REGARDS EN COIN (15)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Le drame des migrants
2. Alstom, un marché de dupes
3.
La langue française se porte mal

  1. Le drame des migrants

Le drame des migrants fuyants leur pays pour trouver une terre
d’asile nous concerne tous, mais surtout met à l’épreuve l’efficacité de la communauté européenne à trouver une solution urgente à ce grave problème.

Que pouvons-nous faire et pragmatiquement que devons-nous faire devant une telle situation qui malheureusement semble nous dépasser?
L’Europe doit sans attendre mobiliser toutes ses forces dans la bataille de la sauvegarde de l’humanité et lutter également contre l’indifférence des peuples nantis!
Se masquer les yeux en restant dans l’immobilisme ne peut donner
qu’une seule chose, le chaos !

Il faut en appeler à la mobilisation des politiques qui ont une conscience et qui souhaitent ardemment que chaque être humain puisse trouver sa place dans notre monde.
Cela implique une réponse européenne immédiate face aux drames humains actuels et la mise en œuvre urgente d’une vraie politique européenne et mondiale d’aide au développement des pays les plus pauvres, sur le modèle de l’initiative de Jean-Louis Borloo en Afrique.

  1. Alstom, un marché de dupes

Dans ma Newsletter du 07.07.14 – voir ci-dessous (*) -, je titrai déjà : ʺAlstom, une très curieuse négociation !ʺ, et j’indiquais dans mon article qu’ « on n’est plus du tout dans un grand projet d’avenir pour notre entreprise française… »

Plus d’un an après les faits me donnent totalement raison.

Le 11 septembre, la Commission Européenne doit donner à General Electric le feu vert pour le rachat de la branche énergie d’Alstom. Or nous savons d’ores et déjà, que le géant américain envisage de supprimer 10 300 postes chez Alstom ! Mieux, le conseil d’administration d’Alstom a accordé une ristourne de 300 millions d’euros à General Electric pour faire aboutir le projet…

On est loin du « zéro licenciement » promis par Arnaud Montebourg, puis par Emmanuel Macron ! Et le silence du Premier ministre sur cette affaire est éloquent…

  1. La langue française se porte mal

Une ministre de l’Education Nationale qui multiplie les fautes d’orthographe dans ses écrits, une « rentré » scolaire, sans « e », qui s’affiche sur la banderole d’accueil des stagiaires à l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education de Toulouse, des élèves qui écrivent le pluriel des noms communs avec « ent » et ne connaissent que l’indicatif, des éditeurs qui réécrivent leurs ouvrages en supprimant les mots compliqués et mettent tous les verbes au présent, oui, la langue française se porte mal.

La langue française se porte d’autant plus mal qu’elle n’est plus une priorité de nos gouvernants. Aujourd’hui, nos enfants sont incapables de lire ce que nos parents et nos grands-parents lisaient. Et des élèves mal formés feront, demain, de mauvais professeurs. Car on ne peut bien maîtriser que ce que l’on nous a bien transmis.

Mais il y a pire. Au travers d’une volonté de réforme de l’enseignement, on assiste à une véritable déstructuration de notre patrimoine historique et linguistique. Ceux qui, par exemple, réclament une réforme de l’orthographe, une réformette de plus, ne mesurent pas la gravité de la situation lorsque des élèves confondent le verbe et le nom (« je vous aimes », avec « s »). Or les mots et les phrases traduisent une pensée, une action et un objet, une vision du monde.

C’est cette absence de projet éducatif, ce renoncement à l’effort, ce nivellement vers le bas, qui rend l’école de plus en plus inégalitaire.
Et vide notre langue française de sa substantielle richesse.

Richard POGLIANO

(*) ALSTOM : UNE TRES CURIEUSE NEGOCIATION !
(Article de ma Newsletter du 07.07.14)

Dans l’affaire Alstom, j’ai toujours milité pour une solution franco-française (voir ma Newsletter du 5 mai 2014).
Mais en écoutant les déclarations des membres du Gouvernement, et tout particulièrement celle du ministre de l’Economie, je me suis demandé si la solution miracle avait été trouvée.
Alors, j’ai regardé de plus près…

Donc, entre la solution américaine General Electric et la solution japan-allemande Siemens-Mitsubishi, le gouvernement a tranché, ce sera General Electric. Et Arnaud Montebourg d’annoncer, lors d’une conférence de presse le 20 juin, que l’Etat Français, aux côtés de General Electric, prendra une participation de 20 % au capital d’Alstom.

En fait, Alstom va être ‘‘découpée’’.
General Electric acquiert 100 % des turbines d’
Alstom, qui représentent 60 % des activités énergie du groupe.
Les 40 % restant, éoliennes en mer, réseaux électriques, etc., sont répartis sur trois entreprises à 50/50, entre
Alstom et General Electric.
Au total, l’investissement de
General Electric s’élève à 7,3 milliards d’euros, au lieu des 12,35 prévus au départ.
Alstom récupère pour 600 millions d’euros, mais dans le cadre d’activités qui n’ont d’application qu’aux Etats-Unis.

On n’est plus du tout dans un grand projet d’avenir pour notre entreprise française…

Et la participation de l’Etat ?
Le gouvernement a décidé de racheter les deux tiers de la participation de
Bouygues dans Alstom, soit 20 %, au cours de 35 euros l’action, qui le 20 juin n’en valait que 28. Soit un investissement de 2 milliards d’euros. C’est la banque publique, BPIFrance, qui est sollicitée pour la moitié de cet investissement, en appui de l’Agence des Participations de l’Etat.

N’aurait-il pas mieux valu faire une augmentation du capital d’Alstom, plutôt que racheter des actions ? Vous me direz, cela aurait été tout bénéfice pour General Electric… et vous auriez raison !

N’aurait-il pas mieux valu assurer l’avenir d’ Alstom dans les grands défis énergétiques européens et mondiaux ? Vous me direz, le nouvel Alstom n’aura toujours pas la taille critique pour faire face aux concurrents internationaux… et vous auriez encore raison !

Alors ?
… Alors, oui, vraiment, une bien curieuse négociation !

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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