NAPOLEON BONAPARTE (2)

L’ ETAT BONAPARTISTE


Le prestige du Consul Napoléon grandit parallèlement à l’échec militaire et diplomatique de la deuxième coalition (1799-1802) – – composée de la Grande-Bretagne, de l’Autriche, de la Russie, du Portugal, de Naples et de l’Empire Ottoman – – opposée à la France et ses alliés, l’Espagne et la Hollande.

En signant le traité de Lunéville (février 1801), l’Autriche entérinait les dispositions de Campo-Formio de 1797, qui étendaient les frontières naturelles de la France jusqu’à la rive gauche du Rhin.
Privée de soutien, la Grande Bretagne se vit obligée de signer le traité d’Amiens, d’après lequel elle rendait à la France et à ses alliés les colonies dont elle s’était emparée.
En Italie, Napoléon acheva sa campagne par la conquête des républiques sœurs et fit de la République cisalpine le royaume d’Italie, qu’il plaça sous sa présidence directe, le Piémont restant administré par la France.

Pendant ce temps, une troisième coalition se préparait, sous l’égide du nouveau tsar Alexandre Ier (1801-1825).


A l’intérieur, avec l’accession au pouvoir de Napoléon, la France vécut une situation paradoxale. Les requêtes de la bourgeoisie révolutionnaire prirent force de loi, sous le coup d’une quasi-dictature militaire qui freinait toute liberté politique et aspirait à la royauté

Réaliste, pragmatique et éclairé, Napoléon renonça aux emprunts forcés, aux déportations de prêtres et à la lutte contre les émigrés, qu’il autorisa à rentrer en France sous certaines conditions.
Dans l’ensemble, l’Etat Bonapartiste se caractérisa par le centralisme et la disparition du fédéralisme. Il s’agissait d’un Etat national en extension et en pouvoir, où l’administration, le droit, l’éducation, la société et l’économie s’articulaient de façon unitaire.

Le Code Civil, ou code Napoléon, contribua à asseoir les acquis de la Révolution. Grâce à lui, les propriétaires jouirent dès 1804 des garanties légales dont ils manquaient auparavant. En outre, le code Napoléon garantissait la liberté personnelle, l’égalité juridique, la propriété privée, le mariage civil, le divorce… Conformément aux idées des Lumières, la raison vint remplacer la religion comme fondement du droit. Les individus capables pouvaient accéder aux postes les plus élevés de l’administration et de l’armée. Le code civil proclamait la liberté du travail, mais les ouvriers ne jouissaient pas du droit de grève. La politique religieuse s’inscrivit également dans ce cadre. Le Concordat de 1801, en vigueur jusqu’en 1905, lia le clergé et la population catholique à l’Etat, qui nommait les évêques, payait les prêtres et exigeait d’eux un serment de fidélité.

L’autorité de Napoléon ne se fondait pas uniquement sur ces réformes. Une quasi-dictature s’imposa grâce à l’armée, qui en constituait la colonne vertébrale. Par la levée de recrues, elle se monta entre 1806 et 1812 à 1,3 millions de soldats.
Napoléon s’attacha aussi la fidélité des révolutionnaires les plus distingués par la création en 1802 de l’Ordre de la Légion d’Honneur. Mais de liberté politique, point. Le bonapartisme développa une activité réformiste extrêmement intense, qui excluait tout rival politique réellement puissant. Et dans les moments les plus décisifs de son règne, Napoléon rechercha invariablement la ratification des masses, comme lorsqu’il décida de prolonger son Consulat à vie (1802) et de le rendre héréditaire, ou qu’il voulut créer l’Empire (1804).


Malgré tout, les réformes napoléoniennes eurent une grande portée politique. Par ses conquêtes, Napoléon introduisit ses codes dans le reste des Etats Européens. Il ouvrit la voie à la modernisation du droit, de la société, de l’administration, de l’éducation et de l’économie.

(à suivre)

 

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