REGARDS EN COIN (3)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. La vache à lait des autoroutes
2. L’œil de Mosco…
3.
Le gouvernement réforme mais conserve le collège unique

  1. La vache à lait des autoroutes

En France, l’État a concédé en grande partie la gestion des autoroutes au secteur privé. C’est donc à lui d’exercer le contrôle de la bonne application des conditions de la concession.

Or le prix des autoroutes est de plus en plus cher pour l’utilisateur automobiliste. C’est la Cour des Comptes qui le dit. Le prix des autoroutes est beaucoup trop cher, beaucoup, beaucoup trop cher…

Et qui autorise les augmentations de prix ?
M. le ministre des Finances, Michel Sapin… donc, l’Etat !

Ainsi le ministre a signé une hausse des péages de 0,57% à compter du 1er février 2015. Hausse suspendue depuis… devant la bronca populaire !

Mais, dans le même temps, l’Etat augmente les tarifs des autoroutes publiques : +3,42 % entre Rueil et Jouy-en-Josas, +3 % pour le viaduc de Millau, +2,9 % pour la portion Rouen-Alençon, etc.

Et voilà le tour de passe-passe…
D’une poche à l’autre, c’est toujours l’automobiliste- vache à lait qui paye !

  1. L’œil de Mosco…

En 2012, le Financial Times avait désigné Pierre Moscovici comme l’un des pires ministres des Finances des pays de l’Union Européenne, membre alors du gouvernement Ayrault.

La dette publique française était alors passée de 85,8% du PIB à 90,2% ! En seulement un an…
Mais feu-monsieur le ministre nous assurait alors qu’elle baisserait dès 2015…
Wait and see.

Depuis, démissionné de son ministère, et pour services rendus à la France, Pierre Moscovici est devenu commissaire européen aux Affaires Economiques.
Et c’est lui qui surveille les déficits des pays européens, et donc celui de la France. Déficit qu’il a lui-même creusé !

Et d’écouter le nouveau Moscovici nous expliquer :
« 
l’effort de réformes de la France n’est pas suffisant pour réduire les déséquilibres de l’économie »,
« 
il faut un plan de réformes détaillé et ambitieux, capable de réaliser des économies supplémentaires »…
Et de nous réclamer, avant le 10 juin, 4 milliards d’euros supplémentaires pour réduire le déficit structurel.
We can dream.

  1. Le gouvernement réforme mais conserve le collège unique (Reuters by Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

Le gouvernement a adopté mercredi une réforme du collège qui conforte son caractère unique, c’est-à-dire l’accueil de tous les élèves d’une même classe d’âge, mais qui personnalise les enseignements et introduit de nouvelles pratiques pédagogiques.

Mis en place en 1975 pour « démocratiser l’enseignement », le collège unique avait remplacé les filières alors en place dès la sortie du primaire, réunissant l’ensemble des élèves de sixième et leur proposant un programme pédagogique identique.

Son principe est régulièrement critiqué aujourd’hui, ses détracteurs estimant qu’il ne prend pas assez en compte les différences de niveau des élèves de la sixième à la troisième.

La réforme, selon la ministre l’Education Nationale, généralise à l’échelle nationale des expériences pédagogiques réussies sur le terrain tout en laissant plus d’autonomie aux enseignants et aux établissements pour adapter les enseignements.

Attendons les applications concrètes…

Outre cette nouvelle organisation, la réforme comporte de nouveaux programmes pour renforcer la maîtrise du français, rendre les mathématiques plus attractives ou initier les élèves au codage informatique.

Attendons le détail des programmes…

Les élèves apprendront aussi dès la cinquième une seconde langue vivante, soit un an plus tôt qu’auparavant.

Attendons les résultats…


Richard POGLIANO

Les commentaires sont fermés.