NICE : QUESTIONS D’AVENIR (2)


     Lien social et solidarité.

L’histoire de Nice montre que la solidarité a toujours été une de nos valeurs cardinales.  Et pour nous, niçois, humanisme et solidarité sont des valeurs que nous exerçons au quotidien.

Mais la vie est là. Avec son cortège de difficultés. La crise, le chômage, la précarité, la pauvreté. Le vieillissement, l’isolement, la dépendance. Les ruptures de vie, la monoparentalité, la ghettoïsation. La liste est longue. Beaucoup trop longue.
Faut-il fermer les yeux. Regarder ailleurs. Vivre ailleurs. Ou bien, tout mettre sur la table. Réfléchir. Repenser. Se dire que la solidarité peut être un investissement pour demain, pour tous. Que recréer du lien social, là où il a disparu, c’est aussi retrouver des dignités. Et faire revivre, ensemble, des générations qui se sont éloignées.

A un moment où l’Etat n’anticipe sur aucun de ces sujets et se désengage,  où le secteur privé n’y trouve pas son compte, ou alors avec des prix exorbitants, comme dans le cas des maisons de retraite, c’est encore vers les collectivités locales que l’on se tourne.

Pour que la Collectivité Municipale coordonne l’ensemble des programmes urbains, en recherchant, dans chacun d’eux, toutes les possibilités à même de  diminuer les inégalités, dans l’espace et dans le temps.

     L’économie niçoise.

Je ne reviendrai pas sur les problèmes liés à l’économie niçoise. Je les ai déjà abordés.
Simplement, dire ici, qu’une mono-activité met notre économie en danger. Que le tourisme ne suffit pas, surtout lorsque le bâtiment est en déclin. Qu’il est nécessaire, dans le prolongement de mon propos précédent sur l’emploi et l’employabilité, de diversifier notre économie. Les pistes sont maintenant connues. Il suffit de les explorer.
Que Nice Méridia doit devenir, demain, notre Sophia Antipolis. Et qu’il n’est plus temps d’attendre. Mais qu’il faut aussi réinvestir et remodeler chacun de nos quartiers, comme autant de zones de chalandise. Comme autant de lieux d’enseignes, de commerce et d’artisanat. Chacun à son échelle.

Je ne reviendrai pas non plus sur l’impérieuse nécessité de développer un tissu de PME/TPE.
Simplement, dire ici, que nous devons rechercher des entreprises, quelle que soit leur taille, des commerces, des artisans, qui correspondent aux formations et aux métiers, et donc aux compétences, de notre bassin d’emploi.
Que nous devons aussi rechercher des entreprises tournées vers les métiers d’avenir, nouvelles technologies de l’information, nanotechnologies, énergies vertes. Mais également, faire venir à nous des centres de recherche, des universités étrangères, parce qu’agir local, c’est d’abord penser global.

Marcher sur ces deux axes, tel doit être l’objectif.
J’aurai l’occasion d’y revenir dans le prochain chapitre de cet essai.

Et c’est la Collectivité Municipale qui a la responsabilité, directe et totale, de mettre cette stratégie économique en place.

 

     Environnement et écologie.

Avec ses 2/3 de collines, ses 1 000 hectares en sites protégés et espaces verts, Nice est  une ville verte. Avec ses 8 kilomètres de littoral, ses 4 kilomètres de plages, Nice est une ville d’eau.
Tous les atouts sont ici réunis, pour un des plus beaux environnements de France. Et, sûrement d’ailleurs.

Encore faut-il le protéger. Contre une urbanisation débridée. Contre les problèmes de pollution, les émissions de CO2, surveiller la qualité de l’air, de l’eau. Enfin, toutes les atteintes à l’environnement.
Mettre en place de nouvelles normes, pour les logements en haute qualité environnementale, pour la collecte et le traitement des déchets. Enfin, tout ce qui va dans le sens des économies d’énergie et la réduction de toutes les formes de nuisances.

Et puis, réfléchir sur chaque quartier. Parce que c’est en préservant l’environnement de chaque quartier qu’on préservera l’environnement de notre ville.
On pourrait ainsi, lorsque cela est possible, réaliser des éco-quartiers. A construire ou à aménager. En utilisant des matériaux recyclables, écologiques et peu consommateurs. En améliorant la gestion des ressources, jusqu’à envisager qu’ils soient totalement autonomes, par l’utilisation des énergies renouvelables. Le photovoltaïque permettrait la production d’électricité et d’eau chaude. Les eaux de pluie pourraient être réutilisées pour l’arrosage, les toilettes. En isolant les maisons et les bâtiments, dont la taille serait limitée à six étages. En multipliant les espaces verts réservés aux piétons. Sans oublier l’éducation des adultes et des enfants du quartier à l’environnement.

Une telle démarche nécessite un long travail de concertation, non seulement avec la population concernée par tel ou tel projet, mais avec l’ensemble de tous nos concitoyens. Car il s’agit d’une véritable révolution écologique urbaine.

C’est à la Collectivité Municipale de mener la réflexion, de concilier les impératifs écologiques avec ses projets d’aménagement, et ouvrir de nouvelles pistes pour un développement durable.

 

(Extrait du livre « A PROPOS DE NICE » de Richard POGLIANO
– Editions Campanile – Pages 139 à 143)

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