REGARDS EN COIN (12)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Encore une erreur du gouvernement socialiste…
2. La Chine, futur maître mondial de la finance ?
3. Rendre hommage à Jean Zay

1. ► Encore une erreur du gouvernement socialiste…

En catimini, surtout sans tambour ni trompette, le gouvernement socialiste de Manuel Valls décide de développer le projet d’un canal Seine-Nord. Et donc, sans aucun débat, abandonner le projet de développement du port du Havre.

Une erreur monstrueuse, dont la France ne se relèvera pas, parce qu’elle sacrifie nos ports pour les années à venir, d’abord celui du Havre, puis ensuite celui de Rouen… « Peu me chaut » doivent penser nos dirigeants actuels, car dans quelques années ils ne seront plus là…

Pourtant le pire a bien été décidé.

Non pas de réaliser entre Compiègne et Cambrai un canal de 106 kilomètres reliant l’Oise au Canal Dunkerque-Escaut, pour un coût de 4,3 milliards d’euros, financés à 60% par t’Etat et les Collectivités Locales et les 40% par l’Union Européenne (si elle en décide ainsi en juillet).

Mais de ne pas renforcer le port du Havre, et donc de renoncer à donner un véritable avenir aux ports français, ce que l’on attend depuis dix ans.

L’un ne pouvait aller sans l’autre.

Pour une forte part, l’avenir d’un pays se décide à travers l’avenir de ses ports, car 80% du commerce mondial transitent par les ports. En France, nos deux premiers ports sont Marseille et Le Havre. Et l’essentiel du trafic de marchandises du pays ainsi que 40% de son approvisionnement pétrolier passent par le port du Havre.
C’est dire son importance stratégique pour aujourd’hui et demain.

2. ► La Chine, futur maître mondial de la finance ?

« Le gouvernement américain est tellement divisé qu’il est sur le point de céder à d’autres la scène internationale qu’il a construite à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et qu’il a largement dirigée depuis. » C’est le New York Times qui résume ainsi la situation actuelle du système économique mondial, en matière financière.

Les Etats-Unis ne seraient-ils donc plus en capacité de diriger l’organisation financière mondiale ?

Le Gouvernement démocrate Obama et le Congrès américain (dominé par les Républicains) ne s’entendent plus sur le dossier de réforme du Fonds Monétaire International (FMI). Le second veut en diminuer l’importance, car le FMI est « financé surtout par les contribuables américains », alors que le premier souhaite augmenter la participation des nouvelles puissances économiques, faisant par exemple passer la participation de la Chine à 6%, contre 3,8% actuellement.

Tout est donc bloqué.

Sauf que la Chine vient de créer deux banques internationales dotées de 150 milliards de dollars, la Nouvelle Banque de Développement (NBD) et la Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures (BA2I). « Depuis Bretton Woods, en 1944, je ne me souviens pas d’un évènement d’une ampleur comparable » a regretté Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor de Barack Obama.

3. ► Rendre hommage à Jean Zay

Les deux historiens, Antoine Prost et Pascal Ory, retracent l’influence qu’exerça Jean Zay sur la III° République, dans un livre remarquable ʺJean Zay. Le ministre assassiné (1904-1944)ʺ (Ed. Tallandier – 160 pages – 24,90 euros).

Radical, plus jeune député de France à 26 ans, Jean Zay deviendra à 32 ans ministre de l’Education du Front Populaire de Léon Blum. Il sera à l’origine du collège unique. Devenu ensuite ministre de la Culture, il créa le Festival de Cannes et, parmi de multiples autres réformes, le Centre National du Cinéma.

Devenu la cible privilégiée de l’extrême droite fasciste, il est condamné pour désertion en août 1940 et abattu par deux miliciens censés le conduire à Vichy, en juin 1944.
Antoine Prost et Pascal Ory nous font redécouvrir Jean Zay, figure majeure de la République Française et récemment panthéonisé.

 

Richard POGLIANO

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