REGARDS EN COIN (106)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. Suppression de la taxe d’habitation
2. Macron, Israël et l’Iran
3. Y-a-t-il un pilote dans l’avion Air France ?
4. Le cheval au service de l’entreprise
5. Voiture autonome : c’est un assassinat !
6. Internet : le bodyguard niçois
7. Décès de Mauranne

1.► Suppression de la taxe d’habitation
On a désormais une date précise. La suppression complète de la taxe d’habitation, annoncée à l’automne par Emmanuel Macron, « interviendra au plus tard d’ici à 2021 » et ne remettra pas en cause les objectifs de déficit public du gouvernement, a annoncé mercredi Matignon.
La disparition totale de cet impôt, deuxième étape d’une réforme qui prévoit de supprimer dans un premier temps cet impôt pour les 80 % de ménages les moins aisés, avait été annoncée par le gouvernement « à partir de 2020 », mais sans calendrier précis jusqu’à présent. Interrogé sur le calendrier exact prévu pour cette réforme, l’entourage du Premier ministre a précisé que deux possibilités étaient à l’étude : une suppression totale de cet impôt « dès 2020 » ou une suppression « étalée sur 2020 et 2021 ».

La facture s’est alourdie
Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de supprimer la taxe d’habitation pour les 80 % des ménages les moins aisés à raison de trois tranches successives entre 2018 et 2020, et pour un coût total évalué à un peu moins de dix milliards d’euros.
Mais la facture s’est depuis alourdie, le chef de l’Etat ayant décidé d’étendre la mesure aux 20 % de contribuables les plus aisés, pour éviter de voir sa réforme retoquée par le Conseil constitutionnel, attaché au principe d’«égalité des Français devant l’impôt ». Selon Bercy, 8,5 milliards supplémentaires doivent ainsi être trouvés, portant à environ 18 milliards d’euros le coût global de la mesure.

Une équation financière complexe
En tenant compte de la dynamique de cette taxe, la perte de recettes atteindra 24,6 milliards d’euros en 2020, estiment de leur côté Dominique Bur et Alain Richard. Le gouvernement s’est engagé à ne pas compenser ce geste fiscal par la création d’un nouvel impôt ou par une hausse d’impôt, disant vouloir éviter tout «tour de passe-passe» fiscal.
D’après Matignon, les objectifs de déficit public – publiés en avril par le gouvernement – ne sont malgré tout pas remis en cause. « On exclut toute remise en cause de la trajectoire de finances publiques », a assuré l’entourage du Premier ministre, assurant que le manque à gagner serait compensé par des économies budgétaires.
Dans son programme de stabilité budgétaire, texte de programmation économique pluriannuelle adressé à la Commission européenne, le gouvernement a prévu un déficit public de 2,3 % en 2018, 2,4 % en 2019, 0,9 % en 2020 et 0,3 % en 2021, avant un retour à l’équilibre budgétaire en 2022 (+0,3%).

2.► Macron, Israël et l’Iran
Suite au retour de tensions autour du théâtre syrien, e chef de l’Etat français Emmanuel Macron a appelé à une « désescalade » entre Israël et l’Iran. La présidence a également précisé qu’il s’entretiendra à ce sujet avec la chancelière allemande Angela Merkel, qu’il rencontre dans la journée à Aix-la-Chapelle en Allemagne à l’occasion de la remise d’un prix européen.

Des tensions ravivées par les incertitudes autour du nucléaire iranien
Après des semaines de crispations, les premières lignes militaires sur la partie du Golan occupée par Israël ont essuyé un barrage d’une vingtaine de roquettes, déclenché selon l’armée israélienne par les forces iraniennes de l’autre côté de la ligne de démarcation en Syrie. Les tensions récentes ont été avivées par les incertitudes autour de l’accord nucléaire conclu en 2015 par les grandes puissances avec l’Iran et dénoncé mardi par le président américain Donald Trump.
Dans une interview publiée le week-end dernier dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, le président français avait mis en garde contre le risque de guerre en pareil cas. « Si les Etats-Unis se retirent de l’accord cela signifie que nous ouvririons la boîte de Pandore, il pourrait y avoir une guerre », avait dit Emmanuel Macron. L’armée israélienne a frappé quasiment la totalité des infrastructures iraniennes en Syrie, a indiqué jeudi matin le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman, en représailles à des tirs nocturnes de roquettes sur ses positions dans le Golan.

3.► Y-a-t-il un pilote dans l’avion Air France ?
Le 15 mai, Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air-France KLM, quittera son fauteuil après l’échec de sa proposition sur l’augmentation des salaires (*). Mais si l’annonce de son départ a fait chuter l’action du groupe en Bourse, elle n’a pas fait évoluer la position des syndicats, qui réclament toujours 5 % d’augmentation générale pour l’année 2018.
Cette demande est vivement critiquée par le gouvernement. Lors de son interview sur BFM TV dimanche, Bruno Le Maire s’est ainsi montré très virulent envers les exigences des pilotes. « Quand on a le niveau de rémunération actuel des pilotes, que l’on sait que l’entreprise est en danger, on ne demande pas des revendications salariales aussi élevées » a lâché le ministre de l’Economie.
Le sous-entendu est clair : les commandants de bord et autres copilotes de la compagnie n’auraient, selon Bruno Le Maire, pas à se plaindre. L’analyse est pourtant rejetée par le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) : « Je ne gagne pas un centime de plus qu’un pilote d’Easyjet (…) beaucoup moins qu’un pilote de Lufthansa » affirmait mi-avril Philippe Evain, le président du syndicat.

