiets pour leur retraite

D’après le baromètre ʺ Cercle des Epargnants-Ipsos ʺ « Les Français, l’épargne et la retraite »,  87 % des sondés sont inquiets pour le système de retraite.
Six Français sur dix sont préoccupés par leur propre retraite. 79 % craignent même de manquer d’argent à terme tandis que « seuls quatre actifs sur dix estiment qu’ils disposeront de ressources financières suffisantes à la retraite ».
En dépit de ce constat pour le moins anxieux, « seulement 21 % des actifs épargnent régulièrement en vue de leur retraite (-5 pts en un an) et un quart en ont parlé avec un professionnel ».

La tendance à l’épargne serait également à la baisse, puisque seulement 23 % envisagent d’épargner davantage en 2017, contre 31 % en 2016. Enfin, en 2017, 22 % des sondés puiseront dans leur épargne pour soutenir leur consommation, un chiffre qui passe à 30 % chez les pensionnés.

Préoccupés par l’état du système de retraite national, les Français hésitent, parmi les éventuelles solutions, entre un relèvement des cotisations et une souscription à un fonds de pension. Pour autant, « seuls 26 % seraient prêts à reculer le départ à la retraite et 7 % à diminuer le montant des pensions ».

Face à ces constats assez sombres, 65 % des sondés estiment que le sujet des retraites n’est pas assez évoqué pendant la campagne présidentielle…

 

2- Le Top 10 des entreprises les plus réputées

Le cabinet de recherche et de conseil ʺ Reputation Institute ʺ, vient de publier les résultats de son classement annuel RepTrak 100.

Pour la deuxième année consécutive, c’est l’entreprise Michelin qui arrive en tête. Suivent, dans l’ordre :  Lego, Seb, Bic, Bosch, Decathlon, Philips, Barilla, Rolex et Nintendo.

Ce top 100 est élaboré auprès des entreprises selon l’étude de sept dimensions clés : les produits et services, l’innovation, l’environnement de travail qu’elles proposent, la gouvernance, l’engagement citoyen, le leadership et les performances financières. « La réputation des entreprises est jugée excellente lorsqu’elles obtiennent un score supérieur à 80. C’est le cas des six premières du top 10 », souligne ʺ Reputation Institute ʺ.

Selon ʺ Reputation Institute ʺ, les attentes des Français faces aux principales entreprises qui opèrent en France sont en hausse. « Les Français demandent des progrès constants, notamment en ce qui concerne la responsabilité des grandes sociétés. Certaines l’ont bien compris, celles qui se reposent sur leurs lauriers sont vite distancées », estime Olivier Forlini, directeur du ʺRéputation Institute ʺ France.

En moyenne, la réputation des entreprises françaises est plus faible que celle de leurs concurrentes étrangères. Au niveau mondial, seulement quatre figurent dans le top 10 des entreprises ayant la meilleure réputation et 18 dans le top 50. « La performance des entreprises du CAC40 est quant à elle mitigée. Seul huit sociétés cotées apparaissent dans le top 50. La plupart d’entre elles sont bien classées en 2017 qu’elles ne l’étaient en 2016, ce qui signifie que l’écart se creuse », souligne ʺ Reputation Institute ʺ…

   

3- Les jeunes et l’avenir de l’Europe

Les jeunes Français sont majoritairement favorables à l’Union Européenne, mais la part d’eurosceptiques est loin d’être négligeable. Et les 18-30 sont plutôt « inquiets » pour l’avenir de cette institution.

C’est ce qui ressort d’une enquête exclusive OpinionWay (*) pour 20 Minutes.  .

Parmi les sondés âgés de 18 à 30 ans, 82 % jugent la construction européenne positive, contre 18 % qui l’estiment négative. La satisfaction des jeunes Français vis-à-vis de l’UE varie notamment en fonction de leur milieu de vie (32 % d’avis négatifs dans les villes de 2.000 à 19.999 habitants), de leur âge (2 % d’avis négatifs chez les 18-19 ans) et de leur occupation (35 % d’avis négatifs chez les chômeurs, contre 20 % chez les actifs).

La libre circulation des personnes est choisie par un sondé sur deux comme « la principale réussite de la construction européenne ». Viennent ensuite les échanges culturels et universitaires, comme le programme Erasmus (36 %), la paix (33 %). Les personnes interrogées, qui pouvaient choisir deux succès de l’UE, ont également nommé la monnaie unique (20 %) et les échanges commerciaux (18 %).

En revanche, les jeunes Français sont déçus par l’UE sur le plan diplomatique, économique et administratif. Invités à nommer les principaux échecs de Bruxelles, ils ont cité « l’absence de position commune sur la scène internationale » (32 %) à égalité avec « le poids des lobbys », devant « la croissance inégale selon les pays » (30 %). Viennent ensuite, à égalité : la « bureaucratie » (17 %), « le manque de rapprochement entre les peuples » (17 %) et « le manque de contrôle aux frontières ». Les jeunes Français semblent donc divisés sur les bienfaits de l’UE, notamment au sujet des frontières et de l’économie.

Si 76 % des jeunes sondés trouvent que le Brexit est « une mauvaise nouvelle pour l’UE », ils sont 46 % à penser que l’Union devrait « avancer avec un groupe restreint de pays moteur », 41 % à juger qu’elle ne doit pas accueillir de nouveaux membres, contre seulement 11 % à souhaiter un élargissement.

 

(*)20minutes-240317/1247

 

4- Le sexe « neutre »

Les actes de naissance portent la mention « sexe masculin » ou « sexe féminin » : pourront-ils, bientôt, préciser « sexe neutre » ? La Cour de cassation doit trancher la question, le 4 mai 2017 (*).

