REGARDS EN COIN (64)

 

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Les jeunes en difficulté
2. Et si Fillon renonçait ?
3. L’Etat, un actionnaire gourmand
4. Les bourses asiatiques
5. La Chine et la dette américaine
6. Le Japon se redresse
7. A lire… « Décadence »


1-Les jeunes en difficulté

Le taux de chômage des jeunes français a été multiplié par 3,5 en 40 ans, 24% en 2016 pour les moins de 25 ans, soit la 5e position sur 16 pays européens, après la Grèce, l’Espagne, l’Italie et le Portugal mais loin devant l’Allemagne, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas.

Le taux d’activité des 15-24 ans est également faible, de 4,5 points inférieur à la moyenne européenne en 2015, ce qui s’explique notamment par un faible cumul emploi-études

« Les difficultés d’insertion de jeunes dans l’emploi sont marquées dans tous les pays européens par un sur-chômage. Mais, outre le fait qu’en France la conjoncture du marché du travail est globalement dégradée, ce qui la rend plus difficile chez nous, c’est pour certains le cumul de difficultés qui constituent de véritables barrières à l’entrée (compétences de base, mobilité, santé, logement, maîtrise du numérique…) », Hélène Garner, directrice du département travail à France Stratégie.

Parmi les dispositifs favorisant l’insertion, l’apprentissage permet une meilleure insertion dans l’emploi que la voie scolaire, notamment pour les moins diplômés.
Mais toujours avec un bémol: un taux de rupture des contrats élevé, de l’ordre de près de 30%…

 

2-Et si Fillon renonçait ?

François Fillon a été clair jeudi soir sur France 2 : il renoncera à la présidentielle, s’il devait être mis en examen dans d’affaire de l’emploi supposé fictif de son épouse comme collaboratrice parlementaire. Dès lors, que se passerait-il si l’ancien premier ministre renonçait à se présenter ?

Alain Juppé, qui a perdu le second tour de la primaire de la droite, ne serait pas automatiquement désigné, répond la Haute autorité de la primaire, interrogée par RTL. « D’après le code électoral, une nouvelle élection devrait tout simplement être organisée et supervisée par la fameuse Haute autorité ».

   

3- L’Etat, un actionnaire gourmand

L’Etat présent dans 1 800 entreprises n’est pas toujours un bon actionnaire. A défaut d’être toujours avisé dans ses choix, l’Etat actionnaire se montre souvent très gourmand dans les dividendes qu’ils réclament aux sociétés dont il est l’actionnaire majoritaire ou de contrôle (*).

Entre 2003 et 2015, le montant des dividendes prélevé a ainsi été multiplié par 4 alors que le poids économique du portefeuille de l’État actionnaire a baissé de 40 %. Par comparaison, les dividendes perçus par l’ensemble des sociétés du CAC 40 durant cette période ont été multipliés par 2,7.

Le cas le plus emblématique est EDF, une entreprise qui s’endette pour payer ses dividendes. Pour renouveler son parc nucléaire, l’entreprise doit pourtant faire face à des investissements très importants, de l’ordre d’une cinquantaine de milliards d’euros.

Résultat de cette stratégie actionnariale à courte vue, le gouvernement va devoir remettre au pot pour renforcer les fonds propres d’EDF, avec une augmentation de capital prévue de quatre milliards (dont 3 à la charge de l’Etat).

La vision à long terme d’un Etat actionnaire cadre mal avec les impératifs de réduire les déficits publics.
Et pourtant…

(*)LaCroix-02012017

 

4- Les bourses asiatiques

 

La Bourse de Hong Kong a terminé mardi en hausse, à rebours de Wall Street, inquiète des effets de la politique protectionniste du président Donald Trump sur le commerce mondial.

A Hong Kong, l’indice Hang Seng a gagné en clôture 0,22% (+51,34 points) à 22.949,86 points. La Bourse de Shanghai a gagné 0,18% (+5,78 points) à 3.142,55 points mais l’indice composite de Shenzhen, deuxième Bourse chinoise, a perdu 0,30% (-5,69 points) à 1.896,45 points.

 

 

5- La Chine et la dette américaine

 

La dette en dollars détenue par la Chine est-elle une épée de Damoclès sur la tête de Washington (*) ? Par exemple si demain la Chine menaçait de vendre en masse la plus grande partie de ses réserves en obligations sur le Trésor américain…

Selon une idée communément répandue, la Chine, principal détenteur de réserves en dollars dans le monde, aurait de ce fait un levier de négociation tellement puissant qu’elle n’aurait rien à craindre d’une partie de bras de fer avec les États-Unis.

