REGARDS EN COIN (101)

Quelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1. La langue française
2. La poubelle de l’histoire
3. Trump et le va-t-en-guerre
4. Le scandale Facebook
5. La santé de la Planète
6. ToysRus et la baisse de natalité
7. Les bourses asiatiques dévissent

1.► La langue française
Emmanuel Macron présente ce mardi (*) sa « stratégie » pour promouvoir le français afin de le faire passer de la cinquième à la troisième place des langues les plus parlées dans le monde. Il a choisi « le temple » de la défense du français, l’Institut de France, pour prononcer un discours « positif » à l’occasion de la Journée internationale de la francophonie. « Je ne fais pas partie des défenseurs grincheux » de la langue française, mais « je suis un défenseur conquérant et ambitieux », a lancé début mars Emmanuel Macron en accueillant le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard.
A ce titre, il n’hésite pas à bousculer les tenants sourcilleux de la prééminence de la langue française en toute occasion. En Inde récemment, comme à Davos ou devant des patrons étrangers, il s’est ainsi exprimé en anglais là où ses prédécesseurs, moins à l’aise dans cette langue, privilégiaient toujours le français. Sur les réseaux sociaux, son tweet le plus partagé est « Make our planet great again », lancé pour répliquer à Donald Trump après l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le climat.
Le français, « la première langue de l’Afrique » ?
Parallèlement, Emmanuel Macron s’est montré à plusieurs reprises offensif sur la francophonie. Il a appelé à relever « le défi » de faire du français « la première langue de l’Afrique » dans son discours « à la jeunesse africaine » à Ouagadougou en novembre. C’est en effet grâce au dynamisme démographique de l’Afrique que la francophonie est l’espace linguistique à la plus forte croissance : +143 % entre 2015 et 2065 (+62 % pour l’anglais), selon l’ONU. D’ici à 2065, un milliard de personnes devrait parler français, soit cinq fois plus qu’en 1960, au deuxième rang des langues internationales derrière l’anglais et au troisième des langues les plus parlées (internationales ou pas).
Le français est actuellement cinquième après le mandarin, l’anglais, l’espagnol et, suivant les estimations, l’arabe ou l’hindi, selon l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Ces dernières années, l’Afrique a fourni 80 % de la croissance, ajoute l’OIF. Il faut donc avoir « une conception ouverte » de la francophonie en prenant acte que « le français est désormais plus parlé hors de France que sur le territoire national », indique-t-on à l’Elysée.
L’avatar du colonialisme
Mais certains intellectuels africains estiment que Paris, en promouvant ainsi la francophonie, n’a pas encore tourné la page du passé colonial. « La francophonie est malheureusement encore perçue comme la continuation de la politique étrangère de la France dans ses anciennes colonies », explique l’écrivain Alain Mabanckou pour justifier son refus de collaborer avec Leïla Slimani, romancière franco-marocaine que Macron a nommée sa « représentante personnelle pour la francophonie ». « Il faut en finir avec cette affirmation – saugrenue – qui voudrait faire de la francophonie un avatar du colonialisme », a réagi la Canadienne native de Haïti Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’OIF, qui regroupe 84 Etats et gouvernements.
Au-delà de l’Afrique, Emmanuel Macron veut accentuer les efforts pour augmenter le nombre d’apprenants du français par Internet, par l’implantation d’universités et de grandes écoles à l’étranger et par une meilleure formation des professeurs. A New Delhi, il a ainsi appelé à doubler le nombre d’étudiants indiens accueillis en France pour le porter à 10.000 d’ici à 2020. Il devrait en outre annoncer des mesures pour aider les réfugiés débarqués en France à apprendre le français.
Avant de prononcer son discours, Emmanuel Macron recevra une quinzaine d’acteurs de la francophonie à déjeuner, dont la chanteuse malienne Rokia Traoré, le rappeur MHD ou l’écrivain algérien Kamel Daoud.
(*)20Minutes-AFP-20032018

