REGARDS EN COIN (40)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1.
Le « Passenger Name Record » adopté
2.
Brigitte et Emmanuel dans Paris-Match
3. Le cash des héros hollywoodiens
4. Le dumping fiscal anglais
5. Le retour de Renault en Formule 1
6. A lire… Alain Juppé mis à nu…


  1. Le « Passenger Name Record » adopté

Après cinq ans de tergiversations, le projet de « Passenger Name Record » (PNR) a été adopté au Parlement européen par 461 voix pour, 179 contre et 9 abstentions, quelques semaines après les attentats de Bruxelles, le 22 mars.

Qui voyage et avec qui ? C’est l’objet de ce fichier, qui doit permettre de mieux tracer les itinéraires aériens des terroristes potentiels, à partir d’informations que les compagnies aériennes auront l’obligation de transmettre aux États, lesquels devront ensuite se les partager. Le PNR obligera donc les transporteurs aériens à communiquer des données sur leurs passagers – le nom, l’adresse de la personne, ses numéros de passeport et de carte bancaire, ses dates de voyages et ses itinéraires – aux Etats européens concernés par un vol depuis ou vers un pays tiers. Les pays de l’UE pourront ensuite élargir le champ aux vols intra-européens

Le PNR européen sera l’addition des PNR nationaux. Plus de la moitié des pays européens se sont dotés d’un tel système de surveillance. Mais comme l’indique Europe 1, le PNR français serait loin d’être fonctionnel. Après les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, Bernard Cazeneuve avait promis que celui-ci serait opérationnel «en septembre ou octobre 2015». Or, selon Europe 1, «seule une dizaine de compagnies aériennes sur les 200 prévues livrent en temps réel leurs données passagers». Les États-Unis, le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni sont dotés d’un tel système depuis plusieurs années.

  1. Brigitte et Emmanuel dans Paris-Match

Une couverture de plus pour Emmanuel Macron. Le ministre de l’Economie enchaîne les Unes de magazines depuis le début de l’année, et s’affiche cette semaine en Une de Paris-Match. Mais cette fois, main dans la main avec sa femme Brigitte. 

Nouveau signe des ambitions élyséennes du locataire de Bercy, après le lancement de « En Marche« , son mouvement politique?
«
 Ensemble sur la route du pouvoir, Brigitte et Emmanuel Macron », a choisi de titrer l’hebdomadaire, qui a recueilli les confidences de Brigitte Macron et obtenu le droit de publier des photos de l’album intime des époux, que vingt ans séparent.

Mariée à Emmanuel Macron depuis 2007, Brigitte Macron, qui est son ancienne professeure de français, « ne tient pas du tout à être dans la lumière », raconte la journaliste de Match Caroline Pigozzi. « Si nous on l’a un peu poussée à être dans la lumière, c’est en insistant particulièrement », dévoile-t-elle…

  1. Le cash des héros hollywoodiens

« Batman vs Superman : Dawn of Justice« , c’est l’addition de deux univers, celui de « Superman » créé en 1933 et celui de « Batman » créé en 1939, tous les deux appartenant à DC Comics/Warner Bros, afin de maximiser les chances de réussite du film.

Car les frais engagés pour ce film sont colossaux : plus de 420 millions de dollars ! Le record était jusqu’à présent détenu par « Pirates des Caraïbes » avec 342 millions de dollars, devant le « Titanic » qui n’en avait coûté que 200…

Les recettes attendues sont comprises entre 800 millions et 1,4 milliard de dollars, pour la seule exploitation en salles, sans compter les droits télé, la vidéo, les jeux vidéo et les produits dérivés.

Eh oui, bien que fictifs, ces héros peuvent gagner en quelques semaines de quoi financer la hausse des salaires de tous les fonctionnaires français…
(*) Challenges-470-24032016-JeanFrançoisArnaud

  1. Le dumping fiscal anglais

Le ministre britannique des Finances vient d’annoncer une nouvelle baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) : en 2020 les entreprises en Grande-Bretagne ne seront plus taxées qu’à hauteur de 17% de leurs bénéfices, contre 20% aujourd’hui.

L’écart n’a jamais été aussi important entre Paris et Londres : les entreprises en France acquittent toujours un taux de 33,3% sur leurs bénéfices, loin derrière les Etats-Unis (39%), mais devant l’Allemagne (30,18%), l’Espagne (28%), l’Italie (27,50%) et l’Irlande (12,50%).

Mais attention ! Le poids réel de l’IS sur les entreprises dépend beaucoup de son assiette. Or, en France, celle-ci est limitée : régime d’amortissement, CICE, crédit impôt recherche. Résultat, en 2014, l’IS atteignait à peine plus de 2% du PIB en France, contre 2,45% outre-Manche…

A quand une assiette fiscale d’IS harmonisée en Europe ?

(*) LePoint-2272-24042016-MarcVignaud-SourceOCDE

  1. Le retour de Renault en Formule 1

Melbourne, dimanche 20 mars 2016, premier Grand Prix de la nouvelle saison de Formule 1 (F1). Suite au rachat de l’écurie britannique Lotus, c’est le retour de Renault, après 7 ans d’absence.

Pour la première fois dans la F1 depuis 1987, il y aura 21 Grands Prix cette saison. Et près de la moitié auront lieu dans les pays émergents, une zone dont les taux de croissance du secteur automobile attirent les constructeurs. Comme Renault qui s’implante actuellement en Chine.

En misant sur deux jeunes pilotes, le Danois Kevin Magnussen et le Britannique Jolyon Palmer, l’entreprise peut faire le pari de la compétition avec un budget annuel de 300 millions d’euros pour la F1, elle qui vient d’afficher un bénéfice en hausse de 50%, à près de 3 milliards d’euros. Objectif : trois ans pour accrocher un podium, cinq pour remporter des courses.

(*) Challenges-469-17042016-NicolasStiel-28/29

  1. A lire… Alain Juppé mis à nu… (*)


Il faut lire « Lapins et merveilles » de Gaël Tchakaloff (Edit. Flammarion, 226 pages, 19€), journaliste au Nouvel Economiste et chroniqueuse sur Paris Première. Ce livre est le fruit de dix-huit mois d’immersion dans l’entourage d’Alain Juppé. Dix-huit mois pendant lesquels la journaliste a réussi à faire parler Alain Juppé. Lui et ses proches. Comme Isabelle, sa femme actuelle, ou Marion et Laurent, les enfants qu’il a eu avec sa première femme, Christine.

« J’ai voulu faire un livre pour les gens qui ne sont pas forcément passionnés de politique » résume l’auteur, pour qui Alain Juppé « est un vrai affectif, un ultrasensible ». Gaël Tchakaloff avoue sa « tendresse pour l’homme, quelqu’un de bien », un homme sur les épaules duquel pèse le sens du devoir, qui masque ses sentiments, faute de savoir les exprimer.

A lire ce récit-enquête détonant, le lecteur va découvrir un autre Alain Juppé, un Alain Juppé mis à nu, l’homme sous le candidat…

(*) NM-08042016-26-ThierryPrudhon



Richard POGLIANO

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