REGARDS EN COIN (35)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1.
Le Monde en 2016 (8)
2.
L’artisanat en pointe
3. L’assurance chômage en déficit
4. Le parc nucléaire français préoccupant
5. A lire… « Poutine est en croisade… »


  1. Le Monde en 2016 (8)

L’ambiance n’est pas à la fête en ce début d’année 2016 (*)….

La période 2007-2014 a été marquée par de très fortes tensions sur les marchés de minerais et métaux, entraînant des niveaux de prix extrêmement élevés de presque tous les produits.

On a alors assisté à une surproduction, les grands acteurs du métier se lançant dans d’importants investissements en capacité de production. Le marché s’étant rééquilibré, il s’est retrouvé dans une situation excédentaire, accentué depuis un an par le tassement, notamment de la demande chinoise.

Conséquence logique, le cours du minerai de fer s’est effondré, avec une évolution des prix très proche de celle du pétrole. Alors que, début 2014, la tonne de minerai cotait 135 dollars, et le baril de pétrole, 110 dollars, en décembre, ils ont enfoncé le seuil des 40 dollars presque en même temps.

Après une telle dégringolade, il serait assez logique qu’ils se stabilisent, sachant que leur évolution dépendra de la croissance mondiale, et en particulier de celle de la Chine.

(*) In Challenges 459-07012016-42/43-Philippe Chalmin-

  1. L’artisanat en pointe

Jusqu’au 18 mars, c’est la semaine nationale de l’artisanat (*).

L’artisanat en France, c’est plus d’un million d’entreprises et 3,1 millions d’actifs, dans tous les secteurs : 40% des artisans exercent dans le bâtiment, 32% dans le service, 17% dans la production et 11% dans l’alimentation, sachant que 23% des artisans sont des femmes et, surtout, que 80% des apprentis sont embauchés à la suite de leur formation auprès d’un maître-artisan.

Alors, la reprise en France ne pourrait-elle pas venir de l’artisanat ? Ainsi, 100 000 emplois sont à pourvoir cette année, et le potentiel est immense… 25 000 formations professionnelles n’ont pas encore trouvé preneur !

(*) Source Apcma-Shobha/Contrasto-Réa-www.semaine-nationale-artisanat.fr

  1. L’assurance chômage en déficit

Pour mettre fin à la « détérioration rapide et marquée » des comptes de l’Unédic depuis 2008, la Cour des Comptes préconise d’augmenter la durée du travail nécessaire pour bénéficier de l’assurance chômage (de quatre à six mois de cotisation sur les vingt-huit derniers mois) et de réduire la durée d’indemnisation des 50-55 ans à deux ans.

Mais qui cotise ?

Les salariés en CDI cotisent pour 28 milliards d’euros et, au chômage, reçoivent 18 milliards d’euros. Un solde positif de +10 milliards d’euros.
Par contre, ce n’est pas le cas des salariés en CDD-Intérim qui cotisent pour 3,9 milliards d’euros et perçoivent, au chômage, 12,8 milliards d’euros d’indemnités, soit un solde négatif de -8,9 milliards d’euros. Tout comme les intermittents du spectacle qui cotisent pour 200 millions d’euros et, au chômage, perçoivent 1,3 milliard d’euros, soit un solde négatif de 1,1 milliards d’euros.


(*) Source Unedic-Juin 2015

  1. Le parc nucléaire français préoccupant

Le gouvernement français veut prolonger la durée de vie des centrales nucléaires jusqu’à cinquante ans. Mais l’ASN – Autorité de Sureté Nucléaire – a toujours déclaré qu’au-delà de quarante ans de vie, la sûreté des installations devient préoccupante, et que donc la sécurité nucléaire « n’est pas acquise »…

Que faire ?

Nos voisins Allemand et Suisse pointent du doigt les failles dans la sécurité de la centrale de Bugey dans l’Ain, et de celle de Cattenom en Moselle.

Sachant que la remise à neuf du parc nucléaire français coûterait plus de 100 milliards d’euros à EDF d’ici 2030, soit 1,7 milliard d’euros par réacteur… Et que les finances d’EDF sont déjà lourdement plombées…

  1. A lire… « Poutine est en croisade… »


Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie Française, raconte la chute de l’empire soviétique, dans un ouvrage indispensable pour comprendre la Russie d’aujourd’hui,  » Six années qui ont changé le monde, 1985-1991  » (Fayard, 432 pages, 22€).

« Ce qu’il faut d’abord souligner (*), c’est que ces années marquent la fin de la guerre froide, par un démantèlement de l’URSS voulu par ses propres dirigeants, et qui s’est opéré de manière pacifique. Ce qui n’a pas pour autant fait disparaître les problèmes issus de la guerre froide.

« Aujourd’hui la Russie s’est réduite territorialement de 20% et a perdu 100 millions d’habitants. Et Poutine est devenu l’héritier de l’empire soviétique, c’est-à-dire d’un grand pays qu’à partir de 1992, le monde entier méprise ou sous-estime. D’autant que la maison européenne s’est construite sans la Russie, dont Gorbatchev pensait que ce serait le cadre dans lequel se jouerait son avenir. La Russie a été tenue à l’écart de l’histoire européenne. L’ambition de Poutine est alors de rendre à la Russie sa puissance passée.

Pour Hélène Carrère d’Encausse, aujourd’hui « On est dans une situation nouvelle, dans laquelle le regard que l’on jette sur les acteurs est incertain. On est ainsi prêt à pactiser avec Erdogan, mais pas à collaborer avec Poutine. C’est très surprenant et je pense que cela vient du fait que le monde occidental n’a pas encore digéré la fin de l’empire soviétique ».

(*) VA-29102015-A-L DEBAECKER et R STAINVILLE



Richard POGLIANO

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