2.► La poubelle de l’histoire
John Brennan a violemment réagi au limogeage de l’ancien n°2 du FBI, Andrew McCabe…
Les couteaux sont sortis (*). Vendredi, l’ancien n°2 du FBI, Andrew McCabe, a été limogé 24 heures heures avant sa retraite, officiellement pour avoir « induit en erreur » le ministère de la Justice lors de l’enquête sur Hillary Clinton. Dans la foulée, samedi, l’avocat de Donald Trump a appelé à « mettre fin » à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. Alors que le président américain semble tenter le tout pour le tout pour tourner la page, l’ancien directeur de la CIA l’a attaqué avec une rare violence sur Twitter.
« Quand l’étendue de votre vénalité, turpitude morale et corruption politique sera connue, vous trouverez votre juste place dans la poubelle de l’Histoire comme un démagogue déchu », écrit John Brennan, qui a dirigé la CIA entre 2013 et 2017 et a donc eu accès à de nombreuses informations classifiées sur l’ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine
Viré par le président américain, l’ancien patron du FBI, James Comey, y est également allé de son petit tweet cinglant :
« Mr le président, le peuple américain va entendre ma version très bientôt. Et ils pourront alors juger qui est honorable et qui n’est l’est pas. »
Mueller en danger ?
Selon les démocrates, s’attaquer à Andrew McCabe et à James Comey est une manière pour Donald Trump de discréditer le FBI, et indirectement le procureur Robert Mueller, qui a repris le flambeau de l’enquête.
« Comme la commission de la Chambre sur le Renseignement l’a conclu, il n’y a pas eu de collusion entre la Russie et la campagne de Trump », a insisté le président américain sur Twitter. Si Donald Trump n’a pas encore directement demandé au ministère de la Justice de mettre fin à l’enquête du procureur Robert Mueller, son avocat John Dowd s’en est chargé dans une interview au site The Daily Beast, samedi, déclarant : « Je prie pour le vice-ministre de la Justice Rod Rosenstein en termine avec l’enquête sur une collusion présumée avec la Russie fabriquée par le supérieur de McCabe, James Comey. »
Donald Trump va-t-il tenter de se débarrasser du procureur Robert Mueller, comme Nixon l’avait fait lors du Watergate ? Le sénateur républicain Lindsey Graham avait lancé un message d’avertissement en février : « Limoger Robert Mueller signerait la fin de la présidence de Donald Trump. » Tic, toc, le season finale approche.
(*)20Minutes-PhilippeBerry-17032018

3.► Trump et le va-t-en-guerre

3.► Trump et le va-t-en-guerre
En choisissant ce faucon néoconservateur comme conseiller à la Sécurité nationale, le président américain envoie un message d’avertissement à l’Iran et à la Corée du Nord…
Il y a moins d’une semaine, la Maison Blanche jurait que Donald Trump et son conseiller à la sécurité nationale, le modéré H.R. McMaster, avait « une très bonne relation ». Jeudi (*), l’ancien général a pourtant pris la porte, remplacé par le faucon néoconservateur John Bolton, qui prendra ses fonctions le 19 avril, juste à temps pour la rencontre avec Kim Jong-un et la négociation sur l’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien. Et l’ancien ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, soutien indéfectible de l’invasion de l’Irak en 2003, a milité ces dernières années pour des frappes préventives sur l’Iran et la Corée du Nord.
« Pour arrêter l’Iran, bombardez l’Iran »
En 2015, ce diplomate moustachu avait critiqué les négociations menées par Barack Obama pour trouver un accord sur le nucléaire iranien. « Pour arrêter l’Iran, bombardez l’Iran », suggérait-il dans un éditorial publié par le New York Times. « Il ne reste plus beaucoup de temps, mais une frappe pourrait être efficace pour rendre inopérable les installations d’enrichissement d’uranium de Natanz et Fordow », écrivait-il.
Depuis, il milite pour que Donald Trump claque la porte de l’accord de Vienne, tout comme le futur chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. Après avoir botté en touche en janvier en levant les sanctions « une dernière fois », le président américain doit revisiter la question en mai.
Contre la Corée du Nord, « frapper les premiers »
John Bolton, qui a occupé différentes positions dans l’administration américaine de George W. Bush, est un partisan déclaré des guerres « préventives ». Une position qui résonne fortement à l’approche du sommet historique entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.
Dans une tribune fin février dans le Wall Street Journal, il s’est fait très clair : « Il est parfaitement légitime pour les Etats-Unis de répondre » à « la menace » représentée par une Corée du Nord nucléaire « en frappant les premiers », a-t-il écrit. « Combien de temps doit attendre l’Amérique avant d’agir pour éliminer cette menace ? »
(*)20Minutes-PBavecAFP-23032018

