NAPOLEON BONAPARTE (5)

LA DEBACLE ET LA CHUTE


Le nationalisme naquit et se déploya sous forme d’idéologie de résistance face à la domination napoléonienne dans les pays européens soumis à la France. Et les peuples se rapprochèrent pour se libérer du joug de plus en plus autoritaire de Bonaparte. Une libération qui devait forcément passer par la destruction de l’armée napoléonienne, ce qui jusqu’alors n’avait été à la portée que de l’armée du tsar de Russie.

Or, il y avait longtemps que le tsar Alexandre Ier était mécontent de son alliance avec la France. Aussi la Russie décida-t-elle de se retirer officiellement du blocus continental et de reprendre les relations commerciales avec la Grande-Bretagne.
C’est alors que Napoléon décida d’envahir la Russie.

Aux commandes de l’ « Armée d’Europe », Napoléon franchit le 22 juin 1812 la frontière russe et avança sur Moscou. Après avoir vaincu à Smolensk et Borodino, Napoléon occupa Moscou le 13 septembre. Les habitants avaient fui la ville qui brûla le lendemain (incendie probablement ordonné par le gouverneur Rostopchine) et fut mise à sac par les soldats.

La stratégie du général russe Koutouzov fut alors de pratiquer la tactique de la terre brûlée, pour rendre impossible l’approvisionnement de la Grande Armée française, tandis qu’il attendait patiemment l’arrivée de son meilleur allié : « le rigoureux hiver russe ».
Après cinq semaines infructueuses passées à Moscou, Napoléon entama la retraite le 19 octobre 1812 (1). La faim, le froid et le harcèlement constant des troupes russes firent de la retraite de l’armée française un véritable enfer. En novembre, le passage de la Berezina à hauteur de Studianka fut un cauchemar.  Napoléon abandonna ses troupes et partit précipitamment pour Paris afin d’écraser une tentative de soulèvement et mettre sur pied une nouvelle armée (2).

La frontière prussienne n’arrêta pas les Russes dans leur poursuite.

Autour de la Russie, une nouvelle alliance se créa contre Bonaparte : la Suède en mai 1813, la Grande-Bretagne en juin et l’Autriche en août entrèrent aussi en guerre. Le conflit tourna à la faveur des alliés lors de la bataille des Nations qui se déroula aux alentours de Leipzig (16-19 septembre 1813) et fit plus de 100 000 morts et blessés. L’alliance contre Bonaparte se généralisa à tous les pays européens et, dès le printemps 1814, la lutte s’était déplacée sur le sol français.

En plein hiver commença la campagne de France (décembre 1813-avril 1814).

Le 31 mars 1814, les alliés prirent Paris, et un gouvernement provisoire présidé par Talleyrand fut constitué. A Fontainebleau, l’armée obligea Napoléon à abdiquer (4-6 avril 1814) et à s’exiler sur l’île d’Elbe avec sa garde personnelle, composée de quelques huit cents hommes (3).

(à suivre)

 

 

  • En pleine campagne de Russie, le 15 octobre 1812, Napoléon approuva à Moscou la modification des statuts de Comédie-Française, dissoute en 1795, et lui octroya une vaste autonomie, la chargeant de la sauvegarde du patrimoine dramatique français.
  • Bonaparte envahit la Russie avec 700 000 hommes ; au bout de cinq mois de campagne, seuls 300 000 avaient survécu. Ce fut un des plus grands massacres de l’histoire.
  • Le 2 avril 1814, le Sénat français proclama la déposition de Napoléon, qui abdiqua quelques jours plus tard. Le 13, il accepta l’accord de Fontainebleau, conservant le titre d’empereur, une pension de l’Etat et le gouvernement de l’île d’Elbe.

 

 

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