La justice vient de traiter la requête d’une personne qui ne présentait, à sa naissance, aucune caractéristique féminine ni masculine. Selon son avocat, sa mère l’a déclaré à l’état civil comme « garçon » parce qu’« elle désirait un garçon ». Il ne se sent ni homme ni femme, même si, plus tard, il s’est marié et a adopté un enfant. Il a maintenant 65 ans.

Les magistrats sont partagés. Le tribunal de grande instance de Tours estime que le sexe assigné à sa naissance est « pure fiction » et que la mention doit être corrigée. La cour d’appel d’Orléans juge, au contraire, qu’admettre la demande reviendrait à « reconnaître l’existence d’une autre catégorie sexuelle dont la création relève de la seule appréciation du législateur ». Seule la loi pourrait permettre de résoudre « cette question de société fondamentale ».

L’avocat de l’intéressé souligne que plusieurs États ont fait un pas dans la reconnaissance de l’intersexuation. Ainsi, en 2014, la Cour suprême d’Australie a permis d’inscrire à l’état civil la mention « non spécifique ». Il se fonde aussi – en élargissant, semble-t-il, la portée de cette notion – sur l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales définissant le « droit au respect de la vie privée et familiale ».

Cette affaire ne touche-t-elle pas au débat sur le genre qui s’est développé sous ce quinquennat ? La loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, promulguée le 18 novembre 2016, facilite déjà le changement de sexe dans l’état civil sans qu’il soit nécessaire d’avoir préalablement subi des traitements médicaux ou une opération chirurgicale.

A la limite, la loi pourrait autoriser plusieurs changements de sexe au cours d’une vie, en fonction de son ressenti. Mais elle ne s’est pas encore interrogée sur le sexe «neutre »…

 

(*)BdVoltaire-24.0317/0606

 

5-Des humains génétiquement modifiés

Les tentations scientifiques face aux embryons humains sont fortes, et les perspectives s’ouvrent à vive allure dans le domaine de la génétique.

Récemment, une équipe de scientifiques chinois a procédé aux premières modifications génétiques sur des zygotes humains viables, embryons conçus in vitro spécialement à destination de la recherche. Ces modifications ouvrent de grandes perspectives, aussi bien thérapeutiques que transgéniques, et c’est bien toute la difficulté de ces avancées.

Les conséquences génétiques et éthiques sont indubitablement énormes.

Suite à la publication, ce mois-ci, de l’étude chinoise, le fait de pouvoir procéder à la modification de l’ADN humain a tout d’un scénario de science-fiction. Pourtant, les perspectives sont désormais réelles de pouvoir, un jour, compter parmi nous des humains génétiquement modifiés. Si les perspectives thérapeutiques peuvent apparaître enthousiasmantes (mais sont-elles sans risques ?), on mesure mal aujourd’hui les conséquences irréversibles d’un tel bouleversement, conscients pour autant qu’il peut y en avoir, comme on le constate d’ores et déjà dans le domaine de la culture végétale.

La question, loin d’être anodine, pourrait venir percuter notre quotidien.

Si la manipulation de la génétique peut produire du mieux, c’est bien évidemment qu’elle peut produire du pire, ce champ d’expérimentation étant bien plus vaste…

 

6-Balade en 2CV ou en caravane rétro

Comme la mode, le design, la musique, le tourisme n’échappe pas à la mode vintage.

Dans plusieurs régions de France, plusieurs opérateurs proposent ainsi des locations de 2 CV, 4L, Peugeot 504… pour découvrir le patrimoine français et les routes de l’Hexagone. Sont aussi proposés des balades en autocars des années 30, des locations de vélos rétros. Sans oublier des promenades en Solex pour visiter les différents vignobles avec arrêt dégustation ou encore des croisières sur des yachts de la Belle Epoque.

Plusieurs événements vintages permettent aussi de capter une clientèle nostalgique. Comme l’Anjou Vélo Vintage, une randonnée qui a lieu en juin à Saumur, où les cyclistes doivent impérativement s’équiper d’une bicyclette datant d’avant 1987 et d’une tenue rétro.

Cette tendance du tourisme vintage s’inscrit aussi  dans le besoin de retour aux racines, au naturel et au terroir que l’on sent chez les voyageurs Français, accompagné par l’envie de prendre son temps.

Et comme les vacanciers heureux racontent avec émoi leurs souvenirs de voyage, le bouche-à-oreille fonctionne très bien…


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7-A lire… « L’avènement de la démocratie »    

Le philosophe Marcel Gauchet publie « L’avènement de la démocratie – Tome IV – Le nouveau monde » aux Editions Gallimard (768 p., 25e), une histoire du XX° siècle et une théorie de la démocratie en quatre tomes.

Marcel Gauchet montre qu’à partir du XX° siècle, les hommes ont cherché à se gouverner eux-mêmes. Cette ambition a bouleversé le visage des démocraties. Elle a donné naissance à un monde très difficile à maîtriser, privé du cadre traditionnel de la souveraineté : un monde où les Etats-Nations ont très peu de pouvoir.

Cet univers tumultueux, secoué de crises et marqué d’instabilité structurelle, est l’objet des travaux de Marcel Gauchet.

Pourquoi les démocraties sont-elles devenues si  difficiles à gouverner ?
Pourquoi l’Europe est particulièrement touchée par cette crise ?
Et pourquoi concentre-t-elle un si grand nombre de démocraties ingouvernables ?

A chacun de trouver les éléments de réponse dans cet essai volumineux… et lumineux, que l’on se doit d’avoir, et de consulter…

 

(*)L’Express-3421-250117-72/73-AlexisLacroix

 

Richard POGLIANO

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