Un salaire dans la moyenne
Alors qui dit vrai ? D’après une enquête du Figaro, les salaires des pilotes et copilotes d’Air France sont dans la moyenne des grandes compagnies européennes. Ainsi, selon le quotidien, un commandant de bord à Air France toucherait en moyenne 250.000 euros brut par an, la même somme que chez Lufthansa. En revanche, sa rémunération nette – dans le cas d’un célibataire sans enfant – est inférieure : 130.000 euros en France, 140.000 euros en Allemagne. Quand aux copilotes, ils touchent en moyenne 45.000 euros net par an en début de carrière, comme chez Lufthansa.
Ces chiffres sont plutôt cohérents avec ceux publiés récemment par Capital, qui a eu accès au bilan social 2016 de l’entreprise. Selon le site spécialisé, un commandant de bord à Air France gagne 17.842 euros en moyenne chaque mois (soit environ 214.000 euros bruts par an). Les copilotes émargent quant à eux à 12.759 euros par mois (153.000 euros par an).
Néanmoins, ces calculs ont une limite évidente : les moyennes, par définition, ne reflètent pas les écarts de salaires au sein d’une même compagnie. Or, à Air France par exemple, les copilotes et les femmes commandants de bord sont moins bien payés que leurs homologues masculins d’après Capital. La question des primes et de l’ancienneté peut également faire varier fortement les rémunérations d’un salarié à un autre.

Comparer les heures de vol
Par ailleurs, la comparaison des salaires bruts (ou nets) n’est pas suffisante. Il faut également s’intéresser au temps de vol cumulé des pilotes. En Europe, la législation impose de ne pas dépasser 900 heures de vol par an pour des questions de sécurité. Selon un article de L’Express publié en 2016, les pilotes d’Air France volent en moyenne 650 heures par an.
Cette durée est inférieure à celle pratiquée par leurs homologues de Lufthansa ou de British Airways, dont la moyenne s’approche plus des 750 heures annuelles. Sans parler des compagnies low-cost (EasyJet, Ryanair), dont les pilotes dépassent souvent les 800 heures de vol par an (selon une étude de 2011), ce qui n’est pas sans conséquences sur leurs conditions de travail. Face à cette situation, les dirigeants d’Air France-KLM ont d’ailleurs lancé ces dernières années plusieurs plans pour tenter d’améliorer la productivité de la compagnie. Les syndicats de pilotes estiment pour leur part qu’ils ont fait assez d’efforts avec le gel des grilles salariales ces dernières années.
(*)20Minutes-NicolasRaffin-070518

4.► Le cheval au service de l’entreprise
Du 1er au 3 juin 2018, aura lieu le Salon du bien-être avec le cheval, avec notamment une journée dédiée au monde du travail (*).
Le salon du bien-être avec le cheval consacre une journée au bien-être au travail avec l’equicoaching, qui s’adresse plus particulièrement aux services des ressources humaines et aux formateurs. Au programme, des conférences, des ateliers, des démonstrations, des films inédits en France, 90 exposants et une soixantaine de stands. Ce sera aussi l’occasion de tester de l’écriture avec le cheval et du yoga-cheval.

Equicoaching
Dans le cadre du monde de l’entreprise, le cheval devient l’outil de travail du coach. “L’equicoaching est un coach qui aide une personne à trouver des solutions. Souvent, on les connaît, sans en avoir conscience. Le cheval, sensible aux changements énergétiques, va être un révélateur”, révèle Eva Reifler, formatrice, coach et à l’origine du salon. Pour les entreprises, ces problèmes peuvent être une équipe à souder, des ventes à améliorer ou un engagement à faire naître. Par exemple, lors d’un travail collectif, la coach demande aux participants de faire, collectivement, bouger le cheval d’un point A à un point B. “On voit tout de suite les dominants, ceux qui se mettent en opposition ou en retrait. Le cheval va spontanément aller vers les plus faibles”, décrit-elle. Des exercices individuels vont permettre de rectifier le tir, de permettre à chacun d’adapter son énergie selon la situation. “Le cheval va permettre de voir en trois dimensions quelque chose qui se passe au niveau non-verbal dans les relations humaines”. Enfin, un dernier exercice collectif vient confirmer les apprentissages de la journée.
Pour vos séminaires et teambuilding, pensez au cheval…
(*)CourrierCadres-JulieFalcoz-090518

5.► Voiture autonome : c’est un assassinat !
Une décision fatale.
La voiture autonome Uber qui a renversé une femme de 49 ans en mars lors d’un essai aux Etats-Unis aurait « choisi » de ne pas éviter la collision, selon le site The Information, qui cite des sources « proches du dossier ».
Les capteurs du véhicule, lancé en mode autonome à Tempe, en Arizona, ont bien détecté la piétonne, qui traversait la route en poussant un vélo, mais le logiciel d’Uber a décidé de ne pas réagir immédiatement. La femme a été emmenée à l’hôpital où elle est décédée des suites de ses blessures.