4.► Le scandale Facebook
Des millions d’utilisateurs de Facebook piégés par un test de personnalité. Facebook s’est retrouvé ce lundi au centre d’une polémique, autour de l’utilisation indue des données personnelles de millions d’utilisateurs par une société liée à la campagne de Donald Trump. Un scandale qui touche au cœur de son modèle économique.
Selon plusieurs médias (*), parmi lesquels The New York Times et le journal britannique The Observer, l’entreprise Cambridge Analytica (CA), spécialisée dans la communication stratégique, a récupéré sans leur consentement les données de 50 millions d’utilisateurs pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d’influencer le vote des électeurs. Ces données auraient été récupérées via une application de tests psychologiques téléchargée par 270.000 utilisateurs du réseau social. Développée par le psychologue russe Aleksandr Kogan, l’application aurait ensuite fourni les données à CA.
Accès aux serveurs de l’entreprise
La récolte illégale de ces données est d’ampleur : Facebook a précisé que l’application avait aussi pu avoir accès aux données des «amis» des utilisateurs ayant téléchargé l’application. CA, qui a travaillé pour la campagne du républicain Donald Trump en 2016, a indiqué que ces données n’ont pas été utilisées dans le cadre de la campagne présidentielle de Donald Trump, ni dans celui du Brexit.
De son côté, Facebook dit avoir fermé le compte de la firme et avoir engagé un cabinet d’audit numérique pour faire la lumière sur cette affaire. L’entreprise a perdu 6,8 % en bourse depuis ces révélations. Mais le régulateur britannique de l’information et des données personnelles a annoncé qu’il allait émettre un mandat mardi pour avoir accès aux serveurs de CA.
Des techniques pour piéger ses rivaux
C’est dans ce contexte que le chef de la sécurité de Facebook Alex Stamos a indiqué ce lundi que sa mission se concentrait désormais sur la sécurité autour des élections mais qu’il n’avait pas quitté l’entreprise. En outre, la chaîne britannique Channel 4 News a diffusé lundi des images en caméra cachées, où l’on voit le directeur de Cambridge Analytica évoquer des techniques pour piéger des rivaux politiques aux élections. CA a également nié.
Cette polémique tombe d’autant plus mal que Facebook, comme Twitter ou Google, est accusé depuis des mois d’avoir contribué à manipuler l’opinion publique, en particulier par des entités liées à la Russie lors de la campagne présidentielle américaine ou celle du référendum sur le Brexit en 2016.
(*)20Minutes-AFP-20032018

