QUE VIVE LE DRAPEAU FRANÇAIS

Notre drapeau ʺbleu-blanc-rougeʺ flotte aujourd’hui à tous les balcons de France…

C’est celui qui fut restauré il y a cent quatre-vingt-cinq ans par Louis-Philippe, le 1er août 1830, après quinze années d’un drapeau blanc, comme fleur de lys (*).
A l’origine, c’était une simple cocarde que les révolutionnaires avaient créée le 13 juillet 1789, une cocarde bleu et rouge, aux couleurs de la ville de Paris, et que portaient tous les « soldats de la Patrie ».
C’est La Fayette qui, le 17 juillet 1789, a introduit le blanc au côté du rouge et du bleu, pour être agréable à Louis XVI qui était dans l’obligation de la porter.
Un décret du 24 octobre 1790 instaure le drapeau tricolore, qui flotte désormais sur tous les bâtiments et navires français. Pour Mirabeau, il est « 
le signe de ralliement de tous les amis, tous les enfants de la liberté ».
Au départ, le rouge est fixé près du bâton et ce n’est qu’en 1792 qu’il sera décidé de fixer le bleu près du bâton, pour que le rouge, couleur de la révolution, flotte au vent.
En 1848, Blanqui voulut imposer le drapeau rouge comme emblème national, mais Lamartine s’y opposa farouchement et l’emporta, avec son fameux discours : «
 le drapeau rouge que vous rapportez n’a jamais fait que le tour du Champ de Mars, trainé dans le sang du peuple en 91 et 93 ; le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie ! […] Si vous m’enlevez le drapeau tricolore, sachez-le bien, vous enlevez la moitié de la force extérieure de la France, car l’Europe ne connaît que le drapeau de ses défaites et de nos victoires dans le drapeau de la République et de l’Empire. En voyant le drapeau rouge, elle ne croira voir que le drapeau d’un parti ; c’est le drapeau de la France, c’est le drapeau de nos armées victorieuses, c’est le drapeau de nos triomphes qu’il faut relever devant l’Europe. La France et le drapeau tricolore, c’est une même pensée, un même prestige, une même terreur au besoin pour nos ennemis ».


Symbole des innombrables victoires de La Révolution et de l’Empire (1789-1814-1815), symbole de l’héroïsme et du sacrifice des poilus de la 1ère guerre mondiale (1914-1918), symbole de la France libre et résistante de la 2ème guerre mondiale (1939-1945), symbole de la liberté dans le monde entier, symbole de l’unité nationale et propriété de tous les Français, le drapeau Bleu-Blanc-Rouge symbolise aussi un indispensable devoir de mémoire.

« Pendant la 2ème guerre mondiale, dans la ville occupée par l’ennemi qui en revendiquait la possession, l’instituteur nous apprenait « La Marseillaise » et « Le Chant du départ ». En juillet 1944, j’ai vu pendre à des lampadaires, à cent mètres de chez moi, deux « francs-tireurs et partisans français ». Et les allemands casqués pointaient leurs fusils sur nos fenêtres. Le jour de la Libération, j’ai couru de barricade en barricade, et mon père portait un brassard tricolore. Au pied des lampadaires on avait déposé des gerbes de fleurs et une affichette: « Morts pour la France” » écrit Max Gallo dans « L’amour de la France expliqué à mon fils ».

Son histoire mouvementée traversée par la grande et la petite histoire, ses multiples représentations dans des œuvres célèbres, romanesques ou picturales à toutes les époques, ses couleurs associant le chaud et le froid expliquent que le drapeau tricolore est aujourd’hui le seul emblème national de la France, défini par l’article 2 de la constitution de la Cinquième République.

Richard POGLIANO

(*) L’Obs-2665-03122015

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