PERVERSE LOI MACRON

«C’est la loi la plus volumineuse jamais examinée », témoigne un député dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale ce 26 janvier.
Un projet de 500 pages, 200 articles, 1 743 amendements déposés et 495 adoptés, sous le titre ʺ
Pour la croissance et l’activitéʺ.

Mais de croissance, il n’est nullement question. Véritablement. Concrètement. Un vaste fourre-tout, plutôt qu’une loi. Sans aucune disposition relative à la production française. Ni d’impératif industriel, ni de création de richesse, d’innovation, de commerce extérieur et encore moins d’emploi.
Mais un hymne à la dérèglementation dite concurrentielle, comme si elle allait régler tous nos maux et un appel à la privatisation plus destructrice qu’organique, comme si elle allait régler la dette de la France.

A la fin du troisième trimestre 2014, la dette publique de la France s’établissait à 2 031,5 milliards d’euros, soit une hausse de 96 milliards en un an. Elle a triplé en vingt ans (680 milliards en 1995) et doublé en dix ans (1 025 milliards en 2013). Cette dette s’élève aujourd’hui à 30 770 euros par habitant, contre 12 000 euros en 1995. En pourcentage du PIB, la dette publique atteint 95,2% et devrait frôler la barre des 100% à la fin 2015 (a).

Face à cette dette et à une croissance nulle, la loi Macron n’apporte aucune solution. Face à la terrible hausse du chômage, même chose. Et Anne Perrot, l’économiste qui préside la commission d’experts nommés par le ministre pour étudier la loi, de déclarer : « Il sera difficile de se prononcer sur les effets des réformes en matière de création d’emplois » (b).

Si la France s’installe durablement dans une croissance nulle, ou même inférieure à 1%, et si l’Europe entre dans une période de déflation, ou même là aussi dans une croissance inférieure à 1%, il faudra bien doper nos activités, en France comme en Europe. C’est ce que veut s’employer à réaliser Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne. Emmanuel Macron, lui, se trompe de combat et met la France en danger. Sa loi n’est pas seulement un leurre, elle est perverse pour notre économie. Même pour une économie à 1% (c).

Richard POGLIANO

(a)Chiffres de Pierre-Antoine Delhommais in Le Point 2207 – 1er janvier 2015
(b)In Challenges 417 – 22 janvier 2015
(c)Cf. ma prochaine Newsletter du 09.02.2015

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