POUR UNE ENTREPRISE CITOYENNE

Le débat sur la ré-industrialisation de la France est sans cesse relancé (*), tout comme celui d’une entreprise citoyenne…

A l’heure où l’affaire des « Panama Papers » n’en finit pas de faire des dégâts, et d’abord dans l’inconscient collectif de nos concitoyens…
A l’heure où nos dirigeants déclarent leur amour pour l’entreprise, et n’offrent que leurres ou buzz médiatiques…
Il est important de rappeler que de nos entreprises françaises dépendent aussi bien le Produit Intérieur Brut (PIB) de la nation, pour plus des trois quart, que, par voie de conséquence, la croissance et les emplois.
Et qu’il nous faut donc aussi bien protéger nos entreprises, en ayant une politique fiscale juste et adaptée, que les aider à se développer, en favorisant et l’investissement et la création d’emplois.

En contrepartie de quoi, nos entreprises se doivent d’être des acteurs responsables de notre économie, en un mot d’être des entreprises citoyennes.

Or, plus elles sont importantes, plus nos entreprises semblent n’avoir que pour seul objectif la maximisation des profits et des dividendes à distribuer, notamment par l’optimisation fiscale, y compris dans les paradis fiscaux (**).
Aux yeux de nos concitoyens, elles semblent ne devenir que des « machines à cash », avec des rendements à deux chiffres alors que la croissance de notre pays ne dépasse qu’avec peine les 1%.
Ainsi apparaît un déséquilibre de plus en plus grandissant entre l’entreprise et la société, la première exploitant au maximum les ressources qu’offrent la seconde, sans aucune contrepartie.
Un tel message est d’autant plus ressenti fortement que nous sommes en période de crise !

Voilà pourquoi il est du devoir de nos dirigeants de s’assurer que nos entreprises, quelle que soit leur taille ou leur activité, deviennent de véritable vecteur de notre « bien vivre ensemble ».
Car l’entreprise doit devenir le lieu où se créent les conditions optimales de ce « bien vivre ensemble », parce qu’elle est le lieu où se rencontrent (et parfois s’affrontent) les cinq acteurs majeurs de notre économie : l’entreprise elle-même, les salariés, les clients, les fournisseurs et les actionnaires.

C’est dans la réalisation de ces conditions d’optimisation de la satisfaction de ses partenaires qu’une entreprise devient une entreprise citoyenne.

C’est donc un nouveau management qu’il nous faut mettre en place, un management tout entier tourné vers les valeurs fondamentales de notre société républicaine, un management qui remet l’humanisme au centre de ses préoccupations.

C’est donc à de nouvelles règles de fonctionnements qu’il nous faut réfléchir, pour que dans notre économie de marché l’entreprise ne soit plus au service du marché, mais au service de l’homme.

Richard POGLIANO

(*) Cf Newsletter n°97 du 15 avril 2016
(**) Cf Newsletter n°96 du 11 avril 2016 et Regards en coin n°41 in Newsletter n°98


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