REGARDS EN COIN (49)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.


1. Le vrai chômage en France
2. Le tourisme français devancé
3. Les femmes au pouvoir  
4. L’indécent M. Barroso
5. La valeur de l’OM
6. A lire… « L’innovation frugale»

 

 

1- Le vrai chômage en France

 

Selon l’INSEE, le taux de chômage baissé de 0,3% au 2ème trimestre. En juillet, Pôle Emploi faisait état d’une hausse de 0,2%.
Pourquoi cet écart ?
L’INSEE se réfère à la méthodologie du Bureau International du Travail et ne tient pas compte de la notion de « recherche active » d’emploi.

29 000 personnes (*) sont venues gonfler le « halo » autour du chômage, notion qui regroupe ceux n’étant pas disponibles tout de suite.
Par ailleurs, 90 000 personnes travaillant à temps partiel auraient aimé travailler davantage.

Selon les économistes, ce retournement de tendance est moins l’effet de la conjoncture (les autres pays européens font mieux que nous) que des différentes mesures prises par le gouvernement pour « forcer » la courbe à s’inverser (CICE, pacte de responsabilité, plan de formation des chômeurs…).

(*)L’Obs-2703-25082016-FlorenceMalleron

 

2-Le tourisme français devancé

Les chiffres de 2015 de l’INSEE le confirment : l’Espagne a raflé à la France la première place des nuitées touristiques en Europe (*).
Une tendance amorcée en 2014 et que les attentats devraient accentuer, comme l’indiquent les premières données de 2016 pour Paris, où le taux d’occupation des hôtels a chuté, passant de 72% (2014) à 70% (2015) et 65% (2016).

Pour l’année 2015, en millions de nuitées touristiques, les pays européens les plus visités sont l’Espagne (422 millions de nuitées), la France (411), l’Italie (385), l’Allemagne (379), le Royaume-Uni (306), l’Autriche (113), les Pays-Bas (104), la Grèce (96), la Croatie (71), la Pologne (71), le Portugal (56), la Suède (55), la République Tchèque (47) et la Belgique (38 millions de nuitées).


(*)L’Obs-2699-28072016-ClaireDoisy-INNSEE-EUROSTAT-MKGConsulting

 

3-Les femmes au pouvoir en Europe

Avec Theresa May comme premier ministre britannique depuis juillet 2016, l’Europe féminise un peu plus l’image de ses gouvernements (*) :
– Angela Merkel, chancelière fédérale de l’Allemagne depuis 2005,
– Dalia Grybauskaite, président de la Lituanie depuis 2009,
– Beata Szydlo, premier ministre de la Pologne depuis 2015,
– Kolinda Grabar-Kitarovic, présidente de la Croatie depuis 2015,
– et Marie-Louise Coleiro Preca, présidente de Malte depuis 2014.

Pour autant, le fait d’être une femme ne veut pas dire que les sensibilités sont les mêmes, comme le montrent les actuelles différences entre l’Allemagne et la Pologne…

 

(*) VA-04082016-touteleurope.eu-reuters

 

 

4- L’indécent M. Barroso

 

L’ancien président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, finit sa carrière en rejoignant la plus sulfureuse des banques de Wall Street, la banque d’affaires Goldman Sachs International !

Cette nomination de celui qui fut premier ministre du Portugal de 2002 à 2004 et pendant 10 ans à la tête de la Commission Européenne, fait scandale (*)
Et ce scandale est accentué par le rôle de Goldman Sachs dans la crise de la dette grecque, où la banque a maquillé en 2004 les comptes grecs pour camoufler la dette, présentant un déficit  de 2,5% du PIB alors qu’il était en réalité de 4,3%… La banque aurait pu en rester là, mais en 2009, elle joue contre son client en revendant des bons du Trésor grec achetés au plus fort de la crise financière…

Mais le « Caméléon », surnom donné à Barroso, n’est que l’arbre qui cache la forêt : neuf des vingt-huit membres de la Commission Barroso ont rejoint le secteur privé dans des postes tout aussi contestables.

(*) VA-21072016-28/29-AntoineColonna

 

 

5- La valeur de l’OM

 

Créé en août 1899, et après avoir été racheté par Bernard Tapie en 1986, l’Olympique de Marseille est repris par Robert  Louis Dreyfus en 1996. Vingt ans après, la page Dreyfus se referme (*)

L’OM est attractif certes, mais c’est un club qui n’est pas propriétaire de son stade (il verse un loyer de 4 millions d’euros par saison à la ville de Marseille), ce qui est un gros désavantage pour un investisseur qui le plus souvent recherche du foncier.
L’OM ne possède que son centre d’entraînement, estimé à une vingtaine de millions d’euros, et un effectif évalué à 50 millions, soit un total de 70 millions.

Certes, les mauvais résultats sportifs ont découragé les supporteurs (l’OM a perdu 11 000 abonnés ces quatre dernières années) et le déficit structurel du club est important  (40 millions d’euros de perte pour la seule saison 2015-2016), mais l’OM reste toujours une « forte marque »…

 

(*) Challenges-486-25082016-62/63-AntoineIzambard

 

6- A lire… «L’innovation frugale »

 


« Une entreprise peut faire mieux en dépensant moins de ressources matérielles, moins d’énergie, donc moins d’argent. Il s’agit d’être économe et économique ». C’est ainsi que Navi Radjou résume son livre : « L’innovation frugale. Comment faire mieux avec moins » par Navi Radjou et Jaideep Prabhu (Editions Diateino).

Il s’agit de ne plus penser en termes de « toujours plus », mais de « toujours mieux », avec la volonté de 1.rechercher les opportunités dans l’adversité, 2. faire plus avec moins, 3.penser et agir de manière flexible, 4.viser la simplicité et 5.intégrer les marges et les exclus. Le tout dans la « frugalité » et la « débrouillardise » (jugaad en hindi), avec une approche basée sur les valeurs du marché. Comme pour la Logan de Renault, où en rabotant des options inutiles et chères, les ingénieurs ont conçu une berline robuste et bien fichue…

 

Richard POGLIANO

 

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