5.► La santé de la Planète
Les experts réunis à Medellín en Colombie doivent rendre leur rapport et leurs préconisations aux dirigeants du monde ce vendredi…
« La biodiversité et le changement climatique sont les deux faces de la même pièce de la crise écologique à laquelle nous sommes confrontés », a souligné Marco Lambertini, directeur général de WWF. Durant trois ans, quelque 600 chercheurs ont travaillé bénévolement sur ces évaluations régionales, qui synthétisent les données d’environ 10.000 publications scientifiques.
La situation va se détériorer
Le résultat final couvre la totalité de la Terre, hormis les eaux internationales des océans et l’Antarctique. « La conférence de l’IPBES va nous dire que la situation continue à se détériorer », a précisé le directeur général du WWF en estimant que les experts allaient souligner « l’importance de protéger la Nature pour notre propre bien ».
La planète est confrontée à une sixième extinction de masse d’espèces de plantes et d’animaux, la première depuis la disparition des dinosaures. Deux espèces de vertébrés ont ainsi disparu en moyenne chaque année depuis un siècle. Une autre est sur le point de disparaître avec la mort récente de Sudan, célèbre rhinocéros blanc du Kenya et dernier mâle de son espèce, décimée par le braconnage et dont il ne reste que deux femelles. « Si nous continuons ainsi, oui, la sixième extinction, la première causée par les humains, va se poursuivre ! », a averti Robert Watson, président de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
La moitié des espèces menacées d’ici 2080
« La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas trop tard », a-t-il toutefois déclaré. En effet, les 750 scientifiques et décideurs de 116 pays membres de l’IPBES ont rédigé une synthèse de chacun des quatre rapports, destinées aussi à orienter les dirigeants en matière de protection de la biodiversité. Chaque mot de ces textes longs d’une trentaine de pages a été négocié lors de débats à huis clos à Medellin, deuxième ville de Colombie.
Selon le WWF, entre un quart et la moitié des espèces de 33 régions du monde parmi les plus riches en biodiversité pourraient être menacées d’ici 2080 par le dérèglement du climat.

6.► ToysRus et la baisse de natalité
Depuis quelques mois, la société ToysЯus, célèbre chaîne de magasins de jouets, est en faillite, et un article paru dans le Washington Post explique la raison pour laquelle la société risque de fermer huit cents magasins aux États-Unis (*).
ToysЯus explique donc que la raison de la mauvaise santé de l’entreprise est liée au déclin des naissances de ces dernières années, ce qui les prive de clients potentiels. L’article du Washington Post propose des données supplémentaires mettant en évidence la corrélation très forte qui existe entre les ventes de jouets et la natalité
Ceci n’est, hélas, que le début. En effet, la faible natalité d’aujourd’hui aura forcément des conséquences dans les secteurs économiques liés à une classe d’âge. En France, par exemple, le nombre de naissances a baissé pour la troisième année consécutive, comme le révélait Le Figaro en janvier dernier. En 2017, 767.000 bébés sont nés en France : 17.000 de moins qu’en 2016, soit une chute de 2,1 %. Ces 17.000 enfants en moins, ce sera, dans un premier temps, moins de ventes de produits nécessaires aux bambins, puis, six ans après, moins de produits pour les enfants scolarisés. Et quelques années après, moins de produits pour « la jeunesse », les « ados ». Et ainsi de suite…
(*) BdVoltaire-BenjaminLeduc-21032018

7.► Les bourses asiatiques dévissent
Les bourses asiatiques dévissent ce matin après que Donald Trump a décidé d’entrer en guerre commerciale avec la Chine. Le président américain envisage d’imposer 60 milliards de dollars de taxes sur une centaine de produits chinois, dénonçant au passage « l’agression économique de Pékin », « sa concurrence déloyale » et « le vol de propriété intellectuelle ».
À l’ouverture, Hong Kong plongeait de plus de 3 % tandis que Shanghai abandonnait 2,80 %. Il faut dire que Pékin n’a pas l’intention de se laisser faire. La riposte ne s’est pas faite attendre. Dans un communiqué, le ministère chinois du Commerce annonce une série de représailles aux mesures prises par Washington.
Ainsi 128 produits en provenance des États-Unis seront taxé par Pekin, à 15% pour les uns et à 25% pour les autres. Dans la liste on trouve en vrac les fruits frais, le vin, l’éthanol, le ginseng, le porc et l’aluminium recyclé.

Richard POGLIANO

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