PAROLES D’ECONOMISTE….

Au moment de quitter le Fonds Monétaire International (FMI), l’économiste français Olivier Blanchard se confie (*).

Les flux de capitaux.

« S’il n’y avait pas eu la crise de 2008, je ne suis pas sur d’avoir été capable d’ouvrir certains débats. Pendant longtemps, le FMI a plaidé pour leur liberté totale de circulation. Mais il est devenu évident que, dans certains cas, cela pouvait s’avérer contre-productif. Là encore, l’institution a su adopter une position plus ouverte ».

La Grèce.

«  Quand on lance une corde à un noyé, il faut que la corde soit suffisamment longue pour qu’il puisse l’attraper. Lancer une corde un peu trop courte, quelle que soit l’intention, n’est pas suffisant ».

La zone euro.

« Je suis un inconditionnel de la construction européenne. Car j’estime que cela a changé la dynamique de ce continent politiquement, géopolitiquement après la guerre, et à partir de 1957. Mais cela fait maintenant vingt ans que je pense que l’euro n’est pas la construction idéale. L’euro n’est pas l’Europe. La monnaie commune a une valeur symbolique, mais c’est fondamentalement un truc technique. Et l’euro est une contrainte énorme dans le cas d’un processus d’ajustement budgétaire ou de compétitivité ».

La réforme en France.

« J’accepte la réalité. Il ne peut pas y avoir de ʺgrand soirʺ réformiste en France. Les Français y sont allergiques. Procéder par petits pas, c’est peut-être la bonne méthode. A condition de ne pas s’arrêter après le premier pas ».

La situation économique mondiale.

« A des degrés différents et variables selon les pays, la persistance de niveaux d’endettement élevés des Etats, des ménages comme des entreprises pèse sur la croissance. Le niveau de la dette publique n’est pas catastrophique, les entreprises ont plus de cash que ce dont elles pourraient rêver. Avec des taux d’intérêt à zéro, on s’attendrait donc à une croissance forte. (…) Face à des perspectives médiocres à moyen terme, les entreprises hésitent à investir, les consommateurs à dépenser. Ce qui limite la demande et la croissance à court terme ».

La thèse de stagnation séculaire.

« Il y a un graphique absolument extraordinaire sur l’évolution de la productivité depuis 1890. Il montre une baisse continue du taux de croissance de la productivité dans les grands pays riches depuis les années 1970. Il semble y avoir là un processus en profondeur. Mais faut-il s’attendre à 0,5 ou 1 point de croissance de PIB dans l’avenir ? On ne sait pas. Et ça change beaucoup de choses ».

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