NAPOLEON BONAPARTE (1)

LA FIN DE LA REVOLUTION : LE CONSULAT


La montée au pouvoir de Napoléon Bonaparte après le coup d’Etat du 18 Brumaire marqua un changement de cap pour la France. Napoléon, général de l’armée, possédait le prestige et l’ambition nécessaires pour s’attirer la sympathie du peuple, très favorable à l’instauration d’un ordre autoritaire qui enterre la funeste période de la Terreur et la gestion chaotique du Directoire.

En décembre 1799, Napoléon décréta la fin de la Révolution et l’entrée en vigueur de la Constitution de l’an VIII, préparée par Sieyès, mais largement façonnée par Bonaparte selon un critère spécifique : l’autorité de l’Etat. La Constitution fut ratifiée par une vaste majorité lors d’un plébiscite, et un gouvernement de trois Consuls fut instauré. Bonaparte était le premier Consul détenant tous les pouvoirs, Cambacérès et Lebrun, les deuxième et troisième Consuls désignés par le premier, Joseph Fouché devenait ministre de la Police et Talleyrand ministre des Relations Extérieures.


La France adopta alors un modèle d’Etat qui, à quelques légères variations près, est toujours en vigueur aujourd’hui.

L’organisation du système fiscal fut confiée à un corps de fonctionnaires chargé de recouvrer les impôts. Les fonctions administratives furent assurées depuis les départements par des préfets dépendant du ministre de l’Intérieur et, depuis les districts par des sous-préfets qui dépendaient à leur tour des préfets. La réforme judiciaire établit également une hiérarchisation des tribunaux. C’est à l’époque du Consulat que débuta la rédaction du code civil napoléonien, une œuvre juridique colossale promulguée en 1804. Une loi de 1802 instaura les lycées et les établissements d’enseignement secondaire. Les réformes apportées par le Consulat s’accompagnèrent de la création d’un puissant noyau de fonctionnaires incarné par les  » grands corps de l’Etat « , toujours en vigueur aujourd’hui.

Afin de prévenir les difficultés économiques, le Consulat fonda en février 1800 la Banque de France, dans le but d’organiser le crédit et de relancer l’économie nationale. En 1803 fut adoptée la mesure la plus importante, l’établissement d’un nouveau modèle monétaire, le  » franc « , dont la valeur –cinq grammes d’argent- – se maintint jusqu’à la Première Guerre Mondiale.

Après la politique de déchristianisation de la Terreur, la signature du Concordat entre Napoléon et le pape Pie VII, en 1801, réconcilia la France avec l’Eglise Catholique. Aussi le catholicisme était-il reconnu comme la religion de la « majorité des Français ».

Une fois l’intérieur et l’extérieur (Napoléon ayant remporté de nombreuses victoires face à l’Autriche et ses alliés et au Royaume-Uni) du pays pacifié, la nouvelle Constitution de l’an XII (mai 1804) proclama « Bonaparte empereur des Français », sous le nom de Napoléon Ier, ainsi que la dignité impériale héréditaire de sa famille. Un plébiscite l’avalisa plus largement encore que celui qui l’avait en 1802 érigé en consul à vie, par trois millions et demi de votes favorables et 8 000 votes contre.

La République disparaissait ainsi pour laisser la place à l’Empire.
(à suivre)

 

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