NAPOLEON BONAPARTE (3)

LE GRAND EMPIRE  OU L’EUROPE AUX PIEDS DE BONAPARTE


Entre 1805 et 1807, l’Europe Centrale subit l’écrasant essor des armées napoléoniennes, emmenées par le génie militaire de l’empereur Bonaparte.

C’est la rivalité politique et économique avec l’Angleterre qui marqua la politique extérieure de Napoléon, dès son sacre d’empereur des Français. D’un côté, une nouvelle coalition anti-française autour de l’Angleterre, avec la Russie, l’Autriche, la Suède et Naples, coalition définitivement créée en août 1805. De l’autre, l’Espagne et les Etats Allemands méridionaux se trouvaient aux côtés de Napoléon.

La Prusse, qui penchait vers la coalition menée par l’Angleterre, préféra signer la paix après avoir été défaite en Autriche (1).
La défaite navale de Trafalgar, le 21 octobre 1805, où la flotte britannique mis en déroute la flotte franco-espagnole qui lui était pourtant supérieure, obligea Napoléon à renoncer à sa première idée d’envahir  les îles britanniques. Il décida d’abord de soumettre les alliés des Anglais sur le continent, puis il attaquerait  l’Angleterre.

Ce qu’il fit, méthodiquement.
Il vainquit à Austerlitz (2) les armées austro-russes, le 2 décembre 1805. Peu après, en 1806, Napoléon s’empara du royaume de Naples, sur le trône duquel il plaça son frère Joseph, puis plus tard son beau-frère Murat. Après ces victoires, le 12 juillet 1806 à Paris, les princes Allemands se défirent entièrement de leurs liens avec le Saint-Empire germanique et créèrent la Confédération du Rhin, nouvelle organisation territoriale placée sous protectorat français.

Le roi de Prusse prit alors le parti de la guerre, exigeant  le retrait des troupes françaises consignées sur la rive droite du Rhin et la dissolution de la Confédération. Dès octobre 1806, Napoléon marcha sur la Thuringe. Après avoir écrasé à Iéna (3) et Auerstädt (4) les troupes de Frédéric Guillaume III, Napoléon entrait triomphalement dans Berlin le 27 octobre 1806.  Poursuivant son avantage, Napoléon pénétra en Prusse orientale et vainquit les troupes tsaristes lors des batailles d’Eylau (5), Heilsberg (6) et de Friedland (7). Le tsar se déclara alors prêt à négocier avec les Français et signa avec Napoléon la paix de Tilsit, le 8 juillet 1807.
Napoléon atteignait le faîte de son pouvoir sur le continent.
En 1807, la domination française s’étendait en Italie, en Suisse, en Hollande, dans toute la Confédération du Rhin et dans la péninsule Ibérique.
L’organisation politique des Etats vassaux prenait des formes variées. Soit ils conservaient s leur  propre régime, soit ils étaient intégrés au système départemental (8), soit ils étaient réorganisés et donnaient naissance à de nouveaux royaumes.
Entre 1810 et 1812, la France contrôla l’ensemble du continent européen, à l’exception de la péninsule Balkanique. Tous les territoires des Etats européens, dominés personnellement par l’empereur ou placés sous l’autorité d’un roi membre de la famille de Napoléon (Westphalie, Hollande, Naples, Espagne) formèrent le Grand Empire.

(à suivre)

 

(1) Ulm (20 octobre 1805). Première grande victoire de la campagne de 1805. L’empereur ne perdit que 130 soldats et fit 20 000 prisonniers autrichiens lors du siège d’Ulm.

(2) Austerlitz (2 décembre 1805). Lors de la « bataille des Trois Empereurs », le génie de Napoléon vint à bout de l’armée austro-russe, six fois plus importante que la sienne.

(3) Iéna (14 octobre 1806). Sans la couverture de l’artillerie, les fantassins prirent d’assaut  l’inexpugnable colline d’Iéna, où avaient trouvé refuge les troupes prussiennes.

(4) Auerstädt (14 octobre 1806). Le maréchal Davout vainquit le duc de Brunswick. Ce fut la plus grande victoire remportée par un maréchal de Napoléon.

(5) Eylau (8 février 1807). Bataille au résultat indécis. Napoléon gagna la partie face au russe Bennigsen. Au total, elle fit plus de 40 000 morts.

(6) Heilsberg (10 juin 1807). Prélude à la bataille décisive de Friedland. Napoléon bloqua l’avancée des Russes qui se réfugièrent à Heilsberg.

(7) Friedland (14 juin 1807). L’armée repoussa le général Bennigsen à Friedland, où les Russes se défendirent  courageusement mais capitulèrent.

(8) De 83 départements français créés par l’Assemblée Constituante, on passa à 130 en 1810.

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