REGARDS EN COIN (21)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Où en est la COP 21 ?
2. Une « fausse éclaircie dans le brouillard du chômage » ?
3. L’emploi diminue dans les banques…
4. L’Ecole est finie…
1. ► Où en est la COP 21 ?

Afin d’éviter le fiasco de Copenhague, la France mise sur la présence des grands de ce monde dès le premier jour de la grande conférence climat le 30 novembre à Paris.
« Pour la journée du 30 novembre avec les chefs d’Etat et de gouvernement, nous avons déjà reçu 80 réponses positives dont le président des Etats-Unis, de la Chine, le Premier ministre indien, ainsi que le président de l’Afrique du Sud et du Brésil et le Premier ministre du Canada », a déclaré à la presse le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Il a précisé que les leaders européens « seraient également présents ».
La France, qui présidera la conférence où un accord historique pour limiter le réchauffement est espéré, a invité les leaders des 195 Etats participant aux négociations.
« Nous avons pris avec François Hollande la décision d’inviter les chefs d’Etat le premier jour, et pas à la fin comme cela avait été le cas à Copenhague car cela avait eu deux conséquences: les négociateurs avaient attendu les chefs d’Etat pour négocier et les chefs d’Etat n’avaient rien résolu », a expliqué Laurent Fabius.
Six ans plus tard après Copenhague, la France essaye une méthode différente en engageant les Etats et les leaders politiques dès le début du processus.
Pourtant, après quatre round de pourparlers cette année à Genève et Bonn, placés sous l’égide des Nations unies, les pays ont accouché vendredi dernier d’un projet d’accord très imparfait, car trop long et comportant des options à la fois très nombreuses et parfois contradictoires.
Alors…wait and see !

2. ► Une « fausse éclaircie dans le brouillard du chômage » ?
Le chômage a diminué en septembre (-0,7%), pour s’établir à 3,55 millions de demandeurs d’emploi sans activité. C’est la plus forte baisse depuis la crise.
Pôle emploi recensait fin septembre 23.800 chômeurs de moins qu’à la fin août, a annoncé lundi le ministère du Travail. Le chômage est même en légère baisse sur quatre mois (-0,1% depuis mai), mais reste en hausse de 3,1% sur un an. En incluant l’outre-mer, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi s’élève à 3,81 millions (-0,6% sur un mois). Bien entendu, il ne s’agit que de la catégorie A…
En septembre dernier, ce sont les jeunes chômeurs qui ont le plus profité de la baisse. Leur nombre recule de 2,6% sur le mois (-2,7% sur l’année). Mais le panorama n’est pas tout rose. « On observe une cristallisation du chômage de deux catégories de populations: les seniors et les chômeurs de longue durée », note Denis Ferrand, du COE-Rexecode.
Les chiffres de septembre sont également moins bons si l’on intègre les demandeurs d’emploi ayant exercé une petite activité. Avec eux, le chômage reste à des niveaux records : 5,42 millions en métropole, 5,73 millions en France entière.
L’heure est donc à la prudence.
Encore faut-il que ces premiers bons chiffres se transforment en tendance et, comme le dit l’ancien ministre du Travail Eric Woerth, ce ne soit pas une « fausse éclaircie dans le brouillard du chômage », qui « ne baisse toujours pas ».
On peut toutefois penser que rien ne sera durable sans la mise en place d’un vrai projet de relance économique ni sans réforme profonde de notre marché du travail…
3. ► L’emploi diminue dans les banques…
Depuis quatre ans, plus de 12 000 emplois ont été détruits dans les banques.
Et le rythme pourrait encore doubler dans les trois prochaines années !
« Le secteur n’est plus créateur net d’emploi » reconnaît Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération Bancaire Française.

BNP Paribas aura fermé d’ici la fin de l’année une trentaine d’agences, LCL négocie le départ de 1 400 personnes aux guichets, la Société Générale étudie un plan de transformation qui pourrait conduire à la suppression de 2 000 postes…
Pourtant la crise est finie pour les banques, leurs résultats en témoignent.
En 2014, BNP Paribas a réalisé 4,8 milliards d’euros de profits et plus de 5 milliards pour le Crédit Agricole…
Ce qui est donc sûr, c’est le big bang tant attendu pour l’emploi, ne viendra pas des banques françaises. Et si elles ne viennent pas en aide à la création d’emploi par une politique financière innovante et surtout courageuse, particulièrement en direction des PME-TPE, à quoi servent-elles ?
4. ► L’Ecole est finie…
Jacques Julliard, l’éditorialiste de ʺMarianneʺ, celui qui le 18 septembre 2015 écrivait: « Les détricoteurs de l’école, déguisés en réformateurs, sont les pires ennemis de la nation »(*), vient de publier un livre… sur l’école.

ʺL’Ecole est finieʺ de Jacques Julliard (Editions Flammarion – 126 pages – 12 euros), est un livre fort, pertinent, avec des arguments qui touchent juste et qui font mal.
Oui, comme le dit le philosophe Alain Finkielkraut, l’école d’hier apprenait à lire, écrire, compter, enseignait les humanités et n’hésitait ni à récompenser ni à sanctionner. Elle remplissait pleinement sa mission républicaine, cette ʺmission sacréeʺ que l’école d’aujourd’hui est incapable d’assurer.
Alors oui, comme Jacques Julliard, il y a de quoi être en colère, de quoi se révolter et de mettre en cause Najat Vallaud-Belkacem, la ministre socialiste de l’Education Nationale. Et Jacques Julliard ne supporte plus cette désintégration de l’école publique républicaine.

Un dernier mot de l’auteur : « ce livre n’est pas partisan, il ne se réclame ni de la gauche ni de la droite, mais du patriotisme » !

Richard POGLIANO

(*) Newsletter du 19 octobre 2015.

Les commentaires sont fermés.