REGARDS EN COIN (29)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Le Monde en 2016 (2)
2. Cinq idées-chocs
3. Un milliard d’euros pour la formation
4. L’inefficacité du plan emploi du gouvernement
1. ► Le Monde en 2016 (2)

L’ambiance n’est pas à la fête en ce début d’année 2016 (*)…

Les Etats-Unis ont une croissance économique de plus de 2% avec un emploi qui progresse depuis soixante-deux mois consécutifs. Et la FED prédit pour 2016, un taux de croissance réel de 2,4%, un chômage à 4,7% et une inflation d’1,6%.

Pourtant tous les experts, sondés par le Wall Street Journal, estime qu’il « existe un risque réel que la croissance lente ne se transforme en croissance en panne, puis en récession, cela dans une période de fragilité financière et géopolitique considérable à travers le monde ».

Car les chocs externes sont les plus imprévisibles, et le danger déflationniste n’est pas écarté.
Quant à la situation de l’emploi, elle reste morose : le taux officiel du chômage ne recense pas un grand nombre d’actifs découragés, et le taux d’occupation de la population en âge de travailler est à peine supérieur à 59%, contre 63% avant 2008.

(*) In Challenges 459-07012016-33/47-Philippe BouletGercourt-

2. ► Cinq idées-chocs
La situation ne cesse de se dégrader sur le terrain de l’emploi. A situation exceptionnelle, mesures d’urgences.
Cinq experts proposent(*) …
Laurent Grandguillaume, député PS : « Proposer à tout chômeur de longue durée un emploi en CDI ». Notamment pour des entreprises de l’économie sociale et solidaire, dans des secteurs pas assez rentables pour le privé…
Patrick Pouyanné, PDG de Total : « Mettre à la retraite les salariés qui ont leurs pleins droits et embaucher des jeunes à la place ». Les salariés qui ont déjà suffisamment cotisés pourraient partir à la retraite bien avant l’âge légal, à condition, en contrepartie, que leur entreprise engage un jeune…
Mathilde Lemoine, directrice des études économiques de HSBC : « Interdire qu’un jeune sorte de l’école sans diplôme ». 140 000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans aucune qualification ni diplôme. Il faut donc créer des « écoles de la deuxième chance » pour eux…
Pierre Larrouturou, coprésident de Nouvelle Donne : « Créer un système de chômage partiel à l’allemande ». Il s’agit d’une baisse du temps de travail et du salaire en contrepartie du maintien dans l’emploi, l’Etat complétant la perte de revenu…
Pierre Cahuc, professeur à Polytechnique : « Supprimer toutes les charges jusqu’à 1.6 smic ». Ce dispositif « zéro charge » permettrait à toute entreprise d’engager un salarié en étant totalement exonérée de cotisations sociales jusqu’à 1,6 smic…
(*) In Challenges 456-3122015-30/31

3. ► Un milliard d’euros pour la formation
Pour tenter d’inverser la courbe du chômage, François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron misent tout sur la formation. Ils annoncent que l’Etat va dégager un budget de un milliard d’euros pour former 500 000 chômeurs, en chargeant Pôle Emploi de déployer de nouvelles offres de formation(*).
Qui bénéficie actuellement de la formation ?
43% des bénéficiaires proviennent des salariés du privé, 24% sont des jeunes, 19% des fonctionnaires et 14% des chômeurs.
Qui finance la formation ?
Le budget actuel de la formation est de 31,75 milliards d’euros, soit 1,5% du PIB. Il est financé pour 13,79 milliards d’euros par les entreprises, 6,83 milliards par l’Etat, 4,58 par les Régions, 2,7 par les autres Collectivités Territoriales, 2,56 par les autres administrations publiques et pour finir 1,29 milliards d’euros par les ménages.
(*) Source : Dares / Idé – in VA-21012016-44
4. ► L’inefficacité du plan emploi du gouvernement
« L’économie (*) française ne crée pas assez de postes.
Former 500 000 chômeurs ne va pas changer cela. Cette mesure ne serait utile que dans le cadre de réformes visant à redynamiser le marché du travail. Et les formations proposées doivent déboucher sur un métier où il y a des besoins. Il ne sert à rien de prescrire une formation de logisticien à un demandeur d’emploi si aucune entreprise ne recrute dans ce secteur.

Il est peu probable que les organismes de formation aient la capacité d’absorber un tel flux. Enfin, en plus des coûts pédagogiques, la question de la rémunération des stagiaires reste en suspens ».

(*) Bertrand Martinot, économiste, auteur de « Chômage : inverser la courbe » (Les Belles Lettres), in Challenges-461-21012016-27.
Richard POGLIANO

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