REGARDS EN COIN (31)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Le Monde en 2016 (4)
2. Comme Christophe Colomb
3. Les agriculteurs ne demandent pas l’aumône
4. Pour qui se prend-il ce Thorbjørn Jagland ?

1. ► Le Monde en 2016 (4)

L’ambiance n’est pas à la fête en ce début d’année 2016 (*)….
Les Japonais entrent avec prudence dans l’année 2016. Leur premier ministre Shinzo Abe vient d’annoncer une nouvelle phase de réformes structurelles. Mais après trois ans de réformes, le rebond promis n’a eu lieu que pour les détenteurs d’actions et les grandes entreprises.

Car, à l’image de Toyota qui a engrangé pour l’année 2015 un profit record de plus de 2 100 milliards de yen (16 milliards d’euros), la plupart des entreprises japonaises bénéficient à la fois de la faiblesse du yen et d’une très faible progression de leurs coûts, notamment salariaux. Du coup, elles ont accumulé des réserves de cash, sans que cela bénéficie à l’économie nipponne.

L’immense majorité des Japonais voit son pouvoir d’achat s’effriter, grignoté par la hausse des prix des produits de première nécessité et la pression fiscale. Et la dette publique, colossale, grimpe encore…
Alors un énième plan de relance du magicien Shinzo Abe, à la veille d’élections sénatoriales, plus personne n’y croit…
(*) In Challenges 459-07012016-42/43-Régis Arnaud-

2. ► Comme Christophe Colomb

Pour François Hollande la logique d’un remaniement ministériel est de se redonner un peu d’air, quelque soit le sens du vent, pour se porter au second tour de l’échéance suprême contre Marine Le Pen.

Mais que lui reste-t-il, après que Nicolas Hulot ait rejeté toutes propositions ? Regarder… Jean-Marc Ayrault viré pour propulser Manuel Valls, caution sécuritaire. Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, cautions de gauche, virés comme des malpropres. Jérôme Cahuzac empêché, comme chacun sait. François Rebsamen démissionnaire, comme aujourd’hui Christiane Taubira. Reste Emmanuel Macron, le libéral de service…mais pour faire quoi ? Et comment faire entrer les écologistes au gouvernement ? Et qui ?

D’où ces confidences ministérielles anonymes, rapportées par Le Parisien : « Impossible de monter le moindre déplacement, la moindre inauguration en province. » « Déjà qu’on est de passage, mais alors là, ce n’est même pas la peine de leur demander quelque chose… » « Certes, le siège éjectable est le lot de tout ministre et de ses proches collaborateurs. Chacun connaît la règle. Mais la méthode Hollande n’arrange rien. Le Président laisse dire, observe, jauge et garde le contrôle. À part lui, personne ne sait, et encore… »

Comme je dis toujours : François Hollande est comme Christophe Colomb, quand il part il ne sait pas où il va, et quand il arrive il ne sait pas où il est…

3. ► Les agriculteurs ne demandent pas l’aumône

Les agriculteurs ne veulent pas l’aumône, mais une juste reconnaissance de leur labeur. Les agriculteurs bloquent les voies, les rues et occupent les places, parce qu’aucune solution durable ne leur est proposée. Que demandent-ils ? « Les éleveurs français veulent pouvoir rivaliser à armes égales avec les autres producteurs européens », comme cela était écrit ce jeudi dans la presse locale (*) .

Aujourd’hui chefs d’exploitation croulant sous les contraintes et la paperasse, ils doivent s’adapter à de nouvelles règles, de nouvelles normes qui les endettent pour des années. Leurs charges n’ont cessé de croître, leurs marges de se réduire au point que la plupart ne peuvent plus en vivre. Ce drame montre une France démunie, livrée à elle-même, face à de cruelles distorsions de concurrence au sein de l’Union européenne, tant sociales et fiscales qu’environnementales.

En s’inclinant à Bruxelles et en cédant sans discernement aux lobbies, nos gouvernants sont directement responsables du marasme français et du drame que vivent nos agriculteurs…

(*) In « Boulevard Voltaire ».
4. ► Pour qui se prend-il ce Thorbjørn Jagland ?

Dans une lettre condescendante (*) du 22 janvier adressée au président de la République Française, le secrétaire général du Conseil de l’Europe, le Norvégien Thorbjørn Jagland, s’inquiète des risques pouvant résulter des prérogatives conférées au pouvoir exécutif par l’état d’urgence.

Il met en garde François Hollande sur les projets de réformes constitutionnelle et pénale, en espérant vivement qu’elles contiendront les garanties nécessaire du point de vue des libertés fondamentales et cite, en particulier, l’usage des armes par les forces de l’ordre et la liberté d’aller et venir.

Le secrétaire général du Conseil de l’Europe serait dans son rôle s’il admonestait un État membre qui aurait manifestement fauté. Mais ici, il s’agit d’une méfiance a priori, concernant la volonté de la France de vouloir respecter les libertés fondamentales.
Mais pour qui se prend-il ce Thorbjørn Jagland ?

Oublie-t-il que la France est la patrie de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen ? La France serait-elle en passe de devenir une dictature ?
Certes, le ridicule ne tue pas, mais nous devrions suspendre la participation de la France au Conseil de l’Europe tant que durera l’état d’urgence…

Et rappeler à Thorbjørn Jagland que son pays, la Norvège, a fait l’objet de critiques en avril 2014 au cours d’une session consacrée aux droits de l’homme à l’Organisation des Nations unies à Genève. Il lui a été reproché que 40 % des gardes à vue effectuées dans ce pays dépassaient la durée maximale de 48 heures recommandée par les Nations unies…

(*) In « Boulevard Voltaire ».
Richard POGLIANO

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