REGARDS EN COIN (47)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Alain Juppé : propositions pour l’emploi (3)
2. Des voisins pas si performants
3. Y Combinator, le Graal
4. Le loto a 40 ans
5. Des bateaux volants sur la Seine
6. A lire… « Le déclin de l’Occident »

 

 

1. Alain Juppé : propositions pour l’emploi (3)

Alain Juppé : Propositions pour l’emploi (3)

« Nous pouvons offrir une meilleure qualité de service public tout en diminuant nos dépenses, et ce doit être notre objectif. La modernisation de l’État sera l’un des grands chantiers du prochain quinquennat, car il devra prendre toute sa part dans le plan d’économies structurelles de 80 à 100 milliards d’euros que j’ai l’intention de réaliser. Je rappelle que les dépenses de l’État représentent le tiers du total des dépenses publiques. »

MODERNISATION DE L’ACTION PUBLIQUE

Mettre la sphère publique au service de l’usager

  • Mettre fin à l’inflation et l’instabilité normative ainsi qu’à la sur-transposition de la législation européenne
    • Réorganisation des administrations et réduction du nombre de fonctionnaires en administration centrale pour contribuer à arrêter l’inflation règlementaire.
    • Travail du Parlement consacré à l’évaluation et à la suppression des règles existantes plutôt que vers le vote des règles nouvelles.
    • Exigence renforcée sur la qualité des études d’impact.
    • Discipline interne appliquée par l’exécutif pour cesser l’alimentation de l’inflation et de l’instabilité des normes par les ministres.
    • Interdiction pour les administrations d’alourdir une norme européenne par des normes françaises plus exigeantes.
    • Suppression des normes alourdissant les règles européennes en droit français.
  • Engager une véritable démarche de simplification dans la durée
  • Mise en place d’un baromètre mesurant de façon indépendante le coût et le temps passé sur un ensemble de formalités courantes de la vie de l’entreprise, avec pour objectif l’amélioration substantielle sur la durée du quinquennat.
  • Recherche de solutions par l’implantation dans chaque ministère de task forces digitales permettant la remontée de propositions

Améliorer les relations entre les usagers et l’administration

  • En matière fiscale :
    • – interdiction de la « petite rétroactivité » fiscale.
    • – l’absence de réponse à une demande de rescrit dans un délai de deux mois vaudra réponse positive.
    • – extension de la « relation de confiance » (expérimentation originale d’audit fiscal a priori des entreprises plutôt que de contrôle a posteriori).
    • – introduction d’une garantie de « rescrit-contrôle » pour que les positions prises par l’administration fiscale lors d’un contrôle soient à l’avenir opposables à celle-ci.
  • En matière sociale :
    • – distinction claire par les URSSAF de ce qui relève de la fraude, et qui doit être rigoureusement sanctionné, de ce qui relève de l’erreur : un droit à l’erreur sera instauré.
    • – Mise en place de formules permettant aux entreprises d’avoir recours à des organismes privés agréés pour auditer leurs pratiques en matière de droit du travail.

Payer les entreprises dans les temps

  • Mise en place d’un système d’affacturage inversé (règlement du fournisseur d’un marché public par un organisme financier public en cas de retard de paiement de son client public).

 

Assurer la performance de la sphère publique

  • Organiser une grande opération de transparence sur les rapports d’évaluation des politiques publiques
  • Réaliser 85 à 100 milliards d’euros d’économies sur la dépense publique en 5 ans
    Retour à l’équilibre structurel des finances publiques assuré pendant le quinquennat par :

    • Efforts d’économie de l’Etat : 25 à 30 Mds (modifications des périmètres d’intervention, optimisation des frais de fonctionnement, rationalisation des dépenses des opérateurs, gains de productivité par la réorganisation des services, numérisation et dématérialisation, rationalisation de la présence sur le territoire)
    • Efforts d’économie des collectivités territoriales : 10 à 15 Mds (contrat plurinannuel pour la durée du quinquennat, introduction d’un plafond d’endettement, regroupement et mutualisations)
  • Sphère sociale : 45 à 55 Mds (réforme des retraites, retour progressif à l’équilibre de l’assurance chômage, réduction des dépenses de la politique du logement, optimisation des soins hospitaliers et maîtrise des dépenses de médicaments, rationalisation de l’organisation des régimes, meilleure prise en compte des revenus réels dans le calcul et le ciblage des prestations et lutte plus efficace contre les abus et les fraudes).