Or, entre septembre 2010 et septembre 2014, la Réserve fédérale s’engageait dans un programme massif d’achat d’obligations du Trésor, le fameux Quantitative Easing ou planche à billets, sans que cela ne provoque aucune secousse significative, en dehors d’une modeste dévaluation du dollar.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Fin novembre 2016, la Chine détenait 1.000 milliards d’obligations sur le Trésor américain. Or, en quatre ans, la Fed avait réussi à absorber 1.700 milliards d’obligations sur ce même Trésor américain. Si les Chinois devaient mettre leurs menaces à exécution, la Fed n’aurait donc aucun mal à amortir le choc. En revanche, le yuan chinois n’échapperait pas à une réévaluation très importante qui, en période de tassement de la croissance, serait fort malvenue.

Donald Trump doit-il s’en réjouir ? Pas vraiment, et la communauté internationale non plus. Dans l’échelle des représailles, l’arme financière n’était que le premier échelon. Si Pékin se trouvait acculé, c’est alors la question de Taïwan qui viendrait sur le tapis avec, dans l’ordre d’une escalade de démonstration de force, l’interruption des échanges entre l’île nationaliste et le continent, l’occupation de l’île de Quemoy (à quelques encablures de la côte chinoise mais sous contrôle du gouvernement de Taipei), puis le blocus total de Taïwan et enfin l’invasion. En somme, le plus court chemin vers la guerre…

(*)www.bdvoltaire-24012017-604

 

6- Le Japon se redresse

 

Même s’il subsiste des ilôts de faiblesse, l’économie du Japon semble se  redresser peu à peu (*).

La situation de l’emploi et des salaires s’améliore et « l’économie poursuit une reprise modérée et on observe en divers lieux que l’amélioration prend du retard », écrit le gouvernement dans son rapport économique mensuel publié lundi.

Le moral des industriels japonais s’est amélioré en janvier pour le cinquième mois d’affilée et a atteint son meilleur niveau depuis deux ans et demi, tandis que celui du secteur des services n’a jamais été aussi bon depuis la mi-2015, a montré une enquête Reuters.

La baisse de l’inflation mesurée par les prix de détail hors éléments volatils a sans doute ralenti en décembre et les exportations auraient augmenté pour la première fois en 15 mois, suivant une autre enquête Reuters.

La Banque du Japon (BoJ) s’est abstenue d’étendre son programme de stimulation monétaire en décembre, conformément aux attentes des marchés, qui pensent qu’elle observera le statu quo, sauf si un grave événement extérieur vient à menacer la reprise économique.

(*)www.bdvoltaire-23012017-603

 

7-A lire… « Décadence »    

 

 

Notre civilisation judéo-chrétienne vit ses dernières heures…
C’est la thèse de l’ouvrage que vient de publier Michel Onfray, « Décadence : de Jésus à Ben Laden, vie et mort de l’Occident  » (Edit. Flammarion, 528p., 22,90€).

Pour Franz-Olivier Giesbert du Point, « Michel Onfray est en train de devenir notre philosophe national et notre conscience collective. Décadence est un livre énorme, lumineux, passionnant, l’épopée de notre civilisation judéo-chrétienne, vieille de plus de 2 000 ans, qui, selon lui, a fait son temps ».

Pour Michel Onfray, nous, Européens, judéo-chrétiens, libéraux et progressistes, sommes foutus, l’islam va nous dévorer.

Citations.
«  La puissance d’une civilisation épouse toujours la puissance de la religion qui la légitime. Quand la religion meurt, la civilisation trépasse avec elle. La civilisation judéo-chrétienne se trouve en phase terminale ».
« Cette religion [l’islam] virile, guerrière, conquérante, puissante, forte de ses soldats prêts à mourir pour elle, entre dans le concert des civilisations qui se propose de régner de manière impériale, universelle, planétaire. L’Occident ne dispose plus que de soldats salariés n’ayant pas envie de mourir pour ce que furent ses valeurs aujourd’hui mortes. Nous avons le passé pour nous ; ils ont l’avenir pour eux car, pour eux, tout commence ; pour nous, tout finit ».

Même si l’on ne peut que considérer ce livre d’ « énorme », les thèses défendues ne datent pas d’aujourd’hui et sa dialectique semble des plus simpliste, d’autant que ses affirmations ont largement été contredites ses dernières décennies.

Il n’empêche, prenez votre week-end, et plongez-vous dans Décadence

 

Richard POGLIANO

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