« Faux positifs »
Cette décision, détaille le site, est la conséquence du réglage logiciel (effectué par des humains) qui a donné à la voiture une grande « tolérance » pour ignorer ce qu’on appelle les « faux positifs », par exemple un sac en plastique qui volerait devant le véhicule et qu’il ne serait pas nécessaire d’éviter.
A tel point que le système n’a pas jugé nécessaire d’éviter un être humain et un vélo. « Le réglage était trop fort, et la voiture n’a pas réagi assez vite », estime l’une des sources de The Information.
Après l’accident mortel, l’Arizona a interdit à Uber de faire rouler de tels véhicules sur ses routes, invoquant la « sécurité publique ». Le groupe américain a suspendu tous ses tests de voiture autonome sur route.

6.► Internet : le bodyguard niçois
C’est un garde du corps qui n’a pas de gros bras. Mais une intelligence artificielle. Avec son application Bodyguard, le Niçois Charles Cohen protège les internautes du cyberharcèlement. Sa plateforme repère les insultes et les supprime.
« J’ai 22 ans et je suis née dans l’univers d’internet et des réseaux sociaux, explique le créateur de l’application. Le cyberharcèlement concerne beaucoup d’enfants. Il peut faire des dégâts moraux avec des répercussions dans leur vie, qui peut aller de la perte de confiance au suicide. » Charles Cohen s’est donc mis en tête de créer une technologie pour protéger les utilisateurs des comptes Youtube et Twitter.

Plus de 1.700 téléchargements
L’intelligence artificielle du modérateur analyse, dans un premier temps, les mots-clefs, les insultes et les caractères violents. Puis elle se préoccupe du contexte, de la grammaire, des fautes, des émojis. Puis les supprime. « Il y a très peu de façon de contourner l’intelligence artificielle, assure Charles Cohen. On ne compte que 2 % d’erreur. »
Disponible gratuitement sur Android et iOS, l’appli scanne les commentaires de 1.700 youtubeurs, qui ont entre 800.000 abonnés et 50 abonnés. Depuis un an, elle a supprimé 50.000 commentaires injurieux, soit 1.000 par jour.

7.► Décès de Mauranne
C’est une bien triste nouvelle pour le monde de la musique. La chanteuse Maurane est décédée lundi 7 mai à l’âge de 57 ans. Elle a été retrouvée sans vie à son domicile de Bruxelles. Si les causes du décès ne sont pour le moment pas connues, un porte-parole du parquet belge a affirmé qu’une «information judiciaire a été ouverte». «A ce stade de l’enquête, il s’agit d’une mort qui n’est pas considérée comme suspecte par l’intervention d’un tiers», a-t-il ajouté.
Claudine Luypaerts, de son vrai nom, avait arrêté de se produire depuis 2016, en raison de problèmes aux cordes vocales. Mais il y a quelques jours, la chanteuse avait annoncé sur Twitter, son retour imminent sur scène mais aussi la sortie prochaine d’un album : «Je ne vous dirai pas dans quel état je suis, vous devez vous en douter», avait-elle plaisanté.
Depuis sa naissance, le 12 novembre 1960, Maurane avait toujours baigné dans la musique. Sa mère était pianiste et son père directeur d’une académie de musique. Elle avait sorti son premier single «J’me roule en boule» en 1980, mais devra attendre ses 26 ans en 1986 pour sortir son premier album, «Danser», qui la révélera au public et à Michel Berger qui en 1989 lui confiera le rôle de Marie-Jeanne dans la comédie musicale «Starmania» qu’il coproduit. Très polyvalente, la chanteuse ne s’est pas cantonnée à la musique et a mis un pied dans l’univers du cinéma. Ainsi, elle a joué dans pas moins de six films genre 1987 et 2018. Le dernier, intitulé «Le Collier rouge» est d’ailleurs sorti en mars dernier.
A l’annonce de sa mort, de nombreuses personnes lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux à l’image de Christophe Willem qui, sur Instagram, a déploré la disparition d’une «des plus grandes voix». «Le choc est brutal, tant j’ai son visage et le son de sa voix gravés dans ma mémoire, mélange de douceur éternelle et de désillusion sur la vie… Elle savait mieux que personne nous toucher en plein cœur car elle ne chantait pas, elle vivait sa musique, comme une respiration lente, profonde, pour essayer de suspendre le temps ne serait ce qu’un instant et adoucir ce monde, son monde…», a-t-il ajouté.

Richard POGLIANO

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