Maîtrise de la masse salariale et baisse des effectifs par non-remplacement ciblé des départs à la retraite : 9 à 12 Mds.

Rétablir deux jours de carence dans la fonction publique

Moderniser la gestion publique

  • Simplification du régime de rémunération des fonctionnaires.
  • Mise en place d’enceintes comparables aux comités d’entreprises pour développer la négociation collective.
  • Utilisation accrue des possibilités de licenciement pour insuffisance professionnelle ou pour refus de poste en cas de réorganisation du service.
  • Activation accrue des recrutements d’agents sous contrats de droit privé pour les missions non régaliennes.
  • Définir un contrat d’engagement réciproque sur cinq ans avec les collectivités territoriales

(à suivre)

 

2.► Des voisins pas si performants

 

L’herbe est toujours plus belle… chez le voisin !

Nos amis européens qui affichent de meilleurs résultats que la France en matière de chômage ne sont pas si performants que ça !
Tout simplement parce que leurs bons chiffres cachent en réalité un chômage de masse qui s’est mué en une prolifération de petits jobs morcelés et des plus précaires !

Ainsi (*), pour l’emploi des jeunes de moins de 25 ans qui cumulent des petits jobs à temps partiel, ou pour l’insertion des femmes cantonnées dans des postes ne procurant que des revenus d’appoint, ou bien encore pour le niveau d’activité des séniors à très forte dose de temps partiel renouvelable…

Bref, le plein-emploi chez nos voisins repose sur le temps partiel, concentré sur les jeunes, les femmes et les séniors.
Nos voisins, ce sont l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Danemark ou bien les Pays-Bas, avec 21,3% de temps partiel dans l’emploi total, quand en France ce taux n’est que de 5%…

Comme je ne cesse de le répéter, la solution est ailleurs…


(*)Challenges-481-09062016/39-OlivierPasset

 

3.► Y Combinator, le Graal

 

« Y Combinator, c’est le Graal pour se développer à l’international ».

Y CombinatorYC (*),  c’est le plus gros « accélérateur » de start-up, dont l’objectif est de donner à des jeunes « pousses » les moyens de partir à la conquête du monde.

YC réunit dans son immense salle de conférence une centaine de start-uppers, et chacun dispose d’une minute et demie pour exposer son projet devant 400 investisseurs. Et ainsi, chaque année, des milliers d’aspirants viennent chercher le financement du développement de leur projet…à coup de milliers, et parfois de millions de dollars.

Cela se passe à Mountain View (Californie) et les investisseurs viennent de toute la Silicon Valley.
Demain, c’est-à-dire aujourd’hui,  ce modèle se retrouvera à Paris, avec le Numa, le Cargo et la Halle Freyssinet attendue pour 2017.
Il n’est pas que de start-up américaine…

 

(*) Challenges-481-09062016/65-CapucineCousin

 

 

4. Le loto a 40 ans

 

 

La Française des Jeux (FDJ) fête cette année les 40 ans de son jeu emblématique, le Loto (*).

Aujourd’hui, 75 pays proposent le Loto. En termes de vente de grilles, la Chine représente le premier marché mondial, devant l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Espagne et le Brésil. La France se classe en 7ème position.

Pour le Loto et le Super Loto, la France, c’est :
– 17,4 millions de joueurs,
– une mise moyenne hebdomadaire de 4 euros par joueur,
– plus de 23 000 points de vente,
– des ventes qui représentent 1,536 milliard d’euros (soit 11% du chiffre d’affaire de la FDJ),
– et 818 millions d’euros de gains redistribués aux joueurs sur l’année.

