REGARDS EN COIN (59)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. La victoire des crèches de Noël
2. Les « lettres de confort » d’Apple
3. Le chèque, héros français
4. Ce bébé a trois parents
5. Cette femme a 8 000 ans
6. A lire… « Nos très chers Emirs »


1-La victoire des crèches de Noël

En 2014, le Conseil Départemental de la Vendée avait fait appel de la décision du tribunal administratif de Nantes lui ordonnant de retirer la crèche installée chaque année dans le hall de l’Hôtel du Département.

Il ne pouvait en être question.

Parce que depuis fort longtemps Noël a quitté le seul domaine de la religion, pour devenir une part de notre patrimoine culturel, un peu de ce qui fait notre civilisation.

Parce que notre population française trouve dans les fêtes de Noël un moment de rassemblement familial et de fraternité humaine, devant cet enfant béni, au-delà de tout engagement politique et dans le respect des convictions intimes de chacun.

Et parce que donc, dans ce cadre là, seule une laïcité apaisée, respectueuse de nos traditions et  de nos coutumes, peut apporter ces  limites à l’intolérance et ce supplément d’âme au quotidien.

Le Conseil d’Etat vient de faire le choix de la sagesse, en autorisant la tenue des crèches de Noël dans les lieux publics, si elles présentent « un caractère culturel, artistique ou festif ».

Par cette décision, le Conseil d’Etat a fait le choix d’une laïcité qui rassemble et non d’une idéologie qui divise.

C’est cela, la conception française de la Laïcité…

 


2-Les « lettres de confort » d’Apple (1)

MacBook, iPhone ou iPad…
Adulée par ses fans, la marque Apple est devenue le symbole même de l’optimisation fiscale des géants de la Silicon Valley, avec un magot colossal de 202 milliards d’euros dormant dans ses caisses en dehors des Etats-Unis.

Apple France, détenue par sa maison mère irlandaise n’encaisse sur le territoire qu’une fraction de ses ventes réalisées chez des tiers (*), à savoir quelques 64 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un bénéfice de 15 millions, la plus grande partie de l’argent étant transférée à Cork, en Irlande.
L’autre activité française, Apple Retail France, regroupe les 18 magasins en propre de la marque. Ces boutiques ont rapporté 554 millions d’euros l’an dernier.
Ce réseau de distribution achète ses produits en Irlande, ce qui représente 71% de ses coûts et autant de charges à déduire des recettes encaissées dans l’Hexagone. Grâce à ces montages, le chiffre d’affaires restant en France ne représente que 1,4% des 44,2 milliards d’euros enregistrés en Europe par la firme !

Au cœur du système : l’Irlande.
Tous les bénéfices des produits vendus en Europ, au Moyen-Orient, en Afrique et en Inde sont enregistrés chez Apple Sales International, structure basée à Cork.
Le groupe a tout intérêt à gonfler son chiffre d’affaires sur place, car il bénéficie d’un traitement de faveur. Deux accords, ou « lettres de confort », selon le jargon bruxellois, passés avec le gouvernement irlandais, lui ont permis de profiter d’un taux d’imposition compris entre 1% en 2003 et 0,005% en 2014…

(à suivre)

(*)L’Express-3412-23112016-70/73-EmmanuelPaquette 

 

3-Le chèque, héros français

En 2013, 70% des chèques signés dans l’ensemble des pays de l’Union Européenne l’ont été en France (*)

Le chèque reste une préférence française pour 6% des Français, alors que 18% préfère l’argent liquide et 76% la carte bleue.

Les Français utilisent 37 chèques, en moyenne, par an et par personne, alors que les Anglais en utilisent seulement 11, toujours en moyenne, par an et par personne, et les Allemands 0,38 !

Sur le volume total des paiements en France, 47% de ce volume total provient de la carte bancaire, 20% des prélèvements, 19% des virements et 14% des chèques.

Pour diminuer encore cette utilisation des chèques par les Français, un amendement du projet de loi Sapin II, rejeté par le Sénat, vise à réduire la validité d’un chèque de 1 an à 6 mois…

(*)VA-17112016-66-Idix-OpinionWay-TilderLCI-MinistèreDesFinances-BanqueDeFrance-GfK

 

 

4-Ce bébé a trois parents

 

Incroyable !
Le premier bébé ayant trois parents biologiques est né !

Inédit  dans l’histoire de l’humanité, cet enfant a été conçu au Mexique à partir du patrimoine génétique de trois personnes différentes, grâce à une technique consistant à implanter un embryon porteur de trois ADN, ceux de son père, de sa mère et d’une autre femme.

Et ceci pour éviter la transmission d’une maladie génétique d’origine mitochondriale.

La fécondation « in vitro » a consisté à retirer le noyau d’un ovocyte de la mère atteinte de la mutation mitochondriale, pour le transférer dans celui d’une femme saine, dont on a avant retiré le noyau.
L’ovocyte manipulé renferme deux ADN (nucléaire et mitochondrial) provenant des deux femmes. Après fécondation par le sperme du père, il en résulte un embryonn qui renferme trois ADN.
Le bébé a trois parents biologiques !

(*)Challenges-500-01122016-46-SciencesEtAvenir

 

 

5-Cette femme a 8 000 ans

 

Debout, les formes imposantes, les seins tombant sur son ventre et ce dernier sur ses genoux, les bras et les jambes boudinés, telle est apparu cette statuette de femme, de 17 centimètres de haut pour 1 kilo, aux archéologues ébahis…
Nous sommes dans les fouilles menées sur le site de Catal Hôyük (*) en Anatolie centrale (Turquie) et cette découverte est une sculpture féminine du néolithique proche-oriental vieille de 8 000 ans !

De quoi alimenter la déjà abondante littérature sur la « déesse mère », la fécondité et le matriarcat primitif…

(*)Challenges-498-17102016-58-CatalHôyükResearcProject

 

 

6-A lire… « Nos très chers Emirs »

 

Un brûlot ? Oh que oui ! Mais aussi une enquête très fouillée et très documentée de deux spécialistes du monde arabe, Christian Chesnot et Georges Malbrunot : « Nos très chers Emirs sont-ils vraiment nos amis ? », aux Edit. Michel Lafon (300 pages, 17,95 euros).

De Paris à Riyad, de Cannes à Doha, Christian Chesnot et Georges Malbrunot  racontent les liaisons dangereuses de certains de nos politiques français de premier plan avec les monarchies du Golfe (*). Avec cette déclaration, au cœur du livre, de Meshaal al-Thani le nouveau représentant de Doha : « J’ai fréquenté des politiques partout, mais aucun ne s’est comporté comme certains Français, aucun ne m’a demandé de l’argent aussi abruptement, comme si c’était naturel. On n’est pas une banque ! »

Et tout ceci sur fond de terrorisme, avec la question lancinante du financement des attentats, et de relations commerciales compliquées, avec ce « miroir aux alouettes des grands contrats », tant pour l’ère Sarkozy que pour celle de Hollande…

(*)Challenges-498-17102016-56-S.S-A

Richard POGLIANO

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