REGARDS EN COIN (39)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1.
Le déficit français recule, oui mais…
2.
La protection sociale en Europe
3. L’offensive chinoise
4. La plus haute tour
5. Suis-je un « Toxic Handler » ?
6. A lire… « Crédit Lyonnais : chronique d’un désastre »


  1. Le déficit français recule, oui mais…

A 3,5% du PIB(*), le déficit français a légèrement reculé.
Oui, mais…

  • Cette amélioration est due aux efforts des administrations locales qui ont fortement diminué leurs investissements, dégageant un excédent de 700 millions d’euros pour 2015.
    Sachant que l’Etat a maintenu la baisse des dotations de fonctionnement de 10 milliards d’euros en 2015-2017.

  • La dette de l’Etat est passée de 95,3% du PIB en 2014 à 95,7% en 2015 !
    Avec la croissance atone que nous connaissons, on est loin du compte…

  • Les prélèvements obligatoires ont baissé de 44,8 à 44,5%.
    Mais cette diminution bénéficie surtout aux entreprises, qui, au titre du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, ont perçu 16 milliards en 2015 contre 10 milliards en 2014.


(*) L’Obs-2682-310306-Florence Malleron -EricAudras-Altopress-AFP

  1. La protection sociale en Europe

La protection sociale (1) est la dépense la plus importante dans le budget des administrations publiques en Europe, à 40,4% du total et 1/5 du PIB européen (*). Loin devant la santé à 15%, les services généraux à 13,9%, l’enseignement à 10,2% les affaires économiques à 8,8%, ordre et sécurité publics (3,7%), défense (2,8%), loisirs, culture et culte (2,1%), protection de l’environnement (1,7%) et logements et équipements collectifs (1,4%).

Pour la France, la protection sociale représente 43,1% des dépenses publiques et pratiquement 1/4 du PIB. Les autres dépenses, dans l’ordre, la santé à 14,3%, les services généraux à 11,6%, l’enseignement à 9,6% les affaires économiques à 8,8%, ordre et sécurité publics (2,8%), défense (3%), loisirs, culture et culte (2,5%), protection de l’environnement (1,7%) et logements et équipements collectifs (2,5%).

(1) La protection sociale comprend : vieillesse, maladie et invalidité, famille et enfants, chômage, autres prestations. C’est dans la répartition de ces dépenses que les disparités sont les plus importantes…

(*)L’Obs-2682-310306-28-Eurostat2014

  1. L’offensive chinoise

Les groupes hôteliers se livrent une bataille sans merci pour atteindre les tailles les plus importantes sur un marché où c’est devenu le seul moyen de trouver croissance et rentabilité. Cela se mesure en milliers de chambres et, bien entendu, en nombre d’hôtels. Et dans ce paysage, les chinois s’imposent, même si les places financières asiatiques subissent de nombreuses secousses.

Ainsi, le groupe chinois Anbang(*), huitième assureur-vie du pays, après avoir racheté fin 2014 le Waldorf Astoria de New York pour près de 2 milliards de dollars, vient de racheter au fond d’investissement Blackstone, Strategic Hotels&Resorts (qui détient 16 hôtels de luxe aux Etats-Unis) pour 6,5 milliards de dollars. Et ce même groupe projette de racheter le groupe américain Starwood…
Tout comme le premier groupe hôtelier chinois, Jin Jiang, qui est devenu le premier actionnaire du groupe Accor et a officialisé son rachat de Louvre Hotels (Campanile, Kyriad, Première Classe…) pour 1,3 milliards d’euros.

Quand la Chine s’éveillera…


(*) LePoint-2271-170306-M.B.-Source :MKG Group

  1. La plus haute tour

En 2025(*), The Bride (La Mariée) sera la plus haute tour du monde, avec 1 152 mètres de hauteur, soit trois fois et demi la taille de la tour Eiffel !

Au cœur de Bassora, deuxième ville d’Irak, cette mégatour s’imposera comme une véritable ville verticale, réunira quatre buildings de hauteurs différentes et portera un voile de verre recouvrant les rues alentours, bureaux, centres commerciaux, appartements de luxe… bref, un gigantesque complexe qui assurera son autosuffisance énergétique grâce à une multitude de panneaux solaires, thermiques et photovoltaïques.

La Mariée de Bassora détrônera l’actuelle championne Burj Khalifa à Dubaï (828 mètres), mais aussi la future Kingdom Tower de 1 kilomètre qui doit s’élancer en 2020 dans le ciel de Djedda, en Arabie Saoudite.

(*) LePoint-2271-170306-BrunoMonierVinard

  1. Suis-je un « Toxic Handler » ?

Dans votre vie privée, vous êtes d’une bienveillance à toute épreuve, votre aptitude à la compassion est peu commune…
Au bureau, vous êtes une perle rare, celui (ou celle) qui a toujours le mot juste, que l’on consulte pour tout problème…
Vous êtes aimé de tous, car vous cherchez la satisfaction des autres avant tout, à mi-chemin entre le vieux sage et le bon copain, le généreux pas fanfaron pour un sou, celui qui tire vers le haut et remonte le moral des troupes !

Sans le savoir, vous êtes peut-être un « Toxic Handler » (*), mot à mot « entraîneur toxique« , une sorte de psychologue de l’empathie, une bonne âme en quête d’harmonie, un porteur de confiance, de compassion…

Comme dans l’entreprise, tout comme dans le foyer (qui est également une organisation), le bien-être des individus engendre celui du groupe, vous pourriez à l’avenir ajouter la mention « Toxic Handler » à votre CV.

Attention toutefois de préserver votre équilibre…

(*) L’ExpressStyle-060416-57/59-ClaireBauchart&RebeccaBenhamou

  1. A lire… « Crédit Lyonnais : chronique d’un désastre »(*)


PDG du Crédit Lyonnais entre 1993 et 2003, Jean Peyrelevade vient de publier « Journal d’un sauvetage – Crédit Lyonnais : chronique d’un désastre » (Albin Michel). Une restitution de toutes les conversations et réunions tenues lors de sa mission à la tête d’un Crédit Lyonnais en quasi-faillite.

Dans ce journal, l’ancien Directeur adjoint de cabinet de Pierre Mauroy à Matignon (1981-1983) brise l’omerta sur cette vielle affaire, analyse le système politico-financier et ses dérapages, tout en décrivant les différents protagonistes de l’époque. Mais il en tire aussi des leçons sur l’Etat actionnaire et le système de gouvernance des entreprises publiques qui, selon lui, est « fait pour dysfonctionner, parce qu’il n’existe aucun contre-pouvoir en cas de management incompétent ou pris de mégalomanie ».

Polytechnicien, Jean Peyrelevade, qui a aussi présidé Suez (1983-1986), la Banque Stern (1986-1988) et l’UAP (1988-1993), propose une série de réformes pour casser le mandarinat politico-administratif et va même jusqu’à proposer de supprimer l’ENA !

(*) L’Obs-2682-310316-66/71-SophieFay&DominiqueNora



Richard POGLIANO

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