Le Loto est vraiment un jeu populaire.

(*) Source :FDJ-VA-26052016-62

 

 

 

5. Des bateaux volants sur la Seine

 

 

Un drôle d’engin… le SeaBubble (*)

De la taille d’une Renault Zoé, il navigue au-dessus de l’eau grâce à quatre ailerons inclinés. Avec quatre de ces ailerons l’engin décolle dès 6 nœuds et « vole » jusqu’à 10 nœuds, environ 18 kilomètres-heur, la vitesse maximale autorisée sur la Seine, pour une autonomie de 80 à 100 kilomètres.

Londres, Genève et San Francisco sont déjà intéressés.
La production pourrait démarrer dès 2017.

(*) Challenges-478-19052016/38

 

6.A lire… « Le déclin de l’Occident »

 


C’est  du déclin de l’occident dont il est question avec le livre de Niall Ferguson, « Civilisations : l’Occident et le reste du monde », aux Editions Saint-Simon (314 p, 21,80 €).

Les Etats-Unis font du sur-place, la Chine devient la première puissance mondiale et les Etats occidentaux, notamment Européens sont en récession, ou menacent de le devenir, avec des déficits abyssaux, des croissances peau de chagrin et des politiques étrangères incohérentes.
Avec des Etats islamiques qui nous défient, un communautarisme qui met à mal nos identités, républicaines ou nationales, des paradis fiscaux qui se légalisent, même au cœur de l’Europe comme le Luxembourg, et les corruptions qui d’actives deviennent passives, mais sévissent toujours.

Est-ce la fin de l’Occident comme ce fut la fin de l’Empire Romain ? Comme la chute de Rome fut la fin d’une civilisation, du plus grand empire jamais constitué, vieux de plus de 1 500 ans. Et qui sera notre Romulus Augustule, le dernier empereur romain d’Occident qui abdique en 476, symbole de son effondrement ?

Pour Niall Ferguson, le déclin de l’Occident est réel, mais ce n’est pas une fatalité, on peut l’enrayer.

Car, écrit-il « Aucune autre civilisation ne s’est imposée au reste du monde comme l’a fait l’Occident. En 1500, les futures puissances impériales d’Europe couvraient 5% des surfaces émergées du globe et représentaient au mieux 16% de sa population. En 1913, onze empires occidentaux contrôlaient près des trois cinquièmes de la population et près des trois quarts (un vertigineux 74%) de la production économique mondiale ».

Alors que faire ?
Que faire pour que l’Occident de 2014 retrouve son paradis perdu ?

Niall Ferguson, et c’est le point central de son ouvrage, définit le logiciel des succès européens, puis occidentaux. Il comprend six « killer applications ». D’abord l’idée de compétition, aussi bien sur le plan économique que sur le plan politique. Une libre compétition qui pousse les uns et les autres à trouver les meilleures solutions, les plus efficaces. Ensuite des protections, au nombre de trois. Protection de la propriété par la loi, protection de la santé et donc de la vie par la médecine, protection de l’avenir par la science et ses grandes découvertes. Enfin la mise en place d’une société de consommation et d’une éthique du travail qui permettent de créer les flux économiques, de l’épargne à l’investissement. Sauf que pour Niall Ferguson ce qui a fait la puissance et la richesse de l’Occident « était un software que n’importe qui pouvait reproduire, un modèle qui explique donc la grande divergence d’autrefois et la grande convergence actuelle ».

Et si demain nous réactivions notre logiciel ?
Celui là, ou plutôt, un autre…
Ne plus regarder notre avenir dans le rétroviseur, mais au contraire, réinventer notre civilisation occidentale !
Comme l’Europe et la France en son centre ont déjà su le faire à l’époque ʺdes lumièresʺ !
Alors, réinventer la France, pour sauver l’Europe, et réinventer le Monde…

Richard POGLIANO

Les commentaires sont fermés.