Patients en danger pour cause de surménage dans les hôpitaux?

Patients en danger pour cause de surménage dans les hôpitaux?
(In nicematin.com – 16.10.12)

Un sondage mené auprès des internes des hôpitaux français pointe du doigt leurs cadences de travail : des astreintes de plus de 24 heures qui ne seraient pas sans conséquence sur la santé de leurs patients.

Ils sont les petites mains de l’hôpital. Une armée de blouses blanches. Plus tout à fait des étudiants. Pas encore des médecins. Même si dans les services, les patients leur donnent souvent du « Bonjour docteur ». Les internes font office de… « Toujours sous la surveillance d’un chef de service ou d’un senior », assure le Pr Philippe Paquis, président de la commission médicale du CHU de Nice. Pourtant, une étude menée par l’intersyndicale des internes (ISNIH) laisse entrevoir une tout autre réalité.

«Livrés à eux-mêmes»

Le questionnaire rempli par près de 7 000 de ces « apprentis-médecins » en France, dont 193 officiant dans les établissements de santé de la région PACA, révèle que « dans plus de 25% des cas les médecins seniors de garde ou d’astreinte ne sont pas prêts à répondre promptement aux sollicitations des internes ». Ces derniers s’estiment dès lors « livrés à eux-mêmes lors de leurs activités de permanence ».Des gardes à rallonge qui font exploser leur emploi du temps… Et mettraient en danger leurs patients !
Alors que la commission européenne a fixé à 48 heures par semaine le temps de travail maximum des internes, de nombreux étudiants en médecine dépasseraient allègrement les 60 heures d’activité hebdomadaires.
Ils auraient ainsi beaucoup de mal à prendre leur repos de sécurité, pourtant gravé dans le marbre de la loi depuis plus de dix ans.
Concrètement, ils seraient nombreux à enchaîner astreinte de jour, garde de nuit et formation académique : un interne sur cinq au niveau national, plus d’un sur trois au CHU de Nice!

« Erreurs médicales »

Ces journées de travail de « plus de 24 heures consécutives » pourraient nuire gravement à la santé des patients. L’étude de l’ISNIH révèle en effet que 15% des internes sondés sont convaincus d’avoir fait des « erreurs médicales » durant le repos de sécurité qu’ils n’ont pas pris ou pas pu prendre. Et encore 38 % d’entre eux pensent en avoir « probablement »commis une.
Voilà pourquoi l’ISNIH tire aujourd’hui la sonnette d’alarme : « Ce n’est pas une question de confort de travail, martèle son président François Petitpierre, mais de sécurité ! »

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