QUAND IL PART, IL NE SAIT PAS ÒU IL VA…

Beaucoup d’entre vous m’interrogent, s’interrogent, sur la décision française d’intervenir en Syrie prise par le Président de la République. Du moins, dans un premier temps, sous forme de vols de reconnaissance.


Mais, quelle en sera la suite ?

Depuis trois ans, les multiples erreurs commises par la France montrent l’aberration de la politique française, je devrais dire l’absence de politique française. Pour Fabius et Hollande, Bachar-al-Assad était l’ennemi public numéro 1, en 2012. En 2013, les mêmes décidaient d’une intervention militaire contre le régime d’Assad, pour faire tomber le tyran. C’était l’époque du ʺni ʺ Bachar – ʺni ʺ Dae’ch ! Et puis…le ʺpomponʺ, en 2014 les avions français frappent Dae’ch en Irak avec interdiction d’intervenir en Syrie. Sans compter qu’entre temps, la France s’est complètement coupée de la Russie, par une hostilité sans cesse croissante à l’égard de Vladimir Poutine. Erreurs après erreurs, il n’y a pas de pilote dans l’avion de la diplomatie française !

Aujourd’hui, après plus de 6 500 frappes en un an sur le territoire irakien et syrien, l’organisation Etat Islamique n’a pas reculé d’un pouce. Bien au contraire, le Califat Islamique créé le 29 juin 2014 progresse de partout, et tout particulièrement le long des grands axes de communication. Un comble pour les forces de la coalition et ses dix-huit membres : Allemagne, Arabie Saoudite, Australie, Bahreïn, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, EAU, Etats-Unis, France, Jordanie, Maroc, Pays-Bas, Portugal, Qatar, Royaume-Uni et Turquie. Et même dans ce cadre là, la France n’a toujours pas de vision politique, hors les fameux vols de reconnaissance.

Le changement d’attitude du Président de la République, désavouant son ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius, ne tient pas lieu de stratégie politique. Or, il est urgent d’en définir une, car de l’avis de tous les militaires pour vaincre Dae’ch il faut non seulement du temps, trois ans au bas mot, mais surtout un projet concerté avec toutes les parties prenantes. Et la France devrait s’imposer une réflexion immédiate et des propositions conséquentes, si elle veut éviter le précédent fiasco politique de l’intervention de 2011 en Lybie.

Pour l’heure, comme je le dis souvent, avec François Hollande, quand il part, il ne sait pas où il va… et quand il arrive, il ne sait pas où il est !

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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