PLUS JE DEPENSE, PLUS JE GAGNE…

Plus je dépense, plus je gagne…

Non, nous ne sommes pas à l’Elysée, dans la salle du Conseil des Ministres du gouvernement socialiste français.
Nous sommes sous la nef du Grand Palais, à la 41
ème Foire Internationale d’Art Contemporain (FIAC) de Paris.

Forte de ses 75 000 visiteurs, entre le 23 et le 26 octobre, avec ses 190 galeries-exposants venus de 25 pays, la FIAC accueille les artistes et les investisseurs du monde entier. De Yves Klein, Lucio Fontana, Daniel Buren à Olafur Oliasson, Anish Kapoor, Robert Ryman, en passant par Estefania Penafiel Loaiza, Nan Goldin et Michel François, tant d’autres artistes consacrés ou prometteurs, le marché de l’art contemporain ne sait jamais aussi bien tenu. Sur les douze dernier mois, son chiffre d’affaire en progression de plus de 30%, a dépassé les 1,5 milliards d’euros.

Langage d’émotions, l’art contemporain, qui finalement ne requiert pas de connaissance artistique particulière, est devenu un « big business ». Un marché sans régulation, dans un système de concurrence pure et parfaite, ou presque, qui fait qu’un Warhol qui ne se vendait pas à 200 000 euros il y a 30 ans, aujourd’hui vaut des millions !

Alors, bien entendu, ce marché attire les plus fortunés, et ceux qui le sont moins. Des collectionneurs certes, mais aussi des investisseurs. Car, en dix ans les prix de l’art contemporain ont augmenté de plus de 70% ! Mieux que l’immobilier (+55%), la bourse (+40%) ou l’or (+25%) !

Une œuvre de Félix Gonzalez-Torres acheté 60 000 euros en 1990, a été revendue 1,6 millions d’euros en 2000. Et cette œuvre de Jeff Koons vendue 1,7 millions d’euros en 2002, revendue 3,2 millions en 2006 pour finalement être adjugée 7,4 millions d’euros en mai dernier. Il y en a pour tous les prix, mais la progression reste la même. Ainsi des dessins de 2 500 à 3 500 euros ou des petites pièces à 5 000 euros qui augmentent de 10 à 15% par an.

L’art devient donc un placement. D’autant plus intéressant qu’il n’est pas soumis à l’ISF, et donc peut permettre d’y échapper pour ceux qui y investissent. Et même si la taxation des plus-values de cessions est de 31,5% (avec des options possibles), la fiscalité reste privilégiée que ce soit avec une TVA de 5,5% sur l’achat d’œuvres hors d’Europe, ou des droits de succession réintégrant les œuvres d’art dans les meubles. Une fiscalité des plus avantageuses en France, aussi bien par rapport aux autres activités de marché que par rapport aux autres pays européens.

Ainsi l’art contemporain est un produit qui se valorise en fonction de sa cherté, véritable source de gains, parfois exponentielle, lorsque son acquisition est coûteuse.
Plus je dépense, plus je gagne.

Richard POGLIANO – Président du Cercle de Nice

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