PRESIDENTIELLES 2017 : LE CASSE-TETE DES LEGISLATIVES (*)

C’est le scrutin clé de ce printemps 2017.
Alors que le public a les yeux rivés sur le feuilleton présidentiel, les partis politiques s’affairent pour le coup d’après.
Les élections législatives, qui auront lieu les 11 et 18 juin prochains, passionnent moins les foules. Pourtant ce scrutin s’avérera crucial puisqu’il déterminera la composition de l’Assemblée et donc la capacité du futur chef de l’Etat à appliquer son programme. Chaque formation politique tente donc de mettre le plus de chances de son côté, que ce soit le Parti socialiste, En Marche !, le Front national ou Les Républicains, pour ne parler que d’eux.

Parti socialiste

Au PS, la phase d’investiture a été perturbée par les ralliements d’élus socialistes à En Marche ! et les négociations avec les alliés et partenaires potentiels. La victoire de Benoît Hamon à la primaire puis son accord avec le candidat des Verts Yannick Jadot ont rebattu les cartes. Il faut peut-être s’attendre à des accords dans certaines circonscriptions détenues par d’autres formations de gauche ou des écologistes où des socialistes avaient été investis.

Parmi les 395 candidats investis en décembre dernier, une poignée a rallié Emmanuel Macron, comme Christophe Castaner (Alpes de Haute-Provence), Alain Calmette (Cantal) ou Gilles Savary (Gironde). Si leur sort n’est pas encore tranché, le premier secrétaire du PS a menacé d’exclure les fuyards.

Quant aux 150 circonscriptions qui devaient rester « gelées » jusqu’en février, elles le sont encore. Selon certains socialistes interrogés par Marianne, c’est parce que Solférino, « ne veut pas insulter l’avenir » en cas de victoire du candidat d’En Marche à la présidentielle.

A sa gauche, le PS sera en compétition avec les candidats investis par La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et ceux du Parti communiste. Les législatives n’ont d’ailleurs pas aidé à une éventuelle alliance Mélenchon-Hamon, ce dernier ayant refusé de retirer des investitures socialistes, notamment celle de Myriam El Khomri.

Front national

Avec quelle majorité parlementaire pourraient gouverner Marine Le Pen et Emmanuel Macron, deux des favoris de la présidentielle, alors que l’Assemblée est alternativement contrôlée par les socialistes et les Républicains ?

Du côté du Front national, les ambitions ont été revues à la hausse par rapport à 2012. Le parti, qui (il en faut 15 pour former un groupe), en a investi 540 le 22 mars dernier. Il reste donc 37 circonscriptions, une petite marge de manœuvre réservée à d’éventuels ralliements, ou à des ténors du parti qui se décideraient après la présidentielle.

Pour accroître leurs chances de peser dans l’hémicycle, les frontistes essaient aussi de convaincre des élus LR de les rejoindre. Ainsi, le député Gilbert Collard affirme au Figaro qu’il courtise une vingtaine d’élus de droite, dont Thierry Mariani.

En Marche !

En Marche !, parti lancé par Emmanuel Macron il y a un an, participe pour la première fois aux élections législatives. Chez l’ancien locataire de Bercy, on ne s’est pas simplifié la tâche en se fixant pour objectif de présenter des candidats dans chacune des 577 circonscriptions, avec autant de membres de la société civile que d’élus, tout en respectant la parité hommes-femmes.

Après avoir reçu 14.000 candidatures, le parti n’a toujours pas dévoilé de liste d’investitures. Autre contrainte : la volonté de présenter des candidats de gauche, de droite et du centre. Il faut ajouter à ce cahier des charges bien fourni l’accord passé avec le MoDem en échange du soutien de François Bayrou. Les négociations ne sont pas encore terminées.

La commission chargée de trancher sur les investitures a du pain sur la planche et n’a pas fixé de date pour la clôture des candidatures (toujours ouvertes en ligne) ni pour la publication des investitures. L’ex locataire de Bercy veut toutefois se montrer confiant. « Si c’est notre projet qui est choisi [à la présidentielle], il ne fait pas de doute que les Français iront jusqu’au bout de leur choix et nous donneront les moyens de l’appliquer », a-t-il déclaré le 28 mars dernier. Mais lui aussi se réserve la possibilité de temporiser en dévoilant les investis par vagues successives, jusqu’au lendemain du second tour de la présidentielle.

La possibilité qu’En Marche ! n’obtienne pas de majorité aux législatives aurait incité Manuel Valls à entériner son divorce avec Benoît Hamon afin de rassembler autour de lui quelques socialistes dits « réformateurs ». Un groupe qui pourrait se faire courtiser par les macronistes en quête d’une majorité parlementaire, selon un socialiste cité par Libération.

Les Républicains

A droite, la présidentielle a pris des airs de films catastrophe. Pour la suite, on aspire à moins de rebondissements lors des législatives. Sans rêver d’un « happy end » idyllique ni de miracle, les cadres LR espèrent sauver les meubles. « Une majorité, je ne sais pas, mais en tout cas, je ne crois pas à une Berezina », affirme Laurent Wauquiez au Figaro.

Reste que certains députés ont déserté la campagne de François Fillon pour se concentrer sur leur circonscription. Enfin, après avoir failli tomber à l’eau au fil des scandales de la campagne de François Fillon, l’accord avec les centristes leur garantit finalement 92 circonscriptions et 46 primaires UDI/LR.

(*)http://actualite.20minutes.fr/Interstitial/TwentyMinutes/2017/04/01/

 

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